Tag: tranche

  • Fermeture de CityLine et réduction de la flotte : Lufthansa tranche dans le vif dans un climat de grèves et de choc énergétique

    Fermeture de CityLine et réduction de la flotte : Lufthansa tranche dans le vif dans un climat de grèves et de choc énergétique

    Lufthansa met fin, avec effet immédiat, à sa filiale régionale CityLine qui compte 27 appareils. Puis va retirer progressivement de sa flotte globale les avions les plus gourmands en carburant.

    Le premier groupe de transport aérien européen Lufthansa a acté la fin de sa filiale régionale CityLine, une décision brutale prise dans un contexte de tensions sociales persistantes et de dégradation des conditions économiques liées à la guerre au Moyen-Orient.

    La compagnie a annoncé le « retrait définitif de l’offre de Lufthansa CityLine avec effet immédiat », invoquant une équation financière devenue insoutenable. Elle met en avant « la forte hausse des prix du kérosène, qui ont plus que doublé par rapport à la période précédant la guerre en Iran, ainsi que de l’augmentation des charges supplémentaires liées aux conflits sociaux ». Une décision qui intervient en pleine nouvelle séquence de grève au sein du groupe.

    A LIRE AUSSI

    Entre manque de kérosène et frilosité des voyageurs, l’aérien dans un nouveau « cercle vicieux »

    A partir de samedi prochain, « les 27 avions opérationnels de Lufthansa CityLine seront définitivement retirés du programme afin de réduire les pertes supplémentaires de cette compagnie déficitaire », selon un communiqué de la compagnie. Puis, d’ici la fin de l’été et afin de retirer les appareils les plus gourmands en carburant, Lufthansa va réduire ses capacités long-courrier au sein du groupe de quatre Airbus A340-600 et de deux Boeing 747-400. Dernière étape l’hiver prochain : l’entreprise réduira l’offre du programme court et moyen-courrier de sa marque historique Lufthansa de cinq avions. Dans le même temps, neuf avions supplémentaires seront alloués à une autre filiale de Lufthansa, Discover Airlines.

    Cette fermeture s’inscrit dans une stratégie de réduction des coûts plus large, alors que Lufthansa subit depuis plusieurs mois les effets conjugués de la crise énergétique et d’un climat social particulièrement dégradé.

    Un centenaire sous tension

    Ironie du calendrier, la décision intervient alors que Lufthansa célébrait mercredi son centième anniversaire dans une atmosphère électrique. La cérémonie organisée à Francfort, dans un hangar du principal aéroport allemand, a rassemblé dirigeants politiques et économiques, mais s’est déroulée en pleine journée de grève du personnel de cabine à l’appel du syndicat UFO.

    Newsletter

    L’Alerte La Tribune

    Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

    Le groupe fait face à une multiplication des mouvements sociaux depuis plusieurs mois. Les pilotes ont également mené des grèves à répétition, entraînant la suppression de milliers de vols depuis le début de l’année, accentuant la pression sur l’activité.

    A LIRE AUSSI

    Transport aérien : Bruxelles met en garde contre un choc sur le kérosène

    En marge des festivités, le président du conseil de surveillance Karl-Ludwig Kley a interpellé le futur chancelier allemand Friedrich Merz, l’appelant à « engager un débat au sein du gouvernement sur la codification du droit de grève, avant que celle-ci ne devienne un désavantage concurrentiel encore plus important pour notre pays ». Dans son discours, le chef du gouvernement n’a pas évoqué le conflit social, se limitant à rappeler le rôle jugé « clé » de Lufthansa dans l’histoire économique allemande.

    Front social ouvert

    Les tensions restent vives au sein du groupe. Le syndicat UFO, représentant le personnel de cabine, a organisé un rassemblement parallèle aux célébrations du centenaire. Son président Joachim Vázquez Bürger a appelé la direction « à saisir cette occasion pour remettre en question sa conception du partenariat social ».

    De son côté, la direction durcit le ton. Michael Niggemann, membre du directoire, a estimé que les nouveaux appels à la grève démontraient « de façon alarmante à quel point le sort de nos passagers et l’avenir de Lufthansa étaient totalement indifférents » aux yeux des syndicats.

    A LIRE AUSSI

    Dans les aéroports, la crainte d’un début de pénurie de kérosène dès le mois de mai

    Le conflit s’étend également aux pilotes du syndicat Vereinigung Cockpit (VC), engagé dans une grève sur les salaires et les retraites. L’organisation regrette le rejet de sa « proposition de médiation », estimant que cela accroît le risque « que les conflits collectifs s’enveniment davantage au lieu de contribuer activement à une désescalade ».

    Un groupe sous pression stratégique

    Au-delà des tensions sociales, Lufthansa doit aussi composer avec les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, qui pèsent sur ses coûts opérationnels et sa visibilité financière. Selon un courrier interne cité par le Handelsblatt, la direction a récemment imposé un vaste plan d’économies face à une incertitude jugée durable.

    La disparition de CityLine apparaît ainsi comme un symbole des arbitrages difficiles auxquels est confronté le groupe : réduire les coûts dans un environnement énergétique et social sous haute tension, tout en maintenant sa position de leader européen du transport aérien.

    Source link