Bouygues Telecom, Free (Groupe iliad) et Orange sortent du bois. Après une phase d’audit entamée début 2026, les trois concurrents s’unissent pour racheter SFR au groupe Altice France. Le montant mis sur la table atteint 20,35 milliards d’euros. Cette somme correspond à la valeur d’entreprise des actifs visés par l’offre, donnant ainsi satisfaction à Patrick Drahi.
Altice France accorde désormais une période d’exclusivité au consortium. Celle-ci court jusqu’au 15 mai 2026. Ce délai doit permettre de finaliser la documentation juridique et les termes précis du partage des actifs. Pour Patrick Drahi, cette vente répond à une urgence de désendettement. Pour les acheteurs, l’enjeu réside dans la fin d’une guerre des prix destructrice sur un marché devenu mature.
« Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange annoncent la remise d’une nouvelle offre et entrent en négociations exclusives avec le groupe Altice France en vue de l’acquisition de SFR », annonce le communiqué.
Bientôt plus que trois opérateurs en France
Cette acquisition mettrait fin à l’exception française des quatre opérateurs mobiles. L’opération ne se limite pas à une simple addition de parts de marché. Les acheteurs mettent en avant la protection des infrastructures stratégiques nationales. Le regroupement vise à renforcer la résilience des réseaux très haut débit. Il cible aussi des investissements accrus dans la cybersécurité.
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Le consortium promet de maintenir la continuité du service pour les 25 millions de clients de SFR. L’offre couvre la majorité des actifs de l’opérateur. SFR a généré 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Son réseau fibre compte 40 millions de prises. Ces chiffres illustrent le poids de l’acquisition pour le paysage numérique français.
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Capacité d’investissement
Le partage des actifs entre Orange, Free et Bouygues Telecom doit libérer des capacités d’investissement. Les priorités sont affichées : l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies. Le secteur cherche à préserver un modèle concurrentiel tout en garantissant sa rentabilité.
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« Cette opération, socialement responsable, permettrait de pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur de l’économie numérique et des télécommunications en France », précise le communiqué. Les acquéreurs s’engagent sur le terrain de la stabilité sociale. La direction des négociations est confiée à des responsables expérimentés, dont Didier Casas pour Bouygues SA.
Le marché attend désormais le feu vert des autorités de la concurrence. La réduction du nombre d’opérateurs de quatre à trois constitue le point de friction principal. Mais l’argument de la souveraineté technologique pourrait faire pencher la balance.
