Une véritable course contre-la-montre est engagée pour sauver un savoir-faire industriel stratégique pour la France : le dernier fabricant de pâte à papier marchande risque la cessation de paiement. Dans un entretien exclusif à La Tribune vendredi, le PDG de Fibre Excellence, Jean-François Guillot, sonnait l’alerte : « Nous sommes à l’aube d’un redressement judiciaire. À moins de nouveaux développements, nous allons devoir actionner ce levier au vu de nos difficultés financières et de nos retards de paiements. » La date butoir est fixée au 15 avril pour la fin de la conciliation engagée devant le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri).
Fibre Excellence emploie 670 salariés sur ses deux sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône) mais son impact sur l’économie française est beaucoup plus lourd. « Fibre Excellence est le plus important acheteur de matières ligneuses (matière première issue du bois, NDLR) en France avec deux millions de tonnes achetées par an. Si nous fermons nos usines, cela va générer un déséquilibre dans la filière et l’hécatombe va continuer dans la filière française bois-papier qui a déjà perdu plusieurs usines cette année », rappelle le dirigeant.
« Je suis excédée de l’immobilisme de l’Etat. Par inaction politique, on va laisser mourir une filière et on va dépendre de la production chinoise », lançait de son côté Carole Delga, présidente de la région Occitanie jeudi matin lors d’une manifestation devant l’usine de Saint-Gaudens. La responsable politique s’est entretenue le même jour avec le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui demander notamment d’« établir en urgence un avenant qui réhausse de 20% le prix de rachat de l’électricité de Fibre Excellence ».
