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  • Jean-François Guillot, PDG de Fibre Excellence : « Nous sommes à l’aube d’un redressement judiciaire »

    Jean-François Guillot, PDG de Fibre Excellence : « Nous sommes à l’aube d’un redressement judiciaire »

    Dans un entretien exclusif à La Tribune, le PDG de Fibre Excellence révèle qu’à cinq jours de la date butoir, aucun accord n’a été trouvé avec l’État pour sauver le dernier fabricant français de pâte à papier marchande. Avec le risque de déstabiliser toute une filière.

    LA TRIBUNE – Le temps presse. La date butoir est fixée au 15 avril pour la fin de la conciliation engagée devant le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Avez-vous trouvé une solution pour sauver vos deux usines françaises ?

    Jean-François Guillot, PDG de Fibre Excellence – Non, nous sommes à l’aube d’un redressement judiciaire. À moins de nouveaux développements dans les prochains jours, nous allons devoir actionner dès le 16 avril, après la fin de la conciliation, ce levier au vu de nos difficultés financières et de nos retards de paiements.

    Nous employons 670 salariés sur nos deux sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Mais au-delà de la situation de l’entreprise, Fibre Excellence est le plus important acheteur de matières ligneuses (matière première issue du bois, NDLR) en France avec deux millions de tonnes achetées par an. Si nous fermons nos usines, cela va générer un déséquilibre dans la filière et l’hécatombe va continuer dans la filière française bois-papier qui a déjà perdu plusieurs usines cette année.

    Nous sommes aujourd’hui le dernier fabricant de pâte à papier marchande, les deux autres usines françaises produisant pour leur propre consommation. Sans Fibre Excellence, la pâte à papier marchande sera importée du Brésil. Par ailleurs, le papier toilette, pour les couches et le papier absorbant viendra des États-Unis Or, on a vu pendant le COVID à quel point ces produits étaient essentiels et l’importance d’acquérir une certaine indépendance industrielle. Est-ce que la France est prête à abandonner tout ce pan de l’économie ?

    Même si nous cherchons à tout prix à éviter la cessation de paiement, à date nous n’avons toujours pas eu de réponses formelles du gouvernement sur nos inquiétudes.

    Le 19 février dernier, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a proposé un engagement public de 150 millions d’euros. Pourquoi n’est-ce pas suffisant pour vous ?

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