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  • « Le CESE peut résoudre des crises », par Claire Thoury, candidate à la présidence du Conseil économique, social et écologique

    « Le CESE peut résoudre des crises », par Claire Thoury, candidate à la présidence du Conseil économique, social et écologique

    La campagne est lancée. Troisième chambre de la République, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) désignera le 20 mai sa présidente.

    La favorite, Claire Thoury, qui a présidé la convention citoyenne sur la fin de vie, est concurrencée par Dominique Carlac’h, ancienne vice-présidente du Medef. Elle livre à La Tribune Dimanche son projet pour une institution en proie aux critiques du Rassemblement national.

    LA TRIBUNE DIMANCHE — Les Français vous connaissent peu, qu’incarne votre candidature ?
    CLAIRE THOURY — J’ai 36 ans, je suis engagée depuis plus de 15 ans dans le monde associatif et je préside depuis cinq ans le Mouvement associatif, qui rassemble une association sur deux en France, soit environ 700.000 organisations de toutes tailles, dans tous les domaines et qui ont des positionnements politiques très différents.

    Je retrouve cette diversité au CESE, une assemblée composée d’organisations de la société civile très diverses, qui n’ont pas la même histoire ni les mêmes intérêts mais qui convergent vers la nécessité de se dépasser pour quelque chose d’un peu plus grand qu’elles. Au-delà de ma personne, ma candidature est avant tout au service d’une dynamique collective portée par une majorité d’organisations composant aujourd’hui et demain le CESE.

    Quelles seront vos priorités si vous êtes élue ?
    Je souhaite que le CESE devienne un acteur dans la résolution des crises que traverse le pays. Nous rassemblons des organisations patronales, syndicales, associatives et environnementales, des représentants des outre-mer, etc. C’est une richesse, et notre méthode de dialogue apaisé débouche sur des solutions partagées. Certes, depuis sa création, cette institution est la chambre du temps long. On y construit des avis sur les enjeux à venir.

    Mais, en tant qu’institution de conseil auprès du gouvernement et du parlement, nous pouvons avoir une vision de long terme et contribuer à résoudre des urgences : les crises agricoles, du logement, de l’emploi des jeunes, des finances publiques… Mon ambition est de marcher sur ces deux jambes. J’ajoute que le CESE est un organe d’apaisement de la vie politique et de la société. Il fournit la démonstration quotidienne qu’on peut dialoguer sans s’affronter, être en désaccord sans se déchirer, qu’on peut se parler sans s’insulter.

    Dire le réel est un vrai combat.

    Selon le rapport du CESE sur l’état du pays, que vous avez dirigé, les Français sont très critiques sur le fonctionnement des institutions et de la politique. Comment répondrez-vous à cela ?
    Il est nécessaire d’engager ce qu’on peut appeler « la bataille du réel ». Il s’agit de décrire finement le vécu des Françaises et des Français et leurs attentes. L’objectif est d’accompagner la décision publique dans la réponse à des besoins concrets, conformes à la réalité, pas en fonction de présuppositions ou de fantasmes. Dire le réel est un vrai combat car les récits alternatifs sont très puissants. Les corps intermédiaires et la société civile organisée ont la capacité d’exprimer les besoins de la population, de les soumettre à l’expertise et au débat démocratique.

    L’institution est régulièrement attaquée pour son coût, sa pertinence… Et l’extrême droite veut la supprimer. Que répondez-vous ?
    Les attaques sont faciles ! Elles sont très largement injustifiées. S’en prendre au CESE, c’est réfuter le rôle de la société civile dans le fonctionnement des institutions, c’est se passer de la discussion dans une démocratie et c’est renier un gage de stabilité au sein de la République. Cela ne veut pas dire que nous sommes parfaits, il y a toujours des améliorations à faire. Mais une démocratie qui va bien, ce sont des contre-pouvoirs effectifs, un État de droit respecté, du dialogue social et civil qui fonctionne, de la participation citoyenne, etc.

    Pour affronter les défis qui attendent le pays, il faudra la bonne volonté de tous. Je pense que si le CESE n’existait pas, le politique l’inventerait, car le rassemblement des forces de la société civile est d’une grande puissance pour proposer des solutions. On ne craint pas d’affronter des sujets difficiles car on a la bonne méthode pour le faire.

    Quel que soit le résultat de l’élection, une femme présidera l’institution. C’est un pas de plus vers l’égalité réelle ?
    C’est une très bonne nouvelle, un autre plafond de verre qui se brise.

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