Tag: Secret-défense

  • “Les services secrets iraniens sont une copie conforme du KGB” : le récit d’un ancien agent double franco-iranien

    “Les services secrets iraniens sont une copie conforme du KGB” : le récit d’un ancien agent double franco-iranien

    Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.

    En Iran, c’est l’espionnage qui est au cœur de l’assassinat ciblé, le samedi 28 février, de l’ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran. L’opération a pris des mois, voire des années. Le Mossad, le service de renseignement israélien, et l’Unité 8200 de l’armée, ont infiltré les plus hauts cercles du pouvoir iranien. Au point même qu’un informateur a été retourné au profit d’Israël. S’agit-il d’un garde du corps du Guide suprême ? De l’épouse d’un dignitaire ? Difficile à dire. Mais les inimitiés et l’appât du gain ont certainement permis de retourner cette source. C’est sur elle que s’est appuyée l’opération.

    D’abord, Tel Aviv a fait fuiter des messages, laissant entendre qu’un évènement imminent se préparait, une possible attaque. Une situation de crise qui obligeait alors les états-majors iraniens à se réunir. Une méthode qu’Israël avait testée pour comprendre les mécanismes de réaction, et éprouvée lors de l’attaque “Rising Lion” en juin dernier.

    LIRE AUSSI : Dans les coulisses du contre-espionnage : Matthieu Ghadiri, son incroyable vie d’agent double entre France et Iran

    Alors comme prévu, à la fin du mois de février, Khamenei et les cadres du régime se réunissent. La fameuse source le confirme aux Israéliens et Américains. Depuis les caméras et antennes-relais piratées, les services de renseignement suivent une grande partie des évènements. A nouveau, un ou des complices valident la présence de hauts responsables iraniens. L’attaque est lancée.

    Dans les heures qui suivent, un complice fait parvenir aux services de renseignement la photo de l’ayatollah Khameini qui confirme sa mort. Le rôle clé de la taupe est indéniable. Et prouve encore une fois l’importance du renseignement humain. Si les réseaux iraniens ont montré à quel point ils étaient infiltrés, Téhéran aussi recrute, partout dans le monde. Et c’est ce qu’on vous raconte dans cet entretien réalisé par Etienne Girard, directeur adjoint de L’Express.

    Le système iranien, aujourd’hui fragilisé, semble pourtant presque impénétrable et on en connait mal le fonctionnement. Ses services d’espionnage sont encore plus mystérieux. Alors pour en comprendre les méthodes, Étienne Girard reçoit Matthieu Ghadiri, franco-iranien, et ancien agent double.

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    Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris et Etienne Girard, monté et réalisé par Jules Krot.

    Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

    Crédits : BFMTV

    Visuel : Alice Lagarde

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  • La France prête à combattre au Groenland, la SNCF surveille les gares grâce à l’IA

    La France prête à combattre au Groenland, la SNCF surveille les gares grâce à l’IA

    La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d’indiscrets exclusifs en France… et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.

    Orasio dans les gares

    La SNCF teste dans plusieurs gares françaises les solutions proposées par Orasio. Lancée en 2025, cette start-up spécialisée dans l’analyse vidéo grâce à l’intelligence artificielle doit permettre de retrouver au plus vite des individus ou objets correspondant à des caractéristiques précises. De quoi faciliter les réponses des agents de la SNCF aux réquisitions judiciaires, pour un gain de temps estimé à plus de 60 %. Le ministère des Armées suit de près le dispositif, dans l’optique d’un futur contrat.

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    Palantir hors de France ?

    Le géant américain de l’analyse de données cherche à réallouer plus intelligemment ses ressources en Europe. Palantir, qui vient de lancer une filiale en Belgique, a été confronté à une décroissance de ses activités sur le continent. L’entreprise née en 2003 dans la Silicon Valley, qui vient en France de renouveler son contrat avec la DGSI et compte parmi ses clients Airbus, Stellantis mais aussi l’Otan envisage de se concentrer davantage sur ses activités sensibles, au détriment du cloud, et de réduire la voilure à Paris. Aucune décision formelle n’a toutefois été prise.

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  • Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer un à un les hauts responsables iraniens, jusqu’à épuiser le sommet du régime. Après l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, de son chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, ou de figures comme le ministre du renseignement Esmail Khatib, les Etats-Unis et Israël ont choisi la “stratégie de décapitation”. Une doctrine éprouvée contre des acteurs non étatiques, illustrée par l’élimination d’Oussama ben Laden en 2011.

    Jusqu’ici, la stratégie n’avait toutefois que rarement été utilisée contre un régime. L’exemple le plus proche est probablement la campagne menée par la Russie en Tchétchénie. Au tournant du siècle, le Kremlin avait fait la promesse d’éliminer les leaders rebelles tchétchènes, avant d’installer au pouvoir Ramzan Kadyrov, un leader local pro-Moscou.

    Ce précédent est-il transposable à l’Iran ? L’Express a interrogé le Dr Austin Long, ancien responsable de la stabilité stratégique au Joint Staff, au coeur de la planification militaire américaine, aujourd’hui Senior Fellow au MIT.

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  • La Hongrie soupçonnée d’espionner l’UE pour la Russie : tout comprendre à l’affaire qui secoue Bruxelles

    La Hongrie soupçonnée d’espionner l’UE pour la Russie : tout comprendre à l’affaire qui secoue Bruxelles

    Le fil qui lie la Hongrie de Viktor Orban et la Russie de Vladimir Poutine se dévoile de plus en plus. Si la proximité entre les deux pays est connue depuis plusieurs années, et même assumée par le Premier ministre hongrois, une nouvelle étape a été franchie ce week-end. Selon le Washington Post, la Hongrie, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, partagerait avec Moscou les détails des discussions européennes. L’Express fait le point sur ces accusations, qui interviennent à quelques semaines des élections législatives, où Viktor Orban est à la traîne dans les sondages.

    Que reproche-t-on à Peter Szijjarto ?

    L’information aurait presque pu passer inaperçue tant elle était perdue dans une accumulation de révélations. Dans une longue enquête publiée samedi 21 mars, le Washington Post révélait que les services de renseignements extérieurs russes avaient proposé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban pour le faire remonter dans les sondages. Mais ce n’est qu’au milieu de l’article que le scandale est révélé : selon un responsable européen de la sécurité, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto passe régulièrement des appels à son homologue russe, Sergueï Lavrov, pendant les pauses des réunions européennes. Il fournirait notamment des “rapports en direct sur ce qui a été discuté” et des solutions possibles, affirme la même source, qui ajoute : “Chaque réunion de l’UE, depuis des années, se tient pratiquement avec Moscou à la table”.

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    La proximité entre Peter Szijjarto et Sergueï Lavrov n’est plus à démontrer alors que le ministre hongrois s’est rendu à seize reprises, en visite officielle, à Moscou depuis le début de l’offensive en Ukraine en 2022. Le 4 mars dernier, le Hongrois a même rencontré Vladimir Poutine, pourtant sous un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, reconnue par Budapest.

    Quelles sont les réactions ?

    Les critiques n’ont pas tardé à fuser après la publication de l’enquête, notamment sur le territoire national. Peter Szijjarto “semble être de connivence avec la Russie, trahissant ainsi les intérêts hongrois et européens”, a attaqué Peter Magyar, l’opposant de Viktor Orban lors des élections hongroises, qui est en tête dans les sondages. “Si cela est confirmé, cela équivaudrait à une trahison, ce qui entraînerait une peine d’emprisonnement à perpétuité potentielle”, a-t-il ajouté, promettant que, s’il est élu, son gouvernement enquêtera “immédiatement” sur la question.

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    Mais l’affaire fait réagir bien au-delà des frontières hongroises. La porte-parole de la Commission européenne a demandé au gouvernement hongrois “qu’il apporte les clarifications nécessaires”, assurant qu’”une relation de confiance entre les États membres ainsi qu’entre eux et les institutions est fondamentale pour le bon fonctionnement de l’UE”. Face à ces révélations qualifiées de “très graves”, la diplomatie allemande a rappelé que les discussions au sein de l’UE “sont confidentielles”. Bien plus pragmatique, le Premier ministre polonais et ancien président du Conseil européen Donald Tusk n’a pas semblé étonné. “Nous nous en doutions depuis longtemps, a-t-il publié sur X, dimanche 22 mars. C’est pourquoi je ne prends la parole qu’en cas d’absolue nécessité et que je me limite à ce qui est indispensable.”

    Face à la polémique, Budapest se terre dans le déni. Si Peter Szijjarto n’a pas répondu aux sollicitations du Washington Post, il a finalement démenti l’information face à la polémique. De son côté, Viktor Orban a annoncé qu’il lançait une enquête pour savoir qui avait mis sur écoute son ministre.

    Quelles conséquences pour la Hongrie ?

    Si elle ne souhaite pas réagir officiellement de peur d’influencer les élections législatives qui se tiennent le 12 avril, l’Union européenne a d’ores et déjà décidé de limiter le flux de documents confidentiels vers Budapest afin d’éviter au maximum les fuites, selon Politico. Mais l’Europe n’a pas attendu la publication de l’enquête du Washington Post pour se protéger. Alors que des inquiétudes autour de fuites hongroises vers la Russie existent depuis quelque temps, des petits groupes de réflexion ont été mis en place entre les pays qui partagent les mêmes idées. Selon un représentant d’un gouvernement européen, cité par Politico, “dans l’ensemble, les États membres moins que loyaux sont la principale raison pour laquelle l’essentiel de la diplomatie européenne pertinente se déroule maintenant sous différents formats plus petits”. Ainsi, l’alliance Weimar rassemble la France, l’Allemagne et la Pologne tandis que NB8 comprend les huit pays nordiques et baltes.

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    Même son de cloche au niveau de l’Otan. Selon un diplomate de l’organisation, cité par Euractiv, certaines planifications opérationnelles liées à l’Ukraine ne sont pas discutées devant les dirigeants hongrois. Mais Budapest semble se montrer plus sage au sein de cette instance qu’à Bruxelles. “La Hongrie a toujours clairement indiqué qu’elle ne fera rien qui affecte sa place dans la défense collective de l’Otan”, affirme la même source. Un entre-deux risqué pour maintenir sa place dans le concert européen et conserver son soutien russe.

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  • Général de Courrèges : “Une nation sans souveraineté n’est plus invitée à la table”

    Général de Courrèges : “Une nation sans souveraineté n’est plus invitée à la table”

    La France aussi a son forum sur la défense et la géostratégie. Moins installé que la Conférence de Munich, et pour cause, il n’en est qu’à sa troisième édition, contre 62 pour son homologue allemand, le Paris Defence and Strategy Forum (PDSF), organisé en partenariat avec L’Express, est le rendez-vous qui monte de ceux qui s’intéressent à la géopolitique, aux questions militaires et à la stratégie.

    Du mardi 24 à ce jeudi 26 mars, de nombreux dirigeants internationaux se croiseront dans les amphithéâtres de l’Ecole militaire : on y attend la ministre des Armées, Catherine Vautrin, Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées, plusieurs ministres européens, une partie de l’état-major danois, de hauts responsables allemands, l’amiral Dragone, président du comité militaire de l’Otan, Oleksandr Kamyshin, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et nombre de gradés du Vieux Continent.

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    Dans cette perspective de remue-méninges européen, l’Académie de défense de l’École militaire (Academ) a souhaité mettre à l’honneur le Danemark, au cœur des convoitises de Donald Trump il y a quelques mois, et le concept de souveraineté. Le général Hervé de Courrèges, président de l’Academ et directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) nous détaille sa vision de la souveraineté et sa nécessaire évolution pour répondre aux défis d’un monde où les guerres de haute intensité se multiplient.

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  • “Priver un militaire de ces appareils aujourd’hui est inimaginable” : Strava, la faille des armées

    “Priver un militaire de ces appareils aujourd’hui est inimaginable” : Strava, la faille des armées

    Un footing à bonne allure. Ce 13 mars, un jeune officier de la marine nationale s’élance sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle. Comme des millions d’utilisateurs, il enregistre sa performance via une montre connectée. Synchronisée avec l’application sportive Strava, son activité est accessible sur un profil public. En quelques clics, n’importe quel internaute peut suivre le tracé de sa course. Et, par la même occasion, localiser le navire et son escorte, au nord-ouest de Chypre, à une centaine de kilomètres des côtes turques.

    Six jours plus tard, un article du Monde révèle l’incident. Le jeune homme étant un amateur des petites foulées, son compte Strava permet de suivre autant ses courses que le déplacement du porte-avions. Un problème évident : si le déploiement du Charles-de-Gaulle a été annoncé par Emmanuel Macron le 3 mars, le signalement de sa position précise en ligne est dangereux, en pleine guerre au Proche-Orient.

    Ces incidents ne relèvent pas de simples dérives individuelles. Militaires en opération, gardes du corps de personnalités, agents de renseignements : ces dernières années, plusieurs professionnels pourtant rompus à la discrétion ont été trahis par l’usage de leurs téléphones ou d’objets connectés. Ils révèlent les limites d’une discipline numérique que les armées peinent à imposer totalement, en dépit des campagnes de sensibilisation. Car le smartphone est devenu indissociable du quotidien. Avec les tensions sur le recrutement, exiger une déconnexion prolongée devient irréaliste, y compris pour des fonctions sensibles. De l’avis de certains gradés, elle serait même contre-productive, alors que la guerre actuelle utilise de plus en plus les smartphones.

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