Gérard Larcher a-t-il des doutes à purger ? Auprès d’un vieux complice venu lui parler récemment de Bruno Retailleau, le président du Sénat s’est voulu rassurant : « Je le soutiendrai. » Y a-t-il un suspense ? Le président des Républicains sait qu’il peut compter sur l’amitié du deuxième personnage de l’État. En 2017, les deux hommes étaient parmi les rares à soutenir jusqu’au bout la candidature de François Fillon.
À Nancy ce 16 avril, ils ont discuté en tête à tête en amont d’un séminaire parlementaire. Le vote des encartés LR, qui s’achève ce dimanche 19 avril, a été évoqué. À 18 heures, les 76.653 adhérents du parti à jour de cotisation auront tranché la manière dont ils veulent légitimer leur candidat à la prochaine élection présidentielle.
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Si Bruno Retailleau esquive la primaire interne et sort désigné de ce scrutin – dont quasiment personne ne fait la réclame dans les médias –, Gérard Larcher l’adoubera publiquement. De quoi estomper quelques amertumes. Le sénateur des Yvelines n’a pas apprécié que l’ex-ministre de l’Intérieur refuse, lors des municipales, de soutenir Christian Estrosi à Nice face au lepéniste Éric Ciotti.
L’entourage du Vendéen s’irrite, depuis des semaines, de voir Gérard Larcher davantage faire la promotion d’une primaire incluant Édouard Philippe et Gabriel Attal qu’appuyer le champion de sa propre famille politique. Cet œcuménisme n’a qu’un but, soupire un conseiller à la chambre haute : « Il est obnubilé par le nombre de voix centristes qu’il peut sécuriser pour garder la présidence du Sénat à l’automne. » À chacun son calendrier électoral.
