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  • Travail au noir : ce gouffre de 8,5 milliards d’euros que l’État ne sait pas récupérer

    Travail au noir : ce gouffre de 8,5 milliards d’euros que l’État ne sait pas récupérer

    La Cour des comptes publie un réquisitoire sévère contre le pilotage de la lutte contre le travail dissimulé. Entre 2019 et 2025, malgré des redressements en hausse, l’incapacité chronique à recouvrer les sommes éludées et l’explosion des fraudes complexes dans le BTP révèlent des failles systémiques majeures.

    Les informations à retenir

    L’efficacité de la lutte contre le travail dissimulé reste entravée par trois facteurs :

    • Seuls 10 % des montants redressés sont récupérés par les Urssaf.

    • Le BTP concentre 59 % des redressements, porté par une sous-traitance opaque.

    • L’absence de partage automatique de données sociales entre États facilite la fraude transnationale.

    La fraude aux prélèvements sociaux liée au travail dissimulé coûte au moins 8,5 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale. Ce chiffre, issu du rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi, souligne l’ampleur d’un phénomène que l’État ne parvient pas à endiguer. Entre 2019 et 2025, les schémas illégaux ont gagné en complexité. Ils s’appuient désormais sur des sociétés éphémères et des cascades de sous-traitance.

    Le président de la sixième chambre de la Cour, Bernard Lejeune, dénonce une multiplication d’acteurs sans coordination réelle : « C’est une politique sur laquelle il ne s’est pas rien fait », mais « le problème, c’est que vous avez beaucoup de plans d’action mis en place et surtout, beaucoup d’acteurs ». Les priorités divergent d’une administration à l’autre. La mission interministérielle de coordination anti-fraude (Micaf) ne parvient pas à imposer une stratégie commune sous l’autorité du Premier ministre.

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    Chaque année, les Urssaf détectent davantage d’infractions. Les redressements ont atteint 1,6 milliard d’euros en 2024. Pourtant, cette hausse faciale masque une réalité budgétaire sombre. L’argent ne rentre pas dans les caisses. La Cour constate une coordination insuffisante et un partage de données trop lacunaire entre les services de police, les impôts et les organismes sociaux.

    90 % des sommes s’évaporent

    Le taux de recouvrement des créances issues du travail dissimulé plafonne à 10 %. Ce ratio n’augmente pas avec le temps, même dix ans après le contrôle initial. Fin 2024, les restes à recouvrer s’élevaient à 4,1 milliards d’euros. Les magistrats de la rue Cambon prévoient une perte définitive pour la Sécurité sociale comprise entre 2,2 et 3,7 milliards d’euros à court terme.

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