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    Neuronaix, la révolution de l’IA physique dans les usines

    PRIX TECH FOR FUTURE 2026. Des robots qui apprennent vite et bien grâce à une IA qui imite le geste humain, c’est la promesse que la deeptech offre aux industriels en besoin de robotique intelligente. Un marché large, qui intéresse déjà l’aéronautique, la défense ou le nucléaire. Neuronaix gagne le prix Tech for Future 2026, organisé par La Tribune et BFM Business, dans la catégorie Industrie.

    L’idée est venue… de la cosmétique. Car c’est en observant les lignes de productions des flaconniers en France et en Europe que Clément Busuttil, alors responsable des achats pour le compte d’un grand groupe, fait le constat d’une industrie certes mécanisée mais peu robotisée, où 50% des coûts de production d’un flacon sont liés à la main d’œuvre humaine. Cela étant la conséquence d’une variance produit grande, l’industrie cosmétique changeant notamment ses gammes, ses formes de flacons très souvent afin de répondre aux besoins des consommateurs.

    Or, appliquer les techniques de robotisation classique, « c’est compliqué » souligne Clément Busuttil car « encore aujourd’hui la robotisation a été très développée dans des secteurs avec de fortes cadences et une standardisation produit assez élevée de manière à ne pas redévelopper systématiquement une nouvelle application robotique pour un nouveau produit ».

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    Préserver la propriété industrielle

    Neuronaix est donc née de ce constat, avec la volonté de proposer aux industriels en besoin d’amélioration de la productivité ou de ressources, une solution basée sur l’intelligence artificielle physique, laquelle possède une intelligence sur le produit et sur la valeur ajoutée réalisée par l’opérateur. « Notre approche est de faciliter et accélérer le déploiement d’applications robotiques », résume ainsi le fondateur de la deeptech basée à Aix-en-Provence.

    De fait, la solution de Neuronaix, brevetée, apprend directement auprès des opérateurs de production, en suivant leurs mouvements.

    « Nous sommes les seuls à avoir cette approche et à être en mesure de fabriquer un jeu de données sur la base de cette démonstration. On récupère la trajectoire du mouvement, la force, la pression exercée sur son outil. Le jeu de données est augmenté par des données de vision car lorsqu’on effectue une tâche on se sert aussi de ce que l’on voit », explique Clément Busuttil. Cette IA, très légère, se déploie directement sur le site de l’industriel, ce qui permet de préserver sa propriété industrielle. Airbus Helicopters, basé à Marignane, en est le premier utilisateur et un premier déploiement est en cours.

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    Une technologie qui a du sens

    Seule entreprise tricolore à avoir été retenue dans les 100 meilleures start-up robotiques mondiales par The Robot Report, la deeptech est passée par l’incubation au sein de la Belle de Mai à Marseille et au sein d’Arts et Métiers Paris Tech à Paris. Actuellement, Neuronaix est accompagnée par Léonard, l’incubateur du groupe Vinci, entré au capital en janvier dernier et travaille sur des projets en commun.

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    Trois projets ont déjà été qualifiés, dans le secteur du bâtiment et la maintenance d’infrastructures, « là où notre technologie a du sens pour délivrer une valeur ajoutée sur des compétences techniques » comme sur les ouvrages d’art, les infrastructures ou les lignes à haute tension, par exemple.

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    Si l’aéronautique fait déjà les yeux doux à la pépite française, lui ouvrant les portes sur un autre secteur stratégique qu’est la Défense, et si la construction a compris les enjeux couverts, le nucléaire est aussi un secteur appétant. D’autant que « c’est un secteur qui a besoin de se robotiser », analyse Clément Busutill, « soit par la difficulté d’accès à certains environnements pour des raisons de sécurité soit pour le maintien d’infrastructures électriques ».

    Enjeux de compétitivité

    Cependant, le dirigeant de la deeptech tricolore souligne aussi les enjeux de compétitivité de l’industrie française confrontée à des pays autrefois à bas coûts, désormais devenus des concurrents sérieux. « L’industrie française s’est concentrée sur de la forte valeur ajoutée et on a gardé la production sur de la petite et moyenne série mais aujourd’hui, face à des pays qui sont montés en gamme comme la Chine ou l’Inde, il y a un enjeu de délivrer des solutions de productivité ».

    L’autre enjeu est aussi de faire face à l’effet de la pyramide des âges. Dans l’industrie aéronautique par exemple, 30% des compétences atteindront l’âge de départ à la retraite d’ici 5 ans. Or, indique Clément Busutill, « il faut parfois jusqu’à deux mois pour former une nouvelle personne à un métier spécialisé ».

    Neuronaix, qui emploie 3 personnes et est en cours de recrutement de deux ingénieurs, devrait par ailleurs réaliser une levée de fonds début 2027 pour un montant de 1,5 million d’euros, en dilutif et non-dilutif. « Il y a aujourd’hui un vrai enjeu sur l’IA physique dans la robotique, en France et en Europe. Il reste beaucoup à faire encore ».

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