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  • Rugby : repositionné au centre du jeu, Damian Penaud rêve d’un retour chez les Bleus

    Rugby : repositionné au centre du jeu, Damian Penaud rêve d’un retour chez les Bleus

    Le grand public n’a guère eu de ses nouvelles depuis janvier et l’annonce, très commentée, du groupe convoqué par Fabien Galthié pour le Tournoi des Six Nations. À la surprise générale, Damian Penaud, star du Top 14 et meilleur marqueur d’essais de l’histoire du XV de France (40 en 59 sélections), n’en faisait pas partie. Jugé plus sûr pour réceptionner les ballons hauts, le jeune Palois Théo Attissogbe, 21 ans, lui avait été préféré. À 29 ans, l’ailier bordelais au coup de rein assassin aurait pu craindre un passage de témoin. Mais près de trois mois plus tard, il a rebondi.

    Bien que piqué par sa mise à l’écart, Damian Penaud a aimé cet hiver réconfortant, passé en famille plutôt qu’à Marcoussis ou sur la route. Il a tout autant apprécié la passe bien sentie de Yannick Bru. Son manager à l’Union Bordeaux-Bègles l’a invité à se repositionner au centre, pour suppléer Nicolas Depoortere, d’abord accaparé par les Bleus, désormais blessé à l’épaule jusqu’à la fin de la saison. « Ce challenge a excité Damian, a alors souligné l’ancien talonneur international dans Sud-Ouest. Il a besoin d’innovation, de choses nouvelles. »

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    C’est à ce poste qu’il affrontera le Stade toulousain (à 16 heures ce dimanche 12 avril, diffusé sur France 2 et beIN Sports) en quart de finale de la Coupe des champions. Le test ultime pour mesurer sa fiabilité dans ce rôle, entre les deux finalistes du Top 14 en 2024 et 2025, déjà adversaires en demi-finale de Coupe d’Europe l’an dernier (35-18), une édition remportée par l’UBB.

    Avant ce récent repositionnement, Damian Penaud n’avait été utilisé qu’une fois au centre depuis son arrivée en Gironde, en 2023. Ces dernières semaines, il a néanmoins rappelé qu’il avait déjà disputé 50 matchs avec le numéro 13 dans le dos, lorsqu’il évoluait à Clermont. Il y avait même conquis un Brennus, en 2017, à l’issue d’une finale contre Toulon où il s’était montré décisif. Quinze jours plus tard, il lançait sa carrière internationale en Afrique du Sud, toujours au centre.

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    « J’ai des crampes ! »

    Damian Penaud a ressuscité ce vécu. Ces dernières semaines, il a pesé contre une équipe remaniée de Toulouse (44-20). À Lyon (17-21), il a été le meilleur Bordelais. Contre Leicester (64-14) en 8e de finale de la Coupe des champions, il s’est encore montré fiable. « Depuis sa désillusion internationale, Damian affiche un état d’esprit, un appétit, un professionnalisme incroyable avec nous, complimente Yannick Bru. C’est vraiment un équipier modèle. » Son père, l’ancien ouvreur international Alain Penaud, savoure : « Il pouvait y avoir une interrogation sur ses repères, mais j’avais une totale confiance dans sa capacité à livrer des réponses. »

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    Le caractère « naturellement altruiste » de son fils, peu commun chez les marqueurs d’essais en série, est un atout, fait-il valoir. « Il faut se rappeler que quand Damian a commencé à l’aile, poursuit-il, on lui reprochait de ne pas être assez concentré sur la finition et d’être trop ouvert aux autres. » Avec le numéro 14, Damian Penaud s’est en effet distingué par sa capacité à ouvrir des espaces pour ses partenaires en dézonant, à faire rebondir le jeu autour de lui. Autant de qualités utiles au centre, même si la liberté est moindre et qu’il doit perpétuellement adapter placements et angles de course.

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    La mise à niveau est également physique. Saisi par Canal +, un échange complice avec son demi de mêlée, Maxime Lucu, pendant la confrontation contre Toulouse a fait sourire ses partenaires. « J’ai des crampes ! s’est-il plaint. Ce n’est pas pareil au centre ! Tu cours sur tout, tu as plus de ballons, tu fais des rucks, tu plaques… » Son nouvel habit est usant, certes, mais brillant et de nature à attirer les regards. Celui de Fabien Galthié ? « La seule façon de revenir en sélection, c’est de montrer qu’on est le meilleur à un poste, pointe Alain Penaud, sans s’avancer sur un retour de son fils avec le XV de France. Mais évidemment ce serait amusant de le voir sélectionné à l’aile, alors qu’il nous montre toutes ses qualités au poste de centre. » Le fiston n’en est plus à un crochet près.

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