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    L’inflation repart en flèche en Allemagne sous l’effet du choc énergétique

    L’inflation repart à la hausse en Allemagne, première économie de la zone euro, sous l’effet direct des turbulences énergétiques. En mars, elle a atteint 2,7 % sur un an, selon des données provisoires, contre 1,9 % le mois précédent, soit une accélération marquée de 0,8 point et un plus haut depuis janvier 2024. Calculée selon les normes européennes (IPCH), l’inflation ressort même à 2,8 %, après 2 % en février, un niveau conforme aux attentes des analystes.

    Ce regain de tensions sur les prix s’explique quasi exclusivement par l’énergie. Les prix du secteur ont bondi de 7,2 % sur un an, marquant leur première hausse depuis décembre 2023. En cause : le choc provoqué sur les marchés mondiaux par la fermeture du détroit d’Ormuz, artère clé des exportations d’hydrocarbures du Golfe, dans le sillage des frappes menées depuis fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

    Une inflation sous-jacente stable

    Dans un pays fortement dépendant des importations d’énergies fossiles, la transmission est immédiate. La hausse des coûts se répercute d’abord sur les carburants, alimentant la facture des ménages et des entreprises. Les données mensuelles confirment cette accélération : l’indice IPCH a progressé de 1,2 % en mars sur un mois, après +0,4 % en février.

    Pour l’heure, toutefois, la diffusion de ce choc aux autres composantes de l’indice des prix reste limitée. L’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, demeure stable à 2,5 %, comme depuis janvier. Même constat du côté des produits alimentaires, dont la hausse ralentit à 0,9 % sur un an, contre 1,1 % en février. Autrement dit, la dynamique inflationniste reste contenue hors énergie, un signal encore rassurant pour les autorités monétaires.

    Prix à la hausse

    Mais cette situation pourrait n’être que temporaire. Selon l’institut de conjoncture IFO, de plus en plus d’entreprises envisagent désormais de relever leurs prix pour compenser l’envolée des coûts énergétiques, notamment dans l’industrie, la construction et les services. Un second tour inflationniste n’est donc pas exclu, ce qui renforcerait la persistance de la hausse des prix.

    Face à cette pression, les autorités allemandes s’activent. Le Parlement a adopté un projet de loi visant à limiter à une hausse quotidienne des prix dans les stations-service, une mesure qui doit entrer en vigueur mercredi. En parallèle, le ministère des Finances planche sur une taxe sur les « surprofits » pétroliers, destinée à financer une hausse de l’indemnité kilométrique domicile-travail.

    Au niveau européen, ces chiffres allemands sont scrutés de près. Ils précèdent la publication, mardi, des données d’inflation de la zone euro, attendues autour de 2,7 % selon les économistes. De quoi conforter l’idée d’un retour des tensions inflationnistes liées à l’énergie à l’échelle du bloc.

    La Banque centrale européenne se retrouve ainsi face à un dilemme classique en période de choc d’offre. Sa présidente, Christine Lagarde, a récemment indiqué qu’un « ajustement mesuré » des taux pourrait être justifié si le choc énergétique en cours provoque un dépassement modéré mais temporaire de l’inflation au-dessus de la cible de 2 %.

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