Le projet est pertinent, mais il faut un peu moins en demander aux compagnies aériennes. C’est, résumé à gros traits, ce qui ressort de l’avis fourni, lundi 20 avril, par l’Autorité de régulation des transports (ART) à propos de l’un des projets d’investissement d’infrastructure les plus emblématiques des prochaines années sur le territoire français : la modernisation de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (Roissy CDG) du groupe ADP. « Il est sur la bonne voie », rassure Thierry Guimbaud, le président de l’ART, dans un entretien exclusif accordé à la Tribune, afin de décrypter cette appréciation très technique d’une centaine de pages.
L’avis dit « simple » de l’ART, constituant à ce stade un « éclairage », était très attendu par le groupe ADP et une bonne partie des acteurs de l’aérien français. L’opérateur aéroportuaire ne craint rien tant qu’il ne peut mener à bien ce contrat de régulation économique (CRE) d’un montant de 8,4 milliards d’euros, pour la période 2027-2034, et dont les contours avaient été dévoilés en décembre. En jeu : la capacité des aéroports parisiens, et au premier chef de Paris-CDG, à rester dans la course vis-à-vis des autres hubs internationaux. Et ce en augmentant la capacité d’accueil de 18 millions de passagers, via toute une série d’investissements séquencée en trois phases distinctes.
L’ART et la manière
Pour le groupe ADP, l’enjeu essentiel avec ce CRE est d’en faire accepter le coût à ses clients, autrement dit les compagnies aériennes installées au sein des aéroports parisiens, afin de financer ce projet sans y perdre de plumes. L’opérateur prévoit une augmentation de ses tarifs aéroportuaires de 2,6 % en moyenne sur toute la période du CRE. Mais l’ART veille scrupuleusement à ce que le groupe ADP ne perde ni ne gagne d’argent sur les activités de service public, de sorte qu’ADP bénéficie d’une « juste rémunération ». Le coût moyen pondéré du capital (CMPC), ce que coûte le financement des investissements du CRE par les actionnaires et les investisseurs, doit donc être égal à la rentabilité des capitaux investis (ROCE), autrement dit les gains perçus.
