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  • Logement : fin de la trêve hivernale sur fond de record d’expulsions

    Logement : fin de la trêve hivernale sur fond de record d’expulsions

    La protection hivernale touche à sa fin, et avec elle, le retour des expulsions locatives. Selon les derniers chiffres, 30 500 ménages ont été contraints de quitter leur logement en 2025, un niveau record, en hausse de 27 % sur un an et deux fois supérieur à celui de 2016. En parallèle, 175 000 locataires ont reçu un commandement de payer, première étape d’une procédure pouvant mener à une expulsion, soit une progression de 2,4 % par rapport à 2024.

    « Chaque expulsion, ce sont des vies brisées », alerte Bernard Thoreau, lors d’un point presse organisé par plusieurs associations. Les organisations de défense du logement appellent à des mobilisations, notamment à Paris, pour dénoncer une situation jugée de plus en plus critique.

    Pour Fondation pour le logement des défavorisés, la hausse des expulsions reflète d’abord un contexte social dégradé. « Accident de la vie, hausse du coût de la vie : de plus en plus de ménages ont du mal à payer leur loyer », souligne Marie Rothhahn.

    Mais les associations pointent également un durcissement des politiques publiques. La loi Kasbarian-Bergé de 2023, dite “anti-squat”, a modifié les conditions permettant aux locataires de se maintenir dans leur logement en cas d’impayés, avec des effets visibles dans les décisions judiciaires.

    Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, assume une ligne plus ferme. Il a récemment confié une mission sur les impayés de loyers à Hugues Périnet-Marquet, qui a toutefois décliné cette charge quelques jours plus tard, évoquant un désaccord sur son périmètre. L’exécutif entend notamment « faciliter l’entrée dans un logement, mais aussi la sortie », en rétablissant la confiance entre propriétaires et locataires. Dans son entourage, on souligne qu’un locataire accumulant des dettes importantes n’est pas juridiquement assimilé à un squatteur, une situation jugée « incompréhensible ».

    Des propos vivement contestés par les associations. « S’il y a une très grosse dette, le juge prononce l’expulsion », rétorque Marie Rothhahn, dénonçant une vision « grave » et « indécente ». Même tonalité du côté de Droit au Logement, dont le porte-parole Jean-Baptiste Eyraud fustige une assimilation entre impayés et squat, qu’il juge « terrible ».

    Au tribunal de Paris, les magistrats observent déjà les conséquences du nouveau cadre législatif. Selon la vice-présidente du pôle civil de proximité, Françoise Thubert, 35 % des affaires d’impayés ont entraîné un délai de paiement en 2024, contre 48 % en 2023, traduisant un durcissement des décisions.

    Les associations alertent enfin sur l’absence de solutions de relogement pour les ménages expulsés, qui se retrouvent souvent sans alternative durable, parfois orientés vers des dispositifs d’urgence de très courte durée.

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