Le 27 avril prochain, le Tribunal des Activités Économiques de Lyon devrait rendre sa décision finale concernant l’avenir de Polytechnyl, cette entreprise de plus de 500 salariés qui produit au cœur de la vallée de la Chimie, à Saint-Fons, près de Lyon, du sel de nylon, des polymères polyamides, des plastiques techniques et à Valence, des fibres de polyamide.
Pour l’heure, les perspectives ne sont guère optimistes : malgré huit repreneurs intéressés en début de parcours, seule une offre a finalement été à terme. D’un montant de 10 millions d’euros (source syndicale), celle-ci émane de l’important fonds américain de private Equity, Lone Star et concerne la marque et les brevets. Elle préserverait uniquement 72 salariés du site de Saint-Fons, aucun à Valence, pour une activité principalement de R&D. Le site de production lyonnais serait lui libéré dans les prochains mois.
Une perspective qui n’enchante évidemment pas les salariés. Leurs représentants constitués en intersyndicale en appellent dans une lettre ouverte, expédiée le vendredi 17 avril dernier, au président de la République et au Premier ministre, pour trouver une solution non seulement plus acceptable socialement mais préservant aussi la souveraineté de la France.
Un enjeu social, économique mais aussi de souveraineté
« Notre usine était la dernière usine de polymérisation discontinue, l’atelier a été fermé ces derniers mois avec des résultats catastrophiques. Polytechnyl est aussi le dernier atelier de polymérisation continue européen. L’usine de Valence est la dernière usine de fibres. Il faut bien comprendre que si Polytechnyl ferme, la France ne pourra plus produire en autonomie du plastique technique. C’est très grave », pointe Pascal Mayen, délégué syndical central Unsa.
La pilule a d’autant plus de mal à passer que celui-ci rappelle avoir alerté depuis 2020 des risques que faisait encourir une reprise par Domo Chemicals.
Polytechnyl est le fruit de l’héritage Rhône-Poulenc : elle est passée par Rhodia et Solvay, avant que ce dernier ne se déleste en 2019 de sa branche polyamide. Alors positionné sur cette acquisition, BASF avait finalement renoncé sur demande de la Commission européenne en raison d’une position monopolistique.
Le géant allemand de la chimie s’était alors tourné vers le groupe Domo Chemicals (2.000 salariés environ), beaucoup plus modeste et aujourd’hui en difficulté, en particulier sur ses activités allemandes, qui l’ont conduit à l’insolvabilité sur plusieurs de ses filiales.
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