La Bourse américaine se réveille douloureusement après une fin de semaine catastrophique. Si les actions ouvrent dans le vert ce lundi, rien que sur les journées de jeudi 26 et vendredi 27 mars, le S&P 500 a perdu 3,4 % et l’indice technologique Nasdaq 100 plus de 4 %. Parmi les plus fortes chutes, Nvidia et Amazon ont dévissé de plus de 5 % quand Meta s’est effondrée de plus de 11 %.
Une dégringolade étonnante puisque, jusqu’ici, l’économie américaine semblait quasiment épargnée par l’embrasement du Moyen-Orient. Alors que la bourse de Corée a perdu plus de 15 % depuis le 28 février quand le CAC 40 a dévissé de près de 10 %, la Bourse américaine avait contenu la pression vendeuse lors des trois premières semaines du conflit.
Le 25 mars, le S&P 500 affichait moins de 5 % de baisse sur toute la période du conflit. Les investisseurs étaient notamment rassurés de la tenue du pétrole américain. Alors que le Brent européen a largement dépassé les 110 dollars le baril depuis le début de la guerre en Iran, le West Texas Intermediate résistait et s’affichait en-dessous des 100 dollars.
Une divergence qui s’explique par l’indépendance des États-Unis en matière de pétrole. Le premier producteur d’or noir au monde semble beaucoup moins susceptible de connaître des pénuries que les économies européennes et asiatiques très dépendantes du pétrole du Moyen-Orient.
Sauf que, ce lundi, le WTI a dépassé – pour la première fois – les 100 dollars le baril. Un symbole montrant que la digue de la confiance des marchés financiers américains s’est brisée. Alors que la Bourse américaine croyait à une guerre courte et aux faibles conséquences pour les entreprises du pays, le report de l’ultimatum de Donald Trump au 6 avril laisse entendre que la guerre pourrait finalement durer. Ce, d’autant plus que Téhéran n’a eu de cesse de démentir la réalité des négociations évoquées par le président américain.
