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  • OPINION. « Quelles perspectives pour un Iran démocratique ? », par Philippe Gosselin, Christine Arrighi, et André Chassaigne

    OPINION. « Quelles perspectives pour un Iran démocratique ? », par Philippe Gosselin, Christine Arrighi, et André Chassaigne

    Nul ne s’étonne en France, que les forces politiques soient multiples, opposées, ou composées d’alliances. Il en va de même pour l’opposition iranienne, plurielle par nature, parfois traversée de lignes rouges, mais animée par un même combat et une conviction commune : le rejet de la dictature sous toutes ses formes.

    Cet Iran nous touche profondément par le courage de ses citoyens face à la cruauté d’un régime théocratique, par la résilience de ses femmes face à la misogynie institutionnalisée, par la persévérance de ses résistants sous la répression interne et sous les bombes. Depuis près de cinq décennies, ce peuple défie l’un des régimes les plus obscurantistes de notre temps.

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    La solution est entre les mains du peuple iranien dans toute sa diversité.

    Force est de constater que ni la politique de complaisance n’a permis de transformer le pouvoir sectaire des mollahs, ni les guerres et les bombardements récents n’ont apporté de transformations radicales. Même affaibli, le régime des mollahs poursuit sa fuite en avant. Aujourd’hui, nous sommes convaincus d’une chose : la solution est entre les mains du peuple iranien dans toute sa diversité. C’est avec lui que nous devons engager le dialogue, et non avec le régime. Mais encore faut-il savoir qui en sont les véritables interlocuteurs.

    Par ailleurs, nous constatons que le plan en dix points du CNRI fédère de plus en plus les forces politiques plurielles de l’Iran. Ainsi, la reconnaissance de l’autonomie pour le Kurdistan iranien, ainsi que pour les autres composantes de l’Iran comme les Baloutches et les Arabes, constitue un facteur de réconciliation. Alors qu’en qualifiant de séparatistes les composantes ethniques de l’Iran qui aspirent à une forme d’autonomie politique et culturelle, le courant royaliste ouvre tout droit la perspective de futurs conflits.

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    Nous appelons à l’union de toutes les composantes démocratiques de l’opposition iranienne.

    Nous, parlementaires français, membres du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) sommes profondément sensibles à cette aspiration en faveur d’une démocratie pluraliste et laïque, à l’instar de milliers d’autres parlementaires à travers le monde. Notre conviction est renforcée par l’acharnement du régime iranien contre cette coalition, accompagné de campagnes de diabolisation et de diffamation, parfois relayées dans notre pays.

    Au cours de ces dernières années, nous avons assisté à de multiples reprises à des tentatives directes ou indirectes des autorités iraniennes pour entraver l’activité de ces forces d’opposition, en particulier les Moudjahidine du peuple, dont des dizaines de milliers de membres et sympathisants ont été exécutés depuis plus de quatre décennies pour leur engagement contre la dictature religieuse. Quatre autres militants de ce mouvement, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Mohammad Taghavi et Akbar Daneshvarkar, viennent d’être pendus dans les derniers jours de mars 2026, à Téhéran.

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    De l’aveu même des autorités judiciaires iraniennes, de nombreux militants de l’OMPI sont à cette heure condamnés à mort, et de nombreux sympathisants figurent parmi les victimes des répressions récentes À l’heure où le peuple iranien traverse des épreuves dramatiques, marquées par des milliers de morts, des dizaines de milliers d’arrestations et une guerre qui le dépasse, une approche conforme aux valeurs démocratiques consiste à favoriser un cadre inclusif rassemblant les forces d’opposition les plus engagées pour l’instauration d’une République laïque et démocratique en Iran.

    Dans ces circonstances, nous appelons à l’union de toutes les composantes démocratiques de l’opposition iranienne et au rejet de toute prise de position qui ne ferait que servir les intérêts d’un régime autoritaire. Le peuple iranien aspire à la liberté, à la démocratie et à la souveraineté. Nous l’entendons et estimons que nul ne peut s’arroger le droit de parler en son nom.

    Liste des signataires :
    Christine Arrighi, députée de la Haute-Garonne (Ecologiste et Social), présidente du CPID ;
    Jean-Pierre Brard, ancien député-maire de Montreuil, co-fondateur du CPID ;
    André Chassaigne, ancien Député du Puy-de-Dôme (GDR), président d’honneur du CPID ;
    Philippe Gosselin, député de la Manche (Les Républicains), vice-président du CPID ;
    Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin (Les Républicains), ancien ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Espace ;
    Vincent Louault, sénateur d’Indre-et-Loire (Les Indépendants-République et Territoires), vice-président du CPID ;
    Alain Neri, ancien sénateur du Puy-de-Dôme (Socialistes), ancien vice-président de l’Assemblée nationale ;
    Hervé Saulignac, député de l’Ardèche (Socialistes et apparentés), vice-président du CPID ;
    Michel Terrot, ancien député du Rhône (Les Républicains).

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