Si les grandes puissances économiques continuent d’investir dans la recherche et développement (R&D), force est de constater qu’elles flèchent leurs dépenses en fonction des grands enjeux liés au contexte mondial. C’est ce qu’il ressort d’une étude parue ce mercredi, réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe 38 états parmi les plus développés économiquement.
Les crédits budgétaires publics de R&D destinés à la défense ont ainsi grimpé (+1,2 % sur un an), portés en grande partie par la forte hausse enregistrée dans l’Union européenne (+11,5 %) et le Japon (+17,9 %). À l’inverse, ceux consacrés à l’énergie et à l’environnement ont reculé de 8 %, après avoir augmenté de façon continue depuis 2012.
Sur l’ensemble de l’année 2024, toutes catégories confondues, les crédits budgétaires publics ont baissé (-4,1 % sur un an). Cette tendance semble avoir été reconduite en 2025 (-5 %). Ces données restent toutefois provisoires car elles ne portent que sur neuf pays. Une mise à jour plus complète sera disponible en septembre prochain, promet l’OCDE.
Le privé, moteur de la R&D
Au total, les dépenses mondiales de R&D pourraient avoir atteint 3 800 milliards de dollars (3 572 milliards d’euros) en 2024, indique l’OCDE. Dont près des deux tiers (2 300 milliards [2 162 milliards d’euros]) provenant des pays de l’OCDE.
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Reste que les investissements en R&D au sein de ce groupe ont légèrement reculé en 2024 par rapport à l’année précédente, passant de +2,8 % à +2,6 %. Une tendance à la baisse enclenchée depuis le pic de 2021 (+5,7 %), qui n’a toujours pas été enrayée.
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Ces investissements ont majoritairement été abondés par le secteur privé, les entreprises en ayant assumé près des trois quarts (73 %).
Les États-Unis et la Chine dépensent le plus
Par pays, la Chine et les États-Unis arrivent en tête des dépenses en R&D en 2024. Ils s’affichent désormais au coude-à-coude. La première puissance asiatique a pour la première fois légèrement dépassé son grand rival américain, avec près de 860 milliards de dollars (810 milliards d’euros) dépensés contre 848 milliards (800 milliards d’euros) outre-Atlantique – la comparaison est établie en tenant compte des différences de parité de pouvoir d’achat (PPA) et sur les prix de 2020.

Les Vingt-Sept ont, eux, consacré quelque 508 milliards de dollars (480 milliards d’euros) à la R&D en 2024. L’Allemagne s’affiche comme le plus gros pourvoyeur du bloc européen (près de 160 milliards de dollars [150 milliards d’euros]), devant la France (82 milliards [77 milliards d’euros]), l’Italie (42 milliards [40 milliards d’euros]) ou encore l’Espagne (34 milliards [32 milliards d’euros]).
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Autre élément mis en exergue par l’étude de l’OCDE illustrant la montée en puissance de la Chine : l’intensité de R&D. Cet indicateur mesure les dépenses de R&D par rapport au produit intérieur brut (PIB) du pays. L’intensité de R&D de la Chine s’affiche en hausse continue depuis vingt ans. À 2,7 % en 2024, elle a ainsi rattrapé le niveau de l’ensemble de l’OCDE.
L’intensité de R&D de la Chine reste encore loin de celle des États-Unis, qui stagne néanmoins depuis 2020 autour des 3,4 %. Elle a en revanche dépassé celle de l’UE dix ans plus tôt. Le taux s’élève aujourd’hui à 2,1 % pour le bloc des Vingt-Sept.
