Tag: Proche et Moyen-Orient

  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Téhéran lance de nouveaux missiles vers Israël

    EN DIRECT. Guerre en Iran : Téhéran lance de nouveaux missiles vers Israël

    Les Etats-Unis et l’Iran sont-ils oui ou non en train de négocier ? Donald Trump a affirmé lundi 23 mars que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés au cours de discussions avec Téhéran, qui l’ont conduit à reporter sa menace de frapper les centrales électriques iraniennes. Mais la République islamique a démenti de son côté toute communication directe ou indirecte avec Washington, son ministère des Affaires étrangères accusant le locataire de la Maison-Blanche de vouloir “gagner du temps” face à la fébrilité des marchés financiers.

    Sur le terrain, les frappes se poursuivent de part et d’autre. Israël a de nouveau été visé par des salves de missiles iraniens cette nuit. L’Etat hébreu poursuit par ailleurs ses opérations militaires aériennes et terrestres au Liban, disant lutter contre le Hezbollah aligné sur l’Iran, avec une incursion dans le sud du pays qui a ravivé le spectre d’une nouvelle occupation.

    Les infos à retenir

    ⇒ L’Iran nie négocier avec les Etats-Unis

    ⇒ De nouveaux missiles iraniens lancés vers Israël

    ⇒ Au moins deux morts au sud de Beyrouth dans des frappes israéliennes

    07h30

    La pause sur les frappes annoncée par Donald Trump ne concerne que les sites énergétiques, selon Semafor

    Les États-Unis poursuivront leurs frappes contre l’Iran, la pause ne concernant que les attaques contre les sites énergétiques de Téhéran, a rapporté le média Semafor cette nuit, citant un responsable américain. “Les initiatives initiales de l’opération Fureur épique se poursuivront”, a déclaré celui-ci.

    Reuters n’a pas pu vérifier immédiatement l’information. La Maison-Blanche, le département d’État américain et le Pentagone n’ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de l’agence.

    07h08

    Liban : au moins deux morts à Bechamoun, au sud de Beyrouth

    Deux personnes ont été tuées et cinq autres ont été blessées cette nuit au cours de bombardements israéliens dans la commune de Bechamoun, au sud de Beyrouth, selon un premier bilan du ministère libanais de la Santé, rapporté par l’agence de presse officielle NNA.

    Celle-ci avait rapporté plus tôt qu’Israël avait mené dans la nuit sept raids aériens contre la banlieue sud de la capitale, quelques heures après que Benyamin Netanyahou a déclaré, lundi soir, que l’Etat hébreu continuait ses frappes en Iran et au Liban pour protéger ses “intérêts vitaux en toutes circonstances”.

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    06h50

    En Irak, des miliciens soutenus par l’Iran visés par une frappe

    Au moins dix combattants des Forces de mobilisation populaire (FMP) ont été tués et une trentaine d’autres blessés dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, dans des frappes aériennes contre un site du groupe composé de milices irakiennes chiites soutenues par l’Iran, a appris Reuters de sources sécuritaires et des services de santé.

    Le commandant des opérations du FMP à Anbar a été tué dans ces frappes, ont précisé ces sources, avant qu’un communiqué publié par le FMP ne confirme la mort de ce commandant, Saad al Baïji. Le groupe de miliciens accuse les Etats-Unis d’avoir effectué l’attaque.

    06h45

    De nouveaux missiles iraniens lancés vers Israël

    L’armée israélienne a dit cette nuit avoir identifié des vagues de missiles lancés depuis l’Iran en direction de l’Etat hébreu. Les sirènes d’alerte ont été déclenchées dans des parties d’Israël, dont à Tel Aviv où ont été entendues des explosions résultant des interceptions des missiles.

    L’armée israélienne a fait état d’au moins un impact dans le nord du pays. Aucune victime n’a été signalée.

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  • “Ce que fait le président est crucial” : Mark Rutte, indéfectible soutien de Donald Trump

    “Ce que fait le président est crucial” : Mark Rutte, indéfectible soutien de Donald Trump

    Même lorsque ses relations avec les dirigeants européens sont au plus froides, le président américain Donald Trump sait posséder en la personne de Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, un allié sur lequel il peut toujours compter. Ce week-end, ce dernier s’est fait le relais de son argumentaire quant au bienfondé de la guerre contre l’Iran, à l’occasion de deux interviews pour des chaînes de télévision américaines. “Je sais qu’il y a beaucoup de débats en Europe et aux Etats-Unis sur cette campagne du président contre l’Iran, à savoir si elle est bien nécessaire, mais laissez-moi vous le dire, elle est cruciale”, a-t-il déclaré sur Fox News le 22 mars, avant de renchérir sur CBS News le même jour : “Ce que fait le président ici, à savoir priver l’Iran de ses capacités en matière de missiles balistiques et de capacités nucléaires, est d’une importance cruciale.” Il a poursuivi en assurant Donald Trump de sa compassion quant au faible taux d’approbation que son action suscite parmi l’opinion américaine : “J’ai vu les sondages, mais j’espère vraiment que le peuple américain le soutiendra, car il agit ainsi pour rendre le monde entier plus sûr.”

    Interrogé sur le peu d’enthousiasme des dirigeants européens face au conflit, il a justifié cela par le fait qu’ils avaient dû être laissés hors des préparatifs militaires, mais que tout rentrait dans l’ordre désormais au vu de la promesse de 22 pays, dont 17 membres de l’Otan, de participer aux efforts pour la réouverture du détroit d’Ormuz.

    Messages zélateurs

    Ce n’est pas la première fois, loin de là, que l’ex-Premier ministre néerlandais se répand en louanges à l’égard du président américain. En juin 2025, lors de la première campagne de bombardements israélo-américaine contre des sites militaires en Iran, Mark Rutte avait suscité des réactions embarrassées lorsqu’il avait appelé le président américain “Daddy”. Donald Trump venait de se lancer dans une comparaison hasardeuse entre le conflit entre Israël et l’Iran et “des enfants qui se battent comme des chiffonniers dans la cour de récréation”, et Rutte avait repris la métaphore lors d’un sommet de l’Otan : “Papa [Daddy] doit parfois hausser le ton”.

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    Choisi précisément pour sa proximité avec le président américain, guère tendre avec l’Otan, Rutte lui a également adressé quelques messages zélateurs que leur destinataire s’est fait une joie de rendre publics : “Félicitations et merci pour votre action décisive en Iran. C’était vraiment extraordinaire et quelque chose que personne d’autre n’avait osé faire”, écrivait Mark Rutte, avant d’embrayer sur la décision des pays membres de l’Otan de passer leur contribution au budget de l’Otan à hauteur de 5 % de leur PIB à horizon 2035 : “Vous allez réaliser quelque chose qu’AUCUN président américain n’était parvenu à faire durant des décennies”, en reprenant la typographie en majuscules qu’affectionne Donald Trump. “L’Europe va payer un prix ÉNORME” pour financer sa défense “comme elle le devait” et “ce sera votre victoire”. Plus récemment, en janvier, un message a été divulgué par Donald Trump, dans lequel Rutte se gardait bien de le réfréner dans ses désirs d’annexion du Groenland. “Monsieur le Président, cher Donald — ce que vous avez accompli aujourd’hui en Syrie est incroyable [NDR : des frappes contre l’Etat islamique]. J’utiliserai mes interventions médiatiques à Davos pour mettre en valeur votre action là-bas, à Gaza et en Ukraine. Je suis déterminé à trouver une solution sur le Groenland. J’ai hâte de vous voir. Bien à vous, Mark”. Du pain bénit pour l’ego du président américain.

    “Pas sourd” aux critiques

    Sur CBS, ce week-end, Mark Rutte a embrassé le narratif américain dans sa totalité et a botté en touche face aux critiques de la journaliste Margaret Brennan, qui l’interrogeait notamment sur les bénéfices que retire Poutine de la guerre au Moyen-Orient, laquelle a fait bondir le prix du baril de pétrole et a permis un allègement d’un mois des sanctions américaines sur une partie du pétrole russe.

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    “Ses efforts pour mener à bien la guerre en Ukraine sont essentiels, a répondu Mark Rutte à propos de l’action de Donald Trump. Il a été le seul à parvenir à briser l’impasse avec Vladimir Poutine lorsqu’il a passé le premier appel téléphonique en février de l’année dernière, et il n’a cessé, avec son équipe, de faire le nécessaire”. Début mars, Mark Rutte avait déclaré dans une interview à Reuters qu’il “[n’était] pas sourd” aux critiques quant à sa proximité avec Donald Trump. Mais qu’il estimait que l’action de celui-ci “méritait ses éloges”.

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  • Guerre au Moyen-Orient : cette insurrection espérée qui n’est pas venue

    Guerre au Moyen-Orient : cette insurrection espérée qui n’est pas venue

    Il y avait donc un plan. Ou, tout du moins, un espoir. Celui que le gouvernement iranien, après une première salve de bombardements ayant décapité ses leaders, soit renversé par une insurrection populaire. C’est ce que révèle le New York Times dans un article publié ce lundi, fondé sur des entretiens avec des responsables américains ou israéliens, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat. Dans les jours précédant l’intervention israélo-américaine contre l’Iran, le responsable du Mossad, David Barnea, a expliqué au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou que son service serait à même de déclencher des émeutes et protestations susceptibles de conduire à la chute du régime de Téhéran. David Barnea a partagé ces perspectives avec des responsables de l’administration Trump lors d’un voyage à Washington à la mi-janvier. Le Premier ministre israélien l’a pris au mot, de même que le président Trump, qui s’est adressé en ces termes à la population iranienne dans son premier discours après les bombardements israélo-américains : “Prenez le contrôle de votre gouvernement : il ne vous reste plus qu’à le faire.” Evidemment, les choses ne se sont pas passées ainsi. L’Iran réplique depuis un mois par des attaques tous azimuts contre ses voisins du Golfe persique, plongeant la région et le monde dans une grande incertitude, à tout le moins économique.

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    Outre-Atlantique, l’optimisme de David Barnea était loin d’être partagé par tous. Des responsables militaires avaient indiqué à Donald Trump que les Iraniens ne descendraient pas dans la rue pour manifester tant que les États-Unis et Israël continueraient à larguer des bombes, tandis que des responsables du renseignement jugeaient faible la probabilité d’un soulèvement populaire. Nate Swanson, ancien responsable du Département d’État et de la Maison-Blanche et membre jusqu’en juillet de l’équipe de négociation sur l’Iran, a déclaré au quotidien américain : “Beaucoup de manifestants ne descendent pas dans la rue parce qu’ils risquent de se faire tirer dessus (…) Ils vont se faire massacrer. C’est une chose. Mais la deuxième chose, c’est qu’il y a une bonne partie de la population qui souhaite simplement une vie meilleure, et qui est pour l’instant mise à l’écart. Ils n’aiment pas le régime, mais ils ne veulent pas mourir en s’y opposant. Ces 60 % vont rester chez eux.” Le 12 mars, Donald Trump a semblé prendre acte de cet état de fait, en disant à Fox News radio que l’Iran avait déployé des forces de sécurité dans les rues “qui mitraillent les gens dès qu’ils tentent de manifester (…) Il y a toujours des opposants fervents au régime, mais ils ne sont pas armés et ils ne parviennent pas à faire descendre la majorité de la population dans la rue.”

    La piste kurde

    L’une des pistes envisagées pour la rébellion résidait du côté des milices kurdes, auxquelles la CIA a fourni armes et conseils. Lors d’un point presse le 4 mars, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, un porte-parole de l’armée israélienne, avait répondu à la question de savoir si Israël menait des bombardements dans l’ouest de l’Iran afin de faciliter une invasion kurde : “Nous menons des opérations de grande envergure dans l’ouest de l’Iran afin d’affaiblir les capacités du régime iranien, d’ouvrir la voie vers Téhéran et de garantir notre liberté d’action.” Rien n’est venu pourtant de ce côté-là non plus, et pour cause.

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    Bafel Talabani, président de l’Union patriotique du Kurdistan, l’un des principaux partis politiques kurdes irakiens, estimait lors d’une interview sur Fox News qu’une avancée kurde pourrait être contre-productive. Il disait de la population iranienne : “Je pense que s’ils craignent que l’arrivée de Kurdes venus d’ailleurs provoque une scission ou une fragmentation de leur pays, cela pourrait en réalité unir le peuple contre ce mouvement séparatiste.” La Turquie s’est elle aussi vivement opposée à une telle perspective et l’a fait savoir à l’administration Trump par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, auprès du secrétaire d’État Marco Rubio.

    Le durcissement du régime anticipé par la CIA

    Parmi les scénarios envisagés par la CIA avant l’intervention militaire, celui d’un effondrement total du régime était jugé improbable : sa capacité de résistance était établie de longue date, et jusque récemment en janvier, lors de répressions qui ont fait des milliers de morts. Le scénario d’affrontements entre groupes rivaux au sein du pouvoir voire d’une guerre civile avait aussi été considéré, mais le plus probable était celui d’un durcissement d’un pouvoir acculé. Ce qui s’est effectivement produit. Pour autant, certains responsables israéliens n’ont pas abdiqué tout espoir de voir advenir un soulèvement populaire, à l’image de Yechiel Leiter, ambassadeur de l’Etat hébreu aux États-Unis, qui a déclaré dimanche sur CNN : “Je pense qu’il faut des troupes sur le terrain, mais ce doivent être des troupes iraniennes. Et je pense qu’elles arrivent.” L’histoire dira s’il s’agit d’un vœu pieux.

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  • Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Il connaît les moindres recoins du détroit d’Ormuz. Pour avoir dirigé la cinquième flotte de l’US Navy, basée à Bahreïn, et avoir été le commandant des forces navales du Commandement central des Etats-Unis (NAVCENT), le vice-amiral John W. “Fozzie” Miller est un témoin privilégié de la bataille stratégique qui se joue au cœur de cet espace maritime qui relie le golfe Persique et le golfe d’Oman. Alors que la guerre fait rage – seize navires du régime de Téhéran auraient encore été frappés dans un port du Golfe selon les médias iraniens -, Donald Trump a laissé planer le doute sur l’envoi de soldats américains sur le terrain. “Je n’envoie de troupes nulle part. [Et] si c’était le cas, je ne vous le dirais certainement pas”, a-t-il affirmé le 19 mars, dans le bureau Ovale, aux côtés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. En parallèle, le Pentagone aurait largué le 17 mars des munitions à pénétration profonde de plus de deux tonnes sur des sites iraniens fortifiés le long du littoral, servant notamment à abriter des missiles de croisière antinavires, selon le Wall Street Journal. Pour tenter de désamorcer la crise dans le détroit d’Ormuz qui a paralysé le transport de 20 % du pétrole mondial et provoqué une flambée des prix de l’énergie, plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont proposé le 19 mars leur aide pour sécuriser la zone.

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    Pour L’Express, le vice-amiral John W. “Fozzie” Miller décrypte les ressorts de ce conflit naval à très haute intensité et esquisse les pistes d’une sortie de crise. Selon lui, “la destruction des équipements, combinée à l’affaiblissement des structures de commandement” en cours va mécaniquement réduire les possibilités pour Téhéran de “maintenir une stratégie de pression sur le détroit”. Combien de temps cela peut-il prendre ? Les Américains vont-ils déployer des hommes sur les îles stratégiques dans la zone ? Ce haut gradé américain livre une évaluation très précise de la situation. Entretien.

    L’Express : La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon se disent “prêts à contribuer” à sécuriser le détroit d’Ormuz. Que peuvent-ils apporter que les Américains n’ont pas déjà ?

    Vice-amiral John W. Miller : Nos partenaires peuvent apporter une contribution significative. La France dispose d’une marine hautement professionnelle et dotée de capacités importantes, notamment grâce à son porte-avions et à ses navires de surface performants, capables de mener des missions d’escorte et de présence. La France et le Royaume-Uni, mais plus particulièrement la marine française, possèdent également des capacités de déminage qui pourraient s’avérer essentielles si la situation l’exigeait. Leur apport ne résiderait pas tant dans des capacités fondamentalement différentes de celles des Etats-Unis, mais dans le renforcement des moyens existants, grâce à des effectifs supplémentaires et à un nombre accru de navires.

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  • Donald Trump prépare le désengagement américain au Moyen-Orient et met la pression sur l’Otan

    Donald Trump prépare le désengagement américain au Moyen-Orient et met la pression sur l’Otan

    Durant les premiers jours de la guerre, Donald Trump s’est bien gardé de mentionner l’Otan, préférant vanter la puissance de frappe autonome des Etats-Unis. Trois semaines plus tard, le ton du président américain a changé, raconte le Washington Post. Devant la hausse des prix du pétrole, il fait désormais pression sur ses alliés. Avec un but principal : leur déléguer la délicate sécurisation du détroit d’Ormuz.

    Réticences des Européens

    Seulement, après plus d’un an passé à critiquer ses alliés, accusés de ne pas suffisamment contribuer au financement de l’alliance transatlantique, et à menacer directement l’un d’entre eux – le Groenland, et par extension le Danemark -, la partie est loin d’être gagnée pour Donald Trump. Les dirigeants européens n’ont pas non plus oublié les droits de douane massifs infligés par le président américain, qui ont rendu leurs opinions publiques plus sceptiques que jamais vis-à-vis des Etats-Unis.

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    Bien qu’inquiets de la hausse des prix de l’énergie, la majorité des alliés restent ainsi prudents à l’idée de s’impliquer dans un conflit, dont la légalité reste encore à prouver. De quoi hérisser le président américain, dont la position s’est durcie cette semaine face au refus européen, allant jusqu’à qualifier l’Otan de “lâche”. “Je pense que l’Otan fait une très grave erreur, a-t-il d’abord déclaré mardi. Je me demande depuis longtemps si l’Otan serait vraiment là pour nous.”

    Pression sur les alliés de l’Otan

    Vendredi, Donald Trump a finalement laissé entendre que le conflit au Moyen-Orient pourrait bientôt devenir la responsabilité de ses alliés seuls. Il a fait savoir que les Etats-Unis envisageaient de “réduire” leurs efforts militaires en Iran, et n’a pas fait mystère de sa volonté de transférer les efforts vers ses alliés. “Le détroit d’Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres nations qui l’utilisent — pas par les États-Unis !”, a-t-il écrit sur Truth Social. “Ce sera une opération militaire facile pour eux”, a-t-il affirmé.

    Ce revirement n’est pas surprenant. Depuis le début de la guerre, Donald Trump fait face à une résistance interne, accentuée par certaines conséquences du conflit qui affectent directement l’électorat américain : alors que Téhéran a presque complètement bloqué le détroit d’Ormuz, les prix de l’essence ont augmenté de 33 % au cours du dernier mois aux Etats-Unis, accroissant les divisions au sein même de son parti et faisant craindre une défaite des républicains à l’approche des élections de mi-mandat.

    Flou sur un déploiement de troupes

    Washington continue d’envoyer des signaux contradictoires. Si les Etats-Unis semblent vouloir préparer la fin de la guerre, comme le laissent à penser les derniers propos de Donald Trump, le Pentagone a élaboré plusieurs plans d’actions, dont l’un impliquant notamment le déploiement de plusieurs milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée dans des zones clés en Iran, selon deux responsables informés du dossier cités par le Washington Post.

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    La Maison-Blanche minimise pour l’instant la possibilité d’un engagement direct de troupes au sol, mais ne l’exclut pas totalement. “Le rôle du Pentagone est de préparer différentes options pour le commandant en chef, a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt. Cela ne signifie pas qu’une décision a été prise.” La semaine dernière, le Pentagone a également redirigé plusieurs milliers de Marines depuis le Pacifique vers le Moyen-Orient afin de “renforcer les forces disponibles”.

    Les pays du Golfe revoient leur stratégie sécuritaire

    Dans ce contexte flou, Washington a tenu à rassurer ses alliés arabes, visés par des représailles iraniennes depuis le début du conflit, en les assurant de travailler de pied ferme à garantir leur sécurité. Mais à en croire plusieurs experts, cités par le New York Times, cette guerre pourrait conduire les pays du Golfe à revoir leur stratégie sécuritaire, afin d’être moins dépendants des Etats-Unis.

    Forcée de constater limites de la protection américaine ces dernières semaines, l’Arabie saoudite s’est d’ailleurs déjà tournée vers l’Ukraine, tandis que les Émirats arabes unis ont sollicité l’aide de la France et de l’Australie. Plusieurs gouvernements du Golfe ont également demandé à l’Italie de fournir des systèmes de défense antidrones et antiaériens. Un précédent qui pourrait redéfinir durablement les jeux d’alliance jusqu’alors à l’œuvre dans la région.

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  • L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le président Donald Trump a encore durci son discours à l’égard de l’Iran samedi soir, menaçant de cibler les infrastructures électriques du pays si Téhéran refusait de rouvrir le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, les autorités iraniennes ont affiché leur détermination à ne pas céder et ont poursuivi leurs offensives en lançant une nouvelle vague d’attaques contre Israël.

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    Samedi soir, des missiles iraniens ont réussi à percer le système de défense aérienne israélien, pourtant réputé très performant, atteignant Dimona ainsi que la ville proche d’Arad. Les frappes ont causé des destructions matérielles et fait des dizaines de blessés, illustrant la capacité persistante de Téhéran à infliger des dommages malgré trois semaines de bombardements intensifs menés par les États-Unis et Israël

    7h50

    L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le détroit d’Ormuz reste ouvert à toute navigation, à l’exception des navires liés aux “ennemis de l’Iran”, a déclaré dimanche le représentant iranien auprès de l’agence maritime de l’ONU, après que le président américain Donald Trump a menacé de cibler les centrales électriques iraniennes si la voie navigable n’était pas “pleinement ouverte” dans les 48 heures.

    La menace d’attaques iraniennes pendant la guerre israélo-américaine contre l’Iran a empêché la plupart des navires de traverser l’étroit détroit, voie de passage pour environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, menaçant de provoquer un choc énergétique mondial.

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    Ali Mousavi a déclaré que Téhéran était prêt à coopérer avec l’Organisation maritime internationale pour améliorer la sécurité maritime et protéger les marins dans le Golfe, ajoutant que les navires non liés aux « ennemis de l’Iran » pourraient franchir le détroit en coordonnant les dispositifs de sécurité avec Téhéran.

    “La diplomatie demeure la priorité de l’Iran. Toutefois, une cessation complète de l’agression ainsi que la confiance mutuelle sont plus importantes”, a déclaré Mousavi, ajoutant que les attaques israéliennes et américaines contre l’Iran étaient à l’origine de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz.

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  • Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    La stratégie de “décapitation” portera-t-elle ses fruits ? Alors qu’Israël a annoncé mercredi la mort du ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, au lendemain de celle du dirigeant de facto du pays Ali Larijani, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’efficacité de ces frappes ciblées à moyen et long terme. Du côté d’Israël et des Etats-Unis, viser les ténors du régime, bien que cela soit illégal au regard du droit international, a pour objectif de l’affaiblir et d’éviter des enlisements militaires, en décourageant notamment les cadres subalternes d’accepter des fonctions devenues extrêmement dangereuses. En parallèle, les milliers de bombardements menés contre la République islamique visent à restreindre toute riposte militaire.

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    Mais certains observateurs du conflit sont dubitatifs. Car au cœur du problème se trouvent la structure et la résilience du régime iranien. La figure du “martyr” est en effet profondément ancrée dans l’idéologie de la République islamique d’Iran, et l’élimination de hauts dirigeants, à défaut de raccourcir la guerre, peut attiser un désir de vengeance et fermer les voies diplomatiques — prolongeant ainsi le conflit. “Ce régime se nourrit d’une théologie de la souffrance, donc plus il y aura d’assassinats, plus il deviendra résilient, et des individus moins expérimentés accéderont à des postes plus élevés”, a par exemple expliqué Bader Al-Saif, historien, lors d’une conférence du Middle East Institute.

    Un second souffle

    “Ce n’est pas un régime personnalisé. Il existe des couches institutionnelles sous chaque individu et j’imagine que la réponse à ces frappes de décapitation consiste simplement à promouvoir des cadres en interne – même si cela comporte le risque de faire émerger des individus inconnus et non expérimentés”, abonde auprès du Guardian Sanam Vakil, experte de l’Iran à Chatham House. Elle poursuit : “Pour l’instant, [cette stratégie de décapitation] semble surtout faire gagner du temps (…), mais il existe un risque que cela redonne un second souffle au système en revitalisant un régime qui était en perte de vitesse, où ceux qui montent en grade ont vu leurs mentors, leurs supérieurs et des membres de leur famille être tués.”

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    Les experts sont d’autant plus circonspects que par le passé, les assassinats menés par Israël n’ont pas eu de grand succès. Un exemple : la mort du chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassin en 2004, qui n’a pas empêché le groupe de se reconstituer. L’élimination des figures clés lors de la guerre d’Irak en 2003, menée par les Etats-Unis, n’a, elle non plus, nullement conduit à la démocratisation du régime, bien au contraire.

    Un soulèvement peu probable

    “L’un des mythes répandus au sein du gouvernement américain après le 11-Septembre et avant l’invasion de l’Irak était qu’il suffisait d’éliminer la “sale douzaine” [de hauts responsables du régime] en Irak. Je pensais que c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours aujourd’hui”, a commenté Jon B. Alterman, du Center for Strategic and International Studies à Washington, auprès du Guardian. “Un point qui n’a pas reçu suffisamment d’attention est que si l’on élimine les personnes qui ont de l’influence auprès des éléments les plus radicaux, il ne reste plus personne capable de les arrêter. On a aussi l’impression que la résilience du régime iranien est sous-estimée. Il est peut-être possible de provoquer une division interne, mais je ne vois aucune preuve de l’existence de démocrates modérés prêts à prendre le relais”, développe-t-il.

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    La situation est complexe car même en cas de déstabilisation du régime, un soulèvement populaire victorieux n’apparaît pas forcément comme le scénario le plus probable. Dans un article publié en janvier dans le magazine américain Foreign Affairs, Afshon Ostovar, spécialiste du Moyen-Orient à la Naval Postgraduate School, avance qu’un éventuel coup d’Etat aurait plus de chances d’émaner de l’intérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique — l’acteur le plus puissant du pays — et viserait avant tout à maintenir les structures en place, une hypothèse jugée crédible par plusieurs experts. En outre, Donald Trump a lui-même reconnu plus tôt dans la guerre que l’élimination de dirigeants clés pourrait compromettre les chances d’une transition politique. “Imaginer une issue diplomatique à cette guerre — c’est très difficile”, conclut Daniel Sheffield, professeur assistant à l’université de Princeton, cité par CNN.

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  • Iran : en visant Diego Garcia, Téhéran révèle une capacité de frappe bien plus longue qu’estimée

    Iran : en visant Diego Garcia, Téhéran révèle une capacité de frappe bien plus longue qu’estimée

    C’est une nouvelle qui pourrait marquer un tournant dans le conflit opposant la coalition israélo-américaine et l’Iran. Ce 21 mars, la République islamique a tiré pour la première fois des missiles balistiques de portée intermédiaire vers Diego Garcia, la base militaire conjointe américano-britannique nichée au cœur de l’océan Indien, selon plusieurs responsables américains cités par le Wall Street Journal. Selon ces mêmes sources, dont l’une s’est également exprimée auprès de CNN, deux missiles ont été lancés : l’un a échoué en vol en raison d’un problème technique encore inconnu, tandis que l’autre aurait été intercepté par un destroyer américain équipé d’un système SM-3. Une interception qui n’a toutefois pas été officiellement confirmée par le Pentagone.

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    Londres, en revanche, est sorti de sa réserve. Le ministère britannique de la Défense a dénoncé des “attaques imprudentes de l’Iran”, tandis qu’une source officielle a confirmé à l’AFP que la tentative de frappe avait échoué. Côté iranien, l’agence de presse Mehr revendique implicitement l’opération, évoquant une cible visant “la base militaire des oppresseurs à Diego Garcia” et qualifiant cette action d’”étape importante” dans la capacité de Téhéran à menacer les intérêts américains au-delà de son environnement régional immédiat.

    Située sur une île isolée de l’archipel des Chagos, sous souveraineté britannique, la base de Diego Garcia constitue un point névralgique pour les opérations militaires américaines, abritant sous-marins nucléaires, bombardiers stratégiques et destroyers. Elle accueille notamment des bombardiers à longue portée, régulièrement mobilisés dans les opérations au Moyen-Orient. En 2025, Londres a conclu un accord prévoyant la rétrocession de l’archipel à l’île Maurice, tout en sécurisant un bail de 99 ans pour maintenir cette présence stratégique. Dans le même temps, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser Diego Garcia ainsi que la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour des opérations “défensives” contre l’Iran, visant notamment ses capacités de frappe. Une décision qui a immédiatement suscité la colère de Téhéran : le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre “des vies britanniques en danger”, affirmant que l’Iran exercerait “son droit à la légitime défense”.

    Une distance qui inquiète

    Mais plus que l’épisode lui-même, c’est la distance parcourue par les missiles qui suscite l’attention… et l’inquiétude. La base visée se situe à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, soit bien au-delà de la portée officiellement reconnue par Téhéran, fixée à 2 000 kilomètres. Selon Iran Watch, une plateforme basée à Washington qui surveille et analyse les programmes nucléaires, balistiques et d’armes de destruction massive de l’Iran, le pays possède déjà des missiles capables d’atteindre 4 000 kilomètres, tandis que le centre israélien Alma estime leur portée maximale à 3 000 kilomètres, avec des projets d’armes plus longues encore.

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    Cette frappe relance ainsi les interrogations autour du missile Khorramshahr-4, fer de lance de l’arsenal balistique iranien. Officiellement capable de parcourir entre 2 000 et 3 000 kilomètres, ce missile pourrait en réalité aller bien au-delà. “S’il est confirmé que l’Iran a tiré 2 missiles capables d’atteindre Diego Garcia dans l’océan indien (4 000 kilomètres), cela confirme que Paris est à portée de tir depuis l’Iran”, a commenté sur X Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret Défense et journaliste à L’Express. Le Royaume-Uni, de son côté, discute actuellement d’un transfert de souveraineté de Diego Garcia et des Chagos à l’île Maurice, tout en maintenant un bail à long terme pour la base. Mais cette perspective se heurte à l’opposition du président Donald Trump et de certains élus républicains, renforçant l’importance géopolitique de l’île.

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