Tag: Proche et Moyen-Orient

  • Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Alors que les échanges de tirs de missiles se poursuivent ce mercredi 25 mars entre l’Iran et Israël, plus de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 révèlent que Washington a transmis à Téhéran un plan en 15 points pour résoudre le conflit.

    Nucléaire et détroit d’Ormuz

    Citant trois sources, Channel 12 rapporte que les Etats-Unis sont désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon la chaîne, ils demandent notamment que l’Iran s’engage à ne jamais se doter de l’arme nucléaire, s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. D’après ce plan, la République islamique doit également remettre prochainement à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, selon un calendrier à convenir.

    Washington compte de plus limiter le programme de missiles iraniens, “à la fois en portée et en quantité”. “Toute utilisation future de missiles serait limitée à l’autodéfense”, précise le plan américain. L’un des points de cette proposition prévoit aussi que Téhéran arrête “de financer, de diriger et d’armer” ses alliés régionaux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza. Enfin, les Etats-Unis demandent que soit établie une “zone maritime libre” dans le détroit d’Ormuz, qui doit ainsi rester ouvert.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    En contrepartie, l’Iran pourrait bénéficier d’une levée des sanctions internationales à son encontre, et d’un soutien pour son programme nucléaire civil. Le plan prévoit cependant un mécanisme de “réimposition automatique des sanctions” si Téhéran venait à ne pas respecter l’accord conclu.

    L’Iran dément encore toute négociation

    Ce plan en 15 points, dont l’existence a été confirmée à Reuters par une source, a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays s’est d’ailleurs dit mardi disposé à accueillir de potentiels pourparlers de paix, son Premier ministre Shehbaz Sharif déclarant sur le réseau social X qu’Islamabad soutenait totalement les efforts en cours pour poursuivre le dialogue afin de stopper le conflit.

    Problème : l’Iran a de nouveau démenti ce mercredi que des négociations étaient en cours avec la Maison-Blanche, et déclaré que les Etats-Unis négociaient avec eux-mêmes. “Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-même ?”, a demandé Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l’armée iranienne, cité par les médias d’Etat. “Nous ne pourrons jamais nous entendre avec des gens comme vous. Comme nous l’avons toujours répété, aucun d’entre nous ne peut conclure d’accord avec vous. Ni maintenant, ni jamais”, a-t-il ajouté.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump a vu trop grand face à l’Iran” : l’analyse implacable du spécialiste Robert A. Pape

    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a lui aussi réitéré dans un entretien accordé à la chaîne India Today l’absence de dialogue avec Washington, ajoutant que les forces armées de son pays se concentraient sur la défense de celui-ci. L’Iran a eu une “très mauvaise expérience avec la diplomatie américaine”, a-t-il rappelé, alors que Washington et Téhéran avaient mené le mois dernier sous la médiation d’Oman un nouveau cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien, moins de deux jours avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l’opération “Fureur épique” en Iran, tuant dès le premier jour le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

    Lundi déjà, l’Iran avait contredit Donald Trump, qui avait annoncé que des échanges “très positifs et fructueux” étaient en cours et assuré que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés. Le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf avait alors dénoncé une volonté de manipuler les cours du pétrole.

    Source link

  • Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    “Ne mettez pas à l’épreuve notre détermination à défendre notre terre” : le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a réagi mercredi 25 mars aux informations de plusieurs médias américains évoquant l’hypothèse d’un envoi de soldats parachutistes américains en Iran.

    Mis en difficulté par la guerre et surpris par la résistance du régime iranien, les Etats-Unis, qui bombardent le pays depuis plusieurs semaines, semblent vouloir passer un cap, avec un possible envoi de troupes au sol. Que sait-on de ce déploiement de quelques milliers de parachutistes ?

    “Déployable en 18 heures”

    Selon le Washington Post, “le Pentagone a ordonné mardi le déploiement de quelques milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient”, alors que le président Donald Trump envisagerait une escalade du conflit. De son côté, CNN évoque l’envoi “de 1 000 soldats”, dans les prochains jours.

    Ces militaires appartiendraient à une unité d’infanterie spécialisée dans les interventions ultra-rapides, comme “la prise de bases aériennes et d’autres infrastructures critiques, le renforcement des ambassades américaines et les évacuations d’urgence”, précise le Washington Post. Cette force est conçue pour être déployée n’importe où dans le monde en moins de 18 heures, depuis sa base en Caroline du Nord.

    LIRE AUSSI : Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Cette division est connue pour être intervenue lors du retrait américain d’Afghanistan en 2021, en appui des évacuations depuis l’aéroport international de Kaboul. Elle a également participé au débarquement de Normandie, en 1944 et a été engagée au Vietnam, au Panama, en Irak et en Afghanistan.

    Selon CNN, la 82e division aéroportée “comprend trois équipes de combat d’environ 4 000 hommes chacune, une brigade aérienne dotée d’hélicoptères d’attaque, de transport et de fret, une unité d’artillerie, une brigade logistique et son bataillon de commandement”.

    Saisir l’île de Kharg

    Ce déploiement intervient alors que 4 500 Marines américains se dirigent vers le Moyen-Orient, dont la 31e unité expéditionnaire des Marines basée à Okinawa, au Japon. Une unité similaire a été envoyée ces derniers jours, mais n’arrivera sur zone que dans plusieurs semaines.

    Ces forces pourraient être utilisées pour s’emparer de l’île de Kharg, un territoire iranien situé à une cinquantaine de kilomètres des côtes, au nord-ouest du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. Le blocage de ce détroit constitue en effet le principal levier de pression de Téhéran sur les Etats-Unis et l’économie mondiale.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    La force aéroportée pourrait tenter de s’emparer de l’île ou appuyer une intervention de la marine. “L’aérodrome de l’île de Kharg ayant été endommagé par les récents bombardements américains, d’anciens commandants estiment qu’il serait plus probable de déployer d’abord des Marines, pour réparer rapidement les pistes et autres infrastructures. Une fois l’aérodrome remis en état, l’armée de l’air pourrait acheminer du matériel et des fournitures, ainsi que des troupes si nécessaire”, analyse le New York Times.

    Cette annonce intervient alors que Donald Trump s’est dit confiant quant à la possibilité de conclure rapidement un accord avec l’Iran afin de mettre fin aux hostilités.

    Source link

  • Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Des prix du pétrole qui s’envolent sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et une économie mondiale sous pression. Dans ce contexte, difficile de ne pas penser aux crises des années 70, marquées par plusieurs chocs pétroliers et un ralentissement de la croissance mondiale. Mardi 24 mars, le ministre français de l’Economie, Roland Lescure, l’a d’ailleurs affirmé devant l’Assemblée nationale : nous faisons face “à un nouveau choc pétrolier” et, “si ce choc énergétique devait se prolonger au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser à l’ensemble de l’économie et prendre une dimension plus systémique”. Ce mercredi, le ministre a finalement dit “regretter” ses propos, précisant que le terme “choc pétrolier” “s’appliquait dans [ses] mots à la situation internationale et en aucun cas à la situation française”.

    Lundi, c’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui mettait déjà en garde : “Aucun pays ne sera épargné par les effets de cette crise si elle se prolonge”, a indiqué Fatih Birol, le directeur de l’Agence lors d’un point presse en Australie. Au moins 40 infrastructures énergétiques du Moyen-Orient ont été “gravement ou très gravement” endommagées dans ce conflit opposant l’Iran d’un côté et les Etats-Unis et Israël de l’autre.

    LIRE AUSSI : Pétrole, tourisme, pénuries… La guerre au Moyen-Orient fait trembler l’économie mondiale

    A ces destructions s’ajoutent les perturbations dans le détroit d’Ormuz, sous contrôle iranien, et par lequel transite 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. “À ce stade, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit davantage que lors des deux grandes crises pétrolières réunies”, a précisé Fatih Birol, en référence aux chocs de 1973 et 1979. Dès lors, peut-on vraiment parler d’un nouveau choc pétrolier, et à quelles conséquences s’attendre pour l’économie ?

    .

    Source link

  • Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Lorsque le 24 février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année, la situation en Russie n’était guère reluisante. Escalade des dépenses publiques dopées par l’effort de guerre, creusement des revenus du pétrole et du gaz sous l’effet des sanctions internationales, croissance atone ou presque, inflation venant rogner le pouvoir d’achat de la population : la plupart des indicateurs ont viré dans le rouge. Au point de susciter de la colère, y compris dans les cercles proches du Kremlin, à voir la volte-face du blogueur Ilya Remeslo. “Il est temps de jeter l’éponge car avec Poutine, on ira nulle part”, écrit l’influenceur, dans un article intitulé “Les cinq raisons pour lesquelles je ne soutiens plus Poutine”. Des propos qui lui ont valu un internement en hôpital psychiatrique…

    Comme du temps de l’Union soviétique, la vérité n’est jamais bonne à dire dans la Russie de Poutine. D’autant plus que ce dernier, depuis le 28 février, peut souffler. L’attaque déclenchée par les Etats-Unis et Israël en Iran a certes visé un allié de Moscou. Mais la propagation du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient et ses répercussions sur le cours du pétrole lui ont apporté un formidable ballon d’oxygène. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, le cours du baril a franchi la barre des 100 dollars, une aubaine pour le maître des illusions russes. Car, quand le pétrole va, tout va ou presque dans son empire : les recettes liées aux ventes d’hydrocarbures alimentent les caisses de l’Etat, finançant largement la guerre en Ukraine. La hausse du prix du baril (de 70 % depuis le 1er janvier) est donc une excellente nouvelle pour Moscou, qui a tout intérêt à ce que la situation s’enlise dans le détroit d’Ormuz.

    LIRE AUSSI : “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    D’autant que cette flambée du pétrole n’est pas la seule bonne nouvelle. “Pour sa guerre en Ukraine, le Kremlin compte sur le manque de munitions occidentales, le durcissement de la pression américaine sur Kiev, la manne pétrolière et une levée partielle des sanctions”, résume Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie à l’Ifri. C’est précisément ce que la guerre au Moyen-Orient lui apporte sur un plateau, en détournant l’attention de l’Occident de l’Ukraine, en réduisant les stocks d’armements, ou encore en provoquant un allègement des sanctions américaines. Mieux : la menace d’une crise énergétique attise de nouveau les divisions au sein des pays européens, très fébriles face à l’envolée des prix de l’énergie.

    Le président russe peut donc espérer gagner du temps. Mais le télégramme qu’il a envoyé récemment à Kim Jong-un pour le féliciter de sa “réélection” à la tête de la Corée du Nord vient surtout rappeler son isolement diplomatique, alors que la guerre en Ukraine va bientôt franchir le cap symbolique des 1 500 jours. En réalité, la Russie que Vladimir Poutine dirige d’une main de fer depuis plus d’un quart de siècle ressemble à un château de barils, qui menace à moyen terme de s’écrouler.

    Source link

  • EN DIRECT. Guerre en Iran : les Etats-Unis ont transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points

    EN DIRECT. Guerre en Iran : les Etats-Unis ont transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points

    Israël a lancé de nouvelles frappes sur Téhéran dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, après que le président américain Donald Trump a déclaré hier que des progrès avaient été effectués dans les négociations qui se déroulent entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre, ce que la République islamique a démenti.

    Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 rapportent que Washington a transmis à l’Iran, par l’intermédiaire du Pakistan, un plan en 15 points pour résoudre le conflit. Celui-ci demande entre autres que Téhéran n’essaie jamais de se doter de l’arme atomique, et qu’une “zone maritime libre” soit établie dans le détroit d’Ormuz. Concernant ce dernier, l’Iran a assuré hier soir que les navires “non-hostiles” pouvaient transiter par le passage stratégique.

    Les infos à retenir

    ⇒ Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    ⇒ L’Iran lance de nouvelles attaques contre Israël, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn

    ⇒ Nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran

    06h30

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points destiné à mettre fin à la guerre, selon le New York Times, tandis que la chaîne de télévision israélienne Channel 12, citant trois sources, rapporte que Washington est désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon Channel 12, les Etats-Unis demandent notamment que l’Iran s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. L’un des points prévoit également que Téhéran arrête de financer des milices dans la région. Washington demande aussi que soit établie une “zone maritime libre” dans le détroit d’Ormuz.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Donald Trump avait annoncé lundi que des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran avaient été ouvertes, ajoutant qu’elles avaient permis de dégager “des points d’accord majeurs”. Téhéran avait alors démenti les commentaires du président américain, dénonçant une volonté de manipuler les cours du pétrole.

    Ce plan en 15 points a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays a d’ailleurs proposé hier d’accueillir des discussions de paix.

    06h20

    L’Iran lance de nouvelles attaques contre Israël, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn

    Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir lancé cette nuit de nouvelles attaques contre plusieurs endroits en Israël, notamment à Tel Aviv, ainsi que contre des bases militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, ont rapporté les médias d’Etat iraniens.

    Le Koweït et l’Arabie saoudite ont par ailleurs dit mercredi avoir repoussé des attaques de drone, sans dire d’où elles avaient été lancées. D’après l’autorité de l’aviation civile du Koweït, un incendie s’est déclaré à l’aéroport international de Koweït après une attaque de drone contre un réservoir de carburant.

    06h15

    Nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran

    L’armée israélienne a annoncé dans la nuit sur Telegram avoir lancé “une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran”, après avoir fait état de missiles iraniens se dirigeant vers Israël.

    Source link

  • Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer un à un les hauts responsables iraniens, jusqu’à épuiser le sommet du régime. Après l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, de son chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, ou de figures comme le ministre du renseignement Esmail Khatib, les Etats-Unis et Israël ont choisi la “stratégie de décapitation”. Une doctrine éprouvée contre des acteurs non étatiques, illustrée par l’élimination d’Oussama ben Laden en 2011.

    Jusqu’ici, la stratégie n’avait toutefois que rarement été utilisée contre un régime. L’exemple le plus proche est probablement la campagne menée par la Russie en Tchétchénie. Au tournant du siècle, le Kremlin avait fait la promesse d’éliminer les leaders rebelles tchétchènes, avant d’installer au pouvoir Ramzan Kadyrov, un leader local pro-Moscou.

    Ce précédent est-il transposable à l’Iran ? L’Express a interrogé le Dr Austin Long, ancien responsable de la stabilité stratégique au Joint Staff, au coeur de la planification militaire américaine, aujourd’hui Senior Fellow au MIT.

    .

    Source link

  • Marché pétrolier : ces ventes massives qui sèment le doute, juste avant l’annonce de Donald Trump

    Marché pétrolier : ces ventes massives qui sèment le doute, juste avant l’annonce de Donald Trump

    C’est une opération étonnante, voire suspecte, qui pourrait ressembler à un délit d’initié. Lundi 23 mars, environ un quart d’heure avant que Donald Trump ne publie sur ses réseaux sociaux un message évoquant des “conversations positives” avec l’Iran – et donc une potentielle issue favorable au conflit -, des milliers de contrats ont été échangés pendant deux minutes sur le marché pétrolier, pour une valeur de 580 millions de dollars, une somme inhabituellement élevée.

    L’information, révélée par le Financial Times et Bloomberg, pose plusieurs questions, car les vendeurs, qui se sont délestés de quantités importantes de contrats sur le pétrole juste avant l’annonce du président, l’ont fait au meilleur moment. “Il est difficile de prouver une causalité… mais on peut se demander qui aurait été relativement agressif dans la vente de contrats à terme à ce moment-là, 15 minutes avant le message de Trump”, a déclaré auprès du Financial Times un stratège de marché d’un courtier américain.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump a vu trop grand face à l’Iran” : l’analyse implacable du spécialiste Robert A. Pape

    “L’histoire serait incompréhensible s’il n’existait pas une explication évidente : une personne proche de Trump était au courant de ses intentions et a exploité cette information privilégiée pour réaliser des profits considérables et immédiats”, avance de son côté l’économiste américain Paul Krugman, prix Nobel en 2008. Et de poursuivre : “Lorsque des dirigeants d’une entreprise ou leurs proches exploitent des informations confidentielles à des fins d’enrichissement personnel, il s’agit de délit d’initié, illégal.”

    L’Iran dément

    Le doute a été renforcé quelques heures plus tard par un démenti venu d’Iran. “Aucune négociation n’a eu lieu avec les États-Unis, et de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont embourbés”, a déclaré sur X Mohammad-Bagher Ghalibaf, l’une des figures importantes du régime, qui n’en sait sans doute pas plus que les autres sur une éventuelle manipulation des cours du pétrole. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, a de son côté précisé que “la Maison-Blanche ne tolère pas que des responsables de l’administration tirent illégalement profit d’informations privilégiées, et toute insinuation selon laquelle des responsables seraient impliqués dans de telles activités sans preuve est infondée et irresponsable”.

    LIRE AUSSI : Iran : Donald Trump et le périlleux trophée des 440 kilos d’uranium enrichi

    Par le passé, plusieurs annonces ou décisions ont déjà été accompagnées de mouvements de marché inhabituels, suscitant des interrogations sur d’éventuelles fuites d’informations ou sur l’utilisation d’informations privilégiées. Certaines déclarations concernant les droits de douane avaient notamment entraîné des fluctuations brutales des marchés, parfois précédées de volumes anormalement élevés. La personnalité de Donald Trump, qui a toujours semblé privilégier ses intérêts personnels et ceux de son entourage plutôt que l’intérêt général, renforce également ces suspicions.

    Source link

  • Guerre en Iran : le rôle discret mais crucial de l’Europe

    Guerre en Iran : le rôle discret mais crucial de l’Europe

    Ils l’ont tous répété : “Cette guerre n’est pas la nôtre.” Mais en coulisses, les dirigeants européens, qui ont tenu tête à Donald Trump en refusant unanimement de s’engager dans le conflit contre l’Iran, jouent en réalité un rôle clé. Leurs bases militaires, d’abord, facilitent l’une des opérations logistiques les plus complexes de l’armée américaine depuis des décennies. Ces dernières semaines, bombardiers, drones et navires américains ont en effet été ravitaillés, armés et déployés depuis des bases situées au Royaume-Uni, en Allemagne, au Portugal, en Italie, en France et en Grèce, selon les autorités.

    Les drones d’attaque, par exemple, sont contrôlés dans la base américaine de Ramstein en Allemagne, qui constitue le centre névralgique des opérations américaines contre l’Iran, d’après des responsables allemands et américains. De lourds bombardiers B-1 ont aussi été photographiés en train de charger munitions et carburant à la base RAF Fairford, au Royaume-Uni, tandis que l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, est actuellement amarré dans une base navale en Crète pour subir des réparations après avoir été endommagé par un incendie.

    Un tremplin stratégique

    Avec 40 bases américaines et 80 000 personnels militaires positionnés sur le continent européen, ce dernier s’avère être un tremplin stratégique “extrêmement favorable” aux opérations menées par les Etats-Unis, a concédé le général Alexus Grynkewich de l’US Air Force, commandant militaire en chef de l’Otan, lors d’une récente audition au Sénat. “Les distances sont plus courtes, c’est moins coûteux et il est beaucoup plus facile de projeter la puissance grâce à notre réseau de bases et d’alliés”, a-t-il notamment déclaré.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump a vu trop grand face à l’Iran” : l’analyse implacable du spécialiste Robert A. Pape

    Cette situation résulte d’un ensemble d’accords bilatéraux avec les gouvernements européens, principalement établis pendant la guerre froide dans le contexte de la confrontation avec l’Union soviétique, qui autorisent le déploiement de munitions, technologies et personnels américains sur des bases européennes. “La position de l’Europe — à l’intersection de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale — la rend idéale pour un déploiement rapide dans toutes les directions”, a expliqué l’an dernier au Center for European Policy Analysis le général à la retraite Gordon B. Davis, ancien directeur des opérations au commandement américain en Europe, comme le rapporte le Wall Street Journal.

    Un dilemme difficile

    Depuis, les dirigeants européens se trouvent face à un dilemme : éviter de se mettre à dos les Etats-Unis, garants de leur sécurité, sans se montrer directement favorable à la guerre, impopulaire auprès des électeurs et responsable de la hausse des coûts de l’énergie. La dissidence politique au sommet ne s’est donc pas traduite par des restrictions opérationnelles sur le terrain, à l’exception de l’Espagne, qui a refusé que les Américains utilisent ses bases conjointes pour attaquer l’Iran, certains avions américains stationnés sur son territoire ayant donc été redéployés vers l’Allemagne et la France.

    Le Premier ministre britannique Keir Starmer, lui, avait initialement interdit l’usage des bases britanniques lors de la première attaque contre Téhéran, avant de revenir sur sa décision en autorisant des missions de bombardement “défensives” pour cibler, depuis RAF Fairford et la base de Diego Garcia, les lanceurs de missiles iraniens dans l’océan Indien. Cette dernière, située à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, a d’ailleurs été récemment visée par une frappe de Téhéran, suscitant l’inquiétude quant à la capacité de la République islamique à viser des territoires plus éloignés qu’annoncés.

    Un rôle purement “logistique”

    Dans ce contexte, les Etats européens ne cessent de rappeler que leur rôle est purement “logistique”. Alors que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré plus tôt ce mois-ci que les opérations américaines sur les bases italiennes “n’impliquaient pas de bombardements”, le gouvernement allemand, de son côté, a tenu à rappeler qu’il n’avait aucune influence sur les opérations américaines, en vertu d’accords légaux datant de plusieurs décennies. De même, la France, qui a autorisé le stationnement d’avions ravitailleurs américains sur sa base aérienne d’Istres-Le Tubé, s’est rapidement justifiée. “Un avion ravitailleur est une station-service, pas un avion de combat”, a précisé début mars la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Malgré cet appui discret mais crucial, Donald Trump a laissé entendre que l’Amérique pourrait retirer son soutien à l’Otan, notamment lorsqu’au départ les Européens ont refusé de répondre à ses appels pour escorter les navires dans le détroit d’Hormuz. “LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS !” a-t-il posté sur les réseaux sociaux, vendredi. Il faut dire que la décision américaine d’abandonner les efforts diplomatiques et d’attaquer l’Iran est mal passée auprès de nombreux responsables européens, qui considéraient l’accord de 2015, négocié par Bruxelles pour mettre un terme au programme nucléaire iranien, comme l’une de leurs plus grandes réussites au plan international.

    Source link

  • Annexer le sud du Liban ? Ces ministres israéliens qui poussent pour repousser les frontières

    Annexer le sud du Liban ? Ces ministres israéliens qui poussent pour repousser les frontières

    Israël lance-t-il l’annexion du sud du Liban ? L’armée israélienne va occuper une “zone de sécurité” dans le sud du Liban s’étendant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord, a annoncé mardi 24 mars le ministre israélien de la Défense, Israël Katz. C’est la première fois, depuis la reprise des affrontements entre Israël et le Hezbollah libanais le 2 mars, que l’Etat hébreu énonce aussi clairement sa volonté de s’emparer de ce territoire représentant près d’un dixième de la superficie du Liban.

    Israël Katz avait déjà averti le gouvernement libanais qu’il risquait de perdre des territoires s’il échouait à désarmer le Hezbollah. Le groupe armé chiite a réagi en affirmant qu’il se battrait pour empêcher les troupes israéliennes d’occuper le sud du Liban, qualifiant une telle initiative de “menace existentielle” pour l’État libanais. Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a déclaré que toute occupation israélienne au sud du Litani se heurterait à une résistance. “Nous n’avons d’autre choix que de faire face à cette agression et de nous accrocher à notre terre”, a-t-il dit à Reuters.

    LIRE AUSSI : Le Liban est déjà le grand perdant de la guerre en Iran

    Le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars, lorsque le Hezbollah libanais, allié du régime iranien, a tiré des missiles contre Israël, en réponse à l’attaque israélo-américaine en Iran. Depuis, Israël a depuis ordonné à tous les habitants de quitter la zone située au sud du fleuve Litani, qu’il bombarde sans relâche en arguant qu’il s’agit d’un bastion du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, les frappes aériennes et terrestres israéliennes ont fait plus de 1 000 morts et plus d’un million de personnes ont été chassées de leurs foyers, après des ordres d’évacuation visant de vastes portions du pays. Alors que le droit international interdit généralement aux forces armées d’attaquer les infrastructures civiles, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a critiqué les actions d’Israël au Liban, notamment le recours à des ordres d’évacuation généralisés.

    Depuis le 13 mars, l’armée israélienne a détruit cinq ponts sur le Litani, dont, le week-end dernier, le pont principal reliant le sud du Liban au reste du pays, place forte du Hezbollah. Elle multiplie en parallèle les démolitions de maisons dans les villages proches de la frontière israélienne. Mardi, lors d’une réunion avec le chef d’état-major de Tsahal, le ministre israélien de la Défense a déclaré que l’armée allait “contrôler les autres ponts et la zone de sécurité jusqu’au Litani” afin de créer un “tampon défensif”.

    “La nouvelle frontière israélienne doit être le Litani”

    Lundi, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, avait déjà appelé à l’annexion du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani. La campagne militaire au Liban “doit se terminer par une réalité totalement différente, aussi bien [en ce qui concerne] le Hezbollah que par la modification des frontières d’Israël”, a déclaré Bezalel Smotrich lors d’une émission de radio. “Je le dis ici clairement (…), dans chaque pièce et dans chaque discussion également : la nouvelle frontière israélienne doit être le Litani”, a insisté le ministre des Finances, dont les propos vont régulièrement au-delà de la politique officielle israélienne.

    Les déclarations de Bezalel Smotrich ont eu un fort écho au Liban, alors que le pays tente de sortir d’un cycle d’invasions et d’occupations menées par l’Etat hébreu depuis des décennies. Les forces israéliennes ont lancé des assauts répétés contre le Liban depuis 1978 et ont occupé le sud du pays de 1982 à 2000. Des propos qui ne surprennent guère de la part de ce ministre des Finances, qui a déjà appelé à plusieurs reprises Israël à annexer d’autres territoires, notamment celui qu’il contrôle actuellement dans la bande de Gaza.

    Source link

  • Des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ? Donald Trump crée la confusion

    Des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ? Donald Trump crée la confusion

    Les choses ne sont pas toujours claires avec Donald Trump, il en a fait une marque de fabrique depuis son retour à la Maison-Blanche. Mais sur ses négociations avec l’Iran, elles sont même complètement floues, au point qu’il est difficile de démêler le vrai du faux. Après avoir menacé de détruire le réseau électrique du pays, le président américain a finalement fait marche arrière, lundi 23 mars, sur les réseaux sociaux, affirmant que des négociations avaient été engagées avec les autorités iraniennes, et faisant état d’”échanges très positifs et fructueux”.

    C’était sans compter sur le démenti de Téhéran, par la voix du président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf sur X, qui a affirmé qu’”aucune négociation n’a eu lieu avec les États-Unis, et de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont piégés”.

    Sauf que selon une enquête du New York Times, publiée lundi 23 mars, des négociations ont bien été entamées en coulisse. Les ministres des Affaires étrangères d’Égypte, de Turquie, d’Arabie saoudite et du Pakistan se sont réunis jeudi dernier à Riyad pour trouver une issue diplomatique à la crise en Iran. Selon le quotidien américain, les responsables du renseignement égyptien ont réussi à ouvrir un canal de discussion avec les Gardiens de la révolution et leur ont proposé d’arrêter les hostilités pendant cinq jours pour renforcer la confiance entre les parties.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump a vu trop grand face à l’Iran” : l’analyse implacable du spécialiste Robert A. Pape

    Et selon Donald Trump, son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff échangeraient directement avec un dirigeant iranien, dont il s’est gardé de dévoiler l’identité. Selon le New York Times, des responsables américains et iraniens ont confirmé que Steve Witkoff avait échangé avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

    “Des points d’accord majeurs”, vraiment ?

    Côté iranien, les choses sont bien moins claires. Si les Iraniens ont, officiellement, nié l’existence de négociations, quatre responsables iraniens ont affirmé au New York Times que les échanges avec les Américains étaient essentiellement des sondages sur la manière de désamorcer le conflit et d’éviter une escalade. La volte-face de Donald Trump, lundi, serait intimement liée à ces négociations à huis clos qui auraient donné des motifs d’espoir aux Américains sur une résolution rapide. D’autant que le président américain et plusieurs de ses proches poussent désormais pour mettre fin au conflit, alors que le pays en subit les premières conséquences. Mais en assurant que Washington et Téhéran étaient parvenus à “des points d’accord majeurs”, comme il l’a fait lundi, Donald Trump surestime visiblement ces premiers contacts.

    Pour le moment, les deux parties avancent petit à petit leurs pions et leurs exigences pour stopper les hostilités. Les Iraniens demandent que les États-Unis et Israël s’engagent à ne plus lancer de nouvelles attaques et poussent pour être indemnisés des dommages subis pendant la guerre. Côté américain, Donald Trump souhaite que l’Iran suspende son programme nucléaire et renonce à son stock d’uranium enrichi.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    La question du détroit d’Ormuz est également dans les esprits. Alors que sa fermeture provoque des retombées économiques sur le prix du pétrole et du gaz, les déclarations de Donald Trump ont déjà eu un impact sur les cours. Les pays arabes, qui sont les premiers touchés par ce conflit, ont demandé que le détroit d’Ormuz soit supervisé par un comité neutre, tandis que l’Iran demande à percevoir un droit de passage. Interrogé sur la situation du détroit, le président américain a affirmé qu’il sera ouvert “très bientôt” et sera “contrôlé conjointement”. Interrogé sur l’identité de ceux qui le contrôleraient, il n’a pas hésité : “Moi et l’ayatollah, quel que soit l’ayatollah”.

    Source link