Tag: Proche et Moyen-Orient

  • Donald Trump : la tentation périlleuse d’un coup de force sur l’île iranienne de Kharg

    Donald Trump : la tentation périlleuse d’un coup de force sur l’île iranienne de Kharg

    Alors que le président Donald Trump espère conclure un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit qui dure depuis un mois, le Financial Times rapporte que Washington envisage une autre option : prendre l’île de Kharg, située dans le golfe Persique à quelque 26 kilomètres des côtes iraniennes, où se trouvent 90 % des réserves pétrolières de Téhéran destinées aux exportations – les eaux profondes qui l’entourent permettent l’amarrage de pétroliers de fort tonnage. S’emparer de ce cœur pétrolier iranien permettrait à Donald Trump d’étouffer les revenus de Téhéran et de plier le régime à sa volonté — bien que celle-ci reste plus floue que jamais.

    L’image décrite par le journal américain est digne d’un blockbuster sur les Marines : “Les troupes américaines approchent de l’île de Kharg, volant bas à bord d’aéronefs à rotors et d’hélicoptères. À l’atterrissage, elles se déploient sur le centre vital d’exportation pétrolière, le tout sous le feu iranien. Les troupes restent proches des infrastructures pétrolières de l’île pour se couvrir, confrontant le régime iranien à un dilemme extraordinaire : détruire les installations pétrolières pour atteindre l’ennemi ? Ou se retenir, permettant à Washington de prendre le contrôle de l’épine dorsale économique du pays ?”

    LIRE AUSSI : MBS, premier soutien de Donald Trump en Iran ? Le discret prince saoudien analysé par Karen Elliott House

    L’objectif de cette opération, qui pourrait se dérouler dans les prochaines semaines, serait de s’emparer rapidement de l’île et de ses installations, en frappant d’abord les défenses avec des munitions de précision, puis en insérant les troupes par hélicoptère ou avions. “C’est une opération classique des Marines. C’est la raison pour laquelle les Marines existent”, explique Karen Gibson, ancienne directrice du renseignement américain auprès du FT.

    Des troupes déjà en route

    Des responsables américains ont déclaré à Reuters que l’administration Trump étudiait bel et bien l’option de cette intervention terrestre. Selon le Financial Times, plusieurs indices laissent aussi penser que les États-Unis envisagent d’attaquer Kharg : deux unités expéditionnaires des Marines (MEU) seraient déjà en route, chacune composée de 2 200 soldats. Ils seraient transportés par le navire d’assaut amphibie USS Tripoli, qui pourrait arriver à la fin de la semaine, et par le groupe amphibie Boxer, composé de trois navires menés par l’USS Boxer, attendu sous trois à quatre semaines.

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    Des parachutistes de la 82ᵉ division s’apprêteraient aussi à être déployés par les airs vers la région, selon des sources gouvernementales s’exprimant auprès de Reuters. Par ailleurs ces derniers jours, les forces américaines ont déjà frappé plus de 90 cibles militaires sur l’île, notamment des entrepôts de mines navales et des bunkers de missiles. Ce que certains observateurs interprètent comme une préparation du champ de bataille avant l’assaut.

    Une opération à très haut risque

    Tout en forçant la main de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, cette opération militaire américaine sur le sol iranien constituerait aussi une escalade énorme entre les deux pays. Les risques sont élevés pour les troupes américaines : Kharg est à portée des missiles et des drones iraniens, et toute approche maritime doit passer par le détroit d’Ormuz, potentiellement miné. “L’introduction de troupes au sol est clairement une opération plus risquée pour nos propres forces”, prévient encore Karen Gibson. Sur place, les Marines devraient construire une “tête de pont” (un périmètre conquis à l’intérieur duquel un dispositif militaire peut librement manœuvrer), sécuriser les infrastructures pétrolières et gérer un soutien logistique complexe, comprenant véhicules blindés, artillerie et défenses aériennes.

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    Même si l’opération réussissait, l’Iran pourrait adopter une politique de terre brûlée et détruire ses installations plutôt que de céder l’île, limitant l’effet de levier américain et complexifiant toute négociation diplomatique.

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  • EN DIRECT. Les Houthis entrent en guerre aux côtés de l’Iran

    EN DIRECT. Les Houthis entrent en guerre aux côtés de l’Iran

    Un nouveau front s’ouvre dans le conflit au Moyen-Orient. Les Houthis, autre “proxy” redoutable de l’Iran au Yémen, qui étaient jusque-là restés calmes depuis l’opération américaine “Rough Rider” de mars 2025, ont revendiqué ce samedi leur première attaque contre Israël.

    Hier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que la fin du conflit en Iran pourrait intervenir dans quelques semaines, et non quelques mois, ajoutant que les États-Unis pourraient atteindre leurs objectifs sans déployer de troupes au sol. L’intervention des Houthis pourrait toutefois changer la donne et accroître encore davantage l’instabilité de la région.

    8h48

    Des missiles tirés depuis le Yémen alors qu’Israël et les Etats-Unis visent l’Iran

    Israël a déclaré samedi avoir détecté un missile tiré depuis le Yémen, le premier lancé de ce pays depuis le début de la guerre en Iran, et a indiqué avoir frappé des cibles à Téhéran. Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont confirmé le tir, affirmant qu’il faisait suite aux attaques continues contre des infrastructures en Iran, au Liban, en Irak et dans les territoires palestiniens, et ajoutant que ces opérations continuaient tant que l’”agression” sur tous les fronts n’aurait pas arrêté.

    Quelques heures plus tôt, ils s’étaient dits prêts à intervenir militairement si l’escalade contre l’Iran ou “l’axe de la résistance” continuait. Les Houthis avaient déjà, entre 2023 et 2025, mené à plusieurs reprises des attaques contre Israël, affirmant agir en appui aux Palestiniens dans le contexte de la guerre à Gaza.

    8h45

    Blocage du détroit d’Ormuz : une pénurie d’hélium, l’autre choc mondial qui menace la planète Tech

    La compagnie énergétique publique du Qatar a fait état jeudi de “dommages considérables” sur le complexe gazier de Ras Laffan, après une attaque iranienne. (Photo d’illustration)

    © / dpa/picture-alliance

    L’industrie mondiale des semi-conducteurs tremble alors que le Qatar produit à lui seul entre 30 et 40 % de ce gaz nécessaire à la fabrication des puces.

    >>> Retrouvez notre décryptage.

    07h07

    Attaque de drones à Oman

    Une personne a été blessée lors d’une attaque de drone sur le port de Salalah, à Oman, où elle a travaillé, tandis qu’une grue a été légèrement endommagée, a annoncé samedi le gouvernement d’Oman.

    Le pays avait accueilli des pourparlers de médiation entre les États-Unis et l’Iran avant le début du conflit.

    04h37

    Six blessés à Abou Dhabi après l’interception d’un missile

    Six personnes ont été blessées samedi à Abou Dhabi lors de trois incendies provoqués par des débris tombés lors de l’interception d’un missile balistique, a indiqué le bureau des médias de l’émirat. Les trois incendies ont été maîtrisés et le processus de refroidissement est en cours, a-t-on ajouté.

    Les autorités d’Abu Dhabi géraient les incendies à proximité des zones économiques Khalifa d’Abu Dhabi, ou KEZAD, qui font partie des villes économiques et des zones franches du groupe AD Ports d’Abu Dhabi.

    03h26

    Des explosions entendues à Damas en Syrie

    Des explosions entendues à Damas et dans des zones situées à proximité alors que les défenses israéliennes interceptent des missiles iraniens dans l’espace aérien de la Syrie, rapporte la télévision officielle syrienne.

    00h55

    Douze soldats américains ont été blessés dans une frappe iranienne en Arabie saoudite

    Douze soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans une frappe de l’armée iranienne contre la base aérienne de Prince Sultan en Arabie saoudite, dit un responsable américain.

    00h00

    Pourquoi Israël et certains pays du Golfe craignent un accord prématuré entre Donald Trump et l’Iran

    Le ministre d'Etat émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash (G) et son homologue saoudien Adel al-Jubeir (D), le 30 mai 2019 à Jeddah, en Arabie saoudite, lors d'une photo de famille des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI)

    Le ministre d’Etat émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash (G) et son homologue saoudien Adel al-Jubeir (D), le 30 mai 2019 à Jeddah, en Arabie saoudite, lors d’une photo de famille des pays membres de l’Organisation de la conférence islamique (OCI)

    © / afp.com/BANDAR ALDANDANI

    Plusieurs pays du Golfe redoutent que Donald Trump ne mette fin dans l’immédiat à la guerre. Un cas de figure qui risquerait, selon eux, d’acter la mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, et ne les protègerait pas contre de futures frappes.

    >>> Retrouvez notre analyse.

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  • Pourquoi Israël et certains pays du Golfe craignent un accord prématuré entre Donald Trump et l’Iran

    Pourquoi Israël et certains pays du Golfe craignent un accord prématuré entre Donald Trump et l’Iran

    Donald Trump s’apprête-t-il à conclure un accord avec l’Iran ? Plusieurs signaux semblent pointer dans cette direction. Mais la perspective d’un accord de paix -sous médiation pakistanaise- est loin de satisfaire Israel et la plupart des pays du Golfe. Certains, comme l’Arabie Saoudite, feraient même pression sur le président américain pour l’inciter à poursuivre la guerre. L’idée étant, pour eux, de réduire au maximum les capacités balistiques de l’Iran, afin de limiter sa force de frappe dans la région et d’éviter par la même occasion d’en faire les frais. Explications.

    Ces dernières années, les pays du Golfe ont considérablement amélioré leurs relations avec la République islamique. Mais les violentes attaques iraniennes à leur encontre, menées ces dernières semaines en riposte à l’offensive israélo-américaine, ont ravivé leurs craintes passées. Ils redoutent désormais de voir le régime iranien sortir enhardi de cette guerre, capable de frapper à sa guise des installations énergétiques sur leur sol et de faire la pluie et le beau temps sur le détroit d’Ormuz.

    Menace balistique et nucléaire

    Pour les pays du Golfe, les missiles iraniens constituent la menace numéro un. Par conséquent, mettre fin au conflit avant d’avoir démantelé les capacités offensives de l’Iran reviendrait, selon eux, à offrir au régime iranien une victoire générationnelle, comparable au triomphe du dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser sur la Grande-Bretagne, la France et Israël lors de la crise de Suez en 1956, expliquent-ils.

    LIRE AUSSI : Iran : Donald Trump et le périlleux trophée des 440 kilos d’uranium enrichi

    Côté israélien, l’objectif primordial reste de détruire les capacités nucléaires iraniennes. “Un cessez-le-feu signifierait abandonner la guerre en l’état, avec un Guide suprême qui porte toujours le nom de Khamenei et les 440 kilos d’uranium hautement enrichi toujours sur place”, explique au Monde la spécialiste du Proche-Orient au think-tank Rand Corporation Shira Efiron. Alors que les espoirs de changement de régime s’estompent, Israël espère tout de même réussir à paralyser durablement la base militaro-industrielle iranienne, analyse le Wall Street Journal.

    Divergences entre pays du Golfe

    Il en est de même pour plusieurs pétromonarchies du Golfe, dont la réputation de pays “sûrs” dans une région agitée a été sapée ces dernières semaines, et qui veulent à tout prix éviter de se retrouver à nouveau attaqués par l’Iran. “Nous ne nous laisserons jamais faire chanter par des terroristes”, a déjà mis en garde le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis dimanche sur X, tandis que son pays continue de faire pression sur Washington pour poursuivre la guerre.

    Même son de cloche du côté de l’Arabie Saoudite. “MBS souhaite désormais que Donald Trump “termine le travail”, c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région”, explique à L’Express la journaliste Karen Elliott House, spécialiste du régime wahhabite.

    LIRE AUSSI : MBS, l’ambitieux prince saoudien : enquête sur l’homme qui peut changer le Moyen-Orient

    Toutefois, une nuance mérite d’être notée. Tous les pays du Golfe ne partagent pas exactement la même ligne. Le Qatar, par exemple -qui a essuyé une attaque majeure sur son complexe gazier de Ras Laffan, portant un coup d’arrêt à sa production de GNL-, est conscient que la guerre produit déjà des rendements décroissants et a plutôt intérêt à un accord de paix. Doha veut par ailleurs travailler à la mise en place d’un modèle de sécurité alternatif pour le Golfe : “Nos pays doivent jouer un rôle dans la refonte du système de sécurité régional, conformément à nos intérêts stratégiques”, a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qatari mardi.

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump repousse à nouveau son ultimatum

    EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump repousse à nouveau son ultimatum

     

    Donald Trump a annoncé dans la soirée du jeudi 26 mars qu’il s’abstiendrait pendant 10 jours supplémentaires de mettre à exécution sa menace de détruire les centrales énergétiques iraniennes, repoussant à nouveau l’échéance de son ultimatum, jusqu’au 6 avril cette fois. “Les discussions se poursuivent et, malgré les déclarations erronées affirmant le contraire, diffusées notamment par les médias diffusant de fausses informations, elles se déroulent très bien”, a assuré le président américain sur son réseau Truth Social.

    Auprès de Reuters, un responsable iranien de haut rang a pourtant jugé que la proposition américaine de sortie du conflit qui lui avait été transmise par l’intermédiaire du Pakistan était “à sens unique et injuste”, et n’ouvrait aucune perspective de négociation.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump reporte son ultimatum

    ⇒ Nouvelles frappes iraniennes en Israël et dans le Golfe

    ⇒ Les Emirats arabes unis prêts à jouer un rôle dans la réouverture du détroit d’Ormuz

    08h33

    Le ministre allemand des Affaires étrangères évoque une rencontre prochaine entre les Etats-Unis et l’Iran

    Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré ce vendredi que des représentants des États-Unis et de l’Iran prévoyaient de se rencontrer prochainement au Pakistan. “D’après mes informations, il y a eu des contacts indirects et des préparatifs ont été faits pour une rencontre directe. Celle-ci devrait avoir lieu très prochainement au Pakistan, apparemment”, a déclaré le ministre à la radio Deutschlandfunk.

    08h10

    10 000 soldats américains supplémentaires déployés au Moyen-Orient ?

    Le Pentagone envisage de déployer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient afin de fournir davantage d’options au président américain Donald Trump, rapporte le Wall Street Journal, citant des responsables du département de la Défense au fait de la question.

    LIRE AUSSI : Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    07h44

    Marco Rubio en France pour un sommet du G7

    Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, participera ce vendredi à un sommet des ministres des Affaires étrangères du G7 à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Il s’agit de son premier déplacement à l’étranger depuis que les Etats-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février. La guerre au Moyen-Orient sera bien sûr au menu des discussions, tout comme la guerre en Ukraine.

    Les puissances européennes ont déjà fait savoir jeudi qu’elles souhaitaient interroger le secrétaire d’Etat américain sur l’aide que la Russie fournit à Téhéran. “Si l’Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse et que l’Iran cesse de l’attaquer, elle devrait également faire pression sur la Russie pour qu’elle ne puisse pas l’aider dans ce conflit”, a déclaré Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne.

    07h25

    Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit à la demande de Moscou

    Cité par l’agence Tass, Evgueni Ouspenski, porte-parole du représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, annonce que le Conseil de sécurité de l’organisation va se réunir à huis clos cet après-midi à 15h (heure française), à la demande de la Russie, sur la guerre engagée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran.

    07h06

    Les Emirats arabes unis prêts à jouer un rôle dans la réouverture du détroit d’Ormuz

    Les Emirats arabes unis ont informé les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux qu’ils seraient prêts à jouer un rôle dans la réouverture du détroit d’Ormuz, rapporte ce matin le Financial Times, citant des personnes au fait de la question.

    Le pays, qui a subi plus d’attaques iraniennes que tous les autres de la région, y compris Israël, tente d’inciter des dizaines de pays à créer une “Force de sécurité d’Hormuz” pour défendre le détroit contre les attaques iraniennes et escorter la navigation, selon le FT.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump doit finir le travail” : face à l’Iran, les Emirats arabes unis en première ligne

    06h59

    L’Iran cible des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans le Golfe

    Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit cette nuit avoir visé avec des missiles et des drones des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans les pays du Golfe, selon une communication relayée par l’agence de presse iranienne Fars.

    L’armée israélienne de son côté a annoncé dans un bref communiqué avoir “terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au cœur de Téhéran”.

    Ce vendredi matin, Tsahal a par ailleurs lancé un appel à évacuer aux habitants du village de Sejoud, dans le sud du Liban.

    06h50

    Donald Trump reporte son ultimatum

    Après avoir menacé hier, lors d’une réunion de son cabinet à la Maison-Blanche, d’intensifier la pression sur l’Iran si celui-ci ne parvenait pas à un accord, Donald Trump a finalement annoncé plus tard sur les réseaux sociaux qu’il suspendrait les attaques contre les installations énergétiques iraniennes pendant 10 jours supplémentaires, repoussant ainsi l’échéance de son ultimatum jusqu’au 6 avril.

    “A la demande du gouvernement iranien (…), je mets en pause la destruction des centrales énergétiques pour une période de 10 jours jusqu’au lundi 6 avril à 20h00”, a-t-il écrit sur Truth Social. Téhéran n’aurait toutefois pas demandé aux Etats-Unis cette pause, rapporte le Wall Street Journal, citant des médiateurs servant d’intermédiaire entre les deux pays.

    06h45

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce direct ! Nous continuons à suivre la guerre en Moyen-Orient, qui en est ce vendredi 27 mars à son 28e jour.

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  • “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    Karen Elliott House est l’une des très rares journalistes à avoir eu accès à Mohamed ben Salmane (MBS) pour de nombreux entretiens approfondis. Alors que Donald Trump affirme avoir soumis un plan aux Iraniens pour mettre fin à la guerre – ce que dément Téhéran -, et que les pays du Golfe continuent d’être pris pour cible par le régime des mollahs, la diplomatie discrète du prince héritier saoudien demeure une énigme pour de nombreux observateurs. Selon une enquête du New York Times, MBS aurait récemment fait pression sur le président américain pour qu’il poursuive le conflit, assurant que cette campagne militaire était une “opportunité historique” de remodeler le Moyen-Orient.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Après la détente engagée en 2023, la ligne de l’Arabie saoudite à l’égard de Téhéran apparaît aujourd’hui clairement affirmée : “la chute du régime théocratique iranien”, constate l’ex-journaliste du Wall Street Journal, Karen Elliott House qui couvre l’actualité de la monarchie pétrolière wahhabite depuis quatre décennies. La lauréate du prestigieux prix Pulitzer en 1984 a assisté à la révolution menée au pas de charge par MBS depuis qu’il est devenu, le 21 juin 2017, le prince héritier d’Arabie saoudite. Dans L’Homme qui voulait être roi, (Éditions Saint-Simon, parution le 9 avril), elle revient sur ses grandes réussites, ses échecs, ses excès autoritaires ainsi que sa passion pour… les jeux vidéo qui en dit beaucoup sur sa façon d’exercer le pouvoir. Entretien.

    L’Express : Mohammed ben Salmane avait opéré un rapprochement avec l’Iran en 2023. Aujourd’hui, il serait favorable à ce que Trump poursuive la guerre. Comment expliquez-vous ce changement de pied ?

    Karen Elliott House : MBS espérait que l’établissement de relations diplomatiques avec l’Iran protégerait l’Arabie saoudite de toute attaque. En mettant la Chine dans la boucle, son objectif était que Pékin, grâce à ses relations privilégiées avec l’Iran, puisse contribuer à encadrer le comportement de Téhéran et à le maintenir dans une posture plus stable et prévisible. Mais lors de cette guerre, l’Iran a mené des frappes contre des installations pétrolières et militaires saoudiennes, ainsi que contre les autres pays du Golfe dans l’espoir de les éloigner des Etats-Unis. Dans ce contexte, MBS souhaite désormais que Donald Trump “termine le travail”, c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région.

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  • L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    La “guerre éclair” qu’imaginait Donald Trump semble s’enliser. Mercredi 25 mars, l’exécutif américain a encore durci le ton. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré que le président des Etats-Unis était prêt à “déchaîner l’enfer” si l’Iran persistait dans ce qu’elle a qualifié de “mauvais calcul”. À mesure que les menaces montent, la confrontation entre Washington, Israël et Téhéran s’étend bien au-delà du seul détroit d’Ormuz. Après avoir agité la menace d’un blocage de ce passage clé du Golfe, l’Iran a désormais brandi celle d’un “nouveau front” : Bab el-Mandeb, autre verrou maritime majeur, au sud de la mer Rouge.

    Selon une source militaire citée par l’agence iranienne Tasnim, l’Iran pourrait viser cette zone en cas d’intervention terrestre américaine. La même source affirme que Bab el-Mandeb fait partie des passages maritimes “les plus sensibles au monde” et que Téhéran serait en mesure d’y faire peser une “menace crédible”.

    LIRE AUSSI : Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Le détroit de Bab el-Mandeb se situe entre Djibouti et le Yémen, à la jonction entre le golfe d’Aden et la mer Rouge. Il constitue un passage incontournable pour les navires qui remontent vers le canal de Suez. L’Express rappelait en 2024 que 40 % du trafic de conteneurs et 12 % du trafic commercial mondial transitait dans cette zone. Ce type de passage étroit, où se concentre une part importante des flux commerciaux, fait partie de ce que nos confrères chez RFI désignent comme des “choke points”, ou points d’étranglement maritimes.

    “Des répercussions majeures”

    Bab el-Mandeb est particulièrement important car il joue un rôle clé dans l’acheminement des hydrocarbures, notamment du pétrole et du gaz, entre l’Asie et l’Europe. “Frapper dans la région du Bab-el-Mandeb, revient ainsi à toucher potentielle­ment des voies économiques vitales”, souligne sur son site le ministère de la Défense. L’enjeu est considérable. Il relie indirectement l’océan Atlantique, la mer Méditerranée et l’océan Indien. “Toute interruption du trafic dans ce corridor aurait des répercussions majeures sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et les prix de l’énergie”, prévient de son côté Africa News.

    LIRE AUSSI : Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Par ailleurs, la menace iranienne prend une dimension particulière en raison de la présence, au Yémen, des rebelles houthis, alliés de Téhéran. Ces derniers ont déjà averti qu’ils pourraient s’en prendre aux navires des pays qu’ils accusent de viser les membres de ce qu’ils présentent comme “l’axe de la résistance”, qui regroupe notamment l’Iran, le Liban, la Palestine et l’Irak.

    La menace des rebelles Houthis

    Leur capacité de nuisance dans la zone n’a plus rien de théorique. Dans la foulée du conflit israélo-palestinien de 2023, les Houthis avaient multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge, avant une accalmie relative l’année suivante. Si l’épicentre des affrontements reste aujourd’hui concentré autour du golfe Persique, les armateurs redoutent désormais une reprise de ces actions, à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’ouest.

    LIRE AUSSI : “En privé, Donald Trump pense déjà au jugement de l’Histoire” : le récit de Jonathan Lemire (The Atlantic)

    Cette séquence intervient aussi sur fond de tensions croissantes autour de l’île iranienne de Kharg, d’où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays. Des médias américains ont évoqué l’hypothèse d’une opération américaine sur cette île afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Vendredi 20 mars, la Maison-Blanche a assuré que l’armée américaine pouvait la “neutraliser” si Donald Trump en donnait l’ordre.

    “Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire (..) nous ouvrirons d’autres fronts en guise de ‘surprise’”, a prévenu le même responsable militaire citée par l’agence iranienne Tasnim. Reste à savoir si Bab el-Mandeb, la “porte des lamentations”, s’apprête à donner un nouveau relief à son nom.

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  • Populiste et autoritaire : Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort de l’Iran

    Populiste et autoritaire : Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort de l’Iran

    Figure emblématique de la ligne dure iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf s’impose aujourd’hui comme l’un des très rares dirigeants encore en mesure de peser sur l’avenir du pays. Alors que les frappes américaines ont décimé une large partie des élites politiques et sécuritaires de Téhéran, les personnalités capables à la fois de gouverner et de dialoguer avec l’étranger se comptent désormais sur les doigts d’une main.

    C’est d’ailleurs à cela que le président du Parlement iranien doit d’être encore en vie à ce jour. Alors qu’il figurait sur la “hit-list” d’Israël, aux côtés du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le Pakistan, voisin de l’Iran, aurait demandé à Washington que les deux hommes soient épargnés. “Les Israéliens avaient leurs coordonnées et voulaient les éliminer. Nous avons dit aux États-Unis que s’ils étaient tués eux aussi, il n’y aurait plus personne avec qui négocier”, a indiqué ce jeudi 26 mars un responsable pakistanais à l’agence Reuters.

    LIRE AUSSI : Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Jusqu’à présent, un grand destin national semblait se refuser à Mohammad Bagher Ghalibaf. Mais son ascension récente tient en vérité autant à l’élimination progressive de ses rivaux qu’à sa capacité à s’imposer dans un système fragilisé. Dans ce contexte d’incertitude, le président du Parlement apparaît désormais comme une option crédible pour représenter le pays sur la scène internationale, d’autant que le sort du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei reste flou après plusieurs jours sans apparition publique. À Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf est perçu par certains comme un profil pragmatique, capable à la fois de peser sur la direction de l’Iran et peut-être même de représenter un point de contact avec Téhéran pour la gestion de la suite du conflit.

    Profil aussi ambitieux que répressif

    Actif depuis plus de trois décennies au cœur des structures politiques et sécuritaires iraniennes, le président du Parlement, 64 ans, apparaît comme l’un des rares dirigeants encore en position de contrôle dans un système fortement affaibli par la disparition de nombreuses figures clés.

    Son parcours lui confère une solide légitimité au sein du régime : né en 1961, il est engagé très jeune chez les Gardiens de la révolution, où il a occupé des postes importants pendant la guerre contre Irak avant de devenir chef de la police iranienne jusqu’en 2005. Il s’illustre ensuite comme maire de Téhéran pendant plus d’une décennie, période marquée à la fois par des projets d’infrastructures ambitieux et par des accusations très récurrentes de corruption. Candidat malheureux à quatre reprises à la présidence, il a néanmoins su s’imposer comme une figure centrale, à la croisée des sphères politiques et sécuritaires, où il a tissé un puissant réseau d’influence avec les années.

    LIRE AUSSI : Iran : Donald Trump et le périlleux trophée des 440 kilos d’uranium enrichi

    Contrairement à d’autres figures plus diplomates du régime, il incarne davantage une autorité rigide et sécuritaire. Sa carrière a été marquée par une répression assumée des mouvements contestataires. The Guardian rappelle qu’il a reconnu avoir participé directement à la répression violente des manifestations étudiantes en 1999, déclarant : “J’étais parmi ceux qui menaient des passages à tabac dans la rue et j’en suis fier. Peu m’importait d’être un commandant de haut rang”. Cette ligne dure s’est confirmée lors des mobilisations récentes, qu’il a présentées comme des tentatives de déstabilisation.

    Capacité à négocier mise en doute

    Sa double facette — ligne dure et capacité d’adaptation — alimente l’idée que Mohammad Bagher Ghalibaf pourrait, dans certaines conditions, devenir un interlocuteur crédible pour l’administration Trump. Régulièrement comparé à l’équivalent de la droite dure populiste en Iran, son profil est susceptible de séduire Donald Trump. Mais malgré une posture officielle parfois plus mesurée par le passé, notamment sur l’accord nucléaire de 2015, Mohammad Bagher Ghalibaf s’oppose actuellement publiquement à toute négociation avec les États-Unis. “Notre peuple exige le châtiment complet et humiliant des agresseurs. Aucune négociation avec l’Amérique n’a eu lieu”, a-t-il assuré il y a peu.

    LIRE AUSSI : Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    L’Iran, a-t-il affirmé depuis à plusieurs reprises, “ne cherche pas de cessez-le-feu”. Une façade seulement ? Lundi 23 mars, Donald Trump indiquait lui-même avoir discuté avec “un homme que je crois être le plus respecté en Iran et qui n’est pas le guide suprême”, identifié par de nombreux médias américains comme Mohammad Bagher Ghalibaf.

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut “vraiment conclure un accord”

    EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut “vraiment conclure un accord”

    L’inconnue demeure quant à l’état d’avancée, ou même d’existence actuelle des négociations entre Téhéran et Washington. Ces derniers jours, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés. Au lendemain du rejet d’une proposition d’accord de paix par l’Iran, Téhéran explique ce 26 mars qu’aucune négociation directe n’a lieu, mais que des intermédiaires transmettent des messages. En public, Donald Trump surenchérit dans l’emphase en assurant que l’Iran veut à tout prix un accord de paix, mais que ses dirigeants “ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple”.

    Sur le terrain, les bombes pleuvent toujours : Israël a indiqué ce jeudi matin avoir mené une série de frappes massives visant les infrastructures du régime iranien à travers le pays. Pendant ce temps, les membres du G7 se réunissent cette fin de semaine pour tenter d’obtenir de la clarté de la part des Etats-Unis quant à leurs plans et leurs objectifs dans cette guerre que Washington peine toujours à justifier et qui déstabilise le monde entier.

    Les infos à retenir

    ⇒ Israël mène une nouvelle série de frappes massives sur l’Iran

    ⇒ Donald Trump assure que l’Iran veut à tout prix un accord de paix

    ⇒ Le G7 se réunit sur fond de guerre au Moyen-Orient

    07h15

    Le G7 se réunit sur fond de guerre en Iran

    Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 se réuniront en France aujourd’hui et demain, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d’incertitude économique, et d’inquiétude quant à la politique étrangère des Etats-Unis. La réunion (France, Grande-Bretagne, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis ainsi que des représentants de l’UE) se tiendra à Vaux-de-Cernay, 40 km en dessous de Paris.

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    Par le passé, le Groupe des Sept est généralement parvenu à trouver un large consensus sur les défis économiques et géopolitiques auquel il était confronté. Cette unité s’est toutefois affaiblie depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Après avoir été pressurisés sur l’Ukraine ou les droits de douane, les alliés de Washington sont désormais pris en étau sur le conflit au Moyen-Orient, dont des diplomates et des responsables européens estiment qu’il manque d’objectifs précis ou d’une stratégie de sortie.

    07h00

    Israël mène des “frappes à grande échelle” en Iran

    L’armée israélienne a dit tôt ce jeudi avoir mené de nouvelles frappes à grande échelle contre des infrastructures situées dans plusieurs régions d’Iran. “Il y a peu, l’armée israélienne a achevé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien dans plusieurs endroits du pays”, dont Ispahan, dans le centre de l’Iran, a-t-elle annoncé dans un court communiqué.

    06h45

    Téhéran veut à tout prix un accord, selon Donald Trump

    Le président américain a de nouveau assuré mercredi soir que Téhéran voulait à tout prix conclure un accord pour mettre fin à la guerre. Selon Donald Trump, qui s’exprimait devant des élus républicains du Congrès, les dirigeants iraniens “veulent vraiment conclure un accord, mais ils ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple. Ils ont aussi peur que nous les tuions”.

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    Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a quant à lui indiqué que les autorités iraniennes étudiaient des propositions relayées par des intermédiaires mais qu’il était exclu d’organiser des négociations avec les Etats-Unis. Il a aussi affirmé que, bien qu’il n’y ait eu ni dialogue ni négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, des messages avaient été transmis par des intermédiaires.

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  • Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Alors que les échanges de tirs de missiles se poursuivent ce mercredi 25 mars entre l’Iran et Israël, plus de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 révèlent que Washington a transmis à Téhéran un plan en 15 points pour résoudre le conflit.

    Nucléaire et détroit d’Ormuz

    Citant trois sources, Channel 12 rapporte que les Etats-Unis sont désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon la chaîne, ils demandent notamment que l’Iran s’engage à ne jamais se doter de l’arme nucléaire, s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. D’après ce plan, la République islamique doit également remettre prochainement à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, selon un calendrier à convenir.

    Washington compte de plus limiter le programme de missiles iraniens, “à la fois en portée et en quantité”. “Toute utilisation future de missiles serait limitée à l’autodéfense”, précise le plan américain. L’un des points de cette proposition prévoit aussi que Téhéran arrête “de financer, de diriger et d’armer” ses alliés régionaux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza. Enfin, les Etats-Unis demandent que soit établie une “zone maritime libre” dans le détroit d’Ormuz, qui doit ainsi rester ouvert.

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    En contrepartie, l’Iran pourrait bénéficier d’une levée des sanctions internationales à son encontre, et d’un soutien pour son programme nucléaire civil. Le plan prévoit cependant un mécanisme de “réimposition automatique des sanctions” si Téhéran venait à ne pas respecter l’accord conclu.

    L’Iran dément encore toute négociation

    Ce plan en 15 points, dont l’existence a été confirmée à Reuters par une source, a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays s’est d’ailleurs dit mardi disposé à accueillir de potentiels pourparlers de paix, son Premier ministre Shehbaz Sharif déclarant sur le réseau social X qu’Islamabad soutenait totalement les efforts en cours pour poursuivre le dialogue afin de stopper le conflit.

    Problème : l’Iran a de nouveau démenti ce mercredi que des négociations étaient en cours avec la Maison-Blanche, et déclaré que les Etats-Unis négociaient avec eux-mêmes. “Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-même ?”, a demandé Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l’armée iranienne, cité par les médias d’Etat. “Nous ne pourrons jamais nous entendre avec des gens comme vous. Comme nous l’avons toujours répété, aucun d’entre nous ne peut conclure d’accord avec vous. Ni maintenant, ni jamais”, a-t-il ajouté.

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    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a lui aussi réitéré dans un entretien accordé à la chaîne India Today l’absence de dialogue avec Washington, ajoutant que les forces armées de son pays se concentraient sur la défense de celui-ci. L’Iran a eu une “très mauvaise expérience avec la diplomatie américaine”, a-t-il rappelé, alors que Washington et Téhéran avaient mené le mois dernier sous la médiation d’Oman un nouveau cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien, moins de deux jours avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l’opération “Fureur épique” en Iran, tuant dès le premier jour le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

    Lundi déjà, l’Iran avait contredit Donald Trump, qui avait annoncé que des échanges “très positifs et fructueux” étaient en cours et assuré que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés. Le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf avait alors dénoncé une volonté de manipuler les cours du pétrole.

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  • Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    “Ne mettez pas à l’épreuve notre détermination à défendre notre terre” : le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a réagi mercredi 25 mars aux informations de plusieurs médias américains évoquant l’hypothèse d’un envoi de soldats parachutistes américains en Iran.

    Mis en difficulté par la guerre et surpris par la résistance du régime iranien, les Etats-Unis, qui bombardent le pays depuis plusieurs semaines, semblent vouloir passer un cap, avec un possible envoi de troupes au sol. Que sait-on de ce déploiement de quelques milliers de parachutistes ?

    “Déployable en 18 heures”

    Selon le Washington Post, “le Pentagone a ordonné mardi le déploiement de quelques milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient”, alors que le président Donald Trump envisagerait une escalade du conflit. De son côté, CNN évoque l’envoi “de 1 000 soldats”, dans les prochains jours.

    Ces militaires appartiendraient à une unité d’infanterie spécialisée dans les interventions ultra-rapides, comme “la prise de bases aériennes et d’autres infrastructures critiques, le renforcement des ambassades américaines et les évacuations d’urgence”, précise le Washington Post. Cette force est conçue pour être déployée n’importe où dans le monde en moins de 18 heures, depuis sa base en Caroline du Nord.

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    Cette division est connue pour être intervenue lors du retrait américain d’Afghanistan en 2021, en appui des évacuations depuis l’aéroport international de Kaboul. Elle a également participé au débarquement de Normandie, en 1944 et a été engagée au Vietnam, au Panama, en Irak et en Afghanistan.

    Selon CNN, la 82e division aéroportée “comprend trois équipes de combat d’environ 4 000 hommes chacune, une brigade aérienne dotée d’hélicoptères d’attaque, de transport et de fret, une unité d’artillerie, une brigade logistique et son bataillon de commandement”.

    Saisir l’île de Kharg

    Ce déploiement intervient alors que 4 500 Marines américains se dirigent vers le Moyen-Orient, dont la 31e unité expéditionnaire des Marines basée à Okinawa, au Japon. Une unité similaire a été envoyée ces derniers jours, mais n’arrivera sur zone que dans plusieurs semaines.

    Ces forces pourraient être utilisées pour s’emparer de l’île de Kharg, un territoire iranien situé à une cinquantaine de kilomètres des côtes, au nord-ouest du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. Le blocage de ce détroit constitue en effet le principal levier de pression de Téhéran sur les Etats-Unis et l’économie mondiale.

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    La force aéroportée pourrait tenter de s’emparer de l’île ou appuyer une intervention de la marine. “L’aérodrome de l’île de Kharg ayant été endommagé par les récents bombardements américains, d’anciens commandants estiment qu’il serait plus probable de déployer d’abord des Marines, pour réparer rapidement les pistes et autres infrastructures. Une fois l’aérodrome remis en état, l’armée de l’air pourrait acheminer du matériel et des fournitures, ainsi que des troupes si nécessaire”, analyse le New York Times.

    Cette annonce intervient alors que Donald Trump s’est dit confiant quant à la possibilité de conclure rapidement un accord avec l’Iran afin de mettre fin aux hostilités.

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