« L’hydrogène est un marché en forte croissance, il a été multiplié par dix en six ans, mais cela reste un marché émergent, une fois passée l’euphorie initiale de 2020-2021 », dépeint Damien Havard, le PDG et fondateur de HDF Energy. Une situation paradoxale qui s’applique aussi à l’année 2025, traversée par l’entreprise bordelaise créée en 2012 pour fabriquer des piles à hydrogène à forte puissance et des centrales mêlant production d’électricité solaire et stockage sous forme d’hydrogène.
Si HDF Energy a bien mis en service son centre d’essais de piles à combustibles logé dans son usine flambant neuve de Blanquefort près de Bordeaux et paraphé un accord stratégique avec le géant ABB sur le marché du transport maritime. Après des mois d’attente, la société cotée sur Euronext Paris a aussi formellement signé en décembre la subvention PIEEC (projet important d’intérêt européen commun) dont les versements s’étaleront jusqu’en 2031 pour un montant maximal faramineux de 169 millions d’euros.
Mais l’entreprise a aussi été contrainte de passer au crible tous ses projets situés aux quatre coins du monde. « On est allés conquérir le monde avec parfois un peu de naïveté et on avait globalement du retard sur beaucoup de projets. Face à la réalité du marché, on a choisi d’en abandonner certains et d’en réduire d’autres pour ne pas dépenser trop de cash là où ça n’avance pas assez vite », explique Damien Havard. « Au total, un tiers de projets ont disparu du pipeline parce que nous voulons être plus sélectifs », ajoute le PDG, assurant que « le gros du travail de rationalisation » du portefeuille est désormais achevé.
