Tag: préparent

  • Comment les armées françaises se préparent à un conflit de haute intensité

    Comment les armées françaises se préparent à un conflit de haute intensité

    Dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), les armées françaises se préparent à un possible engagement majeur d’ici à 2030. Le ministère investit plus de 12 milliards d’euros (sur les 36 milliards prévus) dans l’achat de munitions (obus et missiles), la préparation opérationnelle des soldats et l’engagement terrestre. Le projet de loi de cette actualisation passe ce mercredi en conseil des ministres.

    Entre priorités et renoncements. Dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), qui couvre la période 2024-2030, le ministère des Armées a dû opérer des choix forts, qui sont aussi des renoncements forts. Parmi ces renoncements, le rehaussement du format des armées et de ses équipements militaires attendra la prochaine LPM mais aussi l’arrêt de programmes comme le drone MALE européen (Eurodrone) et le drone Patroller (Safran). Clairement, la masse attendra. L’Hôtel de Brienne a souhaité en revanche privilégier dans le cadre de cette actualisation le durcissement du modèle actuel, en donnant à ses armées les moyens d’être opérationnelles le plus rapidement possible.

    En clair, il faut qu’elles soient prêtes pour un éventuel conflit de haute intensité d’ici à 2030, qui pourrait les concerner. A court terme le ministère va notamment investir un peu plus que prévu dans la protection des forces avec des systèmes de défense sol-air et de lutte anti-drones (près de deux milliards) ainsi que dans la guerre dans le champ électromagnétique (+ 400 millions). Elle va également pousser la modernisation du modèle des armées autour des drones, dont les munitions télé-opérées mais également de la frappe dans la profondeur. Il y amet déjà les moyens. En 2026, la Direction générale de l’armement (DGA) va commander hors dissuasion près de 31 milliards d’euros d’équipements (contre 20 milliards en 2025 et 14 milliards en 2024).

    Munitions et préparation opérationnelle

    Pour être prêt, le ministère va commander 8,5 milliards d’euros de munitions supplémentaires (missiles, obus) sur la période 2026-2030 (+ 53%) par rapport à ce qui était initialement prévu. Au total, il va dépenser plus de 26 milliards d’euros sur la période de la LPM. Du jamais vu pour cette filière qui a souvent été la variable d’ajustement entre 1997 et 2017. Entre 2024 et 2030, les parcs des différentes munitions vont significativement croître : + 400% pour les munitions téléopérées, + 240% pour la bombe guidé AASM (Safran), + 230% pour les torpilles MU90 (Naval Group et Leonardo) et F21 (Naval Group), + 190% pour les obus de 155 mm (KNDS France), + 100% pour les missile mer-mer Exocet (MBDA), + 85% pour les missiles Scalp et MdCN (MBDA)…

    Le ministère des Armées fait également un effort de deux milliards d’euros environ sur la préparation opérationnelle des armées, qui doivent s’entrainer plus et de manière plus réaliste pour anticiper le durcissement et la brutalité des conflits de haute intensité. Grâce au retour d’expérience des différents conflits, les armées vont massivement investir dans les plastrons, les outils de simulation, des drones en tout genre et des pièces de rechange en volume suffisant. La préparation opérationnelle des soldats va logiquement bénéficier de l’effort réalisé dans le rehaussement des stocks de munitions, parmi lesquelles les munitions d’entrainement. Les soldats vont tirer beaucoup plus. Ce qui n’est pas non plus un luxe actuellement.

    Pour se préparer plus rapidement aux exigences d’un engagement majeur, le ministère va accentuer son effort (+ 1,7 milliard d’euros) pour le compte de l’armée de terre dans les domaines de l’appui-feu, de la protection des forces, des appuis spécialisés et de la logistique : renforcement de la connectivité du corps d’armée par 4000 postes radio Contact portatifs ou pour véhicules supplémentaires, développement de capacités de coopération entre hélicoptères et drones et munitions téléopérées, acquisition supplémentaire de 41 canons d’artillerie CAESAR NG livrés d’ici à 2035, accélération des livraisons des Serval de lutte antidrone, de guerre électronique et de défense sol-air de très courte portée (Mistral).

    Newsletter

    L’Alerte La Tribune

    Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

    Source link