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  • Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Son statut d’invincibilité s’est brisé dans les urnes. Lundi 23 mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a connu sa première défaite lors du référendum sur la justice, que 53,7 % des votants ont rejeté. Cette victoire du “No” est un revers inédit pour la dirigeante d’extrême droite qui avait fait de cette réforme l’un des points majeurs de son programme lors de son arrivée au pouvoir en 2022. Pire, ce changement constitutionnel, qui prévoyait une séparation de la carrière des juges et des procureurs et la modification du fonctionnement de l’organe qui les supervise, le Conseil supérieur de la magistrature, était l’une des propositions phares de la droite italienne depuis trois décennies, soutenue notamment par Silvio Berlusconi. Un moyen de dépolitiser la justice italienne pour Giorgia Meloni, une manière de l’affaiblir et de réduire son indépendance pour ses opposants.

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    Giorgia Meloni n’a pas vu venir ce faux pas et pour cause. Alors que les sondeurs avaient du mal à prédire l’issue du vote, peu de monde avait anticipé qu’un référendum sur la justice attirerait autant d’électeurs, avec 59 % de participation au niveau national. Jusqu’à 65 % de participation dans plusieurs grandes villes comme Milan, et même 70 % à Florence et à Bologne. Une participation record, portée par le vote des jeunes qui se sont déplacés dans les bureaux de vote en masse, révélatrice de ce que ce vote était devenu ces dernières semaines : un référendum pour ou contre le gouvernement Meloni. Face à la hausse des prix et à la baisse de la productivité, la popularité de la Première ministre a commencé à se craqueler sérieusement.

    “Le gouvernement est les mains vides”

    Face à la défaite, la présidente du Conseil a tenté de garder la face et a reconnu le revers, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, lundi, deux heures après la fermeture des bureaux de vote. “La souveraineté appartient au peuple et les Italiens se sont exprimés clairement aujourd’hui, a-t-elle calmement reconnu, posée en extérieur devant une haie. Le gouvernement a fait ce qu’il avait promis : porter une réforme de la justice qui figurait dans notre programme électoral. Nous l’avons soutenue jusqu’au bout, puis nous avons remis le choix aux citoyens, et les citoyens ont décidé.” Mais la présidente du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia a fermé la porte à toute démission : “Il reste bien sûr le regret d’une occasion manquée de moderniser l’Italie, mais cela ne change pas notre engagement à continuer à travailler avec sérieux et détermination pour le bien de la nation et pour honorer le mandat qui nous a été confié.”

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    Pourtant, l’opposition voit bien dans cette “première vraie défaite”, comme le titrait lundi le quotidien italien La Repubblica, l’occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie. “Après quatre ans et quatre lois de Budget, le gouvernement est les mains vides, a lancé Antonio Conte, ancien président du Conseil, dans une interview accordée au Corriere della Sera, appelant à l’organisation d’élections anticipées. Ils n’ont fait qu’une seule réforme, qui a été rejetée par les citoyens.”

    Tester sa majorité

    Si un retour aux urnes reste pour le moment hypothétique, Giorgia Meloni va être obligée de sortir de cette impasse politique. Au-delà de sa personne, son gouvernement a pris un coup pendant cette campagne référendaire, notamment son ministre de la Justice, Carlo Nordio. En février dernier, celui-ci avait qualifié le Conseil supérieur de la magistrature de “paramafieux”, forçant le président italien Sergio Mattarella à défendre l’institution. Ironie du sort, le numéro deux de son ministère, Andrea Delmastro Delle Vedove, a été pris dans une polémique mafieuse, quelques jours avant le vote. Selon le Corriere della Sera, le sous-secrétaire à la justice a eu des parts au sein de la société de restauration Cinque Forchette, dont l’administratrice unique n’était autre que Miriam Caroccia, 18 ans, fille de Mauro Caroccia, tout juste condamné à quatre ans de prison par la Cour de cassation pour des activités mafieuses. Une photo des deux hommes, tout sourire, prise en 2023, a d’ailleurs été révélée, enfonçant encore plus la dirigeante de Fratelli d’Italia.

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    Désormais, Giorgia Meloni souhaite “aller de l’avant” et se concentrer notamment sur la loi électorale, qui a commencé son chemin parlementaire lundi. Cette réforme, qui vise notamment à instaurer une prime majoritaire au nom de la stabilité et ainsi éviter une absence de majorité, est nécessaire pour la dirigeante si elle souhaite optimiser ses chances en vue de sa réélection l’année prochaine, alors que les législatives sont prévues au plus tard en décembre 2027. Mais elle va surtout donner l’occasion à la coalition menée par Giorgia Meloni de tester sa majorité et tenter, coûte que coûte, de se rassurer.

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  • Municipales à Paris : plus qu’une défaite politique, la déroute personnelle de Rachida Dati

    Municipales à Paris : plus qu’une défaite politique, la déroute personnelle de Rachida Dati

    Elle avait un boulevard devant elle. Rarement la droite avait bénéficié d’un tel alignement des planètes à la veille d’un scrutin. Et pourtant, elle a échoué. Rachida Dati a été battue ce dimanche au second tour des municipales parisiennes, nettement devancée par Emmanuel Grégoire. La droite ne ravira pas à la gauche la capitale, enseigne socialiste depuis 2001. Rachida Dati n’entrera pas à l’hôtel de ville, le “combat de sa vie.”

    A quoi reconnaît-on une défaite personnelle ? Quand elle défie toute logique politique. L’échec de Rachida Dati en est une. Ni la division de la gauche au second tour – bénédiction divine – ni le bilan contrasté d’Anne Hidalgo n’ont suffi à l’ancienne ministre de la Culture. Pas plus que le rassemblement de la droite derrière la maire du 7e arrondissement à l’issue du premier tour. Le tout sur fond de poussée de la droite dans le pays.

    Cette défaite est celle d’une femme. D’une “marque”, répète-t-on souvent chez LR. “C’est une star, mais avec les outrances et la déraison de la star”, note une ministre. Elle a été victime ce dimanche d’un barrage des électeurs parisiens.

    “Potentiel électoral réduit”

    A l’origine, tout devait être simple. En janvier 2024, Rachida Dati entre au gouvernement pour poser la première pierre d’une alliance LR-Renaissance. L’ex-eurodéputée souhaite mettre ces formations à son service pour incarner l’alternance. Hors Dati, point de salut ! “Je suis une adepte de la méthode Sarkozy, se rassembler au premier tour pour faire un gros score et créer la dynamique pour le second”, théorisait-elle. Au gouvernement, elle pèse – avec succès – pour obtenir une réforme de la loi PLM, afin que le prochain maire de Paris soit élu au suffrage universel direct.

    Las, rien n’est évident avec Rachida Dati. L’ex-garde des Sceaux est lâchée en janvier par Renaissance, qui lui préfère la candidature de Pierre-Yves Bournazel. Gabriel Attal déplore alors une candidature au “potentiel électoral réduit” et la brutalité de la maire du 7e arrondissement. “Objectivement, les pratiques de Dati sont éloignées de ce qui a fait notre ADN en 2017”, note alors un proche de l’ancien Premier ministre. Rachida Dati est cernée par les affaires judiciaires, sa rudesse est mise à nu dans une série d’enquêtes. Elle la dévoile elle-même, en menaçant le journaliste Patrick Cohen au printemps 2025 sur France 5. Un parfum d’affairisme enveloppe la candidate, dont la sincérité a été si longtemps le moteur politique.

    Une image écornée

    Les nuages s’amoncellent, comme l’émergence de Sarah Knafo, créant une double concurrence à droite. Rachida Dati, elle, mène une campagne terne mais sans faute majeure. Nulle déclaration fracassante n’entache sa course parisienne, conclue par un score décevant au premier tour. Paie-t-elle son image clivante ? Les résultats démontrent que certains électeurs de droite ont voté pour des maires d’arrondissement LR… sans faire de même pour Rachida Dati. Des limites de la notoriété : elle peut propulser comme freiner des candidatures.

    Rachida Dati a pourtant de la chance : après 2026, il y a 2027. L’échéance présidentielle lui ouvre un boulevard. Pierre-Yves Bournazel est poussé à l’alliance par Edouard Philippe et Gabriel Attal, soucieux de ne pas être responsable d’une défaite de la droite. Sarah Knafo retire sa liste pour ne pas porter le mistigri de la défaite. Rachida Dati profite de ses calculs nationaux. Elle, la clivante, devient en apparence l’apôtre du rassemblement. Le maintien de l’insoumise Sophia Chikirou achève de la renforcer. “Il faut absolument que LFI n’ait pas d’accord avec le PS pour espérer gagner”, glissait Jean-Pierre Raffarin avant le vote. C’est le cas. La formation de Jean-Luc Mélenchon, en quête d’hégémonie à gauche, n’avait aucune envie d’offrir Paris aux socialistes.

    Un avenir… judiciaire

    Ces jeux d’alliances n’ont pas suffi, signe d’un rejet de la personne de l’ancienne garde des Sceaux. Il est permis de penser que les dirigeants du socle commun ne se bousculeront pas pour la défendre. Edouard Philippe dénonce en privé ses méthodes “trumpistes”, quand Gabriel Attal tente de séduire un électorat social-démocrate guère sensible au discours de Rachida Dati. Bruno Retailleau, lui, n’a jamais caché sa différence de culture politique avec la “puncheuse” Dati…

    L’avenir politique de l’ex-ministre de la Culture s’inscrit désormais en pointillé. Son destin parisien semble bouché après deux échecs aux municipales et ses relations rugueuses avec les présidentiables de la droite et du centre ne présagent pas d’un futur national radieux. Reste un nouvel obstacle. L’élue sera jugée en septembre prochain pour “corruption passive” et “trafic d’influence passif” dans l’affaire Renault. La politique sera alors bien loin.

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  • Union des droites ratée, mais ancrage renforcé : au RN, le vrai bilan des municipales

    Union des droites ratée, mais ancrage renforcé : au RN, le vrai bilan des municipales

    De la difficulté d’être surestimé. Le résultat paraît décevant, ce dimanche 22 mars, pour le Rassemblement national. Il y a une semaine encore, le parti d’extrême droite espérait l’emporter dans un certain nombre de grandes villes, en particulier dans le Sud, vendues avec une quasi-certitude comme de futures vitrines frontistes.

    A Toulon, où la médiatique députée du Var Laure Lavalette menait une campagne tonitruante depuis de longs mois, c’est finalement la candidate divers droite Josée Massi qui l’emporte avec 53% des voix – contre 47% pour Laure Lavalette – après le retrait du sénateur LR Michel Bonnus. A Nîmes, où l’on assurait qu’il s’agissait d’un laboratoire prometteur de “l’union des droites”, le candidat d’union de la gauche Vincent Bouget l’emporte face à Julien Sanchez, eurodéputé ancien maire de Beaucaire, avec 40,5 % contre 37,9 %. A Marseille, Franck Allisio, le candidat RN, arrive largement derrière le maire socialiste sortant, Benoît Payan, avec 40,4 % des scores contre 54,3 %. “A Marseille, le RN devient la première force d’opposition”, se félicite Jordan Bardella.

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    Le président du parti revendique “la plus grande percée de toute l’histoire du RN, et (…) l’expression d’un basculement profond et d’une dynamique chaque jour plus puissante”. Dans les faits, le mouvement compte certains coups d’éclat dans quelques villes du Sud, comme à Menton où la députée Alexandra Masson gagne avec 47,57 % des suffrages, ou Carcassonne et Agde, où les députés Christophe Barthès et Aurélien Lopez-Liguori l’emportent.

    Le parti d’extrême droite réalise aussi une percée dans quelques villes du Nord et de l’Ouest, à l’instar de Liévin ou La Flèche. Mais pas de ville symbole à brandir, et la persistance d’un plafond de verre. Mis à part, bien sûr, à Nice, où Eric Ciotti, rallié au Rassemblement national, remporte la ville avec 48,90 % des voix, contre 37,3 % pour Christian Estrosi et 14,8 % pour Juliette Chesnel-Le Roux, candidate de l’union des gauches. “Nous comptons des victoires par dizaines, (…) avec Nice, cinquième ville de France, et je tiens à adresser mes félicitations chaleureuses à Eric Ciotti”, a bien précisé Jordan Bardella ce dimanche soir – bien qu’il n’ait pas fait le déplacement sur la promenade des Anglais pendant la campagne.

    Nice, ville trophée et cache-misère

    Nice, à la fois ville trophée et cache-misère de l’échec de la stratégie d’union des droites réclamées par le président du RN dans l’entre-deux tours de ces municipales. Et les frontistes comptent bien capitaliser sur cet exemple unique. “Ça va nous permettre de dire lundi : ‘Regardez, les gens de droite qui nous rejoignent sont bien traités et en plus ils gagnent des villes’”, anticipait un cadre la semaine dernière. Mais malgré la main tendue aux Républicains, la plupart des listes de droite ont choisi de fusionner entre elles, ou de se retirer pour faire barrage au parti de Jordan Bardella. “S’agissant de la droite LR, cette élection est le révélateur puissant, presque brutal, de ses contradictions, souligne d’ailleurs ce dernier. En refusant l’alliance à Nîmes et à Marseille, LR livre deux grandes villes au désordre de l’extrême gauche.” La déception frontiste est d’autant plus grande que beaucoup croyaient qu’après le ralliement d’Eric Ciotti et les projections favorables pour le RN, cette élection serait celle qui verrait la digue tomber une bonne fois pour toutes. “Il y a une vraie stratégie de discussion avec LR dans le Sud, assurait encore dans l’hiver un cadre frontiste plein d’espoir. Cette fois-ci, ça pourrait bien céder dans plusieurs endroits.”

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    Mais non, encore une fois, le cordon plie mais ne rompt pas. Alors, au parti, on préfère se concentrer sur le bilan positif : le grand nombre d’élus municipaux remporté par le RN et l’implantation dans les villes de taille moyenne qui se poursuit patiemment. L’argument relavitiste, lui aussi, avait déjà été préparé : “On a l’impression que parce qu’on est forts globalement on devrait tout gagner, mais gagner des villes prend beaucoup de temps. C’est aussi pour ça qu’on ne se retire pas, parce qu’on veut des conseillers d’opposition”. Ce dimanche, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. “La Flèche, par exemple [NDLR : remportée par le candidat RN Romain Lemoigne] pourrait bien devenir le Hénin-Beaumont de l’Ouest, en exemple d’implantation”, s’enthousiasmerait presque ce proche de Marine Le Pen.

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  • Municipales : pourquoi il faut se méfier des leçons trop rapides pour la présidentielle

    Municipales : pourquoi il faut se méfier des leçons trop rapides pour la présidentielle

    18 mars 2001. Ce soir-là, Paris est une fête. Après 24 ans d’opposition, la capitale bascule à gauche. Bertrand Delanoë a gagné. Dans l’euphorie de la victoire, des milliers de socialistes, réunis jusqu’à deux heures du matin sur le parvis de l’Hôtel de Ville, scandent : “Donnez-nous les clés !” Ivres de joie, ils pensaient alors que ces mêmes clés déverrouilleraient, un an plus tard, la serrure du Palais de l’Elysée. Imprudents, ou simplement aveuglés par cette prise de guerre, des caciques du Parti socialiste partageaient ce raisonnement. Il n’en a rien été. En 2002, le PS ne se qualifiait pas au second tour de l’élection présidentielle, que Jacques Chirac remportait aisément.

    Paris n’est pas la France ; en 2026, en France, le Rassemblement national ne pèse pas 1,6 % du corps électoral – c’est le score du candidat RN Thierry Mariani à Paris. Quelques jours avant le premier tour, dimanche 15 mars, une députée écologiste invitait ses camarades socialistes à méditer cette leçon : gare à ne pas se voir plus gros qu’on ne l’est vraiment… Et ne vous moquez pas, camarades insoumis, cela vaut aussi pour vous, prévenait-elle. Cela vaut pour tout le monde, d’ailleurs. Les Verts en savent quelque chose. Après la vague de 2020, Yannick Jadot n’a pas passé la barre des 5 % à la présidentielle.

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    Qu’annonce le cru 2026 ? Une poussée des insoumis ou, au contraire, la malédiction de s’allier avec eux ? Une progression du RN ou la persistance d’un plafond de verre ?Des signes encourageants d’implantation territoriale pour le PS et LR ou l’absence d’une dynamique nationale ?

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  • Olivier Faure et les municipales : contradictions, manque de flair et capital esquinté

    Olivier Faure et les municipales : contradictions, manque de flair et capital esquinté

    Olivier Faure est un personnage soumis aux interprétations… passionnées. On a connu l’unioniste pour son inféodation aux insoumis. On a reconnu le rocardien pour son mano à mano budgétaire avec Sébastien Lecornu. Alors comment définir l’homme politique, par-delà la plasticité stratégique ? Comment décrire celui qui paraphe un communiqué dénonçant les propos antisémites de Jean-Luc Mélenchon puis, quelques jours plus tard, avalise l’union dans certaines villes de France entre le PS et LFI ? Il existe tant de façons de dire les mêmes choses. Par exemple, il serait un premier secrétaire “sans états d’âme”, selon son prédécesseur, Jean-Christophe Cambadélis. Les fidèles du dirigeant du Parti socialiste pensent un peu pareil, mais le disent, eux, en toute amitié. “On pense parfois que son principal défaut, c’est qu’il navigue à vue. C’est en réalité sa principale qualité : il s’adapte à chaque situation du moment que cela sert l’objectif qu’on s’est fixé”, analyse Luc Broussy, l’un de ses plus proches lieutenants. En politique, Olivier Faure a donc les qualités de ses défauts, et un instinct de survie redoutable.

    “Les élections servent aussi à vérifier des stratégies”

    Et puis son flair lui fit défaut. Dimanche 22 mars, les listes d’union des socialistes avec les insoumis, celles qu’il a laissées faire, ont été majoritairement battues. Quand les mélenchonistes en tête ont tendu la main aux socialistes, à Limoges ou à Toulouse, les candidats de droite ont été élus ou réélus dans leurs mairies respectives. Lorsque les roses ont compté sur l’union avec les listes de La France insoumise pour conserver leur trône sous pavillon à Clermont-Ferrand ou Avignon, ils ont aussi été délogés par la droite. La réélection dans cette même configuration de Johanna Rolland à Nantes, elle, demeure une exception au tableau. Les insoumis portent-ils malheur ?

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    À travers cette dynamique, c’est le Parti socialiste tout entier que ces élections municipales ont mis face à ses contradictions. “La direction a souvent le dos large pour assumer ce que les gens localement n’assument pas trop”, soufflait un proche du premier secrétaire, au lendemain du premier tour, face aux accusations en inféodation dont le patron était la cible. Après tout, l’ami de François Hollande François Cuillandre, un anti-LFI chevronné, a également donné dans l’alliance avec les diables mélenchonistes. Est-ce l’usure du pouvoir après 25 ans de règne, ou sa main tendue à sa némésis locale à bâbord qui a rendu la victoire impossible ? Quelques jours avant le second tour, devant la presse, Pierre Jouvet admettait la portée expérimentale de telles alliances : “Si l’on perd des villes avec ces configurations, on en tirera les conséquences. Les élections servent aussi à vérifier des stratégies”. “Ce soir, La France insoumise ne gagne rien et, pire, elle fait perdre la gauche”, a-t-il dit au lieutenant insoumis Paul Vannier, sur un plateau télévisé.

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  • Aux municipales, la débâcle des écologistes : “Les maires RN ont adopté une approche moins clivante”

    Aux municipales, la débâcle des écologistes : “Les maires RN ont adopté une approche moins clivante”

    La “vague” écologiste de 2020, ne serait-elle finalement qu’une parenthèse ? Sur les neuf grandes villes remportées six ans plus tôt, six ont été perdues ce dimanche 22 mars, au soir du second tour des élections municipales. A Bordeaux, Pierre Hurmic chute face au macroniste Thomas Cazenave tandis qu’à Strasbourg, Jeanne Barseghian est nettement devancée par Catherine Trautmann, l’ancienne maire socialiste. Même scénario à Besançon, où l’édile sortante s’incline face à un candidat LR, et à Poitiers, où la maire écologiste est battue dans une triangulaire. A Annecy comme à Colombes, enfin, les maires écologistes cèdent également leur fauteuil.

    Face à l’ampleur du reflux, les Verts se consolent depuis, avec la réélection de Grégory Doucet dans la ville des Gones. Mais celle-ci reste courte, le maire sortant n’ayant devancé Jean-Michel Aulas que d’un point, et n’aurait pas été possible sans le ralliement à La France insoumise, scellé au lendemain du premier tour. Par ailleurs, la mauvaise campagne de l’ancien patron de l’Olympique lyonnais a probablement aidé à la victoire de l’écologiste, donné perdant dans toutes les configurations voilà encore quelques semaines.

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    Mais alors, comment expliquer un tel désaveu des écologistes, alors même que la question environnementale continue à figurer parmi les premières préoccupations des Français derrière le pouvoir d’achat et la sécurité ? Si leur capitaine, Marine Tondelier, concède à demi-mot des “erreurs de communications”, les raisons de cet échec cuisant pourraient bien être plus profondes, comme l’analyse Marc Le Chevallier, politologue et chercheur franco-britannique au UCL Policy Lab.

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  • Municipales : la percée de LFI était une perçounette, par Anne Rosencher

    Municipales : la percée de LFI était une perçounette, par Anne Rosencher

    D’emblée : je plaide coupable. Vraiment. Sans coquetterie. Dimanche 15 mars, au soir du premier tour des municipales, j’ai écrit que si la stratégie délétère de Jean-Luc Mélenchon n’avait aucun destin national – ça, je le maintiens –, elle avait néanmoins été payante dans cette campagne, puisque LFI y avait fait une “percée”. Voilà. J’ai écrit trop vite. Les chiffres consolidés, publiés plus tard au compte-gouttes, dessinaient une réalité moins flatteuse, que le second tour a achevé de démontrer : la percée était une perçounette.

    Bien sûr, il ne pouvait y avoir qu’une hausse mécanique d’élus LFI par rapport aux municipales de 2020, durant lesquelles le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’avait présenté que très – très – peu de listes. Bien sûr, aussi, des conquêtes symboliques donnaient une impression de dynamique, comme l’accession des insoumis dès le premier tour à la mairie de Saint-Denis-Pierrefitte (Bally Bagayoko, élu avec 13 506 voix) ou l’arrivée en tête de David Guiraud à Roubaix (8 500 voix au premier tour). Mais dans toute la France, LFI n’a totalisé au premier tour que 650 000 voix : c’est-à-dire 2,7 % du poids électoral à l’échelle nationale, et 12,5 % en moyenne dans les villes investies par les insoumis, comme l’a calculé l’Institut Jean-Jaurès dans les jours qui ont suivi. Et le think tank de poursuivre dans sa note : “Finalement, LFI n’a obtenu qu’un maire au premier tour, contre 24 au RN et ses alliés, et environ 350 au PS et ses alliés.” Si bien que la victoire de Jean-Luc Mélenchon fut essentiellement de faire croire à sa victoire.

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    Au cours de la semaine, j’ai repensé à un entretien qu’avait donné l’intellectuel et éditorialiste à L’Express Raymond Aron à France Culture, en 1971 : “Il m’est arrivé dans ma vie au moins deux ou trois fois de faire des commentaires à chaud sur un événement que je ne pouvais pas interpréter, disait-il : eh bien, j’ai dit des bêtises comme tout le monde ; mais j’en ai eu un sentiment d’humiliation beaucoup plus fort que la plupart des autres journalistes. Aujourd’hui, à la faveur de l’âge, je me refuse, tout simplement, à commenter un événement à propos duquel je ne possède pas le contexte suffisant.” Il faudrait toujours écouter Raymond Aron.

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  • Mort de Lionel Jospin : son vrai legs inattendu à la politique française

    Mort de Lionel Jospin : son vrai legs inattendu à la politique française

    Lionel Jospin, mort ce dimanche 22 mars à 88 ans, fut un vrai homme de gauche, il venait même de plus loin encore, trotskiste dans sa jeunesse. Le si courant procès de droitisation ne lui fut point intenté. Mais l’un de ses legs majeurs lui vaut aujourd’hui encore d’être critiqué par son camp. Est-ce ainsi que l’on s’élève, au-dessus des siens et au nom des institutions ?

    A cette époque, il est Premier ministre, arrivé au pouvoir après une dissolution abracadabrantesque de Jacques Chirac. Lionel Jospin se croit en position de force à l’approche de l’élection présidentielle de 2002. Il a réussi, contre la volonté initiale du président et avec la complicité de Valéry Giscard d’Estaing, à imposer le quinquennat. Un référendum a validé le projet. Ce mandat présidentiel de cinq ans peut être contesté, de fait il modifie les équilibres.

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    Mais là n’est pas le legs qu’il laisse au pays au risque de heurter son propre camp. Le 26 novembre 2000, à Grenoble, le chef du gouvernement intervient devant ses troupes socialistes, lors d’un congrès du parti. “Ce qu’il nous faut souhaiter, c’est que le printemps 2002, celui des grands rendez-vous démocratiques dans lesquels le peuple s’exprime et tranche, ne soit pas un printemps de la confusion et des choix de convenance, mais un printemps de la clarté. La portée de chaque élection dans notre vie nationale doit être respectée et le déroulement des deux doit pouvoir se faire de façon ordonnée et digne. C’est pourquoi le débat qui s’engage est légitime et doit conduire les uns et les autres, y compris nous-mêmes, à se déterminer le moment venu. Par cette attitude de vérité, nous contribuons, je l’espère, à la réhabilitation du politique.”

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  • “Le baiser des insoumis s’est transformé en baiser du diable” : les municipales vues de l’étranger

    “Le baiser des insoumis s’est transformé en baiser du diable” : les municipales vues de l’étranger

    Au lendemain des élections municipales, les médias étrangers ont chacun leur vainqueur. Portés par la victoire parisienne, mais aussi celles à Lyon et Marseille, les socialistes sont mis à l’honneur par la BBC. “Les socialistes français se maintiennent au pouvoir dans les grandes villes, un coup de pouce électoral pour la gauche traditionnelle”, titre le média britannique. À l’inverse, pour le quotidien belge Le Soir, “c’est la droite qui s’en sort le moins mal”, malgré son “échec cuisant dans la capitale”.

    Mais c’est Le Temps qui dépeint le mieux la situation, titrant sur “une France écartelée”. “Si cet éclatement des résultats permet à chacun de voir midi à sa porte, il peut aussi suggérer une analyse supplémentaire : la population française, agitée par des débats de plus en plus clivants, semble de plus en plus se couper en quatre parts (si ce n’est plus) irréconciliables et bien définies”, analyse le quotidien suisse ce lundi matin, qui souhaite même “bonne chance” au successeur d’Emmanuel Macron en 2027 “pour gouverner un attelage si divergent”.

    Les ardeurs du RN et de LFI “refroidies”

    Dans ces élections municipales, la presse internationale a surtout porté ses yeux sur la capitale. “Dans un paysage politique très fragmenté, il y a une règle qui semble inébranlable en France : le Parti socialiste tient les rênes de la Mairie de Paris”, pour les Espagnols d’ABC quand, pour la BBC, Rachida Dati “s’est avérée être une candidate qui divise, et son procès imminent pour corruption aura influencé certains électeurs contre elle”.

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    Mais la BBC estime surtout que cette victoire met en exergue “l’échec des alliances entre la gauche traditionnelle et LFI” alors que les listes d’union gauche/LFI ont été défaites à Clermont-Ferrand et à Brest. “Le baiser des insoumis s’est aussi transformé en baiser du diable pour les Verts à Strasbourg”, note Le Soir, alors que la maire sortante écologiste, Jeanne Barseghian, a perdu son mandat malgré son accord avec La France insoumise. Seule exception : la ville de Lyon est considérée comme “un cas à part, parce que le challenger de droite, l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas, a mené une mauvaise campagne”. Seule, LFI remporte “des victoires de premier ordre” selon Die Welt, avec le succès de Saint-Denis et de Roubaix. Insuffisant pour le journal allemand qui estime que “dans un discours peu enthousiaste, Manuel Bompard, chef du parti LFI, a tenté d’embellir les résultats”.

    Dans son numéro dominical, The Times n’hésite pas à mettre en parallèle les résultats de La France insoumise avec ceux du Rassemblement national. “Dans l’ensemble, les résultats ont été mitigés pour le Rassemblement national d’extrême droite et le parti de gauche radicale La France insoumise, estime le journal britannique. Les deux ont enregistré quelques avancées, mais n’ont pas réussi à réaliser de percées décisives à l’échelle nationale.” Même son de cloche dans les colonnes du Soir : “Alors que l’extrême droite et la France insoumise avaient bombé le torse la semaine dernière, elles ont vu leurs ardeurs refroidies”.

    “Répétition générale”

    D’une manière générale, le Rassemblement national ne sort pas vainqueur de ces élections pour la presse étrangère. “Mitigés” pour le New York Times, ses résultats sont “en demi-teinte” pour ABC qui pointe que, malgré la victoire d’Éric Ciotti à Nice, “le Rassemblement national a essuyé plusieurs défaites cuisantes, notamment sur son terrain, dans le sud-est de la France”. Pour El Pais, les défaites de Laure Lavalette à Toulon et Julien Sanchez à Nîmes “sont un coup porté à l’extrême droite dans sa manœuvre pour obtenir des mairies de la côte méditerranéenne”.

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    Mais le grand absent est le camp macroniste. “Les victoires au Havre et à Bordeaux ont été deux des rares nouvelles positives pour les macronistes”, souligne ABC, qui pointe la faible implantation locale de la majorité depuis 2017. “Même l’ancien ministre François Bayrou a perdu à Pau, près du Pays basque”, remarque le média espagnol. Pour Le Temps, le journaliste Paul Ackermann a des mots forts : “On notera d’ailleurs qu’une famille politique n’existe plus dans ce paysage : celle du président actuel, le Macronisme.” Seul Édouard Philippe sort son épingle du jeu et apparaît comme un candidat sérieux pour 2027.

    À un an de la présidentielle, les municipales apparaissent comme une “répétition générale”, comme le titre le quotidien italien La Repubblica. Si ces élections ne permettent pas “de tirer des conclusions directes sur le vainqueur de l’élection présidentielle d’avril 2027” pour Die Welt, elles donnent des indications sur les alliances possibles, selon le journal allemand. Au Royaume-Uni, la BBC pointe la victoire des “partis traditionnels” sur les candidats “des extrêmes” mais s’inquiète : “que se passe-t-il si – dans un second tour présidentiel – il y a deux candidats des extrêmes ?”.

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  • Gabriel Attal, la positive attitude malgré les miettes aux municipales

    Gabriel Attal, la positive attitude malgré les miettes aux municipales

    Gabriel Attal, “la femme sans âge”. N’y voyez rien de personnel, c’est une image. L’une des plus célèbres illusions d’optique où se confondent, sur la même esquisse, une élégante jeune femme et une vieille dame rabougrie. Tout dépend, alors, de ce que vous voulez y voir… Après le second tour de ces élections municipales, à quoi ressemble le bilan du parti présidentiel ? À la princesse, ou à la sorcière ? Gabriel Attal voit ce qu’il veut voir. À la tribune, tout sourire, il se félicite d’avoir renforcé l’implantation territoriale de son parti en ayant “doublé son nombre d’élus locaux partout en France”. Et, pour la première fois de sa (courte) histoire, Renaissance est même parvenu à conquérir deux villes de plus de 100 000 habitants : Bordeaux et Annecy, grâce aux listes menées par les anciens ministres Thomas Cazenave et Antoine Armand.

    De fait, Renaissance, lors de ces élections municipales, partait de presque rien. Il y a six ans, une mauvaise préparation et un manque criant de savoir-faire politique avaient engendré une piteuse campagne pour le camp d’Emmanuel Macron. “Contrairement à d’autres majorités par le passé, nous n’avons pas pu bénéficier d’une dynamique grâce au cumul des mandats. Et en 2020, nos députés, qui étaient les plus connus sur le terrain, ne voulaient pas y aller”, analyse Franck Riester, secrétaire général délégué aux élections, élu maire de Coulommiers au premier tour la semaine dernière.

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    Éviter que Renaissance rime avec déconfiture et Attal avec défaite. L’ex de Matignon, qui a pris les rênes du mouvement en décembre 2024, a fait le choix de placer, dans la plupart des grandes villes, des colistiers en position éligible chez des candidats d’autres partis plus implantés, plutôt que de parier sur des têtes de liste estampillées Renaissance. Il faut dire que l’étiquette, pour ne pas dire le criard “tampon macroniste” – qui ne s’est jamais effrité, au grand dam de Gabriel Attal – n’était pas gage de bons résultats. La popularité du président de la République n’a pas aidé les candidats Renaissance à convaincre dans cette campagne où le national s’est largement introduit dans les débats. “Demandez donc aux candidats comment ils l’ont vécu, ça ne met pas beaucoup de vent dans les voiles”, glisse en petit comité le secrétaire général du parti. Toujours est-il qu’après neuf années au pouvoir, le bilan du parti présidentiel reste famélique. Symbolique d’un décennat qui a démarré bien tôt son crépuscule.

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