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  • SONDAGE PRÉSIDENTIELLE. La poussée de Philippe, l’hégémonie de Bardella, Glucksmann et Mélenchon au coude-à-coude

    SONDAGE PRÉSIDENTIELLE. La poussée de Philippe, l’hégémonie de Bardella, Glucksmann et Mélenchon au coude-à-coude

    Est-ce la fin du creux de la vague ou le début d’un nouveau ressac ? Une semaine après avoir été reconduit à la mairie du Havre, Édouard Philippe peut se satisfaire d’avoir retrouvé une forme correcte dans les sondages. Une victoire à la prochaine élection présidentielle est loin d’être acquise pour le patron d’Horizons mais elle peut demeurer un objectif crédible. C’est un des enseignements de l’enquête réalisée par Elabe-Berger-Levrault pour La Tribune Dimanche et BFMTV à un an de ce scrutin qui s’annonce si décisif pour le pays.

    « Édouard Philippe sort renforcé des municipales et bénéficie d’une dynamique, constate Bernard Sananès, président de l’institut de sondage Elabe. La séquence lui a fourni une sorte de licence to operate, comme diraient les Américains. »

    De nombreuses hypothèses ont été testées. La candidature des Républicains, que Bruno Retailleau espère pouvoir endosser sans dissidence, est présente dans presque toutes les configurations. L’ancien ministre de l’Intérieur reste dans l’étiage qui lui est attribué depuis plusieurs mois, entre 7 % et 10 %. Cette persistante fragilité se traduit dans l’un des seconds tours projetés par Elabe : le LR s’y trouve largement battu par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui recueillerait 58 % des suffrages.

    Les scénarios pour la présidentielle de 2027 (Crédits : LTD)

    Le camp qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir et en a constitué la majorité parlementaire avant que celle-ci ne se délite à partir de 2024 est incarné, lui, par plusieurs figures possibles. La principale est Édouard Philippe, mais il y a aussi le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, ainsi que Gérald Darmanin, garde des Sceaux aux ambitions personnelles intactes, et son ami de Premier ministre, Sébastien Lecornu.

    La candidature unique de la droite et du centre n’a pas un plein effet arithmétique .

    Bernard Sananès

    Situé entre 20,5 % et 25,5 %, le maire du Havre mobilise, dans l’hypothèse où le centre gauche est incarné par Raphaël Glucksmann et où Dominique de Villepin parvient à se présenter, plus de la moitié de l’électorat macroniste du premier tour de la présidentielle de 2022 et deux tiers de celui des dernières législatives. En revanche, un désistement de Bruno Retailleau ne semble pas en mesure d’apporter un réservoir significatif à Édouard Philippe. « La candidature unique de la droite et du centre n’a pas un plein effet arithmétique », selon Bernard Sananès.

    Jordan Bardella est donné grand favori en cas de face à face avec la gauche au deuxième tour des élections présidentielles.
    Jordan Bardella est donné grand favori en cas de face à face avec la gauche au deuxième tour des élections présidentielles. (Crédits : LTD)

    Quant à Gabriel Attal, il est à la peine. À supposer que lui et son rival Horizons ne soient pas tous les deux sur la ligne de départ au printemps prochain, seuls 11,5 % des sondés envisagent de glisser un bulletin au nom du chef de Renaissance. La faute à un mauvais report des voix sociales-démocrates, que l’élu des Hauts-de-Seine prétend pouvoir attirer, et à un éparpillement du socle macroniste. Raphaël Glucksmann, qui plafonne à 12,5 %, n’a pas de quoi pavoiser.

    « Dans ce paysage, la gauche est complètement éclatée, observe Bernard Sananès, et la fusée Jean-Luc Mélenchon, qui dans le passé a pu bénéficier d’un fort vote utile en fin de campagne, n’a pas décollé. Elle est même en recul. » Le leader de La France insoumise recueille entre 10,5 % et 13 %, ce qui n’est pas nouveau pour lui à ce stade d’une précampagne présidentielle. Toutefois, dans un affrontement avec Jordan Bardella, qu’il espère pourtant, Jean-Luc Mélenchon finit ici étrillé à 28,5 % contre 71,5 %. Jamais président élu pour un premier mandat n’a obtenu un tel résultat sous la Ve République.

    Ce que cela illustre, et c’est l’élément majeur de ce sondage même s’il ne fait que confirmer ceux réalisés par Elabe au printemps puis à l’automne 2025, c’est la domination qu’exerce l’extrême droite sur l’ensemble de l’échiquier politique. Jordan Bardella est désormais l’ultra-favori du premier tour avec 35 % à 38,5 % des intentions de vote qui lui sont créditées. La configuration la moins avantageuse pour lui, si l’on peut dire, est celle où Édouard Philippe représente le bloc central et le centre droit ; la plus commode est celle où ce rôle échoit à Gérald Darmanin.

    On constate que l’écart se creuse  [entre la présidente du groupe Rassemblement national et Jordan Bardella].

    Bernard Sananès

    Marine Le Pen est testée, elle aussi, même si de plus en plus de cadres du RN s’attendent à ce qu’elle soit empêchée de briguer une quatrième fois l’Élysée. La députée du Pas-de-Calais sera fixée le 7 juillet, lorsque la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national.

    Son propre électorat s’y résigne-t-il déjà ? Dans les deux scénarios où Marine Le Pen porte le drapeau frontiste, à savoir face à Édouard Philippe puis à Gabriel Attal, elle est respectivement à 31,5 % et à 34 %. D’impressionnants scores, c’est évident, « mais on constate que l’écart se creuse » entre la patronne du groupe RN à l’Assemblée nationale et son poulain, relève Bernard Sananès.

    Il y a un an presque jour pour jour, Marine Le Pen, qui venait d’être lourdement condamnée à de l’inéligibilité en première instance, dépassait Jordan Bardella d’une courte tête auprès des sondés d’Elabe. Ce constat fait, il n’existe qu’une configuration de second tour où le trentenaire est devancé, à savoir contre Édouard Philippe… mais dans la marge d’erreur. 

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  • AMF : « Le moment venu, une candidature m’intéressera », confie le maire de Sceaux Philippe Laurent

    AMF : « Le moment venu, une candidature m’intéressera », confie le maire de Sceaux Philippe Laurent

    Coup de tonnerre ce mercredi matin sur l’antenne de BFMTV : le maire de Cannes, David Lisnard, réélu dès le premier tour des élections municipales avec 81 % des voix, a déclaré « ne plus rien avoir à faire » chez Les Républicains. « Depuis le vote de confiance à François Bayrou, depuis l’abandon de la réforme des retraites, depuis les ambiguïtés sur le gouvernement – participer ou pas –, je pense qu’il n’y a aucune lisibilité, aucune cohérence, aucune constance », a ajouté celui qui reste, à ce stade, président (Nouvelle Énergie) de l’Association des maires de France (AMF).

    Autonomie à l’égard de la campagne présidentielle

    Une AMF encore secouée par la défaite à Issoudun (Indre) du premier vice-président délégué historique, le socialiste André Laignel, également président du Comité des finances locales, et, dans une moindre mesure, par celle de son camarade Antoine Homé, édile de Wittenheim (Alsace) et co-président de la Commission des finances. En théorie, tous les trois peuvent garder leur titre jusqu’en novembre prochain, date du prochain congrès.

    Dans la pratique, ce rebattage des cartes suscite les appétits. « Pour l’instant, la place est prise, mais le moment venu, une candidature m’intéressera », confie ainsi à La Tribune le maire (UDI) de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent, candidat défait par David Lisnard en 2021, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) sous la présidence de François Baroin (2014-2021) et ex-président de la Commission des finances.

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