Tag: pétrolier

  • Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Inde : le jeu des taxes

    L’Inde a annoncé vendredi une réduction des taxes sur l’essence et le diesel destinés à la consommation intérieure de 10 roupies par litre, soit moins de dix centimes de dollar. Le pays a parallèlement décidé de mettre en place des taxes sur le diesel et le kérosène destinés à l’exportation « pour assurer une meilleure disponibilité de ces produits pour la consommation intérieure ». L’objectif est de protéger le marché domestique face à la volatilité des cours internationaux.

    Pologne : une TVA réduite

    Varsovie a choisi de combiner plusieurs mesures : la réduction de la TVA sur les carburants et l’instauration d’un prix maximum pour limiter l’effet direct de la hausse des cours sur les consommateurs.

    Grèce : des subventions ciblées

    Athènes met en place quatre subventions « ciblées » d’un montant total de 300 millions d’euros. Elles concernent le carburant automobile et maritime, le gazole et les engrais, couvrant jusqu’à 15 % des factures des bénéficiaires. Les aides seront versées en avril et en mai.

    Espagne et Chypre : des plans de soutien

    Le parlement espagnol a approuvé jeudi 80 mesures pour un total de 5 milliards d’euros, incluant une TVA réduite à 10 % sur le gaz et les carburants, contre 21 % auparavant. À Chypre, les autorités ont dévoilé un plan de soutien aux ménages et entreprises de 200 millions d’euros.

    Japon : place au charbon

    Pour sécuriser son approvisionnement énergétique, le Japon s’apprête à assouplir temporairement ses restrictions sur les centrales à charbon. Jusqu’ici, les fournisseurs d’électricité étaient incités à maintenir le taux de fonctionnement des centrales thermiques au charbon à 50 % ou moins ; le gouvernement prévoit désormais d’autoriser l’exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces, selon le projet présenté.

    Royaume-Uni : du bioéthanol

    À Wilton, dans le nord-est de l’Angleterre, le gouvernement britannique relance temporairement une usine de bioéthanol dont le CO₂ – utilisé pour la santé, l’alimentation et le nucléaire civil – est un sous-produit. Cette opération est soutenue par l’État à hauteur d’environ 100 millions de livres pour « maintenir un approvisionnement critique malgré les perturbations liées à la guerre en Iran ».

    Singapour et États-Unis : ajustements réglementaires

    Singapour a décidé de repousser de plusieurs mois la mise en place d’une taxe visant à accompagner l’intégration progressive de carburants d’aviation d’origine non fossile (SAF). Aux États-Unis, une dérogation temporaire permet la vente d’essence E15 durant l’été, habituellement restreinte en raison de son impact sur le niveau d’ozone et la pollution de l’air.

    Sri Lanka et Thaïlande : appel aux citoyens

    Certains pays ont choisi de réduire la consommation d’énergie par des gestes quotidiens et des changements d’organisation du travail. Au Sri Lanka, les autorités ont décrété la semaine de travail de quatre jours dans la fonction publique et l’extinction de l’éclairage public nocturne, après avoir augmenté les prix des carburants et rationné leur distribution. En Thaïlande, la climatisation des bâtiments publics est désormais limitée à 26°C. Plusieurs États encouragent également le télétravail, conformément aux recommandations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

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  • « Choc pétrolier » : Roland Lescure retire ses propos, Maud Bregeon écarte une aide sur les carburants

    « Choc pétrolier » : Roland Lescure retire ses propos, Maud Bregeon écarte une aide sur les carburants

    Les informations à retenir

    Pourquoi le gouvernement exclut-il désormais une crise systémique du carburant en France ?

    • Rétropédalage sémantique : Roland Lescure qualifie désormais le « choc pétrolier » de phénomène strictement international, excluant une crise systémique propre à la France.

    • Sécurité des stocks : La France a libéré 250 000 barils de ses réserves stratégiques pour combler des manques locaux, mais 97 % des stations-service fonctionnent normalement 

    • Rigueur budgétaire : Maud Bregeon écarte toute aide directe ou « chèque carburant » au nom du respect de la cible de déficit public à 5 %.

    Roland Lescure rétropédale. Le ministre de l’Économie dit ce mercredi « regretter » l’utilisation la veille de l’expression de « choc pétrolier ». Devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi, il avait estimé que les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient constituaient « un nouveau choc pétrolier » et une mauvaise nouvelle « pour les comptes de la France ».

    « Si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie, et être au fond d’une nature plus systémique », avait-il affirmé.

    Mais le ministre souligne aujourd’hui que cette expression s’appliquait « à la situation internationale et en aucun cas à la situation française ». Pour lui, la France « est mieux préparée, (…) moins exposée (…) que ses voisins européens, et a fortiori évidemment que les pays asiatiques qui sont directement concernés » par l’interruption des flux de pétrole dans le détroit d’Ormuz.

    « Aucun problème d’approvisionnement » sur les carburants

    « Donc, ce terme de choc, il est valable dans un certain nombre de pays asiatiques, où on a des mesures de rationnement » de carburants, entre autres, a-t-il dit en réponse à une question d’un journaliste lors du compte rendu du conseil des ministres. « Heureusement, on n’en est pas là en France », a-t-il insisté.

    Le ministre a expliqué que la France avait « libéré de manière très ponctuelle 250 000 barils » de ses stocks « dans des régions où il y avait des manques ponctuels dans certains réservoirs, afin de permettre un approvisionnement total des stations-service ».

    « Mais on n’a aucun problème d’approvisionnement à court terme en France, sur le gasoil, sur le jet (kérosène) ou sur l’essence », a-t-il tenté de rassurer. Selon le gouvernement, 97 % des stations-service fonctionnent normalement en France, sans problème de rupture d’au moins un carburant.

    « Pas d’argent magique », selon Maud Bregeon

    La ministre déléguée chargée de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pour sa part affirmé qu’il n’y avait « aucune aide directe validée » sur les carburants « à l’heure où on se parle ». « La première réponse, c’est l’accompagnement secteur par secteur […] avec des possibilités qui permettent de détendre la trésorerie », a défendu la ministre.

    « La réalité des finances publiques, c’est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir », a-t-elle rappelé. « Il n’y a pas d’argent magique, des chèques qui seraient mis sur la table demain et seraient payés après-demain par le contribuable. »

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  • Délit d’initié ? Un pic d’échanges suspect sur le marché pétrolier juste avant l’annonce de Trump sur l’Iran

    Délit d’initié ? Un pic d’échanges suspect sur le marché pétrolier juste avant l’annonce de Trump sur l’Iran

    Y a-t-il eu délit d’initié avant les propos de Trump lundi ? Des milliers de contrats, un volume supérieur à la normale, ont été échangés pendant deux minutes sur le marché pétrolier ce 23 mars, un quart d’heure avant l’annonce surprise par le président américain de discussions avec l’Iran, qui avait brusquement fait chuter les cours, écrivent ce mardi le Financial Times et Bloomberg. Les deux titres se basent l’un et l’autre sur une analyse des données financières de Bloomberg.

    Selon le FT, le volume engagé pendant ces deux minutes, entre 11 h 49 et 11 h 50 heure française, s’élève à 580 millions de dollars, Bloomberg évoquant pour sa part 650 millions de dollars. Selon l’agence de presse financière américaine, « au moins 6 millions de barils de Brent et de West Texas Intermediate » ont été échangés pendant ces deux minutes, alors que la moyenne pour la même plage horaire lors des cinq séances précédentes était d’environ 700 000 barils.

    Un timing frappant

    Environ un quart d’heure plus tard, vers midi à Paris, une publication de Donald Trump sur son réseau Truth Social évoquant des discussions avec l’Iran pour désamorcer la crise avait violemment fait plonger les cours du baril de brut de plus de 14 %.

    « L’histoire serait incompréhensible s’il n’existait pas une explication évidente : une personne proche de Trump était au courant de ses intentions et a exploité cette information privilégiée pour réaliser des profits considérables et immédiats », avance l’économiste américain Paul Krugman ce mardi. « Lorsque des dirigeants d’une entreprise ou leurs proches exploitent des informations confidentielles à des fins d’enrichissement personnel, il s’agit de délit d’initié, illégal », affirme le prix Nobel d’économie de 2008.

    « Ce ne serait pas la première fois qu’un tel incident se produit sous la présidence de Trump », souligne l’économiste. « Des mouvements importants et suspects avaient déjà été observés sur le marché de prédiction Polymarket avant les précédentes attaques contre l’Iran et le Venezuela », rappelle Paul Krugman.

    « Ce qui frappe ici, ce n’est pas seulement le volume des transactions, mais le timing. Les traders ne sont pas devins. Lorsqu’un positionnement change quelques minutes avant une annonce qui fait bouger les marchés, cela signifie généralement que quelqu’un agit sur la base de ce que j’appellerais des informations officieuses ou des renseignements venus du Moyen-Orient », estime pour sa part Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, interrogé par l’AFP.

    L’hypothèse d’« un grand producteur se couvrant sur le marché »

    « Le marché pétrolier est un milieu extrêmement fermé. Il ne s’agit pas seulement de traders qui spéculent sur les prix ; c’est un écosystème étroitement interconnecté d’acteurs physiques, de raffineurs, d’armateurs et de gouvernements, qui opèrent tous au sein de canaux d’information imbriqués », souligne-t-il.

    L’analyste n’exclut cependant pas que ces mouvements puissent être ceux d’« un grand producteur se couvrant sur le marché » contre une baisse soudaine des cours, alors que les prix ont augmenté de plus de 40 % depuis le début de la guerre.

    Quelques heures après la publication de Donald Trump, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait démenti sur X toute négociation avec les États-Unis, évoquant « de fausses informations » destinées à « manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont enlisés ».

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