La trêve vacille sans être rompue. Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval du détroit d’Ormuz, quelques heures après l’échec des négociations directes avec Téhéran à Islamabad.
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a affirmé que les États-Unis allaient entamer un « processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », axe stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole, du gaz et des engrais mondiaux.
Le locataire de la Maison Blanche, qui évoque des discussions ayant « bien » avancé pendant plus de vingt heures, accuse toutefois l’Iran d’avoir refusé toute concession sur son programme nucléaire. Il a également réaffirmé être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord.
Le constat d’échec est désormais acté. Les délégations américaine et iranienne ont quitté le Pakistan dans la foulée des discussions, sans percée diplomatique, même si les deux camps n’excluent pas une reprise des tractations.
Avant son départ, le vice-président JD Vance a indiqué que Washington laissait sur la table « une offre finale », ajoutant : « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent ».
Téhéran a, de son côté, dénoncé des tentatives américaines de « dicter leurs conditions », dans un climat de « suspicion et de méfiance ».
Téhéran menace, le trafic sous tension
Sur le terrain, la tension est maximale autour du détroit, verrouillé de facto par l’Iran depuis le début du conflit. Les Gardiens de la Révolution ont réagi en menaçant d’y piéger leurs adversaires dans un « tourbillon mortel », affirmant avoir « entièrement sous contrôle » le trafic maritime.
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Les États-Unis avaient déjà amorcé leur déploiement : deux destroyers ont franchi le détroit dans une opération préparatoire, tandis que des centaines de navires commerciaux restent bloqués dans le Golfe, selon les données de suivi maritime.
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Face à ce risque d’embrasement, les réactions internationales se multiplient. Union européenne a appelé à poursuivre la voie diplomatique, jugeant celle-ci « essentielle pour résoudre tous les sujets en suspens ».
Oman a exhorté les deux camps à faire des « concessions douloureuses » et à prolonger le cessez-le-feu de deux semaines conclu récemment. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a proposé une médiation.
Déclenchée le 28 février par une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël, la guerre a déjà fait des milliers de morts, notamment en Iran et au Liban, et provoqué de fortes secousses sur les marchés énergétiques.
En Iran, après six semaines de bombardements et de restrictions, la lassitude domine. Selon les autorités, plus de 3 300 morts ont été recensés depuis le début du conflit.
