« Cet avertissement n’était pas attendu par les marchés, mais en interne si, car la direction précédente passait son temps à faire croire que tout allait bien ». Un témoignage d’une source proche du dossier explicite l’exercice auquel vient de se livrer le nouveau directeur général d’Alstom, Martin Sion. À la tête du constructeur de trains depuis deux semaines seulement, le dirigeant a pris la responsabilité de lancer, jeudi 16 avril, un avertissement sur les prochains résultats du groupe pour l’exercice 2025/2026. Une initiative sanctionnée en Bourse mais qui relève d’une volonté de transparence de la part de l’industriel chargé de la construction des TGV, trams, métros et autre TER.
« Si le groupe a enregistré une forte prise de commandes et atteint ses objectifs de génération de trésorerie au cours de l’exercice 2025/26, la rentabilité est restée en deçà des attentes », a affirmé Martin Sion dans un communiqué de presse. En clair, Alstom engrange toujours des contrats mais peine à les exécuter en temps et en heure, plombant ainsi sa rentabilité. C’est d’ailleurs en raison de ce constat récurrent que le nouveau dirigeant a été placé à la tête de l’industriel le 1ᵉʳ avril, en lieu et place d’Henri Poupart-Lafarge.
La nouvelle direction d’Alstom annonce ainsi la couleur, avant la présentation des résultats prévue mercredi 13 mai : si le chiffre d’affaires sera à la hauteur, en hausse de 4 % (7 % en organique), la marge d’exploitation devrait s’établir à environ 6 %, contre 6,4 % lors de l’exercice précédent et inférieure à la prévision de 7 %. Conséquence ? « L’objectif de cash-flow libre cumulé de 1,5 milliard d’euros sur les trois années allant de l’exercice 2024/25 à 2026/27 n’est pas maintenu, annonce l’entreprise. L’ambition à moyen terme d’une marge d’exploitation ajustée de 8 à 10 % ne sera pas atteinte à l’horizon de l’exercice 2026/27. »

