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    Comment Terra Énergies stimule les énergies renouvelables en Nouvelle-Aquitaine

    En dix ans, le fonds d’investissement Terra Énergies, initié par la région Nouvelle-Aquitaine, a engagé 12,1 millions d’euros dans une trentaine de projets de production ou de stockage d’énergies renouvelables. Il mise sur l’appropriation locale pour en favoriser le développement.

    À Andilly-les-Marais, dans le parc naturel régional du Marais poitevin, trois éoliennes ont déployé leurs pales il y a tout juste un an. À la grande satisfaction des riverains qui n’ont formulé aucun recours. Il faut dire qu’ils ont été associés au projet par la commune dès 2017. Accompagnés par l’association « À nous l’énergie ! renouvelable et solidaire », ils ont participé au choix du lieu et de l’exploitant, en l’occurrence Valorem, et plusieurs d’entre eux se sont même engagés financièrement. À leurs côtés se trouvent les collectivités locales et Terra Énergies.

    « C’est l’exemple typique de projets que nous accompagnons de préférence : l’association de collectivités, de citoyens et d’entreprises augmente les chances de succès des projets d’énergies renouvelables », estime Mathieu Davril, qui chapeaute Terra Énergies. Il s’agit d’un fonds un peu particulier, qui fête, tout comme la région Nouvelle-Aquitaine, son dixième anniversaire cette année. « Nous adoptons à cette occasion un nouveau logo, reprenant le lion, pour mieux refléter notre identité d’acteur public », poursuit le dirigeant.

    En effet, ce sont le président Alain Rousset et Françoise Coutant, alors vice-présidente en charge du climat et de la transition énergétique, qui ont porté ce véhicule d’investissement, dont le nom fait écho à la feuille de route régionale pour la transition énergétique et écologique Néo Terra, sur les fonts baptismaux pour stimuler le déploiement des énergies renouvelables autrement que par des subventions.

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    Augmentation de capital

    « Nous soutenons des projets de production et désormais aussi de stockage de différentes énergies renouvelables impliquant le plus possible des acteurs régionaux pour que ces projets soient pilotés localement, valorisent nos ressources et que la valeur créée puisse être réinvestie sur le territoire », détaille Mathieu Davril.

    Des raisons qui ont d’ailleurs poussé d’autres régions à emprunter le même chemin : Breizh Énergie en Bretagne, Île-de-France Énergies ou encore AREC, qui désigne des structures différentes en Centre-Val de Loire et en Occitanie, ont la même approche que Terra Énergies sur leurs territoires respectifs. Outre la région Nouvelle-Aquitaine, détenant une part de 42 %, la Caisse des Dépôts (26,9 %), plusieurs banques – Crédit agricole, Banque populaire, Crédit coopératif – et, dans une moindre mesure, des exploitants, locaux (Sorégies dans la Vienne) ou internationaux (TotalÉnergies) sont aussi au capital.

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    De 8,2 millions d’euros en 2016, la capacité d’investissement a été portée à 14,3 millions d’euros à travers une augmentation de capital en 2024. De quoi accroître la force de frappe de Terra Énergies, qui reste toutefois réduite comparée à d’autres fonds spécialisés dans les infrastructures, mais dont il se distingue par sa capacité à rejoindre, toujours en minoritaire (40 % maximum), voire à susciter des consortiums hétérogènes.

    32 projets accompagnés

    Car les partenaires et les montages financiers sont différents à chaque fois. « Nous investissons nous-mêmes des montants allant de 100 000 euros à 1,2 million d’euros pour une durée de cinq à trente ans. Plus que la somme, c’est notre rôle de tiers de confiance qui est important. En tant qu’acteur public, nous sommes capables de créer des passerelles », explique Mathieu Davril. « Nous dispensons également des formations gratuites pour les collectivités et les citoyens pour vulgariser les sujets techniques, sur le fonctionnement des énergies, mais aussi les aspects juridiques, financiers et organisationnels.

    C’est aussi cette expertise multiple qui permet de faire aboutir des projets, alors que le nombre de recours est en hausse, les contraintes environnementales se durcissent et les terrains disponibles se réduisent comme neige au soleil.

    À date, Terra Énergies a engagé 12,1 millions d’euros, dont 9,7 millions sont investis dans 32 projets dans huit départements. « Nous prévoyons d’atteindre les 19 millions d’euros à l’horizon 2029. Nous avons un objectif de rentabilité : pour consolider notre portefeuille, et en cohérence avec le déploiement des énergies renouvelables en Nouvelle-Aquitaine, nous avons investi jusqu’alors principalement, à 74 %, dans l’éolien et le solaire, dont les différentes technologies (parcs flottants, au sol ou encore sur des ombrières) sont les plus matures », pointe Mathieu Davril.

    La géothermie monte en gamme

    Et ce sont aussi les plus plébiscitées par les collectivités et les citoyens, alors que la France doit accélérer son électrification pour réduire sa dépendance au gaz et au pétrole. « Nous accompagnons aussi des projets aux technologies moins matures, mais fortement soutenus par la région pour leur participation à la décarbonation du mix énergétique. Nous avons ainsi soutenu trois unités de méthanisation et travaillons sur des projets de biomasse, de petites centrales hydroélectriques, notamment dans l’Adour, ainsi que sur la géothermie », conclut le dirigeant.

    Pour cette dernière source d’énergie, consistant à capter la chaleur terrestre, Terra Énergies a justement signé en novembre dernier un partenariat avec le spécialiste palois Arverne.

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