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  • Dix navires en 48 heures : le détroit d’Ormuz ouvert au compte-gouttes

    Dix navires en 48 heures : le détroit d’Ormuz ouvert au compte-gouttes

    Malgré le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le trafic maritime reste quasi paralysé dans le détroit d’Ormuz

    Depuis l’entrée en vigueur de la trêve dans la nuit de mardi à mercredi, le passage par le détroit d’Ormuz demeure très limité. Quatre pétroliers et six vraquiers seulement ont franchi ce bras de mer névralgique, quasiment fermé par l’Iran depuis le début de la guerre et dont la réouverture était une condition de l’arrêt provisoire des tirs.

    Un seul des quatre pétroliers, le MSG, ne semble pas lié à l’Iran. Ce navire battant pavillon gabonais a transporté jeudi près de 7.000 tonnes de fioul (44 000 barils) de Sharjah, aux Émirats arabes unis, vers le port de Pipavav, en Inde, selon le fournisseur de données maritimes Kpler. Une dizaine d’autres bâtiments semblaient en passe de franchir le détroit.

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    Tous les navires en route provenaient d’Iran, s’y dirigeaient ou avaient des liens avec des pays non hostiles à la République islamique. « Le détroit demeure aussi ouvert ou fermé qu’il l’était avant l’émergence d’un plan en dix ou quinze points », a déclaré jeudi Richard Meade, rédacteur en chef de la revue maritime Lloyd’s List.

    Itinéraires alternatifs

    Le trafic reste largement réduit : il était « toujours inférieur de 90 % aux niveaux normaux et était presque entièrement porté par le commerce iranien », a insisté Bridget Diakun, analyste chez Lloyd’s List Intelligence. Ana Subasic, analyste chez Kpler, prévoit que les franchissements devraient « rester à un maximum de 10 à 15 passages par jour si le cessezlefeu tient ».

    Entre le 1er mars et le 8 avril, 315 passages de navires transportant des matières premières ont été enregistrés, dont 202 pétroliers ou transporteurs de gaz, principalement en direction du golfe d’Oman. Six transits sur dix impliquaient des bâtiments en provenance d’Iran ou à destination de ce pays.

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    L’Iran a imposé jeudi des itinéraires alternatifs, invoquant le risque de mines marines sur la route habituelle. Les Gardiens de la Révolution ont diffusé une carte indiquant des routes passant de part et d’autre de l’île de Larak et précisant que les navires devaient coordonner leur passage avec les forces navales iraniennes, selon Vanguard Tech. À l’exception de trois pétroliers omanais, tous les bâtiments récents semblent avoir emprunté l’itinéraire approuvé par Téhéran, certains ayant payé des frais pour le faire.

    172 millions de barils de brut bloqués

    Des incertitudes persistent sur les modalités de passage. Le Financial Times a évoqué mercredi que Téhéran pourrait réclamer « un dollar par baril de pétrole transitant par le détroit, à régler en cryptomonnaies ». D’autres rumeurs circulent : une liste d’autorisation pour les navires ou un classement des pays selon cinq niveaux, les navires liés à des États jugés amicaux bénéficiant de conditions plus favorables.

    De nombreux acteurs du secteur maritime restent prudents. Quitter le Golfe « ne serait pas conseillé » sans coordination avec les États-Unis et l’Iran, a déclaré mercredi Jakob Larsen, chargé de la sûreté et de la sécurité pour l’association Bimco. HapagLloyd a annoncé que ses navires ne reprendraient pas pour l’instant les transits via le détroit. Environ 800 navires sont bloqués depuis fin février, représentant 172 millions de barils de brut et de produits raffinés à bord de 187 pétroliers, selon Kpler. L’Agence internationale de l’énergie estime que cette crise constitue « la plus grave perturbation de l’offre de l’histoire du marché pétrolier mondial ».

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    Enfin, aucune nouvelle attaque n’a été enregistrée depuis le cessez-le-feu, après trois incidents revendiqués par les Gardiens de la Révolution entre samedi et mardi. Depuis le 1er mars, 30 navires de commerce, dont 13 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents dans le Golfe, le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Oman, selon l’OMI, l’UKMTO et Vanguard Tech.

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