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    Live Nation-Ticketmaster : le spectre du démantèlement après un verdict de monopole

    Un jury fédéral a reconnu Live Nation coupable de monopole illégal dans la billetterie, ouvrant la voie à d’éventuelles mesures allant jusqu’au démantèlement de son activité Ticketmaster.

    Un verdict qui pourrait rebattre les cartes du live entertainment aux États-Unis. Live Nation, maison mère de Ticketmaster, a été reconnue mercredi coupable de monopole illégal par un jury civil fédéral à New York, en violation des lois antitrust américaines. Au-delà des dommages financiers à venir, la décision ouvre désormais la voie à des mesures structurelles d’ampleur, allant jusqu’au démantèlement du groupe.

    Car c’est bien la question de la séparation des activités qui se retrouve désormais sur la table du juge Arun Subramanian. Dans une phase distincte du procès, il devra fixer les réparations, lesquelles pourraient inclure des remèdes dits « structurels » : cession d’actifs, restriction d’activité, voire séparation de Ticketmaster du reste de Live Nation, une hypothèse qui pèse désormais lourd sur la valorisation et la stratégie du groupe.

    Le jury a estimé que Ticketmaster avait surfacturé ses clients de 1,72 dollar par billet vendu, selon les médias américains. Le montant total des dommages sera déterminé dans les prochains jours par le juge, mais l’enjeu dépasse largement le chiffrage des compensations.

    Duopole intégré

    Live Nation avait racheté Ticketmaster en 2010 avec l’aval du ministère de la Justice américain, sous conditions. Depuis, le groupe est régulièrement accusé d’abuser de sa position dominante sur les marchés de l’organisation de spectacles et de la billetterie, un duopole intégré qui concentre à la fois la production de concerts et leur distribution.

    Le dossier a pris une tournure particulière après un accord à l’amiable conclu début mars avec le ministère de la Justice, qui s’était retiré des poursuites. Live Nation acceptait notamment de verser 280 millions de dollars de dommages et intérêts et de vendre 13 salles. Mais 34 États américains ont refusé ces termes et ont poursuivi l’action, jusqu’à ce verdict de jury qui leur donne aujourd’hui un levier juridique renforcé.

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    Le procès, intenté initialement par le ministère et 40 États, avait débuté en mars à New York avant cet accord partiel. La fracture entre l’échelon fédéral et une partie des États apparaît désormais centrale dans la trajectoire du dossier, et pourrait peser sur la nature des remèdes imposés.

    25 % du prix facial aux États-Unis

    Au-delà du cas Live Nation, le jugement intervient dans un contexte de regain des actions antitrust aux États-Unis, où les grandes plateformes font face à une pression accrue sur leurs modèles intégrés. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a salué la portée du verdict en ces termes : « Face au recul de l’application des lois antitrust par l’administration Trump, ce verdict montre jusqu’où les États peuvent aller pour protéger nos citoyens des grandes entreprises qui utilisent leur pouvoir pour augmenter illégalement les prix et escroquer les Américains ».

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    Un élément du dossier a particulièrement pesé dans le débat économique : l’écart de coûts sur les billets de concert. À l’audience, le patron d’AEG Presents, principal concurrent de Live Nation, a indiqué que les frais moyens sur la vente d’un billet atteignent 25 % du prix facial aux États-Unis, contre 15 % en Europe, une différence attribuée à la domination de Ticketmaster sur le marché américain.

    Cette structure de coûts et de marges constitue désormais le cœur du raisonnement antitrust : non seulement sur l’existence d’un monopole, mais sur ses effets directs pour les consommateurs. Avec, en toile de fond, une interrogation devenue centrale pour le juge : le marché du live entertainment américain peut-il être corrigé sans casser l’intégration verticale du groupe ?

    Dans ce contexte, la perspective d’un démantèlement, autrefois théorique, entre désormais dans le champ des scénarios juridiquement plausibles. Pour Live Nation, l’enjeu n’est plus seulement financier, mais structurel : préserver l’unité d’un modèle devenu l’un des plus contestés de l’industrie mondiale du spectacle.

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