LA TRIBUNE – Êtes-vous satisfait de la mesure du « Prêt Flash Carburant » accordé par le gouvernement aux petites entreprises, notamment des secteurs des transports, de l’agriculture et de la pêche, pour les soutenir rapidement face à la crise énergétique à partir du 13 avril ?
AMIR REZA–TOFIGHI – C’est un début pour ces secteurs d’activité fortement impactés par la hausse du prix du carburant. Par exemple, 30% du coût de revient des transporteurs routiers se base sur l’essence. Mais quand celui-ci augmente de 20 %, et que c’est un secteur qui fait de faibles marges, les transporteurs routiers roulent à perte. Or, ils ne peuvent pas répercuter immédiatement cette hausse, car ils sont engagés dans des contrats mensuels, trimestriels, parfois semestriels. Comment faire pour les aider ? Car nous ne sommes pas en train d’aider des entreprises juste pour les aider. Sans ça, elles vont mettre la question sur la porte.
Comment doivent s’articuler les aides ?
Il faut qu’elles soient ciblées. Nous n’avons pas les moyens de faire des aides massives, mais il faut faire des aides simples et qui permettent vraiment de traverser la crise. Nous avons œuvré à des prêts bonifiés, à des aides ciblées. Maintenant, on aimerait s’assurer qu’elles vont vraiment être mises en place. Nous saluons les mesures, c’est un bon début, mais elles ne sont pas suffisantes.
La configuration actuelle pour demander des aides est-elle trop compliquée pour les TPE et PME ?
Effectivement, il ne faut pas quelque chose de compliqué. Je prends l’exemple de l’activité partielle (dans le contexte actuel marqué par le conflit au Moyen-Orient, le ministère du Travail a donné la possibilité aux entreprises impactées d’avoir recours à l’activité partielle, NDLR) pour les voyagistes : lorsqu’ils ont fait les demandes, ils ont fait face à des questions lunaires : on leur a demandé en quoi la situation au Moyen-Orient affectait leurs résultats. Ce sont des voyagistes ! Bien évidemment que lorsqu’il y a une guerre, les gens ne voyagent plus. On leur pose tellement de questions et c’est tellement compliqué, qu’au final, ils sont découragés et n’ont pas le temps pour ça.
