Tag: Moyen-Orient

  • Guerre au Moyen-Orient : les dernières infos

    Guerre au Moyen-Orient : les dernières infos

    Voici les derniers événements en lien avec la guerre au Moyen-Orient samedi, un mois après le déclenchement du conflit :

    Forte explosion près de l’aéroport d’Erbil
    Une forte explosion a retenti samedi aux abords de l’aéroport international d’Erbil, capitale du Kurdistan autonome, dans le nord de l’Irak, où sont basés des conseillers américains de la coalition internationale antijihadiste, a rapporté un journaliste de l’AFP. Les troupes de la coalition y sont régulièrement visées par des attaques de groupes armés pro-Iran, menées avec des drones explosifs généralement interceptés et abattus par la défense antiaérienne.

    Réunion des chefs de la diplomatie du Pakistan, d’Arabie saoudite, de Turquie et d’Égypte
    Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Égypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour parler de la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

     Koweït : attaques de drones sur l’aéroport, dégâts importants
    L’aéroport international de Koweït a été visé par une attaque de drones, provoquant d’importants dégâts, ont annoncé samedi les autorités. Selon le porte-parole de l’aviation civile, cité par l’agence de presse officielle du pays, l’attaque n’a pas fait de victime mais le système radar a été fortement endommagé.

    Oman : un ouvrier blessé après une attaque de drone
    Un ouvrier a été blessé dans une attaque de drone sur l’un des principaux ports d’Oman, ont indiqué samedi les autorités du pays du Golfe dans un communiqué. Deux drones ont visé le port de Salalah (sud-ouest), selon les autorités, relayées par l’agence de presse du pays, blessant un ouvrier étranger et causant des dommages matériaux « limités » à une grue du port.

    Les Houthis revendiquent leur première attaque contre Israël
    Les rebelles Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont revendiqué samedi leur première attaque sur Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, quelques heures après que l’armée israélienne a annoncé avoir détecté un tir de missile depuis le Yémen. Les Houthis avaient menacé la veille de se joindre au conflit. Plus tôt samedi, l’armée israélienne avait dit avoir activé sa défense antiaérienne après avoir « identifié le tir d’un missile depuis le Yémen en direction du territoire israélien ».

    Accord Thaïlande-Iran sur le détroit d’Ormuz
    La Thaïlande a affirmé samedi avoir conclu un accord avec l’Iran pour permettre le passage « en toute sécurité » de ses navires pétroliers dans le détroit stratégique d’Ormuz, a déclaré le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul.

    Les Émirats arabes unis à nouveau attaqués
    Des incendies se sont déclarés samedi dans la zone industrielle de Khalifa à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, à la suite d’attaques de missiles et de drones iraniens, selon les autorités.

    Troisième attaque contre une centrale nucléaire iranienne
    L’Iran a dénoncé une nouvelle attaque contre sa centrale nucléaire de Bouchehr (sud), la troisième en dix jours, sans faire de dommage, a annoncé samedi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

    Au moins 12 soldats américains blessés en Arabie Saoudite
    Une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, au sud-est de Ryad en Arabie saoudite a blessé au moins 12 soldats américains, dont deux grièvement, selon des médias américains.

    Missiles iraniens contre Israël
    Un homme a été tué et deux blessés vendredi soir à Tel-Aviv, en Israël, selon les services de secours, après l’annonce par l’armée israélienne de tirs de missiles depuis l’Iran. Deux autres personnes ont été blessées dans le sud du pays. Le chef du commandement intérieur de l’armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu’un missile à sous-munitions avait provoqué des « destructions considérables » dans un immeuble résidentiel.

    Explosions à Téhéran
    Une dizaine d’explosions ont secoué Téhéran dans la nuit de vendredi à samedi, a constaté un journaliste de l’AFP, qui a fait état de détonations très intenses. L’armée israélienne a dit frapper des « cibles du régime » dans la capitale iranienne.

    Trump menace de ne plus venir en aide à l’Otan
    Donald Trump a reproché à l’Otan de ne pas avoir apporté son soutien pour sécuriser le détroit d’Ormuz et menacé de ne pas aider l’alliance si elle en a besoin à l’avenir. « Ils n’étaient tout simplement pas là », a déploré le président américain, lors d’un forum d’affaires à Miami.

    L’Iran veut faire payer “un lourd prix” après les frappes contre des sites stratégiques
    L’Iran va faire payer « un lourd prix » en représailles « aux crimes israéliens », a promis le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, après les frappes israéliennes sur des complexes sidérurgiques et du nucléaire civil iraniens, notamment sur le réacteur nucléaire à eau lourde d’Arak.

    Les États-Unis prévoient une fin prochaine des opérations en Iran
    Quand les États-Unis « en auront fini » avec les Iraniens au cours des prochaines semaines, ceux-ci « seront plus affaiblis qu’ils ne l’ont été dans l’histoire récente », a affirmé Marco Rubio. Il a, à cet égard, estimé que les États-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans envoyer de troupes au sol. Il n’est pas exclu que des armes destinées à l’Ukraine soient redirigées vers la guerre en Iran.

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  • Avec la guerre au Moyen-Orient, Israël et les États-Unis ont provoqué un début de crise économique internationale

    Avec la guerre au Moyen-Orient, Israël et les États-Unis ont provoqué un début de crise économique internationale

    Wall Street a chuté vendredi, et le pétrole WTI dépassé 100 dollars
    La Bourse de New York a chuté vendredi, inquiète du prolongement de la guerre au Moyen-Orient et de ses effets sur l’inflation et la croissance économique, l’indice Dow Jones perdant 1,73% et l’indice élargi S&P 500 1,67%, tandis que le Nasdaq, à forte composition technologique, a cédé 2,15%. Les Bourses européennes ont fini la semaine dans le rouge.

    Le baril de pétrole Brent pour livraison en mai a pris 4,22%, à 112,57 dollars, dépassant 110 dollars pour la première fois depuis le décrochage de lundi, et le WTI américain 5,46%, à 99,64 dollars. Dans les échanges postérieurs au fixing du marché du pétrole (18H30 GMT), il a dépassé le seuil symbolique de 100 dollars.

    Le rendement des emprunts d’État américain à 10 ans s’est encore tendu, jusqu’à 4,48% contre 4,42% la veille en clôture, les investisseurs se méfiant du risque d’inflation et demandant des taux d’intérêt plus élevés pour prêter.

    Flambée de l’énergie: réunion des ministres européens mardi
    Les ministres de l’Énergie des pays de l’Union européenne se retrouveront mardi en visioconférence pour échanger sur « la sécurité de l’approvisionnement énergétique », a annoncé Chypre, qui occupe la présidence tournante de l’UE.

    La France annonce des aides carburants
    Le gouvernement français annonce des « aides ciblées » en avril pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants. Les petites entreprises du transport routier en difficulté et les pêcheurs pourront recevoir une aide de 20 centimes d’euros par litre de carburant, tandis que le gazole agricole sera exonéré de taxe sur la période. « On nous donne une petite bouffée d’air. Mais il ne faut pas se leurrer et croire que ce sera suffisant pour sortir la filière de l’enchaînement de crises qui la frappe », réagit auprès de l’AFP José Jouneau, président du comité ligérien des pêches.

    Retour au charbon
    La crise énergétique pourrait forcer l’Allemagne à garder des centrales à charbon actives plus longtemps si la guerre se prolonge et provoque des pénuries, selon le chancelier allemand Friedrich Merz. « Nous devons alimenter ce pays en électricité. Je ne suis pas prêt à mettre en péril le cœur de notre industrie simplement parce que nous avons opté pour des plans de sortie qui sont devenus irréalistes », déclare le chef de l’exécutif.

    Demi-tour dans le détroit d’Ormuz
    Les Gardiens de la Révolution iraniens annoncent avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit d’Ormuz. Ils affirment que cette route stratégique est fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à « l’ennemi ». L’industrie de l’énergie « sous-estime les bouleversements et les risques géopolitiques qui nous attendent », dit à l’AFP Mark Brownstein, vice-président d’une association environnementale, depuis le forum CERAWeek au Texas.

    Trafic aérien : moins d’annulations, mais des programmes allégés
    Le taux d’annulation des vols au Moyen-Orient a fortement décru depuis les premiers jours de la guerre, mais le nombre de trajets aériens prévus a lui aussi baissé en parallèle, selon une société spécialisée.

    Des milliers de tonnes de thé bloquées au Kenya
    Entre 6.000 et 8.000 tonnes de thé, d’une valeur d’environ 24 millions de dollars (21 millions d’euros), sont bloquées au port kényan de Mombasa par la guerre au Moyen-Orient, rapporte l’association est-africaine du commerce du thé (EATTA). La viande et l’horticulture kényanes subissent également l’impact du conflit, enregistrant des millions de dollars de pertes.

    La production d’une grande aciérie iranienne interrompue
    La production d’une grande aciérie en Iran a été interrompue à la suite des frappes américano-israéliennes, ont rapporté samedi des médias iraniens. Selon un communiqué de Khuzestan Steel Company, une société basée dans le sud-ouest de l’Iran, cité par le quotidien iranien Shargh, les « chaînes de production de l’usine ont été arrêtées » après que plusieurs unités et installations sidérurgiques ont été touchées vendredi lors de frappes.

    La Thaïlande dit avoir conclu un accord avec l’Iran pour le détroit d’Ormuz
    La Thaïlande a affirmé samedi avoir conclu un accord avec l’Iran pour permettre le passage de ses pétroliers dans le détroit stratégique d’Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. « Un accord a été conclu afin de permettre aux navires pétroliers thaïlandais de transiter en toute sécurité par le détroit d’Ormuz, contribuant ainsi à apaiser les inquiétudes concernant l’acheminement de carburant vers la Thaïlande », a déclaré le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul lors d’une conférence de presse.

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  • OPINION. « Banques européennes : l’angle mort du risque au Moyen-Orient »

    OPINION. « Banques européennes : l’angle mort du risque au Moyen-Orient »

    Par Michel Santi, économiste (*)

    Le sujet n’est ni l’ampleur du chiffre, ni sa bénignité. C’est l’impossibilité, pour quiconque — citoyen, parlementaire, analyste — d’accéder à une image fidèle du risque au moment précis où cette image devient nécessaire. Et dans cette opacité, le danger n’est même pas là où le débat le cherche.

    Ce que disent les chiffres

    L’Autorité bancaire européenne a publié son Risk Dashboard Q4 2025. L’exposition directe des banques de l’UE au Moyen-Orient s’établit à 132 milliards d’euros, dont 60,8 milliards pour la France (46 %). Rapporté aux 29 100 milliards d’actifs du secteur, c’est moins de 0,5 %. Le CET1 atteint 16,3 %, les créances douteuses 1,8 %, et les grandes banques françaises ont dégagé 35 milliards de bénéfices en 2025.

    Pris isolément, ces indicateurs sont rassurants. Et ceux qui dénoncent le sensationnalisme ont raison sur un point essentiel : une exposition n’est pas un risque. Le système bancaire européen pourrait absorber des pertes bien supérieures sans compromettre sa solvabilité.

    Mais le chiffre net ne dit pas grand-chose non plus.

    Le netting suppose un monde qui n’existe pas

    L’EBA publie des expositions brutes. Les banques publient des chiffres nets, après compensation par les collatéraux — titres souverains, garanties, dérivés. La méthode est légitime, conforme aux normes IFRS. Les écarts sont considérables : pour BNP Paribas, on passe de 55 milliards en brut à environ 6 milliards en net.

    Le problème n’est pas la méthode. Il est dans ses hypothèses.

    Ce qui manque, ce ne sont pas les données : ce sont les hypothèses. Le netting suppose que les marchés fonctionnent normalement. Que les collatéraux restent liquides. Que les flux ne se figent pas. Que le détroit d’Ormuz ne ferme pas.

    En situation de stress, la valeur des garanties n’est plus un prix de marché : c’est une conjecture.

    Le netting protège du risque de crédit. Pas du risque de liquidité.

    Or c’est la liquidité qui tue — vite, sans préavis.

    Le seul chiffre qui compte en temps de crise — l’exposition nette après stress sur les collatéraux — n’est publié par personne.

    Même illusion côté géographie. Une notation souveraine mesure une capacité de remboursement en temps calme. Elle ne modélise ni une rupture logistique, ni des sanctions croisées, ni un choc énergétique régional. Cela ne signifie pas que les banques ignorent ces risques. Mais que le public n’a aucun moyen d’en juger.

    Le vrai scandale

    Le problème n’est pas le niveau d’exposition. C’est l’absence de synthèse.

    L’EBA publie du brut, avec retard.

    Les banques publient du net, selon leurs méthodes.

    L’écart peut atteindre un facteur dix.

    Le résultat est un angle mort organisé : chacun publie une partie du réel, personne ne le rend intelligible.

    Dans cet espace, les perceptions se fabriquent : les banques choisissent leur narration, le régulateur évite de trancher, les médias simplifient. Et le débat public oscille entre panique et déni.

    Lorsque François Villeroy de Galhau affirme que la stabilité financière n’est « pas en risque », il a probablement raison. Mais une affirmation non étayée par des données vérifiables ne produit plus de confiance. Depuis 2008, la solidité ne se proclame plus. Elle se démontre.

    Ce qui devrait exister

    Le superviseur fait face à un dilemme réel : trop de transparence peut amplifier une crise. Mais ce dilemme ne justifie pas l’opacité actuelle. Il impose au contraire une transparence agrégée, standardisée, intelligible.

    D’autres l’ont compris. La Réserve fédérale publie les résultats détaillés de ses stress tests. La Banque d’Angleterre expose régulièrement des scénarios extrêmes. Ces exercices ne sont pas en temps réel. Ils sont lisibles, comparables, discutables.

    L’Europe pourrait faire de même.

    Ce qu’il manque n’est pas un flux de données supplémentaire, mais une synthèse publique : un tableau de bord réconciliant expositions brutes, nettes et nettes stressées selon des scénarios explicites. Un document qu’un parlementaire peut lire, qu’un journaliste peut vérifier, qu’un citoyen peut comprendre.

    Le problème n’est pas une dissimulation active. Il est institutionnel : aucune instance n’a pour mandat de produire cette lisibilité.

    Le risque qui compte

    Pendant que le débat se focalise sur 132 milliards, le risque réel se déplace ailleurs. L’EBA le souligne : les effets de second tour sont la menace principale. Un baril durablement élevé, une croissance affaiblie, des marges comprimées — ce sont ces mécanismes diffus qui fragilisent les bilans.

    La prochaine tension bancaire, si elle survient, ne viendra pas d’un défaut souverain au Golfe. Elle émergera d’un tissu d’entreprises européennes fragilisées, progressivement incapables d’honorer leurs échéances.

    Les banques françaises sont solides. Les données le montrent.

    Mais tant que cette solidité reste partiellement opaque, chaque chiffre publié devient une source de confusion.

    Le problème n’est pas le risque.

    C’est qu’il demeure, structurellement, difficile à voir.

    (*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

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  • Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    L’économie mondiale apparaît, plus que jamais, au bord d’une zone majeure de turbulences. Le conflit en Iran, combiné à des indicateurs macroéconomiques de plus en plus fragiles, fait monter le spectre de la récession aux quatre coins de la planète, à commencer par les Etats-Unis. Selon Moody’s Analytics, la probabilité d’une récession outre-Atlantique dans les 12 prochains mois atteint désormais les 48,6 %, tandis que Goldman Sachs et EY-Parthenon estiment ce risque respectivement à 30 % et 40 %, contre une probabilité en février située entre 15 et 20 %.

    Les signaux avant-coureurs étaient déjà visibles avant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février : le rapport mensuel sur l’emploi de février aux Etats-Unis a montré une perte inattendue de 92 000 postes, alors que les économistes tablaient sur un gain de 60 000 emplois. Le chômage américain approche désormais 4,5 %, contre 3,4 % il y a trois ans, et la croissance des salaires, notamment pour les revenus modestes, reste faible.

    « A moins que les hostilités ne cessent maintenant… »

    « Même avant le conflit, je pensais que la récession et les risques étaient en hausse », a indiqué cette semaine sur CNBC Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s. « Les risques de récession sont tdevenus rès élevés — et à moins que les hostilités ne cessent maintenant, que le président trouve un moyen de se retirer, de déclarer la victoire et de passer à autre chose, et que les Iraniens fassent de même, je pense que la récession est plus que probable d’ici la seconde moitié de l’année. »

    Le pétrole constitue le principal catalyseur du risque. Le baril de Brent s’installe désormais dans la zone des 110 dollars. Et les simulations de Moody’s estiment qu’un prix moyen proche de 125 dollars au deuxième trimestre suffirait à plonger l’économie américaine dans la récession si les tensions persistent. La fermeture du détroit d’Ormuz perturbe également les exportations d’engrais, menaçant la production agricole et la hausse des prix alimentaires.

    Les scénarios noirs deviennent les scénarios réels

    En Europe, au fur et à mesure que le conflit s’enlise, la situation devient également davantage préoccupante. L’Italie illustre l’exposition européenne directe à la guerre au Moyen-Orient : le centre d’études de Confindustria estime que le pays a d’ores et déjà perdu 0,2 point de croissance et pourrait entrer en récession si le conflit se prolonge. « L’économie risque de stagner si la guerre continue au deuxième trimestre et le pays risque même d’entrer cette année en récession (-0,7 %) si le conflit se prolonge jusqu’à fin 2026 », avertit l’étude. Les exportations ralentiraient, la consommation et les investissements fléchiraient, et l’inflation pourrait atteindre 2,5 % sur l’année, contre 1,5 % en 2025. Les entreprises italiennes pourraient voir leur facture énergétique augmenter de 21 milliards d’euros.

    En France, le mot récession reste pour l’heure tabou, mais le coup de frein économique potentiel n’en paraît pas moins conséquent. Selon les prévisions de la Banque de France publiées cette semaine, le scénario actuel le plus sombre pourrait faire dégringoler la croissance annuelle à 0,3 %, contre 1 % espéré à l’origine. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a pris soin de préciser que « dans ces différents scénarios, il n’y a pas de récession, je le souligne ». Reste que ces projections deviennent progressivement, par défaut, les scénarios les plus optimistes, chaque jour supplémentaire allongeant la durée du conflit au Moyen-Orient, et par rebond la profondeur des impacts.

    « Deux crises pétrolières et une crise gazière »

    À l’échelle mondiale, la récession américaine pourrait provoquer un effet domino, affectant les économies européennes et les marchés émergents. Entre hausse des prix de l’énergie, perturbation des chaînes logistiques et ralentissement de la demande mondiale, la vigilance des banques centrales et des gouvernements sera donc déterminante pour éviter un scénario noir. Les prochaines semaines seront à ce titre cruciales : la fin du conflit au Moyen-Orient ou, à défaut, sa prolongation, pourrait sceller la trajectoire économique de 2026.

    En cas de prolongation, la tempête pourrait bien tourner au tsunami. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur l’ampleur sans précédent de la crise énergétique. « Le monde perd actuellement 11 millions de barils par rapport à 5 milliards lors des crises de 1973 et 1979. Si vous voulez mettre cela en contexte, cette crise actuelle équivaut à deux crises pétrolières et une crise gazière mises ensemble », a détaillé cette semaine Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Avant d’ajouter, dans une logique de présage : « la profondeur du problème n’a pas été bien appréciée par les décideurs du monde entier ».

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  • Moyen-Orient : la bataille cachée de l’Iran pour remplacer le « pétrodollar » par le « pétroyuan »

    Moyen-Orient : la bataille cachée de l’Iran pour remplacer le « pétrodollar » par le « pétroyuan »

    Derrière la guerre militaire entre l’Iran et la coalition américano-israélienne, une autre guerre, elle, plus économique. L’indice le plus flagrant de son existence apparaît dans une lettre publiée ce mardi par les gardiens de la révolution, via l’Organisation maritime internationale : les « navires non hostiles » et ceux qui « n’appartiennent pas à ou ne sont pas associés à » Israël, aux États-Unis et à d’autres « agresseurs » peuvent franchir le détroit d’Ormuz, peut-on y lire. Et ce, « sous réserve du respect (…) des réalités découlant du conflit en cours ».

    Si les modalités de ce nouveau droit de passage, et la liste des pays qui en bénéficient, restent encore à éclaircir, de nombreux observateurs ont déjà deviné les premiers gagnants : les pays du continent asiatique, ultra dépendants du pétrole brut vendu par les États du Golfe. À commencer par la Chine, allié économique de l’Iran, mais aussi l’Inde, ainsi que les nations du sud-est asiatique (Philippines, Indonésie, Malaisie, etc).

    Payer en yuan, cette modalité surprise des Iraniens

    Mais ce que les gardiens du régime de Téhéran se sont bien gardés de préciser est cette information révélée par la chaîne de TV américaine CNN : pour passer par le détroit d’Ormuz, les pétroliers devront aussi régler leurs transactions en yuan, la monnaie nationale chinoise. Une belle faveur accordée à Pékin. Des négociations discrètes auraient même eu lieu pendant le mois de mars.

    En sachant que le paiement en yuan est déjà pratiqué par certains Etats lorsqu’ils vendent leurs barils directement à la Chine, à l’instar de la Russie, du Brésil, du Venezuela ou de l’Indonésie. Ou encore l’Arabie saoudite, qui vend à ce jour quatre fois plus de pétrole à Pékin qu’à Washington.

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  • « Ce qui est aujourd’hui pour les autres peut être demain pour nous » : le conflit au Moyen-Orient ravive les inquiétudes en Ukraine

    RÉCIT – L’ouverture d’un nouveau front dans le Golfe a suspendu les négociations à Kiev et offert de l’oxygène à une économie russe au bord de l’asphyxie.

    Le député du parti présidentiel Oleksandr Merezhko affiche une mine désabusée en s’attablant dans un café du centre historique de Kiev. L’avenir de l’Ukraine reste fatalement suspendu à la politique de Donald Trump. Or, depuis que le président américain a entamé aux côtés de son allié israélien une autre guerre au Moyen-Orient, les négociations pour un cessez-le-feu, auxquelles les Ukrainiens n’ont jamais cru, sont à l’arrêt. La dernière rencontre trilatérale prévue début mars aux Émirats arabes unis a été reportée sine die. « Les Américains ont d’autres priorités », a balayé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « L’Ukraine, Trump s’en fiche désormais. Il laisse maintenant Poutine  et Zelensky s’arranger entre eux, analyse froidement le député. Son attention est entièrement tournée vers les midterms en novembre prochain. D’ici-là, il a tout intérêt à résoudre cette guerre au Moyen-Orient. »

    Face au blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, le président américain a décidé la levée…

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  • Tensions au Moyen-Orient : l’impact sur les vols privés se fait sentir jusque dans l’Ouest de la France

    Tensions au Moyen-Orient : l’impact sur les vols privés se fait sentir jusque dans l’Ouest de la France

    Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la hausse du carburant pèse lourdement sur l’économie des vols privés. « Selon la durée du vol, la part carburant représente désormais entre 20 % et 30 % du coût d’un affrètement alors que les prix ont doublé dans certaines régions », illustre Rémi Aubin, directeur de LunaGroup Charter présent de manière régulière dans la région nantaise où l’entreprise opère environ 10 % de son activité nationale grâce à des affrètements fréquents pour les clubs sportifs, agences de voyages et opérateurs touristiques. Cette inflation mécanique entraîne « une hausse incompressible de 10 % sur tous les voyages en avion », directement liée au prix du kérosène.

    Chez Salaün, qui ne réalise plus d’affrètements mais achète des « blocs sièges » auprès des compagnies (Air France, Transavia, EasyJet, Volotea, etc.), la hausse est également tangible.

    « Nous sommes obligés de répercuter des suppléments carburant à nos clients, de l’ordre de 20 à 50 euros selon les distances », confirme Luc Le Saos, directeur de production chez Salaün.

    Ce groupe familial breton, solidement implanté dans l’Ouest, dispose d’une présence historique en Bretagne et en Pays de la Loire, avec notamment sept agences de voyages en Loire-Atlantique, qui constitue pour l’entreprise son deuxième aéroport de départ en volume, juste après Paris. Comme l’explique Salaün à La Tribune, le groupe réalise environ 20 % de ses départs depuis Nantes. « Si les clients acceptent généralement ces hausses, c’est parce qu’ils observent eux-mêmes l’augmentation des prix à la pompe. »

    Des demandes last minute en forte croissance

    Autre conséquence directe du contexte géopolitique : la multiplication des demandes urgentes. « Lors du déclenchement du conflit, nous avons enregistré 600 demandes en une semaine, un volume inédit depuis le Covid », pointe Rémi Aubin. Ces sollicitations proviennent d’entreprises internationales préparant des plans d’évacuation, de passagers ne souhaitant plus transiter par les hubs du Golfe ou encore d’agences de voyages et tour-opérateurs en recherche d’alternatives rapides. En revanche, cette pression ne se ressent pas uniformément. Elle touche surtout les grands hubs européens (Paris, Athènes, Istanbul). « Ce n’est pas spécifique aux Pays de la Loire », précise-t-il.

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  • Trump évoque une « résolution complète et totale » de la guerre au Moyen-Orient, les Bourses européennes rebondissent

    Trump évoque une « résolution complète et totale » de la guerre au Moyen-Orient, les Bourses européennes rebondissent

    Les marchés boursiers européens rebondissent nettement après les propos de Donald Trump. Dans un changement de ton spectaculaire, le président américain a annoncé ce lundi 23 mars que les États-Unis et l’Iran avaient eu de « très bonnes et productives discussions pour une résolution totale » des hostilités et précisé qu’elles « continueraient cette semaine ».

    Le président américain a aussi fait part sur son réseau Truth Social d’un report « de cinq jours » de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran, après avoir donné samedi un ultimatum de 48 heures à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

    Après avoir reculé de plus de 2 % dans la matinée, la Bourse de Paris prenait 1,53 % vers 12 h 30 à Paris, Francfort 1,92 %, Milan 1,24 % et Londres 0,18 %.

    Chute des cours du pétrole

    Ce message publié avant l’ouverture de Wall Street a par ailleurs fait chuter immédiatement et fortement les cours du pétrole. Vers 12 h 20 à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, chutait de 9,63 % à 101,39 dollars, après avoir brièvement perdu plus de 14 %. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, perdait 9,39 % à 89,01 dollars.

    La Bourse de New York évolue également en nette hausse. Vers 14 heures GMT (15 heures à Paris), le Dow Jones prenait 1,87 %, l’indice Nasdaq avançait de 1,92 % et l’indice élargi S&P 500 gagnait 1,72 %. « Le marché est certainement encouragé par la perspective d’une accalmie dans les hostilités » au Moyen-Orient, commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers. Les contrats à terme sur les principaux indices, qui présageaient un recul avant l’annonce du président américain, évoluaient en nette hausse eux aussi.

    Les marchés d’actions étaient inquiets de « l’ultimatum de Trump exigeant de l’Iran l’ouverture du détroit d’Ormuz », selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. Donald Trump avait en effet prévenu que sans réouverture totale et inconditionnelle du détroit au plus tard lundi soir, les États-Unis frapperaient les centrales électriques iraniennes.

    Le gouvernement iranien avait assuré lundi qu’il fermerait entièrement le détroit d’Ormuz, si les États-Unis mettaient à exécution leur menace. Téhéran avait aussi menacé un peu plus tôt de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient, en réaction à l’ultimatum lancé par Donald Trump, après des frappes iraniennes particulièrement destructrices dans le sud d’Israël.

    Les taux souverains reculent

    Autre conséquence des propos de Trump : les taux d’intérêt des dettes souveraines, qui avaient bondi ces derniers jours à des sommets, repartent dans l’autre sens. Le taux de rendement de la dette française à échéance dix ans reculait à 3,70 %, après avoir atteint au cours de la matinée 3,85 %, son plus haut niveau depuis juillet 2009, et 0,10 point de pourcentage de plus que vendredi en clôture. Son équivalent britannique reculait à 4,90 %, contre 5,10 % avant les propos du président américain, au plus haut depuis 2008.

    Le taux italien reculait de 0,9 point de pourcentage, à 3,87 %, après avoir bondi de 0,13 point de pourcentage dans la matinée. Et le taux allemand, référence en Europe, est repassé sous le seuil des 3,00 %, à 2,98 %, après l’avoir dépassé vendredi et atteint des sommets depuis 2011. Son équivalent américain, qui avait lui aussi grimpé dans la matinée, reculait lui finalement à 4,32 %, contre 4,38 % vendredi en clôture.

    Le gouvernement iranien dément

    Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est dit « reconnaissant que (Donald Trump) ait déclaré aujourd’hui qu’il reportait cela de cinq jours, et qu’il ait désormais aussi ouvert la possibilité de contacts directs et immédiats avec la direction iranienne », lors d’une conférence de presse.

    Mais des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti l’affirmation de Donald Trump selon laquelle des négociations étaient en cours entre Washington et la République islamique. « Il n’existe aucun dialogue entre Téhéran et Washington », a rapporté l’agence Mehr, parmi d’autres médias, en citant ce ministère, ajoutant que le propos de Donald Trump visait à « faire baisser les prix » de l’énergie.

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  • Crise au Moyen-Orient : des portes se referment en Asie et en Jordanie pour le voyagiste Allibert Trekking

    Crise au Moyen-Orient : des portes se referment en Asie et en Jordanie pour le voyagiste Allibert Trekking

    Le 28 février dernier, l’embrasement du Moyen-Orient a mis le gouvernement français comme les agences de voyage sur le pied de guerre. En Isère, le tour-opérateur Allibert Trekking (170 salariés pour 60 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé depuis sa création en 1975 dans les voyages d’aventure, encadrait alors deux groupes de voyageurs en Jordanie et à Oman, qu’il a finalement pu rapatrier en utilisant, pour le second, un autre vol via l’Arabie Saoudite.

    « Mais le gros problème a été et demeure la desserte de l’Asie : car, sur certaines destinations, les hubs du Golfe représentent plus de 50 % de l’offre aérienne : on pense par exemple aux Seychelles, au Népal, à la Nouvelle-Zélande, ou encore au Vietnam… », indique le directeur général de l’agence, Frédéric Giroir.

    Au total, près d’une trentaine de voyageurs de l’agence se trouvaient en cours de séjour sur l’une de ces destinations au moment de l’embrasement de la région, jusqu’ici considérée comme une destination « stable »  : « nous avons dû trouver des solutions client par client, afin de les rapatrier dans les meilleurs délais : nous avions par exemple un groupe de 7 personnes en Nouvelle-Zélande. Quatre d’entre eux ont dû rentrer par les États-Unis, mais trois autres ne pouvaient pas obtenir de visa ESTA et ont dû passer par Santiago du Chili, Madrid puis Paris ».

    Avec à la clé, d’importants surcoûts pour les tours opérateurs, qui sont chargés d’assurer le retour en toute sécurité de leurs ressortissants. « L’une des premières exclusions des contrats d’assurances demeure la guerre, c’est notre job que de prendre ce type de situation en charge », glisse Frédéric Giroir.

    Au total, Allibert Trekking estime par exemple que le démarrage de la crise au Moyen-Orient pèsera déjà près de 60.000 à 65.000 d’euros (principalement pour l’achat de nouveaux billets d’avion) sur son exercice 2026. «De son côté, le ministère des Affaires étrangères agit par niveau de risque de criticité, et a focalisé ses premières actions sur les ressortissants du Golfe directement impactés au cœur de la zone », ajoute-t-il.

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  • Guerre au Moyen-Orient : l’Iran annonce des dégâts sur ses infrastructures d’eau et d’énergie

    Guerre au Moyen-Orient : l’Iran annonce des dégâts sur ses infrastructures d’eau et d’énergie

    Les infrastructures iraniennes en matière d’eau et d’énergie ont subi d’importants dégâts à la suite des frappes américano-israéliennes, a affirmé dimanche le ministre de l’Énergie à Téhéran.

    « Les infrastructures vitales du pays en matière d’eau et d’électricité ont subi de lourds dommages à la suite d’attaques terroristes et cybernétiques menées par les États-Unis et le régime sioniste », a déclaré Abbas Aliabadi, cité par l’agence de presse Isna.

    Samedi soir, le président américain Donald Trump a menacé de frapper les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit stratégique d’Ormuz dans un délai de 48 heures. En réponse aux déclarations de Donald Trump, l’Iran a menacé de viser des infrastructures énergétiques et des installations de dessalement dans l’ensemble de la région.

    Pour rappel, Israël et les États-Unis ont lancé une offensive d’envergure contre l’Iran le 28 février, tuant le guide suprême de la République islamique et déclenchant une guerre qui s’est depuis étendue à l’ensemble du Moyen-Orient.

    Le trafic dans ce détroit vital, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est quasiment à l’arrêt depuis le début de la guerre. Les forces iraniennes ont attaqué plusieurs navires, affirmant qu’ils n’avaient pas respecté les « avertissements » les dissuadant d’emprunter cette voie maritime.

    Ces derniers jours, Téhéran a toutefois autorisé le passage de certains bateaux en provenance de pays qu’il considère comme amis, tout en avertissant qu’il bloquerait ceux issus de pays qu’il accuse d’avoir pris part à « l’agression » contre lui.

    L’OMS s’inquiète de l’évolution du conflit
    La guerre au Moyen-Orient est entrée dans une « phase périlleuse » avec des frappes près de sites nucléaires en Iran et en Israël, a averti dimanche l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
    « Les attaques visant des sites nucléaires constituent une menace croissante pour la santé publique et la sécurité environnementale », a affirmé sur la plateforme X le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a appelé « urgemment toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue militaire et à éviter toute action susceptible de déclencher des incidents nucléaires ».

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