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  • « C’est ce qui permet à la France de développer un moteur d’avion de A à Z » : au cœur de l’usine Safran de Gennevilliers

    « C’est ce qui permet à la France de développer un moteur d’avion de A à Z » : au cœur de l’usine Safran de Gennevilliers

    Safran investit 150 millions d’euros pour muscler ses capacités de forge au sein de son site historique de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). De quoi générer environ 150 emplois dès 2026. Cette activité industrielle, clé pour les pièces critiques des moteurs d’avions, constitue un enjeu de souveraineté.

    De l’extérieur, même à plusieurs dizaines de mètres du bâtiment, les vibrations se font ressentir à travers le sol. En se rapprochant, les énormes claquements sourds gagnent en intensité. Passée la porte, l’origine de ces rugissements se dévoile, entre une presse de 4 000 tonnes crachant littéralement du feu lorsqu’elle écrase une masse de métal rougeoyante et un marteau-pilon faisant trembler la terre à chaque martèlement. Symbole de l’industrie lourde, la fonderie constitue plus que jamais une activité stratégique, comme ce site de Safran à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) le confirme. La preuve ? Le groupe a dévoilé, lundi 13 avril, un investissement de 150 millions d’euros pour muscler cette usine peu commune.

    « On est ici au cœur de ce qui permet à la France de développer un moteur d’avion de A à Z et donc un avion de A à Z, insiste Olivier Andriès. Et c’est ici que ça se passe. » Safran propulse ainsi vers l’avenir cette implantation historique spécialisée dans la forge et la fonderie, coincée entre la Seine et des immeubles d’habitations. C’est dans cette usine qu’a démarré, il y a 120 ans, l’aventure des moteurs d’avions, au sein d’une société qui s’appelait encore Gnome et Rhône. « Ce site incarne l’enjeu de la souveraineté, glisse Olivier Andriès, le directeur général du groupe, lors de la visite des installations. Dans un monde de plus en plus instable, on a besoin de veiller à maîtriser notre chaîne d’approvisionnement. »

      Suivre les montées en cadence

    Pour Safran, ce montant mis sur la table – sans aide publique – va contribuer à quasiment doubler les capacités de production de l’implantation à l’horizon 2035. Et ce en particulier via l’acquisition pour 85 millions d’euros d’une presse hydraulique de 30 000 tonnes, complétant l’existante, datant de 1942. Cet équipement sera opérationnel d’ici à 2029 et constituera pour le groupe un outil moderne de production des imposants disques de turbine et de soufflante, capable de produire 14 000 pièces par an. Le nouvel outil limitera les manipulations manuelles. Au total, l’investissement va permettre de générer quelque 130 emplois dès 2026, s’ajoutant à l’effectif actuel de quelque 1 300 salariés.

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