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  • Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Guerre en Iran : ce que contient le plan de Donald Trump pour mettre fin au conflit

    Alors que les échanges de tirs de missiles se poursuivent ce mercredi 25 mars entre l’Iran et Israël, plus de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 révèlent que Washington a transmis à Téhéran un plan en 15 points pour résoudre le conflit.

    Nucléaire et détroit d’Ormuz

    Citant trois sources, Channel 12 rapporte que les Etats-Unis sont désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon la chaîne, ils demandent notamment que l’Iran s’engage à ne jamais se doter de l’arme nucléaire, s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. D’après ce plan, la République islamique doit également remettre prochainement à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, selon un calendrier à convenir.

    Washington compte de plus limiter le programme de missiles iraniens, “à la fois en portée et en quantité”. “Toute utilisation future de missiles serait limitée à l’autodéfense”, précise le plan américain. L’un des points de cette proposition prévoit aussi que Téhéran arrête “de financer, de diriger et d’armer” ses alliés régionaux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza. Enfin, les Etats-Unis demandent que soit établie une “zone maritime libre” dans le détroit d’Ormuz, qui doit ainsi rester ouvert.

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    En contrepartie, l’Iran pourrait bénéficier d’une levée des sanctions internationales à son encontre, et d’un soutien pour son programme nucléaire civil. Le plan prévoit cependant un mécanisme de “réimposition automatique des sanctions” si Téhéran venait à ne pas respecter l’accord conclu.

    L’Iran dément encore toute négociation

    Ce plan en 15 points, dont l’existence a été confirmée à Reuters par une source, a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays s’est d’ailleurs dit mardi disposé à accueillir de potentiels pourparlers de paix, son Premier ministre Shehbaz Sharif déclarant sur le réseau social X qu’Islamabad soutenait totalement les efforts en cours pour poursuivre le dialogue afin de stopper le conflit.

    Problème : l’Iran a de nouveau démenti ce mercredi que des négociations étaient en cours avec la Maison-Blanche, et déclaré que les Etats-Unis négociaient avec eux-mêmes. “Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-même ?”, a demandé Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l’armée iranienne, cité par les médias d’Etat. “Nous ne pourrons jamais nous entendre avec des gens comme vous. Comme nous l’avons toujours répété, aucun d’entre nous ne peut conclure d’accord avec vous. Ni maintenant, ni jamais”, a-t-il ajouté.

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    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a lui aussi réitéré dans un entretien accordé à la chaîne India Today l’absence de dialogue avec Washington, ajoutant que les forces armées de son pays se concentraient sur la défense de celui-ci. L’Iran a eu une “très mauvaise expérience avec la diplomatie américaine”, a-t-il rappelé, alors que Washington et Téhéran avaient mené le mois dernier sous la médiation d’Oman un nouveau cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien, moins de deux jours avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l’opération “Fureur épique” en Iran, tuant dès le premier jour le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

    Lundi déjà, l’Iran avait contredit Donald Trump, qui avait annoncé que des échanges “très positifs et fructueux” étaient en cours et assuré que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés. Le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf avait alors dénoncé une volonté de manipuler les cours du pétrole.

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  • “Kremlin confidentiel”, le vrai visage de Vladimir Poutine : sa fortune démentielle, ses maîtresses, la corruption…

    “Kremlin confidentiel”, le vrai visage de Vladimir Poutine : sa fortune démentielle, ses maîtresses, la corruption…

    “La démarche du pistolero”. C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. “Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche”. Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : “sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi”. Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

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    Monsieur 35 %

    C’est sa face la plus secrète. Poutine, qui a vécu, comme l’immense majorité des Soviétiques, dans la pauvreté et la fascination de l’abondance occidentale, aime le luxe. Pendant des années, il a vu les oligarques et certains hauts fonctionnaires acheter des propriétés somptueuses sur la Côte d’Azur, des yachts, des montres Patek Philippe en or, des Bentley et des costumes anglais hors de prix. C’est son tour. En même temps qu’il impose son système politique ­ autocratique, le président russe met en place un système complexe de détournement de fonds à son profit inspiré des méthodes de la mafia. Pour bâtir sa fortune, [il] va d’abord utiliser son ami Nikolaï Chamalov, l’un des huit de la coopérative Ozero [NDLR : une coopérative de datchas située sur un vaste terrain, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg, au bord du lac Komsomolskoïe], chez qui, quatre ans plus tôt, il a passé des vacances d’hiver en famille à Davos. Rond et yeux clairs, Chamalov est le représentant de Siemens en Russie et l’un des principaux actionnaires d’une société baptisée Petromed. C’est via cette compagnie que Poutine va engranger ses premiers millions de dollars.

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    Le schéma de ce détournement de fonds m’a été expliqué par un autre actionnaire de Petromed, Sergueï Kolesnikov. Docteur en médecine militaire, ce quinquagénaire à allure de comptable n’a pas supporté d’être complice d’une vaste entreprise de corruption. En 2010, il a dénoncé le système dans une lettre ouverte au président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, le pantin que Poutine a installé au Kremlin pour quatre ans de 2008 à 2012. Dans cette missive à scandale, Koslesnikov fournissait toutes les preuves des malversations au profit du Premier ministre Poutine, toujours l’homme fort du régime. Evidemment, Medvedev n’a rien fait. Tandis que Kolesnikov s’est envolé dans la nature par peur de représailles. Ses révélations ont été confirmées bien plus tard par l’agence Reuters et le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption. Voici ce qu’ils ont découvert. Créée en 1992 à Saint-Pétersbourg, Petromed a pour vocation de construire et d’importer du matériel médical high-tech en Russie. Au début, il s’agissait d’une joint-venture public-privé. Côté privé, Chamalov et Kolesnikov ; côté public, le département des relations économiques internationales de Saint-Pétersbourg représenté par son directeur, Vladimir Poutine. Après la défaite [d’Anatoli] Sobtchak [ancien maire de Saint-Petersbourg], la ville a vendu ses parts aux deux fondateurs qui ont fait prospérer leur affaire.

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  • Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    “Ne mettez pas à l’épreuve notre détermination à défendre notre terre” : le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a réagi mercredi 25 mars aux informations de plusieurs médias américains évoquant l’hypothèse d’un envoi de soldats parachutistes américains en Iran.

    Mis en difficulté par la guerre et surpris par la résistance du régime iranien, les Etats-Unis, qui bombardent le pays depuis plusieurs semaines, semblent vouloir passer un cap, avec un possible envoi de troupes au sol. Que sait-on de ce déploiement de quelques milliers de parachutistes ?

    “Déployable en 18 heures”

    Selon le Washington Post, “le Pentagone a ordonné mardi le déploiement de quelques milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient”, alors que le président Donald Trump envisagerait une escalade du conflit. De son côté, CNN évoque l’envoi “de 1 000 soldats”, dans les prochains jours.

    Ces militaires appartiendraient à une unité d’infanterie spécialisée dans les interventions ultra-rapides, comme “la prise de bases aériennes et d’autres infrastructures critiques, le renforcement des ambassades américaines et les évacuations d’urgence”, précise le Washington Post. Cette force est conçue pour être déployée n’importe où dans le monde en moins de 18 heures, depuis sa base en Caroline du Nord.

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    Cette division est connue pour être intervenue lors du retrait américain d’Afghanistan en 2021, en appui des évacuations depuis l’aéroport international de Kaboul. Elle a également participé au débarquement de Normandie, en 1944 et a été engagée au Vietnam, au Panama, en Irak et en Afghanistan.

    Selon CNN, la 82e division aéroportée “comprend trois équipes de combat d’environ 4 000 hommes chacune, une brigade aérienne dotée d’hélicoptères d’attaque, de transport et de fret, une unité d’artillerie, une brigade logistique et son bataillon de commandement”.

    Saisir l’île de Kharg

    Ce déploiement intervient alors que 4 500 Marines américains se dirigent vers le Moyen-Orient, dont la 31e unité expéditionnaire des Marines basée à Okinawa, au Japon. Une unité similaire a été envoyée ces derniers jours, mais n’arrivera sur zone que dans plusieurs semaines.

    Ces forces pourraient être utilisées pour s’emparer de l’île de Kharg, un territoire iranien situé à une cinquantaine de kilomètres des côtes, au nord-ouest du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. Le blocage de ce détroit constitue en effet le principal levier de pression de Téhéran sur les Etats-Unis et l’économie mondiale.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    La force aéroportée pourrait tenter de s’emparer de l’île ou appuyer une intervention de la marine. “L’aérodrome de l’île de Kharg ayant été endommagé par les récents bombardements américains, d’anciens commandants estiment qu’il serait plus probable de déployer d’abord des Marines, pour réparer rapidement les pistes et autres infrastructures. Une fois l’aérodrome remis en état, l’armée de l’air pourrait acheminer du matériel et des fournitures, ainsi que des troupes si nécessaire”, analyse le New York Times.

    Cette annonce intervient alors que Donald Trump s’est dit confiant quant à la possibilité de conclure rapidement un accord avec l’Iran afin de mettre fin aux hostilités.

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  • Le bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine s’aggrave : Viktor Orban suspend “progressivement” les livraisons de gaz

    Le bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine s’aggrave : Viktor Orban suspend “progressivement” les livraisons de gaz

    La Hongrie va progressivement suspendre ses livraisons de gaz naturel vers l’Ukraine jusqu’à ce que l’approvisionnement en pétrole brut via l’oléoduc Droujba reprenne, a indiqué mercredi 25 mars le Premier ministre hongrois Viktor Orban, une déclaration venant aggraver le bras de fer avec Kiev concernant les approvisionnements énergétiques perturbés par la guerre.

    La Hongrie et la Slovaquie, dont les dirigeants font figure d’exception au sein de l’Union européenne (UE) en raison de leurs relations avec Moscou, reprochent à Kiev l’interruption des flux de pétrole russe transitant par le Droujba. De son côté, l’Ukraine affirme que l’infrastructure a été endommagée fin janvier lors d’une attaque de drone russe et qu’elle s’efforce de la remettre en service dans les plus brefs délais. Peu convaincu, Viktor Orban a déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook : “Nous suspendons progressivement les livraisons de gaz vers l’Ukraine et stockons le gaz restant chez nous”.

    LIRE AUSSI : Et si Viktor Orban tombait ? Le scénario qui pourrait bouleverser l’Europe, par Catherine Fieschi

    Pourtant, selon les données de l’opérateur de gazoducs hongrois FGSZ, les exportations de gaz vers l’Ukraine se poursuivaient encore mercredi matin. L’opérateur ukrainien de transport de gaz a confirmé que 8,3 millions de mètres cubes seraient livrés ce jour-là, un volume identique à celui de mardi. En mars, Kiev a conclu un contrat d’approvisionnement de 180 millions de mètres cubes, soit environ 28 % de ses besoins mensuels. En février, 200 millions de mètres cubes avaient été livrés, soit 31 % du total, selon une source du secteur citée par Reuters.

    L’Ukraine, la cible de la Hongrie

    Cette annonce survient alors que Viktor Orban – candidat à un nouveau mandat le mois prochain – a récemment bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine. Le chef du gouvernement hongrois avait déjà menacé de réduire ses exportations d’électricité vers son voisin si les livraisons de pétrole via Droujba restaient interrompues.

    LIRE AUSSI : Une fausse tentative d’assassinat contre Viktor Orban : cette proposition russe pour influencer l’élection hongroise

    La semaine dernière, des experts de l’UE sont arrivés en Ukraine pour évaluer l’état de l’oléoduc. Bruxelles a proposé une aide technique et financière afin de restaurer les flux de brut vers la Hongrie et la Slovaquie, mais Kiev a prévenu que la reprise ne pourrait intervenir avant plusieurs semaines.

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  • Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Des prix du pétrole qui s’envolent sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et une économie mondiale sous pression. Dans ce contexte, difficile de ne pas penser aux crises des années 70, marquées par plusieurs chocs pétroliers et un ralentissement de la croissance mondiale. Mardi 24 mars, le ministre français de l’Economie, Roland Lescure, l’a d’ailleurs affirmé devant l’Assemblée nationale : nous faisons face “à un nouveau choc pétrolier” et, “si ce choc énergétique devait se prolonger au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser à l’ensemble de l’économie et prendre une dimension plus systémique”. Ce mercredi, le ministre a finalement dit “regretter” ses propos, précisant que le terme “choc pétrolier” “s’appliquait dans [ses] mots à la situation internationale et en aucun cas à la situation française”.

    Lundi, c’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui mettait déjà en garde : “Aucun pays ne sera épargné par les effets de cette crise si elle se prolonge”, a indiqué Fatih Birol, le directeur de l’Agence lors d’un point presse en Australie. Au moins 40 infrastructures énergétiques du Moyen-Orient ont été “gravement ou très gravement” endommagées dans ce conflit opposant l’Iran d’un côté et les Etats-Unis et Israël de l’autre.

    LIRE AUSSI : Pétrole, tourisme, pénuries… La guerre au Moyen-Orient fait trembler l’économie mondiale

    A ces destructions s’ajoutent les perturbations dans le détroit d’Ormuz, sous contrôle iranien, et par lequel transite 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. “À ce stade, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit davantage que lors des deux grandes crises pétrolières réunies”, a précisé Fatih Birol, en référence aux chocs de 1973 et 1979. Dès lors, peut-on vraiment parler d’un nouveau choc pétrolier, et à quelles conséquences s’attendre pour l’économie ?

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  • Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Lorsque le 24 février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année, la situation en Russie n’était guère reluisante. Escalade des dépenses publiques dopées par l’effort de guerre, creusement des revenus du pétrole et du gaz sous l’effet des sanctions internationales, croissance atone ou presque, inflation venant rogner le pouvoir d’achat de la population : la plupart des indicateurs ont viré dans le rouge. Au point de susciter de la colère, y compris dans les cercles proches du Kremlin, à voir la volte-face du blogueur Ilya Remeslo. “Il est temps de jeter l’éponge car avec Poutine, on ira nulle part”, écrit l’influenceur, dans un article intitulé “Les cinq raisons pour lesquelles je ne soutiens plus Poutine”. Des propos qui lui ont valu un internement en hôpital psychiatrique…

    Comme du temps de l’Union soviétique, la vérité n’est jamais bonne à dire dans la Russie de Poutine. D’autant plus que ce dernier, depuis le 28 février, peut souffler. L’attaque déclenchée par les Etats-Unis et Israël en Iran a certes visé un allié de Moscou. Mais la propagation du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient et ses répercussions sur le cours du pétrole lui ont apporté un formidable ballon d’oxygène. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, le cours du baril a franchi la barre des 100 dollars, une aubaine pour le maître des illusions russes. Car, quand le pétrole va, tout va ou presque dans son empire : les recettes liées aux ventes d’hydrocarbures alimentent les caisses de l’Etat, finançant largement la guerre en Ukraine. La hausse du prix du baril (de 70 % depuis le 1er janvier) est donc une excellente nouvelle pour Moscou, qui a tout intérêt à ce que la situation s’enlise dans le détroit d’Ormuz.

    LIRE AUSSI : “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    D’autant que cette flambée du pétrole n’est pas la seule bonne nouvelle. “Pour sa guerre en Ukraine, le Kremlin compte sur le manque de munitions occidentales, le durcissement de la pression américaine sur Kiev, la manne pétrolière et une levée partielle des sanctions”, résume Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie à l’Ifri. C’est précisément ce que la guerre au Moyen-Orient lui apporte sur un plateau, en détournant l’attention de l’Occident de l’Ukraine, en réduisant les stocks d’armements, ou encore en provoquant un allègement des sanctions américaines. Mieux : la menace d’une crise énergétique attise de nouveau les divisions au sein des pays européens, très fébriles face à l’envolée des prix de l’énergie.

    Le président russe peut donc espérer gagner du temps. Mais le télégramme qu’il a envoyé récemment à Kim Jong-un pour le féliciter de sa “réélection” à la tête de la Corée du Nord vient surtout rappeler son isolement diplomatique, alors que la guerre en Ukraine va bientôt franchir le cap symbolique des 1 500 jours. En réalité, la Russie que Vladimir Poutine dirige d’une main de fer depuis plus d’un quart de siècle ressemble à un château de barils, qui menace à moyen terme de s’écrouler.

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  • Danemark : Mette Frederiksen fragilisée à l’issue des législatives

    Danemark : Mette Frederiksen fragilisée à l’issue des législatives

    Les sociaux-démocrates de la Première ministre danoise Mette Frederiksen ont enregistré mardi 24 mars leur plus mauvais résultat depuis plus d’un siècle lors des élections législatives.

    Mette Frederiksen, qui dirige le Danemark depuis 2019 et brigue un troisième mandat, a convoqué ces élections plusieurs mois avant la date butoir d’octobre, une décision largement vue comme une tentative de profiter du regain de popularité dont elle bénéficie depuis qu’elle a tenu tête, en janvier, à Donald Trump et ses velléités d’annexion du Groenland, territoire danois semi-autonome.

    LIRE AUSSI : Danemark : la leçon de populisme de Mette Frederiksen pour rester au pouvoir

    Le résultat du scrutin a toutefois montré qu’elle était fragilisée, tant à gauche qu’à droite, alors que la question du coût de la vie s’est imposée comme étant la première inquiétude des électeurs, ont estimé des observateurs.

    Mette Frederiksen “prête” pour un nouveau mandat

    D’après les résultats définitifs, les sociaux-démocrates ont remporté 38 sièges au Folketing, le Parlement danois, qui en compte 179. Il y a quatre ans, ils en avaient remporté 50. Au total, le bloc de gauche, constitué de la formation de Mette Frederiksen et quatre autres mouvements, obtient 84 sièges, soit six de moins que les 90 nécessaires pour avoir la majorité absolue. Les partis de droite obtiennent eux 77 sièges.

    Les observateurs estiment toutefois que Mette Frederiksen pourrait rester à la tête du gouvernement danois, à l’issue des négociations en vue de la formation d’une coalition, qui pourraient prendre des semaines. Le chef du Parti libéral, le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, a d’ores et déjà déclaré qu’il n’était plus intéressé par un gouvernement de coalition avec Mette Frederiksen, soulignant la complexité des discussions à venir pour elle.

    LIRE AUSSI : Danemark : les recettes de Mette Frederiksen, la Première ministre de gauche qui dit stop à l’immigration

    Devant ses partisans à Copenhague, la dirigeante de 48 ans s’est dite mardi soir “prête à assumer” à nouveau le rôle de Première ministre. “Nous nous attendions à reculer, car c’est normal lorsqu’on se présente pour la troisième fois”, a-t-elle admis. “Bien sûr, je regrette que nous n’ayons pas obtenu plus de voix”, a-t-elle ajouté.

    À Bruxelles, Mette Frederiksen est largement respectée pour sa position claire sur le Groenland et pour ses efforts visant à accroître les dépenses de défense du Danemark depuis le début de la guerre en Ukraine. Cependant, son style de négociation est perçu par certains comme abrasif et de nombreux Danois aspiraient à un changement.

    L’extrême droite triple son score

    Preuve du large rejet suscité par la Première ministre, le soutien au Parti populaire danois, formation d’extrême droite anti-immigration dirigée par Morten Messerschmidt, a grimpé à 9,1 %, soit une hausse de près de 7 points de pourcentage par rapport aux dernières élections. Morten Messerschmidt avait fait campagne en promettant de garantir une migration nette nulle des musulmans et d’abolir les taxes sur l’essence afin de réduire le coût de la vie. “Le fait que le Parti populaire danois ait triplé son score montre clairement que les Danois en ont assez et qu’un grand nombre de personnes souhaitent une autre orientation pour le Danemark”, s’est-il réjoui après l’annonce des résultats.

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    Le parti des Modérés (centre) de Lars Lokke Rasmussen pourrait détenir la clé de la prochaine coalition au pouvoir, selon certains observateurs, le ministre des Affaires étrangères sortant appelant Mette Frederiksen à renoncer à ses projets d’impôt sur la fortune.

    La Première ministre a proposé cette taxe – à un taux modeste de 0,5 % destiné à financer la réforme de l’éducation – pour redorer son image de candidate de gauche, mise à mal par une coalition avec le centre-droit. Elle a également supervisé l’une des approches les plus dures en matière de migration en Europe, avec un statut de réfugié temporaire, un soutien conditionnel et des exigences d’intégration dans la société. Elle a également codirigé une initiative de neuf pays de l’UE visant à faciliter l’expulsion des criminels étrangers et, plus tôt cette année, a proposé une loi pour augmenter le nombre d’expulsions.

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : les Etats-Unis ont transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points

    EN DIRECT. Guerre en Iran : les Etats-Unis ont transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points

    Israël a lancé de nouvelles frappes sur Téhéran dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, après que le président américain Donald Trump a déclaré hier que des progrès avaient été effectués dans les négociations qui se déroulent entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre, ce que la République islamique a démenti.

    Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 rapportent que Washington a transmis à l’Iran, par l’intermédiaire du Pakistan, un plan en 15 points pour résoudre le conflit. Celui-ci demande entre autres que Téhéran n’essaie jamais de se doter de l’arme atomique, et qu’une “zone maritime libre” soit établie dans le détroit d’Ormuz. Concernant ce dernier, l’Iran a assuré hier soir que les navires “non-hostiles” pouvaient transiter par le passage stratégique.

    Les infos à retenir

    ⇒ Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    ⇒ L’Iran lance de nouvelles attaques contre Israël, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn

    ⇒ Nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran

    06h30

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points destiné à mettre fin à la guerre, selon le New York Times, tandis que la chaîne de télévision israélienne Channel 12, citant trois sources, rapporte que Washington est désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon Channel 12, les Etats-Unis demandent notamment que l’Iran s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. L’un des points prévoit également que Téhéran arrête de financer des milices dans la région. Washington demande aussi que soit établie une “zone maritime libre” dans le détroit d’Ormuz.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Donald Trump avait annoncé lundi que des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran avaient été ouvertes, ajoutant qu’elles avaient permis de dégager “des points d’accord majeurs”. Téhéran avait alors démenti les commentaires du président américain, dénonçant une volonté de manipuler les cours du pétrole.

    Ce plan en 15 points a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays a d’ailleurs proposé hier d’accueillir des discussions de paix.

    06h20

    L’Iran lance de nouvelles attaques contre Israël, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn

    Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir lancé cette nuit de nouvelles attaques contre plusieurs endroits en Israël, notamment à Tel Aviv, ainsi que contre des bases militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, ont rapporté les médias d’Etat iraniens.

    Le Koweït et l’Arabie saoudite ont par ailleurs dit mercredi avoir repoussé des attaques de drone, sans dire d’où elles avaient été lancées. D’après l’autorité de l’aviation civile du Koweït, un incendie s’est déclaré à l’aéroport international de Koweït après une attaque de drone contre un réservoir de carburant.

    06h15

    Nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran

    L’armée israélienne a annoncé dans la nuit sur Telegram avoir lancé “une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran”, après avoir fait état de missiles iraniens se dirigeant vers Israël.

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  • Taïwan face à la Chine : le scénario noir du chaos énergétique

    Taïwan face à la Chine : le scénario noir du chaos énergétique

    Rarement les manœuvres militaires chinoises n’ont semblé aussi proches de Taïwan qu’en ce 29 décembre 2025. Ce jour-là, l’île a été encerclée par 89 avions de guerre et 28 navires. Certains, qui s’étaient aventurés à une trentaine de kilomètres seulement des côtes, étaient visibles depuis la pointe la plus méridionale. Pour la seconde fois de l’année, la Chine s’entraînait à un blocus de ce territoire qu’elle considère comme l’une de ses provinces. Si elle était mise en place, une telle opération permettrait à Pékin, en étouffant la chaîne d’approvisionnement énergétique taïwanaise, de soumettre l’île “sans tirer un seul coup de feu”, selon le think tank américain Foundation for Defense of Democraties (FDD).

    LIRE AUSSI : Derrière les purges militaires en Chine, l’obsession tenace de Xi Jinping

    L’été dernier, ce centre de réflexion basé à Washington a imaginé plusieurs scénarios de blocus. La conclusion est sans appel : sa dépendance énergétique est le talon d’Achille de Taïwan. Et pour cause, territoire exigu, sismique, et privé de ressources naturelles, l’île importe 96 % de son énergie : en majorité du gaz naturel liquéfié (GNL), source d’environ la moitié de sa production d’électricité. Cette vulnérabilité énergétique inquiète la communauté internationale : l’île produit en effet plus de la moitié des semi-conducteurs de la planète et détient un quasi-monopole sur les puces les plus avancées. Une activité de plus en plus énergivore, tant la demande mondiale explose.

    Or, les menaces chinoises sur les infrastructures énergétiques taïwanaises se font de plus en plus précises. “L’année dernière, lors d’exercices militaires, la Chine a simulé des tirs de missiles longue portée sur des terminaux de réception de GNL”, observe Shen Ming-shih, spécialiste des questions de défense à l’INDSR (Institute for National Defense and Security Research) à Taipei.

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  • Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Eliminer un à un les hauts responsables iraniens, jusqu’à épuiser le sommet du régime. Après l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, de son chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, ou de figures comme le ministre du renseignement Esmail Khatib, les Etats-Unis et Israël ont choisi la “stratégie de décapitation”. Une doctrine éprouvée contre des acteurs non étatiques, illustrée par l’élimination d’Oussama ben Laden en 2011.

    Jusqu’ici, la stratégie n’avait toutefois que rarement été utilisée contre un régime. L’exemple le plus proche est probablement la campagne menée par la Russie en Tchétchénie. Au tournant du siècle, le Kremlin avait fait la promesse d’éliminer les leaders rebelles tchétchènes, avant d’installer au pouvoir Ramzan Kadyrov, un leader local pro-Moscou.

    Ce précédent est-il transposable à l’Iran ? L’Express a interrogé le Dr Austin Long, ancien responsable de la stabilité stratégique au Joint Staff, au coeur de la planification militaire américaine, aujourd’hui Senior Fellow au MIT.

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