Tag: Monde

  • Cybermalveillance : la frontière entre les attaques virtuelles et le «  monde physique  » se brouille de plus en plus

    Cybermalveillance : la frontière entre les attaques virtuelles et le «  monde physique  » se brouille de plus en plus

    Les cyberattaquants cassent la barrière de l’écran. Dans les chiffres, le phénomène n’est pas encore perceptible, mais il est tout de même un sujet d’« inquiétude » pour Nicolas Eslous, directeur expertise cybersécurité de cybermalveillance.gouv.fr, qui présentait son rapport d’activité 2025. Pour rappel, Cybermalveillance est une plateforme de sensibilisation et d’aide aux victimes, qui opère le service d’assistance « 17Cyber ». « On constate depuis quelque temps une prolongation des attaques cyber dans le monde physique, et particulièrement en 2025 », alerte-t-il. Plus concrètement, le spécialiste constate que des cyberattaquants vont faire appel à des sous-traitants qui complètent l’arnaque dans le monde physique. 

    Ce type de prolongement se constate notamment dans les fraudes aux faux conseillers bancaires, un type d’attaque en progression selon Cybermalveillance. Sur les 504 810 demandes d’assistance enregistrées par la plateforme (93 % de particuliers, 6 % d’entreprises et 1 % de collectivités), 15 000 concernaient ce type d’arnaque qui touche les particuliers, en hausse de 159 % sur un an. « Dans le cadre de ces fraudes, des faux conseillers peuvent envoyer un porteur chez la victime pour récupérer sa carte bancaire », précise Nicolas Eslous.

    Cambriolages liés à une fuite de données

    Ce passage du monde cyber au monde physique se constate aussi dans des opérations moins courantes comme les enlèvements et les séquestrations d’entrepreneurs et de détenteurs de crypto-actifs. Ces enlèvements seraient potentiellement liés à des fuites de données chez des opérateurs crypto comme Waltio. En janvier 2026, Cybermalveillance alertait dans une note sur les « nombreux témoignages d’utilisateurs de son service d’assistance 17Cyber faisant état de prises de contact par de faux employés qui prétendent travailler pour des opérateurs connus de crypto-actifs ou de faux services anti-fraude de leur banque qui les alertent de transactions suspectes sur leur portefeuille de cryptomonnaies. » Dans certains cas, ces criminels ont aussi menacé et attaqué des victimes pour les extorquer.

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  • D’ex-espion sans charisme à dictateur mafieux : comment notre vision de Vladimir Poutine a évolué

    D’ex-espion sans charisme à dictateur mafieux : comment notre vision de Vladimir Poutine a évolué

    Le passé permet souvent d’éclairer l’actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.

    Revirements de Donald Trump sur le détroit d’Ormuz, multiplication des attaques d’Israël sur l’Iran et le Liban, hausse des prix à la pompe en Europe… Le conflit entre Téhéran et Washington, qui dure désormais depuis près d’un mois, offre de toute évidence un peu d’oxygène à Moscou.

    D’abord car les regards se détournent de la guerre en Ukraine. Le président américain et son secrétaire à la Défense assurent même que les armes envoyées en Ukraine devraient plutôt être utilisées pour servir les intérêts américains. Ensuite, parce que la hausse du prix du pétrole assure des revenus au Kremlin, dans le contexte d’une économie russe exsangue. Malgré tout, cela ne fait pas basculer la situation de la Russie qui reste suspendue aux décisions de Vladimir Poutine.

    Cette semaine, L’Express consacre ainsi son nouveau numéro à la vie cachée du président russe. Pour comprendre le Vladimir Poutine d’aujourd’hui, le journaliste Vincent Jauvert a enquêté, et publie un texte saisissant permettant d’entrevoir les secrets de celui qui a emmené l’Europe dans une guerre sans fin.

    Il y est par exemple question de son immense fortune qu’il cherche à ne surtout pas afficher. Mais aussi de sa – ou plutôt ses – familles. Après s’être séparé de sa femme, Lioudmila, avec qui il a eu deux filles, le président russe présente sa maîtresse, Alina Kabaeva, une gymnaste de 30 ans sa cadette, qui lui aurait donné deux fils dans le plus grand secret.

    Dans ce livre, on en apprend aussi un peu plus sur la vie sous cloche de Vladimir Poutine durant le Covid. Sur ses liens avec les autres chefs d’Etat. Et sur la façon dont il a élaboré son plan d’attaque de l’Ukraine. Une enquête qui tente de faire la lumière sur la personnalité de Vladimir Poutine, dont l’image a beaucoup évolué.

    Découvrez nos archives : Vladimir Poutine le terrible

    Dans cet épisode d’Hier à la Une, on vous propose de revenir sur ce qu’en disait L’Express il y a quelques années. En 1999, alors que Vladimir Poutine vient d’être nommé Premier ministre de Boris Eltsine, on observe avec étonnement cet ancien espion très fermé et peu loquace. Il sera finalement élu président, et va accomplir deux mandats.

    Découvrez nos archives : Super-Poutine héros de com’

    En 2008, la constitution l’empêche de se représenter. Redevenu Premier ministre, cette fois-ci de Dmitri Medvedev, il offre un visage bien différent, s’affichant torse nu à cheval, en pilote de canadair ou en plongeur-archéologue.

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    Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris et Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.

    Crédits : Radio Canada

    Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

    Visuel : Alice Lagarde

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  • L’aide militaire à l’Ukraine menacée par le conflit au Moyen-Orient ?

    L’aide militaire à l’Ukraine menacée par le conflit au Moyen-Orient ?

    Le ciel est chargé de fumée, et la tension ne faiblit pas. Le Pentagone envisage de détourner vers le Moyen-Orient des armes destinées à l’Ukraine, alors que la guerre en Iran épuise certaines des munitions les plus critiques de l’armée américaine, a rapporté, jeudi 26 mars, le Washington Post, citant trois personnes au fait de la question. Parmi les armes susceptibles d’être réorientées figurent des missiles intercepteurs de défense aérienne acquis dans le cadre d’une initiative de l’Otan lancée l’an dernier, permettant aux pays partenaires d’acheter des armes américaines pour Kiev, informe le rapport. A noter qu’aucune décision n’a encore été prise.

    Cette réflexion intervient alors que les opérations américaines dans la région s’intensifient. L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des forces américaines au Moyen-Orient, a déclaré, mercredi 25 mars, que les États-Unis avaient frappé plus de 10 000 cibles en Iran et étaient en bonne voie de limiter la capacité de Téhéran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières. Un porte-parole du Pentagone a indiqué au journal américain que le département de la Défense veillerait à ce que les forces américaines, ainsi que celles de leurs alliés et partenaires, disposent des moyens nécessaires pour combattre et vaincre.

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    Depuis le début de l’offensive américaine contre l’Iran, le 28 février, les capitales européennes s’inquiètent de l’épuisement rapide des munitions par Washington, alors même qu’elles assurent désormais l’essentiel du soutien militaire à Kiev, y compris des aides directes hors Otan. Le président Emmanuel Macron a martelé à l’issue du sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles que la guerre en Iran “ne doit pas nous détourner du soutien que nous apportons à l’Ukraine.” Interrogée également ce sujet, l’alliance transatlantique n’a pas clarifié si elle était informée ou préoccupée par un éventuel réacheminement de matériel américain, selon le Washington Post.

    Par ailleurs, responsable de l’Otan a rappelé que les membres de l’Alliance et leurs partenaires continuent d’alimenter le programme PURL (Prioritised Ukraine Requirements List), qui finance la fourniture d’armes américaines à Kiev. “ Cette initiative, négociée l’an dernier par l’Otan, permet à l’Ukraine de recevoir des armements américains à condition que les Européens en supportent le coût ”, résume le Washington Post. “Les équipements acheminés vers l’Ukraine sont continus”, a ajouté le responsable dans le quotidien. “Plusieurs milliards de dollars américains ont déjà été promis à PURL, et nous prévoyons d’autres contributions à venir.”

    “Période d’incertitude considérable”

    Depuis l’été dernier, a précisé ce responsable, l’initiative PURL a fourni 75 % des missiles destinés aux batteries Patriot ukrainiennes et la quasi-totalité des munitions utilisées dans ses autres systèmes de défense aérien. A titre de comparaison, plus de 800 missiles Patriot ont été utilisés au cours des trois premiers jours de combats dans la guerre contre l’Iran, soit plus que l’Ukraine n’en a reçu pendant toute l’invasion russe à grande échelle, a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’un point de presse le 5 mars, selon EuroNews. Parmi les munitions les plus demandées dans ce conflit figurent les intercepteurs de défense aérienne de pointe, notamment les systèmes Patriot et THAAD (Terminal High Altitude Area Defense).

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    Le Pentagone, lui, tente d’accélérer la production de munitions essentielles pour la guerre en Iran, mais se heurte aux limites de l’industrie de défense américaine en temps de crise. L’administration Trump prépare une demande de budget supplémentaire : le ministère de la Défense avait initialement proposé plus de 200 milliards de dollars, selon le Washington Post. En janvier, le Congrès a voté 400 millions de dollars supplémentaires à long terme pour l’armement de l’Ukraine, finançant un programme que le Pentagone prévoyait de réduire.

    Pour les Ukrainiens, la position reste délicate : défendre leurs intérêts face à la Russie tout en ménageant leurs alliés, notamment les Américains, et gérer l’urgence de la guerre sans perdre le soutien vital qui les maintient à flot. De son côté, Olga Stefanishyna, ambassadrice d’Ukraine aux États-Unis, a souligné dans un communiqué que Kiev tenait ses partenaires informés de ses besoins, notamment en défense aérienne, tout en comprenant la “période d’incertitude considérable” que traverse ce conflit. Reste à savoir si l’épuisement des munitions américaines pourrait accélérer la fin de cette guerre au Moyen-Orient… mais cette issue semble encore lointaine.

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  • “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    Karen Elliott House est l’une des très rares journalistes à avoir eu accès à Mohamed ben Salmane (MBS) pour de nombreux entretiens approfondis. Alors que Donald Trump affirme avoir soumis un plan aux Iraniens pour mettre fin à la guerre – ce que dément Téhéran -, et que les pays du Golfe continuent d’être pris pour cible par le régime des mollahs, la diplomatie discrète du prince héritier saoudien demeure une énigme pour de nombreux observateurs. Selon une enquête du New York Times, MBS aurait récemment fait pression sur le président américain pour qu’il poursuive le conflit, assurant que cette campagne militaire était une “opportunité historique” de remodeler le Moyen-Orient.

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    Après la détente engagée en 2023, la ligne de l’Arabie saoudite à l’égard de Téhéran apparaît aujourd’hui clairement affirmée : “la chute du régime théocratique iranien”, constate l’ex-journaliste du Wall Street Journal, Karen Elliott House qui couvre l’actualité de la monarchie pétrolière wahhabite depuis quatre décennies. La lauréate du prestigieux prix Pulitzer en 1984 a assisté à la révolution menée au pas de charge par MBS depuis qu’il est devenu, le 21 juin 2017, le prince héritier d’Arabie saoudite. Dans L’Homme qui voulait être roi, (Éditions Saint-Simon, parution le 9 avril), elle revient sur ses grandes réussites, ses échecs, ses excès autoritaires ainsi que sa passion pour… les jeux vidéo qui en dit beaucoup sur sa façon d’exercer le pouvoir. Entretien.

    L’Express : Mohammed ben Salmane avait opéré un rapprochement avec l’Iran en 2023. Aujourd’hui, il serait favorable à ce que Trump poursuive la guerre. Comment expliquez-vous ce changement de pied ?

    Karen Elliott House : MBS espérait que l’établissement de relations diplomatiques avec l’Iran protégerait l’Arabie saoudite de toute attaque. En mettant la Chine dans la boucle, son objectif était que Pékin, grâce à ses relations privilégiées avec l’Iran, puisse contribuer à encadrer le comportement de Téhéran et à le maintenir dans une posture plus stable et prévisible. Mais lors de cette guerre, l’Iran a mené des frappes contre des installations pétrolières et militaires saoudiennes, ainsi que contre les autres pays du Golfe dans l’espoir de les éloigner des Etats-Unis. Dans ce contexte, MBS souhaite désormais que Donald Trump “termine le travail”, c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région.

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  • L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    La “guerre éclair” qu’imaginait Donald Trump semble s’enliser. Mercredi 25 mars, l’exécutif américain a encore durci le ton. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré que le président des Etats-Unis était prêt à “déchaîner l’enfer” si l’Iran persistait dans ce qu’elle a qualifié de “mauvais calcul”. À mesure que les menaces montent, la confrontation entre Washington, Israël et Téhéran s’étend bien au-delà du seul détroit d’Ormuz. Après avoir agité la menace d’un blocage de ce passage clé du Golfe, l’Iran a désormais brandi celle d’un “nouveau front” : Bab el-Mandeb, autre verrou maritime majeur, au sud de la mer Rouge.

    Selon une source militaire citée par l’agence iranienne Tasnim, l’Iran pourrait viser cette zone en cas d’intervention terrestre américaine. La même source affirme que Bab el-Mandeb fait partie des passages maritimes “les plus sensibles au monde” et que Téhéran serait en mesure d’y faire peser une “menace crédible”.

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    Le détroit de Bab el-Mandeb se situe entre Djibouti et le Yémen, à la jonction entre le golfe d’Aden et la mer Rouge. Il constitue un passage incontournable pour les navires qui remontent vers le canal de Suez. L’Express rappelait en 2024 que 40 % du trafic de conteneurs et 12 % du trafic commercial mondial transitait dans cette zone. Ce type de passage étroit, où se concentre une part importante des flux commerciaux, fait partie de ce que nos confrères chez RFI désignent comme des “choke points”, ou points d’étranglement maritimes.

    “Des répercussions majeures”

    Bab el-Mandeb est particulièrement important car il joue un rôle clé dans l’acheminement des hydrocarbures, notamment du pétrole et du gaz, entre l’Asie et l’Europe. “Frapper dans la région du Bab-el-Mandeb, revient ainsi à toucher potentielle­ment des voies économiques vitales”, souligne sur son site le ministère de la Défense. L’enjeu est considérable. Il relie indirectement l’océan Atlantique, la mer Méditerranée et l’océan Indien. “Toute interruption du trafic dans ce corridor aurait des répercussions majeures sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et les prix de l’énergie”, prévient de son côté Africa News.

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    Par ailleurs, la menace iranienne prend une dimension particulière en raison de la présence, au Yémen, des rebelles houthis, alliés de Téhéran. Ces derniers ont déjà averti qu’ils pourraient s’en prendre aux navires des pays qu’ils accusent de viser les membres de ce qu’ils présentent comme “l’axe de la résistance”, qui regroupe notamment l’Iran, le Liban, la Palestine et l’Irak.

    La menace des rebelles Houthis

    Leur capacité de nuisance dans la zone n’a plus rien de théorique. Dans la foulée du conflit israélo-palestinien de 2023, les Houthis avaient multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge, avant une accalmie relative l’année suivante. Si l’épicentre des affrontements reste aujourd’hui concentré autour du golfe Persique, les armateurs redoutent désormais une reprise de ces actions, à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’ouest.

    LIRE AUSSI : “En privé, Donald Trump pense déjà au jugement de l’Histoire” : le récit de Jonathan Lemire (The Atlantic)

    Cette séquence intervient aussi sur fond de tensions croissantes autour de l’île iranienne de Kharg, d’où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays. Des médias américains ont évoqué l’hypothèse d’une opération américaine sur cette île afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Vendredi 20 mars, la Maison-Blanche a assuré que l’armée américaine pouvait la “neutraliser” si Donald Trump en donnait l’ordre.

    “Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire (..) nous ouvrirons d’autres fronts en guise de ‘surprise’”, a prévenu le même responsable militaire citée par l’agence iranienne Tasnim. Reste à savoir si Bab el-Mandeb, la “porte des lamentations”, s’apprête à donner un nouveau relief à son nom.

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  • En Italie, Giorgia Meloni fait le ménage autour d’elle après l’échec de son référendum

    En Italie, Giorgia Meloni fait le ménage autour d’elle après l’échec de son référendum

    À Rome, Giorgia Meloni remanie son gouvernement après la cuisante défaite d’un référendum sur la réforme de la justice, qui a fait office il y a quelques jours de test majeur pour son leadership. Lundi 23 mars, un pourcentage record d’Italiens — 59 % au niveau national et 70 % dans certaines grandes villes, un taux porté par les jeunes — s’est rendu aux urnes, pour rejeter à 54 % cette réforme phare portée historiquement par la droite dure italienne, transformant le vote en un véritable désaveu politique. Ce revers a immédiatement déclenché des remous au sein de l’exécutif, et renforcé l’opposition.

    Si la Première ministre italienne a reconnu le résultat avec calme, refusant tout de même de démissionner, l’opposition a donc saisi l’occasion pour tenter de la pousser vers la sortie. Giorgia Meloni était déjà fragilisée ces derniers temps, entre les polémiques judiciaires touchant ses ministres, la nécessité de consolider sa majorité au parlement et un contexte socio-économique de hausse des prix et baisse de productivité en Italie.

    Démissions de ministres sous enquêtes

    Le revers électoral du référendum a provoqué un remaniement immédiat au sein de la coalition de droite (Forza Italia) et d’extrême droite (La Ligue et Frères d’Italie) au pouvoir. Deux hauts responsables du ministère de la Justice ont démissionné dès mardi, suivis par la ministre de Tourisme ce mercredi 25 mars. Tous les trois faisaient l’objet d’enquêtes de la part des procureurs, ce qui donnait jusqu’ici une image très défavorable à un exécutif accusé d’avoir réduit l’indépendance et le pouvoir de la justice en Italie. Certaines critiques dirigées contre le gouvernement Meloni à l’occasion de ce référendum l’accusaient d’ailleurs de vouloir réformer la justice pour rendre plus compliqué le fait d’enquêter sur des politiciens en exercice.

    LIRE AUSSI : Giorgia Meloni et l’Europe : les dessous d’une influence grandissante

    Parmi les démissionnaires, Andrea Delmastro Delle Vedove, sous-secrétaire à la Justice et fidèle de Giorgia Meloni, a été impliqué dans une polémique mafieuse liée à un investissement dans un restaurant, qu’il a reconnu comme une erreur de jugement sans malversation. Giusi Bartolozzi, cheffe de cabinet du ministère, est quant à elle poursuivie pour avoir couvert l’exfiltration d’un chef de guerre libyen recherché par la Cour pénale internationale, tandis que la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè, fait face à un procès pour fraude et fausse comptabilité dans ses activités professionnelles.

    L’opposition galvanisée avant les législatives de 2027

    Le ministre de la Justice Carlo Nordio, auteur de la réforme rejetée, dit assumer la responsabilité de cette défaite mais ne compte pas démissionner, préférant se retirer après les élections nationales prévues l’an prochain. La classe politique critique vivement ces démissions, mais surtout leur timing jugé bien trop tardif et opportuniste, l’opposition accusant la Première ministre de charger des “boucs émissaires facile” pour éponger ses propres erreurs.

    Malgré l’échec, Giorgia Meloni ne devrait pas appeler à des élections anticipées, la situation internationale et économique rendant cette option peu probable. Les législatives du début 2027 restent donc le scénario de référence. Elles promettent un scrutin incertain avec un parlement fragmenté : d’un côté, une opposition galvanisée cherchant à construire une alternative crédible ; de l’autre, la Première ministre qui tente de manœuvrer habilement pour préserver ses chances de victoire.

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  • Populiste et autoritaire : Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort de l’Iran

    Populiste et autoritaire : Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort de l’Iran

    Figure emblématique de la ligne dure iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf s’impose aujourd’hui comme l’un des très rares dirigeants encore en mesure de peser sur l’avenir du pays. Alors que les frappes américaines ont décimé une large partie des élites politiques et sécuritaires de Téhéran, les personnalités capables à la fois de gouverner et de dialoguer avec l’étranger se comptent désormais sur les doigts d’une main.

    C’est d’ailleurs à cela que le président du Parlement iranien doit d’être encore en vie à ce jour. Alors qu’il figurait sur la “hit-list” d’Israël, aux côtés du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le Pakistan, voisin de l’Iran, aurait demandé à Washington que les deux hommes soient épargnés. “Les Israéliens avaient leurs coordonnées et voulaient les éliminer. Nous avons dit aux États-Unis que s’ils étaient tués eux aussi, il n’y aurait plus personne avec qui négocier”, a indiqué ce jeudi 26 mars un responsable pakistanais à l’agence Reuters.

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    Jusqu’à présent, un grand destin national semblait se refuser à Mohammad Bagher Ghalibaf. Mais son ascension récente tient en vérité autant à l’élimination progressive de ses rivaux qu’à sa capacité à s’imposer dans un système fragilisé. Dans ce contexte d’incertitude, le président du Parlement apparaît désormais comme une option crédible pour représenter le pays sur la scène internationale, d’autant que le sort du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei reste flou après plusieurs jours sans apparition publique. À Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf est perçu par certains comme un profil pragmatique, capable à la fois de peser sur la direction de l’Iran et peut-être même de représenter un point de contact avec Téhéran pour la gestion de la suite du conflit.

    Profil aussi ambitieux que répressif

    Actif depuis plus de trois décennies au cœur des structures politiques et sécuritaires iraniennes, le président du Parlement, 64 ans, apparaît comme l’un des rares dirigeants encore en position de contrôle dans un système fortement affaibli par la disparition de nombreuses figures clés.

    Son parcours lui confère une solide légitimité au sein du régime : né en 1961, il est engagé très jeune chez les Gardiens de la révolution, où il a occupé des postes importants pendant la guerre contre Irak avant de devenir chef de la police iranienne jusqu’en 2005. Il s’illustre ensuite comme maire de Téhéran pendant plus d’une décennie, période marquée à la fois par des projets d’infrastructures ambitieux et par des accusations très récurrentes de corruption. Candidat malheureux à quatre reprises à la présidence, il a néanmoins su s’imposer comme une figure centrale, à la croisée des sphères politiques et sécuritaires, où il a tissé un puissant réseau d’influence avec les années.

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    Contrairement à d’autres figures plus diplomates du régime, il incarne davantage une autorité rigide et sécuritaire. Sa carrière a été marquée par une répression assumée des mouvements contestataires. The Guardian rappelle qu’il a reconnu avoir participé directement à la répression violente des manifestations étudiantes en 1999, déclarant : “J’étais parmi ceux qui menaient des passages à tabac dans la rue et j’en suis fier. Peu m’importait d’être un commandant de haut rang”. Cette ligne dure s’est confirmée lors des mobilisations récentes, qu’il a présentées comme des tentatives de déstabilisation.

    Capacité à négocier mise en doute

    Sa double facette — ligne dure et capacité d’adaptation — alimente l’idée que Mohammad Bagher Ghalibaf pourrait, dans certaines conditions, devenir un interlocuteur crédible pour l’administration Trump. Régulièrement comparé à l’équivalent de la droite dure populiste en Iran, son profil est susceptible de séduire Donald Trump. Mais malgré une posture officielle parfois plus mesurée par le passé, notamment sur l’accord nucléaire de 2015, Mohammad Bagher Ghalibaf s’oppose actuellement publiquement à toute négociation avec les États-Unis. “Notre peuple exige le châtiment complet et humiliant des agresseurs. Aucune négociation avec l’Amérique n’a eu lieu”, a-t-il assuré il y a peu.

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    L’Iran, a-t-il affirmé depuis à plusieurs reprises, “ne cherche pas de cessez-le-feu”. Une façade seulement ? Lundi 23 mars, Donald Trump indiquait lui-même avoir discuté avec “un homme que je crois être le plus respecté en Iran et qui n’est pas le guide suprême”, identifié par de nombreux médias américains comme Mohammad Bagher Ghalibaf.

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  • Marine Le Pen et les grands prédateurs : “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement”

    Marine Le Pen et les grands prédateurs : “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement”

    Le 7 juillet prochain, Hubert Coudurier pourra ajouter un nouveau chapitre à son livre Le mystère Marine Le Pen (Plon). A cette date, la femme politique sera fixée sur son sort judiciaire et, par conséquent, sur son destin présidentiel. Dans les deux cas, l’ouvrage du directeur de l’information du Télégramme n’aura pas perdu de son intérêt. Tout d’abord, parce qu’il y brosse aussi, en creux, un portrait de Jordan Bardella. Ensuite, c’est une histoire française qu’il raconte dans ces pages grinçantes et truculentes. L’auteur s’est intéressé tardivement à cette rive politique. Il progresse dans son enquête à pas de chat, comme il se doit, en donnant des coups de griffe imprévisibles. Parmi les chapitres particulièrement intéressants, on retiendra ceux qu’il consacre aux relations de Marine Le Pen avec un certain nombre de ceux que Giuliano da Empoli surnomme “les prédateurs” : Vladimir Poutine, Donald Trump… Mais aussi Viktor Orban et Giorgia Meloni. Il raconte également “le virage pro-israélien” du RN et explore ses réseaux en Afrique. Le contexte mondial pourrait bien placer la géopolitique au coeur de la campagne présidentielle. Et dans ce domaine, le Rassemblement national se montre pour le moins “balbutiant”. Dans un récent entretien à L’Express, le philosophe Alain Finkielkraut estimait que le RN demeurait “très largement poutinien”. Le 23 mars, Marine Le Pen s’est rendue en Hongrie pour soutenir Viktor Orbán, le Premier ministre proche du Kremlin, avant les élections législatives du 12 avril. Voici quelques extraits du Mystère Marine Le Pen.

    De Poutine à Orban, des soutiens embarrassants

    “Le 2 mars 2017, à un mois de l’élection présidentielle, qui verra Emmanuel Macron l’emporter, Marine Le Pen obtient de Vladimir Poutine ce que Donald Trump ne lui avait pas accordé. Mais cette rencontre va lui coûter cher. Elle est reçue au Kremlin à grand renfort de publicité puisque les agences de presse russes retranscrivent leurs échanges et les télévisions russes diffusent les images de l’entretien. Très patelin, Poutine déclare : “Il est intéressant d’échanger avec vous sur la façon de développer nos relations bilatérales et la situation en Europe. Je sais que vous représentez un spectre politique européen qui se développe assez rapidement.”

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    Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites. Le maître du Kremlin assure son interlocutrice que la Russie n’interférera pas dans l’élection présidentielle française alors qu’il est accusé de l’avoir fait pour l’élection américaine. “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement. J’ai plus peur de Merkel qui nous a fait beaucoup de mal”, nous confiera Marine Le Pen trois ans plus tard. Tout en précisant : “On a dit de Donald Trump et Boris Johnson pis que pendre alors qu’ils ont plutôt bien mené leur barque.” (…)

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut “vraiment conclure un accord”

    EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut “vraiment conclure un accord”

    L’inconnue demeure quant à l’état d’avancée, ou même d’existence actuelle des négociations entre Téhéran et Washington. Ces derniers jours, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés. Au lendemain du rejet d’une proposition d’accord de paix par l’Iran, Téhéran explique ce 26 mars qu’aucune négociation directe n’a lieu, mais que des intermédiaires transmettent des messages. En public, Donald Trump surenchérit dans l’emphase en assurant que l’Iran veut à tout prix un accord de paix, mais que ses dirigeants “ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple”.

    Sur le terrain, les bombes pleuvent toujours : Israël a indiqué ce jeudi matin avoir mené une série de frappes massives visant les infrastructures du régime iranien à travers le pays. Pendant ce temps, les membres du G7 se réunissent cette fin de semaine pour tenter d’obtenir de la clarté de la part des Etats-Unis quant à leurs plans et leurs objectifs dans cette guerre que Washington peine toujours à justifier et qui déstabilise le monde entier.

    Les infos à retenir

    ⇒ Israël mène une nouvelle série de frappes massives sur l’Iran

    ⇒ Donald Trump assure que l’Iran veut à tout prix un accord de paix

    ⇒ Le G7 se réunit sur fond de guerre au Moyen-Orient

    07h15

    Le G7 se réunit sur fond de guerre en Iran

    Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 se réuniront en France aujourd’hui et demain, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d’incertitude économique, et d’inquiétude quant à la politique étrangère des Etats-Unis. La réunion (France, Grande-Bretagne, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis ainsi que des représentants de l’UE) se tiendra à Vaux-de-Cernay, 40 km en dessous de Paris.

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    Par le passé, le Groupe des Sept est généralement parvenu à trouver un large consensus sur les défis économiques et géopolitiques auquel il était confronté. Cette unité s’est toutefois affaiblie depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Après avoir été pressurisés sur l’Ukraine ou les droits de douane, les alliés de Washington sont désormais pris en étau sur le conflit au Moyen-Orient, dont des diplomates et des responsables européens estiment qu’il manque d’objectifs précis ou d’une stratégie de sortie.

    07h00

    Israël mène des “frappes à grande échelle” en Iran

    L’armée israélienne a dit tôt ce jeudi avoir mené de nouvelles frappes à grande échelle contre des infrastructures situées dans plusieurs régions d’Iran. “Il y a peu, l’armée israélienne a achevé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien dans plusieurs endroits du pays”, dont Ispahan, dans le centre de l’Iran, a-t-elle annoncé dans un court communiqué.

    06h45

    Téhéran veut à tout prix un accord, selon Donald Trump

    Le président américain a de nouveau assuré mercredi soir que Téhéran voulait à tout prix conclure un accord pour mettre fin à la guerre. Selon Donald Trump, qui s’exprimait devant des élus républicains du Congrès, les dirigeants iraniens “veulent vraiment conclure un accord, mais ils ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple. Ils ont aussi peur que nous les tuions”.

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    Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a quant à lui indiqué que les autorités iraniennes étudiaient des propositions relayées par des intermédiaires mais qu’il était exclu d’organiser des négociations avec les Etats-Unis. Il a aussi affirmé que, bien qu’il n’y ait eu ni dialogue ni négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, des messages avaient été transmis par des intermédiaires.

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  • “Viktor Orban est l’atout maître du Kremlin dans l’UE” : l’alerte du journaliste d’investigation Szabolcs Panyi

    “Viktor Orban est l’atout maître du Kremlin dans l’UE” : l’alerte du journaliste d’investigation Szabolcs Panyi

    Il est la bête noire du gouvernement hongrois, le poil à gratter de Viktor Orban dans la dernière ligne droite vers les législatives du 12 avril. Rédacteur en chef des enquêtes sur l’Europe centrale chez VSquare à Budapest, l’un des principaux médias d’investigation de la région, Szabolcs Panyi documente inlassablement l’influence du Kremlin dans la politique hongroise. A quelques jours du scrutin, il juge l’ingérence russe “sans précédent”. Et la négligence de l’Union européenne coupable.

    L’Express : Quelle est l’ampleur de l’infiltration russe dans cette campagne ?

    Szabolcs Panyi : Nous faisons face à une campagne d’ingérence caractérisée. Les éléments s’accumulent, documentés par plusieurs médias. Début mars, VSquare a révélé que le Kremlin avait dépêché en Hongrie trois agents du GRU – le service de renseignement militaire – spécialisés dans la manipulation des réseaux sociaux. D’après nos informations, l’opération serait supervisée par Sergueï Kirienko, le premier chef adjoint de cabinet de Poutine, principal artisan de la stratégie d’influence russe. Il est également cité dans un récent article du Financial Times sur la Social Design Agency, une agence qui aurait orchestré la diffusion de récits favorables au gouvernement hongrois sur les réseaux sociaux, notamment via des influenceurs pro-Orbán. Enfin, les services de renseignement extérieurs russes (SVR) auraient envisagé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban afin de le présenter en victime, selon une enquête du Washington Post. Ce projet, baptisé “Gamechanger”, visait à infléchir le cours de la campagne.

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