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  • Soupçons de spéculation et menace de pénuries : les acteurs de l’aérien s’alarment de l’explosion du prix du kérosène

    Soupçons de spéculation et menace de pénuries : les acteurs de l’aérien s’alarment de l’explosion du prix du kérosène

    « Qui profite de cette situation ? » Au sein de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), qui représente 95 % du transport aérien français, on s’interroge. « L’écart de prix entre le pétrole brut et le kérosène pose question, affirme à la Tribune Laurent Timsit, le délégué général de la FNAM. Est-ce que des intermédiaires en profitent, est-ce qu’il y a de la spéculation sur le marché ? Lorsqu’on a évoqué ces hypothèses auprès des pouvoirs publics, on ne nous a pas ri au nez. »

    Au point que la FNAM a demandé que la transparence soit faite pour comprendre la flambée actuelle du prix du kérosène. Alors que le prix du baril de Brent a augmenté de 60,3 % par rapport à l’an dernier à la même époque, à 110,78 dollars, celui du kérosène a explosé de 118,8 %, selon les dernières données hebdomadaires fournies par l’Association du transport aérien international (IATA), soit la semaine du 16 au 20 mars. La tonne de kérosène s’élevait alors à 1 555,68 dollars.

    Une forte dépendance au Moyen-Orient

    Pour autant, ce n’est pas la première fois que le transport aérien constate une telle décorrélation entre les prix du brut et du kérosène. Elle s’explique, comme pour le diesel, par un manque de capacités de raffinage. « Il y a une forte dépendance en Europe au kérosène, qui est essentiellement raffiné au Moyen-Orient, rappelle Laurent Timsit. Mais l’écart de prix que l’on constate aujourd’hui est bien au-dessus de ce que l’on avait pu observer au début de la crise ukrainienne. »

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  • Après Ormuz, l’Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique

    Après Ormuz, l’Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique

    Après le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran menace de s’en prendre au détroit de Bab el-Mandeb. Situé au sud du canal de Suez, Bab el-Mandeb est un point de passage stratégique pour le commerce mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. De nombreux navires l’empruntent pour relier le Moyen-Orient à l’Asie.

    Mais Téhéran pourrait ouvrir un front dans cette région en cas d’invasion américaine terrestre sur le sol iranien. D’après la presse américaine, les États-Unis envisageraient de s’emparer d’une île iranienne, l’île de Kharg, où est exportée la quasi-totalité des barils de brut iranien. Aucun ordre n’a pour le moment été donné par Donald Trump.

    Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transitent 20 % de la production d’or noir, a fait s’envoler les cours du baril. Le baril de Brent de la mer du Nord est encore au-dessus des 100 dollars, ce jeudi. Avant le conflit, le prix était de 70 dollars.

    Le blocage d’un nouveau détroit dans la région, celui de Bab el-Mandeb, risque de compliquer davantage le commerce d’or noir. C’est surtout l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de brut, qui risque d’être pénalisée par des perturbations en mer Rouge. Depuis le blocage d’Ormuz, le pays continue d’exporter son pétrole dans la région grâce à son pipeline Petroline qui traverse le pays d’est en ouest, via le port de Yanbu sur la côte ouest. Le volume échangé via cette solution de contournement est d’environ 4 millions de barils par jour, soit 40 % de la production du pays d’avant-guerre, note pour l’AFP Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

    La position du détroit de Bab el-Mandeb. (Crédits : La Tribune)

    Un couloir pénalisé depuis 2023 par les Houthis

    Il n’empêche, le volume de pétrole brut et de produits pétroliers passant par ce détroit a déjà diminué de plus de moitié depuis 2023 et les attaques des Houthis. Ces rebelles du Yémen ont perturbé le commerce maritime mondial avec des attaques de drones et de missiles sur les navires passant par le détroit. Ils s’en prenaient notamment aux flottes occidentales, qui avaient des intérêts avec Israël. Si aucune attaque n’a eu lieu ces derniers mois, les Houthis, alliés de l’Iran, pourraient mettre à nouveau la pression dans la région. « À la moindre évolution du conflit appelant une réponse militaire, nous interviendrons sans délai (…) comme nous l’avons fait lors des phases précédentes », a même déclaré ce jeudi le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi.

    Dans le détail, le passage stratégique voyait passer 9,3 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par jour en 2023, contre 4,2 millions au premier semestre 2025, d’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Concernant le gaz naturel liquéfié (GNL), si 4,2 milliards de pieds cubes de GNL transitaient par jour en 2023, aujourd’hui les flux sont quasi nuls.

    Le commerce maritime touché depuis 2023

    Du côté du commerce maritime, les grandes compagnies comme Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM (propriétaire de La Tribune) ont déjà dû, depuis les attaques houthies, détourner les navires par le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Un contournement plus long et donc plus coûteux.

    « À Bab el-Mandeb, il ne passe quasiment que des bateaux avec à leur bord de la marchandise russe, notamment le pétrole et le grain », confie à La Tribune Paul Tourret, directeur de l’ISEMAR, l’Institut supérieur d’économie maritime. Si certaines compagnies, comme Maersk, avaient recommencé de manière progressive à repasser par le canal de Suez et Bab el-Mandeb, le conflit au Moyen-Orient a redistribué les cartes. « Le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu’à nouvel ordre, et les navires seront déroutés via le cap de Bonne-Espérance », a publié dans un communiqué CMA CGM, samedi 28 février, après le début des frappes israélo-américaines en Iran.

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  • Durcissement du cumul retraite-emploi : menace sur la montée en cadence de l’industrie de défense

    Durcissement du cumul retraite-emploi : menace sur la montée en cadence de l’industrie de défense

    C’est une grosse « tuile » pour l’industrie de la défense en recherche active de salariés compétents. De quoi parle-t-on ? Des nouvelles conditions de cumul emploi-retraite passées relativement inaperçues mais qui vont se durcir fortement à partir du 1er janvier 2027 après l’adoption du budget de la Sécurité sociale fin décembre par le Parlement. Ce qui ne va pas encourager l’emploi des seniors en France, dont le taux des 55-64 ans est l’un des plus bas dans l’Union européenne. Il s’élève à 60,4%, contre en moyenne 65,2% dans l’UE. 

    A partir de cette date, une personne qui a pris sa retraite avant l’âge légal (64 ans à terme, selon le gouvernement) et qui reprend une activité verra 100% de ses revenus déduits de sa pension de retraite au-delà d’un seuil de 7.000 euros par an. Ce qui va dissuader tous les retraités – modestes et aisés -, de se remettre au boulot. Car cumuler retraite et emploi avant 67 ans deviendra très peu intéressant financièrement. Et en même temps pour l’anecdote, le pôle de recrutement de France Travail pour l’industrie de défense a été confié à la générale à la retraite Dominique Vitte… Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait annoncé fin janvier la création de ce pôle pour répondre aux besoins de l’industrie de défense.

    Des pertes de recettes estimées à 3 milliards

    Actuellement, une personne qui bénéficie d’une retraite à taux plein peut reprendre une activité sans plafond de revenus. Ce cumul concernait, selon la Cour des comptes, 710.000 personnes environ en 2020, qui tiraient en moyenne 9.000 euros par an de leur activité. Avec cette réforme, le gouvernement va encaisser un gain comptable de 1,9 milliard de recettes en 2030 (400 millions en 2027).

    Mais, d’un autre côté, il se prive des cotisations salariales et patronales versées pour faire travailler un senior. En outre, il limite le pouvoir d’achat de ces derniers et bride la compétitivité des entreprises privées de compétences très expérimentées. Certains experts estiment que cette réforme va entrainer pour l’État des pertes d’un montant de trois milliards d’euros environ. Ce qui devrait être in fine une fausse-bonne idée du gouvernement, qui voulait gommer les « effets d’aubaine » générés par ce dispositif jusqu’à présent encouragé par les gouvernements.

    Les bras manquent dans la BITD

    Les nouvelles mesures mises en place vont donc représenter une révolution pour les seniors, qui veulent continuer à travailler pour compléter leur pension, mais aussi pour l’industrie de la défense, qui peine à recruter des compétences pointues depuis le lancement de l’économie de guerre et la hausse des cadences de production. Selon la Direction générale de l’armement (DGA), 10.000 emplois ne sont pas occupés au sein de la Base industrielle et technologique de défense (BITD). Et selon l’Observatoire des métiers de la BITD, neuf métiers sur dix sont en tension. Par ailleurs, selon Bpifrance, 62 % de dirigeants de PME ou d’ETI industrielles rencontrent des difficultés de recrutement, avec des taux de tension supérieurs à 70 % pour certains métiers de la métallurgie.

    Pour la BITD (220.000 emplois directs et indirects non délocalisable), qui regroupe neuf grands groupes industriels d’envergure européenne et mondiale, 4.500 PME-ETI et startups, dont 1.000 sont identifiées comme stratégiques, les seniors sont aujourd’hui de plus en plus recherchés pour leurs compétences. Très clairement, les bras manquent et les seniors sont très utiles pour la passation des savoirs et la sécurisation des programmes complexes. Cette réforme du cumul emploi-retraite va vraisemblablement tarir un vivier de compétences à la fois expérimenté et très souple. En outre, ce vivier est facilement mobilisable pour accompagner les entreprises dans la montée en cadence de la production de l’industrie de défense.

    e vieillissement des effectifs constitue un facteur de fragilisation majeur car les moyennes d’âge de certains métiers dans l’industrie sont parfois élevées. Ainsi les taux de départ en fin de carrière dépasseront 35 % dans certains métiers d’ouvriers dès 2030 (industries graphiques, métallurgie, électricité et électronique, mécanique). « Sans dispositifs structurés de transmission (compagnonnage, tutorat, intérim senior), le risque de perte de savoir-faire non documenté est élevé », estime l’entreprise dans l’intérim..

    Baisse de la natalité

    Cette réforme arrive en outre au plus mauvais moment. Les seniors, qui sortent du marché du travail, sont beaucoup plus nombreux que les nouvelles générations qui y entrent. Et c’est loin d’être terminé. Car la natalité décline en France depuis plusieurs années. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 2,3% de moins qu’en 2024 et surtout 24% de moins qu’en 2010, selon l’Insee. Il s’agit du plus faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Résultat, le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif (- 6.000 personnes).

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