La Chine a ordonné au groupe maritime danois Maersk et à la compagnie maritime suisse Mediterranean Shipping Company (MSC Shipping) de cesser d’exploiter des ports sur le canal de Panama, a rapporté le Financial Times ce mercredi 15 avril.
Lors d’une réunion avec le planificateur d’État chinois le mois dernier, Maersk et MSC Shipping ont reçu l’ordre de se retirer immédiatement des ports de Balboa et Cristóbal, selon le rapport, citant deux personnes au fait des discussions.
Maersk et MSC ont été sommées de ne pas « se livrer à des activités illégales qui nuisent aux intérêts des entreprises chinoises et de respecter l’éthique commerciale et les règles internationales », indique le rapport. La Chine avait déjà assuré en janvier qu’elle prendrait « les mesures nécessaires pour préserver résolument les intérêts » de ses entreprises.
Des concessions temporaires de 18 mois
Pour rappel, fin janvier, la Cour suprême du Panama avait jugé « inconstitutionnel » le contrat qui permettait depuis 1997 à Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, de gérer deux ports situés aux deux extrémités du canal.
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Le mois suivant, PPC avait engagé une procédure d’arbitrage en vertu des règles de la Chambre de commerce internationale (ICC). La société a dit réclamer au moins deux milliards de dollars de dommages-intérêts.
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Pour maintenir les terminaux en activité, le Panama a accordé des concessions temporaires de 18 mois à APM Terminals, une unité de Maersk, gérant Balboa, et TIL Panama, une unité de MSC, gérant Cristobal.
Une procédure d’arbitrage contre Maersk
Mardi dernier, la filiale de CK Hutchison, Panama Ports Company, a annoncé avoir engagé une procédure d’arbitrage contre Maersk, accusant l’armateur danois de s’être rallié aux autorités panaméennes pour faciliter la suspension de ses activités sur le canal.
Elle a déclaré que Maersk avait « porté atteinte » au contrat qui les liait et s’était « rallié à la République du Panama dans le cadre d’une campagne étatique » à son encontre. « Ce projet visait à évincer notre société au profit de nouveaux opérateurs portuaires », a affirmé PPC.
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La société a précisé que ce recours contre Maersk était indépendant des « démarches actuellement entreprises par la PPC pour demander des comptes au Panama, quant à son comportement hostile aux contrats et aux investisseurs ».
5 % du commerce maritime mondial
Mi-mars, PPC a rapporté que le Panama n’avait pas réagi à une procédure d’arbitrage lancée pour contester la reprise des deux ports sur le canal.
Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999. Environ 5 % du commerce maritime mondial transite par cette voie stratégique de 80 kilomètres. Le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier d’en reprendre le contrôle, estimant qu’il se trouvait sous l’influence de la Chine. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.
