La star aux lunettes noires a passé 48 heures en garde à vue. Puis elle a été mise en examen pour « blanchiment aggravé » et placée sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une enquête sur une escroquerie tentaculaire pour laquelle quinze individus ont déjà été inquiétés.
« Dans le cadre des investigations menées par l’Office national antifraude, l’existence de liens potentiels entre ce réseau international et plusieurs mis en cause, dont M. Gandhi Djuna [alias “Gims”], est apparue », a indiqué le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). La tête pensante de cette gigantesque opération de blanchiment serait un Franco-Marocain en lien avec le chanteur.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Pour quelle raison la justice s’intéresse-t-elle à Gims ?
SIMON PIEL — Nous évoquons dans notre livre L’Empire – Enquête au cœur du rap français que Tracfin, le service de renseignement financier, s’est penché sur le montage d’un projet de construction de 118 villas à Marrakech, projet dans lequel Gims est impliqué et qui pourrait faire partie d’un système de blanchiment en bande organisée. Le Pnaco enquête notamment sur un réseau originaire de Nanterre géré par des hommes connus pour des trafics de stupéfiants et reconvertis dans le blanchiment, qui brasserait plusieurs centaines de millions d’euros. Les douanes judiciaires sont remontées vers des Franco-Marocains, dont certains pourraient être liés à Gims ou à son entourage. Mais on ne connaît pas encore son rôle précis dans cette affaire.
