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  • « L’échec est l’annonce d’un futur succès » : cinq grands patrons racontent leur vie, leur œuvre aux lycéens franciliens

    « L’échec est l’annonce d’un futur succès » : cinq grands patrons racontent leur vie, leur œuvre aux lycéens franciliens

    Drôle d’endroit pour une rencontre. Pour la troisième année consécutive, l’Association des grandes entreprises françaises (Afep) avait convié, ce vendredi matin, cinq grands patrons à échanger avec trois cents lycéens franciliens sélectionnés par les services du ministère de l’Éducation nationale.

    « Ce qui fait la réussite de nos entreprises, c’est la diversité de leurs compétences, la débrouillardise de l’ingénieur, le bagout du commerçant, l’empathie de l’aide à domicile, l’adaptabilité du chef de rayon ou encore le leadership naturel du PDG », a introduit Patricia Barbizet, la présidente de l’Afep, dans l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au palais d’Iéna à Paris.

    À peine son discours terminé que Sébastien Bazin, PDG d’Accor, Catherine McGregor, directrice générale d’Engie, Marie-Christine Coisne-Roquette, présidente de Sonepar, Frédérique Le Grévès, présidente de STMicroelectronics France et Benoît Derigny, président de Manpower France, sont montés sur scène. Chacun a présenté son entreprise puis s’est prêté au jeu des questions-réponses.

    Avoir envie d’apprendre toute sa vie

    D’emblée, un élève de seconde interpelle les chefs d’entreprises sur leur parcours étudiant. « Chez nous, vous pouvez rentrer avec un bac pro et nous allons vous former pendant toute votre vie professionnelle », a répondu, la première, Frédérique Le Grévès, patronne de STMicroelectronics France, leader des puces.

    « Il faut avoir envie d’apprendre toute sa vie. Ce sont des attitudes, des postures, le goût du risque, le goût du travail, se confronter tous les jours à des difficultés, gagner, dépasser, se surpasser », a renchéri sa voisine de droite, Marie-Christine Coisne-Roquette, dirigeante de Sonepar, autoproclamée numéro 1 mondial non coté de l’achat et de distribution de matériel électrique.

    À une autre lycéenne qui l’interroge sur les crises, Sébastien Bazin, le PDG d’Accor, répond par une autre question : « Est-ce que j’aurais pu empêcher cette crise ? Si vous n’y pouvez rien, vous devez l’accepter et laisser glisser ; si vous y pouvez quelque chose, vous aurez appris de ne pas faire deux fois la même erreur ».

    « Le mot de vocation est assez stressant » (DG d’Engie)

    Un garçon du lycée Newton de Clichy ne veut justement pas se tromper et demande « comment trouver sa vocation dans un monde où les métiers changent très très vite ». « Pas de stress à avoir sur ce que vous voulez faire. Pour ma part, à votre âge, je n’en savais strictement rien. L’essentiel est d’être curieux et d’être ouvert à tout ce qui tourne autour de vous : rencontrez les adultes, allez voir des tutos sur Internet », a répondu Benoît Derigny, le patron de Manpower France.

    « Le mot de « vocation » est assez stressant. Quand je suis sortie d’école d’ingénieur à 23 ans, je savais ce que je ne voulais pas faire grâce à un stage. Toute expérience est bonne à prendre. Vous verrez, un travail, c’est beaucoup plus qu’un métier et une compétence, c’est des collègues, une cantine, une culture d’entreprise… » a enchaîné Catherine McGregor, directrice générale d’Engie.

    Et vient l’inévitable question sur les échecs. Un jour, la patronne de Sonepar a défendu en conseil d’administration un sujet auquel elle croyait, mais une parole autour de la table a réussi à disqualifier sa proposition. « Le projet a échoué car je ne les avais pas appelés avant. Maintenant, je les prépare en amont », a témoigné Marie-Christine Coisne-Roquette. « L’échec est l’annonce d’un futur succès », a appuyé Benoît Derigny de Manpower.

    « Nous avons tout pour réussir » selon le PDG d’Accor

    Reste encore à faire venir les jeunes en entreprise et surtout à les garder. Dès les stages de troisième, STMicroelectronics donne des kits pour toucher les puces et développer des robots tout comme l’entreprise anime des ateliers sur l’intelligence artificielle ou sur les CV, a illustré Frédérique Le Grévès.

    Et si Sonepar n’est pas la première société « à laquelle vous pensiez, nous pouvons vous proposer de la technologie, du commercial, de la logistique et du conseil », a prêché, pour sa paroisse, la présidente Marie-Christine Coisne-Roquette.

    Serait-il donc plus simple d’entreprendre ? s’exclament encore les lycéens.« Nous avons tout pour réussir : des talents, des financements, de l’innovation, de l’architecture et de la gastronomie », réplique, du tac au tac, Sébastien Bazin d’Accor. « En France, il faudrait davantage d’optimisme », abonde Catherine McGregor d’Engie.

    « C’est toujours très enthousiasmant », a confié, à l’issue du tour de table, la présidente de l’Afep à La Tribune. « Nos lycéens avaient très bien préparé. Ils ont toujours des questions diverses et intelligentes. Les réponses apportées par les patrons ont été précises et enthousiastes », a conclu Patricia Barbizet.

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  • Délit d’initié ? Un pic d’échanges suspect sur le marché pétrolier juste avant l’annonce de Trump sur l’Iran

    Délit d’initié ? Un pic d’échanges suspect sur le marché pétrolier juste avant l’annonce de Trump sur l’Iran

    Y a-t-il eu délit d’initié avant les propos de Trump lundi ? Des milliers de contrats, un volume supérieur à la normale, ont été échangés pendant deux minutes sur le marché pétrolier ce 23 mars, un quart d’heure avant l’annonce surprise par le président américain de discussions avec l’Iran, qui avait brusquement fait chuter les cours, écrivent ce mardi le Financial Times et Bloomberg. Les deux titres se basent l’un et l’autre sur une analyse des données financières de Bloomberg.

    Selon le FT, le volume engagé pendant ces deux minutes, entre 11 h 49 et 11 h 50 heure française, s’élève à 580 millions de dollars, Bloomberg évoquant pour sa part 650 millions de dollars. Selon l’agence de presse financière américaine, « au moins 6 millions de barils de Brent et de West Texas Intermediate » ont été échangés pendant ces deux minutes, alors que la moyenne pour la même plage horaire lors des cinq séances précédentes était d’environ 700 000 barils.

    Un timing frappant

    Environ un quart d’heure plus tard, vers midi à Paris, une publication de Donald Trump sur son réseau Truth Social évoquant des discussions avec l’Iran pour désamorcer la crise avait violemment fait plonger les cours du baril de brut de plus de 14 %.

    « L’histoire serait incompréhensible s’il n’existait pas une explication évidente : une personne proche de Trump était au courant de ses intentions et a exploité cette information privilégiée pour réaliser des profits considérables et immédiats », avance l’économiste américain Paul Krugman ce mardi. « Lorsque des dirigeants d’une entreprise ou leurs proches exploitent des informations confidentielles à des fins d’enrichissement personnel, il s’agit de délit d’initié, illégal », affirme le prix Nobel d’économie de 2008.

    « Ce ne serait pas la première fois qu’un tel incident se produit sous la présidence de Trump », souligne l’économiste. « Des mouvements importants et suspects avaient déjà été observés sur le marché de prédiction Polymarket avant les précédentes attaques contre l’Iran et le Venezuela », rappelle Paul Krugman.

    « Ce qui frappe ici, ce n’est pas seulement le volume des transactions, mais le timing. Les traders ne sont pas devins. Lorsqu’un positionnement change quelques minutes avant une annonce qui fait bouger les marchés, cela signifie généralement que quelqu’un agit sur la base de ce que j’appellerais des informations officieuses ou des renseignements venus du Moyen-Orient », estime pour sa part Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, interrogé par l’AFP.

    L’hypothèse d’« un grand producteur se couvrant sur le marché »

    « Le marché pétrolier est un milieu extrêmement fermé. Il ne s’agit pas seulement de traders qui spéculent sur les prix ; c’est un écosystème étroitement interconnecté d’acteurs physiques, de raffineurs, d’armateurs et de gouvernements, qui opèrent tous au sein de canaux d’information imbriqués », souligne-t-il.

    L’analyste n’exclut cependant pas que ces mouvements puissent être ceux d’« un grand producteur se couvrant sur le marché » contre une baisse soudaine des cours, alors que les prix ont augmenté de plus de 40 % depuis le début de la guerre.

    Quelques heures après la publication de Donald Trump, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait démenti sur X toute négociation avec les États-Unis, évoquant « de fausses informations » destinées à « manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont enlisés ».

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