Les pourparlers de paix vont débuter à Islamabad, au Pakistan, pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient quarante-deux jours après le début du conflit. Samedi matin, le vice-président américain, JD Vance, a en effet atterri à la base aérienne de Nur Khan, accueilli par le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir. Accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, genre de Donald Trump, il mène une délégation chargée de trouver une issue diplomatique à la guerre.
Ils y retrouveront dans la journée la délégation iranienne composée de plus de 70 personnes, arrivée dès vendredi soir. Celle-ci est conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a d’ores et déjà prévenu qu’après le cessez-le-feu temporaire de deux semaines, arraché dans la nuit de mardi à mercredi, « une étape encore plus difficile nous attend désormais : instaurer une trêve durable et résoudre des questions délicates par la voie diplomatique ».
« C’est cette étape que l’on appelle en anglais ‘’make or break’’ (ça passe ou ça casse, ndlr) », a-t-il ajouté.
Samedi matin, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Mohammad Ishaq Dar, a quant a lui appelé l’Iran et les Etats-Unis à participer aux échanges « de manière constructive ». Et « réitéré le désir du Pakistan d’aider les parties à arriver à une solution durable au conflit », selon un communiqué publié peu après l’arrivée de la délégation américaine.
Téhéran demande l’arrêt des hostilités au Liban
Avant le début des discussions, dont le calendrier n’est pas connu, chaque camp a lancé ses mises en garde. « Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf à son arrivée. Téhéran pose deux pré-conditions majeures : un cessez-le-feu au Liban et le déblocage de ses actifs financiers.
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Les négociations passées avec les Etats-Unis se sont toujours finies par « des échecs et des promesses brisées », a appuyé le responsable, cité par la télévision d’Etat iranienne. Mercredi, Israël a mené les frappes les plus meurtrières du conflit au Liban, avec 357 morts en une journée. Alors que l’Iran exige l’arrêt des hostilités sur ce front, Israël s’est dit disposé à ouvrir des négociations directes avec Beyrouth, et reste « déterminé » à poursuivre sa lutte contre le Hezbollah. Ce dernier a d’ailleurs revendiqué de nouvelles attaques de drones et de roquettes ce samedi matin. Parallèlement, les pourparlers entre le Liban et Israël sont prévues mardi prochain à Washington, bien que le Hezbollah ait déjà rejeté cette initiative.
Méfiance mutuelle
Côté américain, avant d’embarquer dans l’avion, JD Vance a averti l’Iran : « s’ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive », a-t-il lancé. Il a néanmoins assuré « essayer de mener des négociations positives ».
« En réponse à mon invitation sincère, des dirigeants des deux pays viendront à Islamabad, où des négociations se tiendront pour instaurer la paix », a-t-il souligné vendredi dans une allocution à la nation.
Plus tôt, Donald Trump avait affirmé que l’Iran n’avait « aucune carte en main » et a prédit la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz, ce passage maritime stratégique pour livrer le pétrole du Golfe, verrouillé par Téhéran. « Ça va s’ouvrir automatiquement » car l’Iran « ne se fait pas d’argent sinon », avait-il estimé.
Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a quant à lui assuré que la gestion du détroit allait entrer dans une « nouvelle phase ». « L’Iran ne cherche pas la guerre mais ne renoncera pas à ses droits, et considère tous les fronts de la résistance comme une entité unifiée », a-t-il ajouté, en référence aux milices régionales alliées de Téhéran, dont le Hezbollah libanais.
20 millions de volontaires pour défendre l’Iran
En Iran, la télévision d’Etat a diffusé des images de l’arrivée de la délégation du pays au Pakistan, tout en précisant que le cap des 20 millions de personnes inscrites en ligne pour se porter volontaires afin de défendre l’Iran en cas de reprise du conflit avait été franchi. Dans le pays, subit une coupure internet record de plus de 1 000 heures, la population semble sceptique.
« On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien », a résumé un habitant de 30 ans, s’exprimant auprès de l’Agence France-Presse (AFP) sous couvert d’anonymat
Les marchés mondiaux surveillent de près l’issue de ce sommet. Après l’annonce des négociations, le prix du baril de pétrole est repassé timidement sous la barre des 100 dollars vendredi soir.
