Les informations à retenir
Pourquoi le projet d’observatoire semble-t-il déjà condamné ?
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Le dispositif s’est déjà fracassé en 2023 sur un avis de l’Autorité de la concurrence pointant des risques d’échange d’informations sensibles.
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Dans un marché concentré (oligopoles), la transparence forcée peut paradoxalement favoriser les ententes plutôt que la baisse des prix.
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Le précédent essai s’était soldé par un échec technique, faute de participation volontaire des industriels de la filière.
Les professionnels de la construction viennent d’être entendus par le gouvernement sur les prix des matériaux qui flambent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Dès le 25 mars, la Fédération française du bâtiment, qui avait déjà poussé ses adhérents à indexer leurs marchés en ce sens, a demandé « la mise en place urgente [d’un] observatoire ».
Une semaine plus tard, le réseau des petites entreprises et des artisans du secteur (Capeb) témoignait d’une « reprise des tensions » sur les prix et sur les coûts d’exploitation, « sous l’effet de la hausse du pétrole, du GNR et des révisions tarifaires fournisseurs ». Précisément des hausses « significatives » des dérivés du pétrole, du bois, du béton, du cuivre, du PVC et du zinc.
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Mardi, en déplacement à Bondy (Seine-Saint-Denis) pour vanter le plan gouvernemental « Relance logement », le ministre leur a donné raison. Vincent Jeanbrun a en effet déclaré vouloir « travailler rapidement » sur un observatoire des prix des matériaux de construction pour « voir si les hausses sont justifiées ou s’il y a des effets d’aubaine ».
Un dispositif voulu en janvier 2023… sans succès
Sauf qu’un tel dispositif avait déjà été voulu, en janvier 2023… sans succès, par le gouvernement Borne…, un an après le déclenchement de la guerre en Ukraine. À l’époque, pour répondre aux difficultés d’approvisionnement en matériaux de construction, Bercy annonçait la création d’un dispositif d’analyse des coûts de production pour accompagner la filière face à la hausse des prix.
