REPORTAGE – Les autorités ont bâillonné toute critique après l’incendie meurtrier, important les méthodes de la Chine continentale, à l’ombre de la loi de Sécurité Nationale. Elles tentent de regagner un semblant de crédibilité auprès d’une population désabusée.
Les langues de suie lèchent les façades de béton grisâtres comme des stigmates. Dans le vallon luxuriant de Tai Po, les huit tours calcinées de l’imposant complexe de Wang Fuk Court font tache entre les barres d’immeubles blanchies par les typhons qui balaient régulièrement cette périphérie nord de Hongkong.
Cinq mois après l’incendie gigantesque qui a fait 168 morts, ce quartier populaire des « Nouveaux territoires » niché tout proche de la frontière avec la Chine continentale reste assommé par la tragédie sans pareil depuis 1948 dans l’ancienne colonie britannique. « Je me souviens du chaos, des flammes gigantesques, des appels des familles désespérées de ne pas retrouver leurs proches. Et d’un sentiment d’impuissance» raconte Alvin*, un habitant du quartier présent sur les lieux, ce fatidique 26 novembre dernier.
Incendie de Hongkong : 128 morts, la lutte contre le feu terminée mais les recherches de disparus se poursuivent dans les décombres
Brasier
Pendant plus de 48 heures, le brasier dévore ce complexe de logements sociaux, offrant des images apocalyptiques aux télévisions du monde entier. L’employé de 28 ans tire…
