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  • SFR racheté : +5% à +25% sur votre facture ? Ce qui pourrait vous arriver

    SFR racheté : +5% à +25% sur votre facture ? Ce qui pourrait vous arriver

    Les informations à retenir

    La hausse des prix, un vrai risque après la possible vente de SFR

    • Les précédentes fusions d’opérateurs télécoms en Europe montrent qu’un passage de quatre à trois opérateurs tend à augmenter les prix de +5 % à +25 %, malgré un encadrement réglementaire.

    • Les autorités de la concurrence joueront un rôle clé en imposant des conditions pour limiter les hausses, car les promesses des opérateurs ne peuvent suffire à garantir des prix bas.

    Janvier 2012. L’opérateur télécom Free fait une entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile en cassant les prix. En 80 jours, il prend 2,6 millions de clients et près de 4 % de part de marché à ses concurrents, qui sont contraints de s’aligner. Un an après, les tarifs du marché ont baissé en moyenne de 11,4 %. Un vrai séisme. Le phénomène exactement inverse pourrait-il se produire avec un passage de quatre à trois opérateurs, dans le cas où la cession de SFR à Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange venait à se concrétiser ? 

    Un acteur qui disparaît, c’est forcément moins de concurrence sur le marché grand public des télécoms. Il en résultera mécaniquement une incitation à rehausser les tarifs, car les clients auront moins de choix pour aller ailleurs. Mais les choses ne sont pas si simples.

    Des précédents d’augmentations en Europe

    « Dans une consolidation, l’enjeu ne se porte pas tellement sur le nombre d’acteurs car il n’y a pas de chiffre magique », nous indique Etienne Chantrel, expert en économie de la concurrence et associé au cabinet Eight Advisory. « Ce qui importe, c’est de savoir si la nouvelle structure de marché qui en découlera va poser problème. Et pour cela, il faut commencer par regarder les parts de marché de chacun, mais aussi se demander s’il y aura des risques accrus de collusion, des freins pour de nouveaux entrants, si les clients auront un pouvoir de négociation sur les prix, etc » .

    Il y a toutefois des précédents documentés. En 2018, le Berec (l’organisme des régulateurs européens des communications électroniques) a publié une étude sur trois exemples de passage de quatre à trois opérateurs télécom : en Autriche (2013), en Irlande (2014) et en Allemagne (2014). Avec pour conclusion que ces fusions ont eu tendance à réduire la concurrence par les prix au détriment du consommateur final. « Sur les quinze dernières années, les fusions télécoms ont été associées à des hausses de prix de l’ordre de +5 % à +25 %, selon les cas en Europe », confirme un économiste expert du marché.

    Toutefois, les effets observés sont à prendre avec précaution. « Le contrôle des concentrations est systématique en Europe pour des opérations de cette ampleur. Cela signifie que les cas problématiques ont normalement été interdits ou autorisées sous condition de “remèdes” pour minorer au maximum les effets anticoncurrentiels. En théorie, on ne devrait donc jamais observer d’opérations ayant conduit à des hausses de prix», fait observer Etienne Chantrel. On peut du coup se demander si les hausses n’auraient pas été encore plus élevées sans contrôle. 

    Les promesses des opérateurs ne suffiront pas

    En attendant, les opérateurs concernés assurent qu’ils veulent faire des gains de synergie et gagner davantage de clients sur leurs infrastructures. Mais pas augmenter les prix. « Nous tenons la promesse de maintenir nos prix bas depuis 25 ans et nous n’avons pas cessé d’enrichir nos forfaits aux mêmes tarifs depuis tout ce temps », nous assure le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud. « C’est vrai sur le mobile mais pas sur le fixe. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas sincères au moment où ils le disent, mais c’est un engagement difficile à tenir car nul ne peut préjuger de l’avenir du marché », réplique un observateur du secteur. Voilà pourquoi les autorités de la concurrence ne se contenteront pas de belles promesses.

    Pour savoir quelles concessions imposer lors des fusions, comme céder une partie de la base clients, elles disposent d’un indicateur mesurant l’incitation d’une entité fusionnée à augmenter ses prix, en prenant en compte la proximité concurrentielle entre opérateurs et leurs marges. C’est ce qui a conduit Bruxelles à contraindre Orange et l’espagnol Masmovil à céder des fréquences au trublion roumain Digi. Et pour le moment, les tarifs ne sont pas repartis à la hausse sur un marché passé de cinq à quatre acteurs.

    Des mesures similaires pourraient être imposées au consortium français désireux de reprendre la plus grande part des actifs de SFR. Mais cela pourrait réduire l’intérêt pour lui de conclure l’affaire. C’est la raison qui va le pousser à argumenter des gains d’efficience (meilleure couverture, innovation, qualité de service) pour justifier une concentration. Mais ces bénéfices devront rester démontrables, quantifiables et profitables aux consommateurs.

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  • Croissance en berne, inflation en hausse : la guerre en Iran chamboule les perspectives pour l’Europe

    Croissance en berne, inflation en hausse : la guerre en Iran chamboule les perspectives pour l’Europe

    Et si l’Europe allait subir de plein fouet les terribles effets de la guerre en Iran ? Dans ses perspectives économiques dévoilées ce jeudi 26 mars, l’OCDE a dégradé ses perspectives de croissance pour la zone euro (-0,4 point) à 0,8 % contre 1,2 % en décembre. Avec le Royaume-Uni (-0,5 point), il s’agit de la révision la plus brutale des pays riches. Un mois après le déclenchement du conflit, les conséquences sur les marchés de l’énergie se font déjà ressentir sur le porte-monnaie des consommateurs et l’activité des secteurs les plus dépendants des énergies fossiles.

    À ce stade, il est encore difficile de mesurer l’ampleur et la durée des hostilités. Mais le scénario d’une guerre à rallonge est étudié à la loupe par les économistes, à l’instar de la Banque de France. Au niveau mondial, l’OCDE n’a pas révisé à la baisse sa projection de croissance du PIB à 2,9 % par rapport à décembre. Mais l’institution précise tout de même qu’avant le début du conflit, elle prévoyait une révision à la hausse de 0,3 point pour 2026.

    L’Allemagne, la France et l’Italie appuient sur le frein

    Dans l’Union monétaire, le léger rebond prévu en décembre dernier s’est transformé en coup de frein. En Allemagne, la croissance du PIB devrait accélérer de seulement 0,8 % au lieu de 1 %. Le gouvernement du chancelier Merz a annoncé un vaste plan d’investissement dans la Défense mais la dépendance de son industrie aux énergies fossiles vient peser sur l’activité. En pleine difficulté, le « Made in Germany » continue en outre de subir la chute des carnets de commande de la Chine en pleine offensive industrielle sur l’automobile électrique.

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  • Droits de douane : un an après la hausse, la France s’en tire mieux que ses voisins européens

    Droits de douane : un an après la hausse, la France s’en tire mieux que ses voisins européens

    C’était il y a (presque) un an. Le 2 avril 2025, Donald Trump a mis sa menace à exécution. Il a instauré une hausse des droits de douane contre les partenaires commerciaux des États-Unis. Objectif avancé : résorber le déficit commercial américain vis-à-vis du reste du monde.

    Douze mois plus tard, force est de constater que le but a été atteint, d’après une note de conjoncture publiée mardi 24 mars par l’Insee. Le déficit de la balance des biens et services des États-Unis a en effet baissé. Il s’est établi à -2,3 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième semestre 2025, contre -3,1 % en moyenne sur l’année 2024. Soit un retour à son niveau d’avant la crise liée au Covid-19.

    Cela a été possible grâce à un fort recul des importations de biens. Elles ont progressé de +2,5 % en 2025, contre +5,2 % l’année précédente. En revanche, les exportations de biens sont restées stables (+1,8 % contre +2 % en 2024). L’amélioration par rapport à la situation d’avant-Covid est d’ailleurs « due avant tout au redressement du commerce en biens, alors que la balance des services s’est plutôt dégradée par rapport aux années 2010 », relève l’institut français.

    Ce redressement de la balance commerciale américaine a eu des répercussions sur les partenaires commerciaux du pays de l’oncle Sam. Et l’Europe en a particulièrement fait les frais : le solde commercial des États-Unis vis-à-vis de l’UE s’est amélioré de 27 milliards de dollars (25,8 milliards d’euros) sur un an au troisième trimestre 2025.

    Les États-Unis ont amélioré leur balance commerciale de +42 milliards de dollars en 2025. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    La France échappe au pire

    La France s’en est mieux tirée que ses voisins. L’amélioration du solde commercial américain s’est limitée à +1,7 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros).

    Les importations de produits américains ont pourtant augmenté de +6 % sur un an, atteignant 55,7 milliards d’euros. Elles ont été tirées par les envois sur le sol français de matériel aéronautique et de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Reste que, malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé (-0,7 %, à 48,3 milliards d’euros). Ce, grâce aux bons niveaux des livraisons de matériels aéronautiques (+21 % sur un an en 2025) et de produits pharmaceutiques (+7 %).

    Ces envois ont compensé les lourdes pertes enregistrées par d’autres catégories de biens, en particulier les boissons (-20 %), incluant les vins et spiritueux, les parfums et cosmétiques (-19 %), les produits chimiques de base (-6 %) ou encore les produits de cuir (-5 %).

    Malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé en 2025.
    Malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé en 2025. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    L’Allemagne et l’Italie les plus touchées

    Parmi les Vingt-Sept, l’Allemagne et l’Italie ont le plus pâti de la nouvelle politique douanière américaine. L’amélioration du solde commercial des États-Unis a été de +6,4 milliards d’euros avec Berlin. Car les exportations allemandes outre-Atlantique ont durement flanché (-9,3 % par rapport à 2024). Elles ont été plombées par la chute des ventes automobiles. C’est pourtant le principal produit d’exportation made in Germany vers les États-Unis. Dans le même temps, les importations de produits américains ont progressé (+2,6 %).

    Du côté de Rome, les États-Unis ont vu leur solde commercial s’améliorer de +5,9 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros). La Botte a pourtant fortement augmenté ses envois vers le sol américain (+7,2 % sur un an), grâce à un bond des exportations pharmaceutiques (+56 %). Mais les importations de produits américains ont beaucoup plus progressé (+35,9 %), aussi tirées par une envolée des produits pharmaceutiques (+94 %).

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