Amazon a annoncé ce mardi vouloir acquérir l’opérateur de satellites américain Globalstar pour renforcer sa position face au concurrent Starlink d’Elon Musk. Le géant américain propose de payer jusqu’à 90 dollars par titre de Globalstar, en numéraire ou avec ses propres actions, selon son communiqué. Cela valoriserait l’entreprise à 11,6 milliards de dollars.
Les deux groupes « ont annoncé la conclusion d’un accord définitif de fusion en vertu duquel Amazon va acquérir Globalstar », ont-ils indiqué. Cet accord doit permettre à Amazon d’accéder au réseau de deux douzaines de satellites de Globalstar et aux fréquences radio dont dispose l’entreprise, et ainsi d’accélérer dans sa course à la connectivité spatiale.
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Le titre de la société de satellites Globalstar a pris plus de 9 % en avant-Bourse, après avoir gagné plus de 6 % au cours des deux dernières semaines. Le titre avait presque doublé de valeur l’an dernier et avait progressé de 12 % depuis le début de l’année avant l’annonce de l’acquisition. L’action Amazon a progressé de 1 % ce mardi.
Parallèlement, Amazon et Apple, qui a investi 1,5 milliard de dollars dans Globalstar, ont signé un accord visant à maintenir les services satellitaires liés à ses fonctions de sécurité telles que « Emergency SOS » et « Find My », pour les utilisateurs d’iPhone et d’Apple Watch. « Apple et Amazon ont une longue et solide expérience de collaboration via les services d’infrastructure essentiels d’Amazon, et nous nous réjouissons de poursuivre cette collaboration avec Amazon Leo. Cela garantit que nos utilisateurs continueront d’avoir accès aux fonctionnalités satellitaires essentielles sur lesquelles ils comptent, notamment SOS d’urgence, Messages, Localiser et Assistance routière via satellite, afin qu’ils puissent rester en sécurité et connectés même en dehors de toute couverture réseau », a affirmé Greg Joswiak, vice-président senior du marketing produit mondial chez Apple.
Amazon veut rattraper son retard sur Starlink
À l’instar de Starlink, marque du groupe SpaceX spécialisée dans les télécommunications par satellites, Amazon s’est lancée dans ce secteur qui permet à des utilisateurs situés dans des zones non couvertes par le réseau mobile classique de passer des appels, d’envoyer des SMS et de se connecter à internet. Le groupe a lancé ses premiers satellites test en octobre 2023.
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Mais le déploiement de sa constellation en orbite basse a pris du retard : l’entreprise dispose actuellement de 200 satellites en orbite, sur un objectif total de 3 200 satellites d’ici à 2029. Baptisé Amazon Leo, le service n’a pour l’instant pas été déployé à grande échelle, et aucune date n’a été communiquée pour sa mise en service.
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En novembre 2025, Amazon Leo a indiqué avoir lancé une phase de test réservée à certains utilisateurs. Starlink a lui franchi en mars le seuil des 10 000 satellites, et revendique plus de 9 millions de clients dans le monde. L’opération de rachat de Globalstar suit le rachat en septembre par Starlink des fréquences de l’américain Echostar pour 17 milliards de dollars.
La finalisation de l’acquisition est attendue l’an prochain
Grâce à ces opérations, les opérateurs de satellites peuvent accéder à des fréquences et opérer sur le réseau mobile. Sans cela, ils restent dépendants des opérateurs de télécommunications classiques pour distribuer leurs services de connectivité directe par satellite, permettant de se connecter à des téléphones sans passer par une antenne terrestre.
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Basée à Covington, en Louisiane, Globalstar propose des services de voix, de données et de suivi des actifs à des clients institutionnels, gouvernementaux et particuliers. La société exploite une vingtaine de satellites en orbite terrestre basse. Fin 2025, la société a annoncé qu’un nouveau réseau soutenu par Apple porterait ce total à 54 satellites. La finalisation de l’acquisition est attendue l’an prochain.
