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  • OPINION. « La fin de la trêve hivernale ne marque pas la fin de la précarité énergétique ! », par cinq élus départementaux de la Seine-Saint-Denis, de Gironde et du Val-de-Marne

    OPINION. « La fin de la trêve hivernale ne marque pas la fin de la précarité énergétique ! », par cinq élus départementaux de la Seine-Saint-Denis, de Gironde et du Val-de-Marne

    Alors que la trêve hivernale s’achève, plus de 12 millions de personnes sont toujours en situation de précarité énergétique en France selon les chiffres de la journée contre la précarité énergétique. À compter du 31 mars, les ménages qui ne peuvent pas régler leurs factures d’énergie seront de nouveau exposés aux risques de coupure ou de limitation de puissance d’électricité dans leur logement.

    Privées d’électricité, ces personnes ne peuvent plus vivre dignement ni subvenir à leurs besoins essentiels du quotidien : manger chaud en utilisant des plaques de cuisson et un four, faire fonctionner un lave-linge ou encore se chauffer.

    De plus en plus de personnes victimes des logements énergivores. En France, 13,9 % des résidences principales sont des passoires thermiques et plus d’une personne sur trois rencontre des difficultés pour payer ses factures de gaz ou d’électricité (36 % contre 28 % en 2024 estime le médiateur national de l’énergie).

    Logements mal isolés, trop froids l’hiver et trop chauds l’été, prix de l’énergie élevé, baisse du pouvoir d’achat, ces facteurs fragilisent de plus en plus de personnes prises dans le cercle vicieux des logements énergivores et de la pauvreté, avec des conséquences néfastes sur leur qualité de vie et leur santé. Une situation qui appelle à la mobilisation de tous les échelons territoriaux.

    Une « urgence sociale »

    Au lendemain des élections municipales, en tant qu’élu·es départementaux, nous appelons les nouvelles équipes municipales à faire de la lutte contre la précarité énergétique une priorité. Dans le cadre de leurs compétences en matière de solidarité et d’action sociale, les départements sont chefs de file de la contribution à cette politique publique.

    Mais aujourd’hui, face à l’ampleur de la situation, un meilleur maillage territorial est indispensable : tous les échelons doivent se mobiliser pour apporter des réponses concrètes au plus près des difficultés des habitants et des habitantes.

    Des solutions existent pour engager nos territoires. Dans un contexte budgétaire contraint, le programme Slime, dans lequel nos départements sont engagés, est un véritable levier. Financé par les CEE, il permet de mobiliser plusieurs millions d’euros directement au bénéfice des collectivités qui souhaitent s’engager.

    Ce dispositif nous permet de travailler en lien étroit avec les professionnel·les de l’action sociale pour identifier les personnes en précarité énergétique, organiser des visites à domicile, orienter vers les solutions adaptées à chaque situation et lutter contre le non-recours aux droits. Ce programme efficace a fait ses preuves sur nos territoires depuis plus de 10 ans.

    La précarité énergétique n’est pas une fatalité, des solutions existent pour y mettre un terme.

    En Gironde, par exemple, 76 % des ménages accompagnés dans le cadre du Slime qui avaient fait appel au Fonds de Solidarité pour le Logement pour une facture d’énergie en 2024 n’y ont pas eu de nouveau recours l’année suivante. Et parmi ceux qui l’ont fait, le montant moyen de l’aide accordée a diminué de plus de 50 %. En Seine-Saint-Denis, les effets de ces visites à domicile sur le confort thermique sont aussi manifestes : 70 % des foyers ont diminué leur consommation et réalisé des économies.

    La précarité énergétique n’est pas une fatalité, des solutions existent pour y mettre un terme. À nous, en tant qu’élu·es, de nous mobiliser pour engager nos territoires dans ce combat du quotidien. C’est collectivement que nous pourrons répondre à l’urgence sociale.

    Signataires

    – Belaïde Bedreddine, vice-président chargé de l’écologie urbaine, département de la Seine-Saint-Denis
    – Laure Curvale, vice-présidente chargée de la transition écologique et patrimoine, département de la Gironde
    – Jean-Luc Gleyze, président, département de la Gironde
    – Florence Laroche, vice-présidente chargée de l’habitat durable et de la politique de la ville, département de la Seine-Saint-Denis
    – Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

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  • Avis favorable pour l’usine de saumons en Gironde, malgré « un niveau élevé de contestation »

    Avis favorable pour l’usine de saumons en Gironde, malgré « un niveau élevé de contestation »

    Annoncée il y a déjà quatre ans pour une mise en service à partir de 2024, la ferme aquacole géante de Pure Salmon, en Gironde, a pris du retard. Mais elle continue à avancer au gré des démarches réglementaires, dont l’enquête publique menée entre le 15 décembre 2025 et le 19 janvier 2026.

    Ce projet d’élevage industriel de plusieurs milliers de saumons doit être implanté sur la commune du Verdon, dans le Médoc, sur un terrain du Grand port maritime de Bordeaux situé le long de l’estuaire de la Gironde.

    10 000 tonnes de saumon doivent y être produites chaque année à partir de saumons élevés en bassins hors sol, de l’éclosion des œufs jusqu’à l’abattage. Classé ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), le complexe de 14 hectares sera notamment composé de bassins d’élevage couverts et réfrigérés fonctionnant en recirculation d’eau, d’une usine d’abattage et de préparation de saumon et de locaux de stockage.

    Près de 23 000 contributions

    À l’issue de l’enquête publique, ce projet a reçu un avis favorable à la délivrance de l’autorisation environnementale et du permis de construire. Un feu vert acté alors même que l’enquête publique, bien qu’organisée pendant les fêtes de fin d’année, a suscité « un nombre exceptionnel de contributions » – près de 23 000 participations – qui s’avèrent défavorables dans leur quasi-totalité. Et alors même qu’une proposition de loi soutenue par une centaine de députés réclame un moratoire de dix ans sur ces « fermes-usines » de saumons.

    Dans un « Appel pour l’océan », 27 ONG ont aussi dénoncé un projet « complètement démesuré » constituant une menace pour l’écosystème de l’estuaire, le plus grand et le plus sauvage d’Europe, qui pâtirait des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture locales.

    À l’inverse, les trois commissaires enquêteurs considèrent que « les éléments recueillis montrent qu’au-delà des oppositions, le projet dispose de garanties techniques et d’un encadrement progressif susceptibles de contrôler et maîtriser ses impacts, tout en offrant des perspectives de développement économique pour le territoire. » Pure Salmon fait miroiter la création de 250 emplois directs à terme avec cet investissement de 280 millions d’euros.

    Deux réserves formulées

    « Le niveau élevé de contestation exprimé dans les contributions et les inquiétudes liées à la dimension du projet traduisent une acceptabilité sociale encore fragile, s’appuyant sur des éléments majoritairement subjectifs », écrivent toutefois les enquêteurs avant de formuler deux demandes précises. Premièrement, la montée en puissance de la production devra être « progressive » avec des jalons de 50 %, 75 % puis 100 % et un contrôle, notamment, des rejets dans l’estuaire et de la densité des poissons dans les bassins d’élevage, jugée trop élevée par les opposants.

    La commission réclame aussi que l’eau potable utilisée sur le site « devra être exclusivement à l’usage des salariés et dans la limite stricte de 15 mètres cubes par jour », alors que les détracteurs de Pure Salmon redoutent un détournement de la ressource.

    Financée par un fonds d’investissement singapourien, la société défend « un enjeu de souveraineté alimentaire », alors que 99 % du saumon consommé en France est importé. Elle affirme que sa « technologie éprouvée » garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité » et que son approvisionnement obéit à des « normes strictes », assurant aux saumons une alimentation « responsable et traçable ».

    Mise en service à partir de 2028

    La communauté de communes qui accueillera Pure Salmon a voté à la quasi-unanimité, fin 2025, pour la construction de l’usine. Mais la Commission locale de l’eau, le BRGM et le Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde ont rendu des avis défavorables, pointant un déficit d’information derrière les « affirmations rassurantes ». En janvier, une manifestation a rassemblé plusieurs centaines d’opposants.

    Le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) doit désormais donner rendre un avis consultatif sur cette implantation dans les prochains mois. C’est le préfet de Gironde qui statuera au final sur la délivrance de l’autorisation environnementale. De son côté, Pure Salmon envisage une mise en service en 2028 et une commercialisation des premiers saumons en 2030.

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