Tag: géant

  • BYD, le géant automobile chinois, vacille sous le poids de sa guerre des prix

    BYD, le géant automobile chinois, vacille sous le poids de sa guerre des prix

    Les informations à retenir

    Le leader mondial peut-il sacrifier durablement sa rentabilité pour ses parts de marché ?

    • Alerte sur les marges : Le bénéfice net tombe à 4,08 milliards d’euros malgré un volume de ventes historique.

    • Saturation chinoise : Des remises massives allant jusqu’à 34% n’ont pas suffi à maintenir la croissance du chiffre d’affaires, limitée à 3,5%.

    • Pivot européen : Les ventes dans l’Union européenne ont bondi de 272,1% en septembre 2025, portant la part de marché de BYD à 1,8%, à égalité avec Tesla.

    Les résultats, publiés ce vendredi 27 mars 2026 à la Bourse de Hong Kong, marquent une rupture pour BYD. Le groupe automobile chinois affiche un bénéfice net de 32,6 milliards de yuans (4,08 milliards d’euros) pour l’exercice 2025. Ce montant recule de 19% par rapport aux 40,3 milliards de yuans de 2024. Le chiffre d’affaires plafonne à 804 milliards de yuans (101 milliards d’euros), en progression de 3,5% sur un an.

    Cette stagnation contraste avec l’exercice précédent. BYD avait alors dépassé Tesla avec 777 milliards de yuans de revenus. Le groupe reste le premier vendeur mondial de véhicules électriques avec 2,26 millions d’unités livrées en 2025. Toutefois, la rentabilité par unité s’effondre. Le champion de Shenzhen paie sa stratégie de volume au détriment de la valeur.

    Le marché chinois piégé par la surcapacité

    L’industrie chinoise du véhicule électrique connaît une crise de croissance interne. BYD, leader incontesté en Chine, a précipité cette situation par une guerre des prix frontale. Le constructeur a multiplié les promotions agressives sur vingt modèles phares pour soutenir sa production. Cette tactique a forcé la concurrence à s’aligner. Cela a créé un climat de « rivalité nuisible » selon la principale association chinoise des constructeurs automobiles en mai 2025.

    Cette agressivité tarifaire intervient alors que la confiance des ménages chinois s’érode. La normalisation des aides publiques à l’achat a également pesé sur la demande. En privilégiant les parts de marché, BYD a affaibli son intégration verticale. La maîtrise des batteries réduit les coûts, mais ne compense plus les baisses de prix radicales.

    L’intégration verticale face au défi de la rentabilité

    BYD repose sur un modèle industriel unique. Le groupe produit ses composants stratégiques pour dicter ses tarifs. Cependant, le retournement de 2025 montre les limites de ce bouclier. La croissance des ventes se maintient. Pourtant, les coûts fixes de l’outil industriel pèsent sur un chiffre d’affaires qui stagne.

    Le dilemme opérationnel est désormais critique. Pour protéger sa profitabilité, BYD devrait réduire la voilure et stabiliser ses prix. Pourtant, le groupe sature le marché pour évincer ses concurrents fragiles. Cette stratégie de la terre brûlée menace la santé financière à long terme. Le constructeur doit trouver des relais de croissance plus rentables à l’exportation.

    L’international comme soupape de sécurité

    L’Europe devient le nouvel eldorado de BYD pour restaurer ses marges. En février 2026, BYD a atteint 1,8% de part de marché dans l’Union européenne. Le constructeur dépasse ainsi Tesla pour le deuxième mois consécutif sur ce territoire.

    Sur ce marché, les prix de vente élevés offrent un bol d’air au compte de résultat. L’appétence européenne pour l’électrification porte cette dynamique. Les véhicules électriques à batterie représentent désormais 18,8% des immatriculations dans l’UE. BYD devient une alternative crédible aux constructeurs historiques et à Tesla.

    L’expansion agressive sur les marchés émergents

    BYD déploie ses pions en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. Le groupe cible les flottes professionnelles pour garantir des volumes stables. En Indonésie et en Thaïlande, le constructeur développe les infrastructures de recharge avec des partenaires locaux. Il crée ainsi un écosystème captif pour ses modèles.

    Cette présence permet d’écouler la surproduction des usines chinoises. BYD se positionne comme un fournisseur de technologies de transition énergétique pour les autorités locales. Cette diversification géographique limite la dépendance au marché chinois, malgré des investissements logistiques massifs à court terme.

    Le défi des barrières protectionnistes occidentales

    L’ascension de BYD à l’international déclenche des réactions politiques majeures. L’Union européenne enquête sur les subventions des constructeurs chinois. Un relèvement des droits de douane est envisagé pour protéger l’industrie européenne.

    Ces barrières tarifaires pourraient freiner l’offensive de BYD en Europe. Le groupe doit envisager des usines sur le sol européen pour s’adapter. Cela augmenterait ses coûts de production. L’enjeu de 2026 sera de protéger les marges malgré l’expansion mondiale.

    Source link

  • Free : l’opérateur se rêve en géant européen des infrastructures cloud et IA

    Free : l’opérateur se rêve en géant européen des infrastructures cloud et IA

    Les informations à retenir

    • Iliad accélère dans le cloud et l’IA. Porté par les enjeux de souveraineté, l’opérateur veut devenir un acteur majeur des infrastructures numériques en Europe, au-delà des télécoms.

    • Scaleway se développe. Le cloud souverain de cette filiale d’Iliad, basé sur des technologies internes et open source, attire des clients publics.

    • Des investissements importants et stratégiques. 4 milliards d’euros seront investis d’ici à 2030, notamment dans des data centers, par le groupe.

    Devenir un leader des infrastructures numériques en Europe, c’est l’ambition assumée du groupe Iliad, maison mère de l’opérateur Free appartenant à Xavier Niel. Ce qui explique pourquoi ses dirigeants ont presque davantage parlé de cloud et d’IA que de télécom lors de la présentation des résultats financiers 2025 à la presse, ce mardi 24 mars.

    Pourtant, ce groupe aux 52 millions de clients dans le monde a tiré de son cœur d’activité d’opérateur l’essentiel de ses 10,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière. Comment expliquer un tel positionnement ? Tout simplement parce que le contexte géopolitique troublé et l’essor de l’intelligence artificielle lui donnent l’occasion de renforcer ses activités de cloud computing et d’hébergement, lancées dès la fin des années 1990. Et peut-être même de jouer un rôle de premier plan en matière de souveraineté en Europe.

    Le pari de l’autonomie logicielle

    Sa filiale de cloud computing Scaleway, qui était déjà présente en France, en Pologne et aux Pays-Bas, vient en effet de lancer une nouvelle région cloud en Italie et se prépare à le faire en Suède et en Allemagne. Et elle profite à plein de l’intérêt des entreprises et organisations européennes pour des solutions technologiques offrant une certaine autonomie par rapport aux États-Unis.

    Si Iliad n’est pas le seul à se positionner sur le cloud souverain, sa filiale a fait le choix de développer en interne la partie stack logicielle à partir de solutions open source et avec une équipe de 350 développeurs. « C’est la force de développeurs actuellement la plus importante en Europe », a tenu à souligner le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud.

    Le bon timing

    Un positionnement unique initié il y a quelques années déjà et qui finit seulement par payer depuis que l’imprévisible Donald Trump est revenu au pouvoir. Avec deux belles prises récentes de clients : la mairie de Copenhague, ainsi que la Commission européenne dans le cadre du projet d’euro numérique de la Banque centrale européenne. Citons encore France Télévisions qui est en train de rapatrier les données de ses programmes hébergées auparavant par l’américain AWS.

    Cette stratégie est-elle risquée ? « Il va y avoir une volonté de souveraineté forte en Europe, c’est une certitude, avec la nécessité de faire émerger des acteurs locaux », analyse Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet Bearing Point, en charge des secteurs télécom et tech. « Mais cela reste un pari parce que les investissements sont conséquents et que les revenus ne seront pas tout de suite au rendez-vous. Ils se disent probablement qu’ils auront plus de chance en se positionnant tôt et fort ». C’est aussi probablement le moment idéal pour se lancer, alors que le gros des investissements dans les réseaux de fibre optique et 5G est passé.

    Deux gros projets de data centers

    Côté data center, le groupe développe deux gros projets en France, avec l’ambition de « dépasser les 300 mégawatts (MW) de capacité d’ici à 2034 », a encore précisé Thomas Reynaud. Le premier, déjà bien avancé, se situe dans le Val-d’Oise avec l’objectif d’atteindre 120 MW et des premières capacités livrées dès 2027. La commercialisation serait en cours, avec notamment des hyperscalers comme clients. 

    Le deuxième projet, porté par le consortium AION, se situera en Seine-et-Marne et en partenariat avec EDF. Il s’agit de créer un data center entièrement dédié à l’intelligence artificielle avec une capacité qui pourrait être comprise entre 250 et 300 MW. Bien que le site soit choisi et que la procédure de raccordement électrique accélérée soit lancée, le projet en est encore au stade des autorisations administratives. Il pourrait être éligible à l’appel d’offres que la Commission européenne s’apprête à lancer sur les gigafactories. « L’objectif, c’est de proposer la meilleure plateforme infrastructure et logicielle permettant d’accéder à l’IA en ayant la maîtrise logicielle la plus complète », a commenté Aude Durand, directrice générale déléguée du groupe Iliad.

    Cloud, data center, puissance de calcul, le groupe Iliad fait un véritable pari sur l’avenir en choisissant d’investir de façon conséquente dans ces activités qui pouvaient sembler de prime abord périphériques. « Sur les 5 à 6 prochaines années, nos investissements sur ces nouveaux métiers devraient s’établir à environ 4 milliards d’euros », nous a précisé Thomas Reynaud. Avec l’espoir de tirer profit à moyen terme de cette stratégie.

    Source link