La guerre en Iran, comme la guerre en Ukraine, n’aura apporté que plus de déséquilibre à du déséquilibre. C’est particulièrement vrai pour le marché du crédit immobilier qui connaît, au premier trimestre, un ralentissement marqué, selon les données de l’Observatoire Crédit Logement/CSA. « La demande était fragilisée au second semestre de 2025, elle est déstabilisée au premier trimestre 2026 », résume Michel Mouillart, directeur scientifique de l’Observatoire. Il reprend d’ailleurs à son compte pour se projeter la célèbre formule de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, lors de la pandémie : « Il faut apprendre à avancer à petits pas, dans le noir ».
Alors que le dernier baromètre de l’Association française des sociétés financières (ASF) indique des intentions de souscription à un crédit immobilier au premier semestre au plus bas historique, les banques tentent d’enrayer la morosité des ménages en stabilisant leurs taux sur le crédit immobilier, bien au-delà de l’effort commercial saisonnier.
Du coup, le taux moyen d’un crédit immobilier (hors assurances et frais de dossier) s’est stabilisé en mars à 3,23 %. C’est en soi une surprise alors que la crise au Moyen-Orient a provoqué une hausse des taux longs et que les taux sur les crédits immobiliers avaient déjà commencé à remonter lentement à partir de l’été 2025. Mais les banques, face à une demande de plus en plus faiblarde, ont rapidement revu leurs barèmes pour limiter les hausses pour soutenir la demande.
