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  • OPINION. « La paix est une histoire de femmes : arrêtons de faire semblant de l’ignorer », par Sarah Zitouni, experte des mécanismes de pouvoir et de leadership en entreprise

    OPINION. « La paix est une histoire de femmes : arrêtons de faire semblant de l’ignorer », par Sarah Zitouni, experte des mécanismes de pouvoir et de leadership en entreprise

    Pendant que les États s’échangent des ultimatums, une donnée circule discrètement dans les chancelleries : les dirigeantes femmes produisent des paix statistiquement plus durables. Ce n’est pas une posture. C’est un signal stratégique que le monde continue d’ignorer à ses risques.

    La guerre n’est pas une fatalité. C’est le produit d’un modèle de gouvernance millénaire : des cercles fermés, des ego surexposés, une culture institutionnelle qui confond domination et légitimité. Un modèle conçu par des hommes, pour des hommes et qui produit, avec une régularité troublante, les mêmes erreurs à grande échelle.

    Les accords de paix incluant des femmes négociatrices ont 35 % de chances supplémentaires de tenir au moins 15 ans. Ce chiffre, documenté par Inclusive Security et l’ONU Femmes, n’est pas un hasard statistique : il est le fruit d’un changement de paradigme. Là où la négociation classique se cristallise souvent sur le seul partage du pouvoir militaire, les femmes élargissent le périmètre des discussions à la santé, l’éducation, la justice locale et la réintégration civile. En intégrant ces piliers de la résilience sociale, elles ne signent pas seulement un cessez-le-feu précaire ; elles bâtissent les fondations d’une stabilité réelle et durable, indispensable à la survie des nations.

    Voici donc la différence entre une paix pérenne et un cessez-le-feu qui prépare la prochaine guerre. Et il se confirme même en entreprise : le FMI rapporte que les équipes dirigeantes mixtes sont structurellement moins exposées au biais de surconfiance, ce biais cognitif qui pousse un chef d’État comme un PDG à sous-estimer le coût de son offensive.

    La fermeté n’a aucun besoin de brutalité pour créer les conditions du respect.

    Sarah Zitouni, experte des mécanismes de pouvoir et de leadership en entreprise

    Angela Merkel a résisté douze ans aux pressions de Moscou sans jamais brandir une menace qu’elle n’avait pas l’intention d’exécuter. Sa dissuasion reposait sur une cohérence rare : elle disait ce qu’elle faisait. Tsai Ing-wen a subi l’encerclement militaire chinois sans jamais tomber dans le piège de l’escalade, et sorti Taïwan renforcé diplomatiquement. Ellen Johnson Sirleaf, première femme présidente d’Afrique, en est l’incarnation ultime. Après 14 ans de guerre civile au Liberia, elle a réussi là où tous les “seigneurs de la guerre” avaient échoué : stabilisation politique, relance économique et réduction massive des violences internes.

    Son succès était collectif : il a été soutenu et porté par le mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace. Ces femmes ont forcé les chefs de factions à s’asseoir à la table des négociations. Elles ont prouvé que la paix n’est pas un vœu pieux et naïf, mais une exigence pragmatique portée par celles qui refusent de voir leurs enfants sacrifiés.

    « Dissuasion classique en panne »

    Ce que ces femmes partagent, ce n’est pas une douceur naturelle. C’est la capacité à produire des transformations majeures sans empiler les traumatismes qui en compromettent la durabilité.

    On nous oppose le faux dilemme : faiblesse ou brutalité. C’est une caricature intellectuelle. La fermeté n’a aucun besoin de brutalité pour créer les conditions du respect. La brutalité, elle, est l’aveu d’une faillite diplomatique et ce sont toujours les peuples qui en paient le prix.

    Selon le Stockholm International Peace Research Institute, un euro consacré à la prévention des conflits économise en moyenne dix euros de gestion post-crise.

    La dissuasion classique est en panne. Le feu nucléaire n’a pas arrêté l’invasion de l’Ukraine. La supériorité militaire américaine n’a pas stabilisé le Moyen-Orient. Ces échecs ont un dénominateur commun : des systèmes de décision à très faible diversité, très verticaux, imperméables aux signaux d’alerte que d’autres auraient intégrés.

    Reprendre le chemin de la diplomatie et d’un leadership coopératif et collaboratif n’est pas idéaliste. C’est l’arbitrage de plus fort rendement qu’un pays puisse choisir. Selon le Stockholm International Peace Research Institute, un euro consacré à la prévention des conflits économise en moyenne dix euros de gestion post-crise.

    Le monde n’a pas besoin de plus de généraux, ni de chefs d’États au discours martiaux. Il a besoin de diplomates et de stratèges qui comprennent que la sécurité réelle ne se mesure pas au nombre de têtes nucléaires, mais à la solidité des alliances et la coopération et compréhension entre les peuples.

    La paix n’est pas l’absence de conflit. Elle est une manière supérieure de les régler. Les femmes qui dirigent le prouvent, et l’ont prouvé de multiples fois, chiffres à l’appui. Ignorer cette réalité n’est plus une option politique, c’est une faute stratégique qui mène tout droit vers une escalade intolérable.

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  • « Je veux faire de Barilla le leader des pâtes et des sauces en France »

    « Je veux faire de Barilla le leader des pâtes et des sauces en France »

    La gastronomie italienne, cela fait plus de 30 ans qu’elle lui colle à la peau. Depuis son premier job et sa première expérience à l’étranger, notamment, au début des années 1990. C’est à ce moment, à Rome, que Frédéric Bodereau, le nouveau président « Europe de l’Ouest » de Barilla depuis le 4 février, raconte avoir découvert que les pâtes, ce n’étaient pas que les coquillettes au beurre de son enfance franco-française. Et qu’elles pouvaient être sublimées par des légumes du Sud quasi exotiques à ses yeux, tels que les aubergines ou les courgettes. C’est aussi pendant cette année et demie qu’il découvre, comme consommateur, l’histoire et le poids local de Barilla en Italie, et qu’il commence à caresser l’idée d’y travailler un jour.

    Le rêve se concrétise cinq ans plus tard, lorsqu’il entre dans la filiale française de Barilla comme contrôleur financier, pour ensuite gravir les divers échelons de la multinationale, d’abord comme directeur financier, puis, depuis 2018, comme directeur général du Benelux. Désormais à la tête aussi du marché français – le deuxième du groupe après l’Italie –, Frédéric Bodereau ne cache pas l’ampleur de son ambition : dépasser dans l’Hexagone la position de challenger dans laquelle Barilla est coincé depuis 50 ans, et y devenir le leader des pâtes et des sauces qu’il est déjà au niveau mondial. 

    « Notre objectif est de faire croître de nouvelles catégories »

    « En trois ou quatre ans, c’est possible », estime Frédéric Bodereau, en s’appuyant sur les récents succès de la marque italienne, dont « l’écart avec le leader du marché des sauces (Panzani, ndlr) est passé de 21 points à moins de 5 en 10 ans ». Pour y arriver, Barilla mise sur l’appétence des Français pour la cuisine italienne, qui dans son ensemble génère 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, et dont le groupe soigne son image d’«ambassadeur». Mais aussi sur le développement permanent de nouveaux produits, afin de conquérir de nouveaux consommateurs. « Plutôt que de redistribuer les parts du marché, notre objectif est de faire croître nos catégories », explique Frédéric Bodereau.

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  • Groupama joue la diversification pour faire face au défi climatique

    Groupama joue la diversification pour faire face au défi climatique

    Poids lourd de l’assurance en France, l’assureur mutualiste Groupama publie pour 2025 des résultats « cohérents », avec des ratios « normaux, de rythme de croisière ». Bref, « pas de surprofits » ou « de triomphalisme », selon Thierry Martel, directeur général du groupe, « mais une profitabilité qui correspond à une gestion équilibrée et durable portée par un contexte financier favorable ».

    En termes de chiffres, cela se traduit par un résultat net qui dépasse le milliard d’euros et un chiffre d’affaires qui franchit le seuil des 20 milliards d’euros, moitié en dommages, moitié en épargne, santé et prévoyance.

    Le groupe mutualiste retrouve le chemin de la croissance sur tous ses métiers, avec même une forte dynamique à l’international (17 % du chiffre d’affaires, 25 % du résultat). Mais il reste, compte tenu de sa présence historique dans les zones rurales, surexposé aux sinistres climatiques, en supportant en moyenne 15 % de la charge du secteur pour une part de marché dans l’assurance dommages d’environ 10 %. C’est l’une des raisons, avec la désertification de certaines campagnes ou petites villes, pour lesquelles Groupama cible de plus en plus les zones urbaines.

    Nouveau palier dans les sinistres climatiques

    L’an dernier, ces sinistres climatiques ont coûté près de 900 millions d’euros (722 millions en net de réassurance), un niveau comparable à celui de 2024, et inférieur aux pics de 2022 et de 2023, mais qui reste bien supérieur aux années 2016-2020 (640 millions en moyenne). « Nous avons clairement monté une nouvelle marche sur le sinistre climatique, et ce n’est pas le début de l’année 2026 qui va me démentir puisque l’accumulation des tempêtes indique un trend climatique qui est assez mauvais sur cette année », commente Thierry Martel.

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