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  • Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    L’économie mondiale apparaît, plus que jamais, au bord d’une zone majeure de turbulences. Le conflit en Iran, combiné à des indicateurs macroéconomiques de plus en plus fragiles, fait monter le spectre de la récession aux quatre coins de la planète, à commencer par les Etats-Unis. Selon Moody’s Analytics, la probabilité d’une récession outre-Atlantique dans les 12 prochains mois atteint désormais les 48,6 %, tandis que Goldman Sachs et EY-Parthenon estiment ce risque respectivement à 30 % et 40 %, contre une probabilité en février située entre 15 et 20 %.

    Les signaux avant-coureurs étaient déjà visibles avant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février : le rapport mensuel sur l’emploi de février aux Etats-Unis a montré une perte inattendue de 92 000 postes, alors que les économistes tablaient sur un gain de 60 000 emplois. Le chômage américain approche désormais 4,5 %, contre 3,4 % il y a trois ans, et la croissance des salaires, notamment pour les revenus modestes, reste faible.

    « A moins que les hostilités ne cessent maintenant… »

    « Même avant le conflit, je pensais que la récession et les risques étaient en hausse », a indiqué cette semaine sur CNBC Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s. « Les risques de récession sont tdevenus rès élevés — et à moins que les hostilités ne cessent maintenant, que le président trouve un moyen de se retirer, de déclarer la victoire et de passer à autre chose, et que les Iraniens fassent de même, je pense que la récession est plus que probable d’ici la seconde moitié de l’année. »

    Le pétrole constitue le principal catalyseur du risque. Le baril de Brent s’installe désormais dans la zone des 110 dollars. Et les simulations de Moody’s estiment qu’un prix moyen proche de 125 dollars au deuxième trimestre suffirait à plonger l’économie américaine dans la récession si les tensions persistent. La fermeture du détroit d’Ormuz perturbe également les exportations d’engrais, menaçant la production agricole et la hausse des prix alimentaires.

    Les scénarios noirs deviennent les scénarios réels

    En Europe, au fur et à mesure que le conflit s’enlise, la situation devient également davantage préoccupante. L’Italie illustre l’exposition européenne directe à la guerre au Moyen-Orient : le centre d’études de Confindustria estime que le pays a d’ores et déjà perdu 0,2 point de croissance et pourrait entrer en récession si le conflit se prolonge. « L’économie risque de stagner si la guerre continue au deuxième trimestre et le pays risque même d’entrer cette année en récession (-0,7 %) si le conflit se prolonge jusqu’à fin 2026 », avertit l’étude. Les exportations ralentiraient, la consommation et les investissements fléchiraient, et l’inflation pourrait atteindre 2,5 % sur l’année, contre 1,5 % en 2025. Les entreprises italiennes pourraient voir leur facture énergétique augmenter de 21 milliards d’euros.

    En France, le mot récession reste pour l’heure tabou, mais le coup de frein économique potentiel n’en paraît pas moins conséquent. Selon les prévisions de la Banque de France publiées cette semaine, le scénario actuel le plus sombre pourrait faire dégringoler la croissance annuelle à 0,3 %, contre 1 % espéré à l’origine. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a pris soin de préciser que « dans ces différents scénarios, il n’y a pas de récession, je le souligne ». Reste que ces projections deviennent progressivement, par défaut, les scénarios les plus optimistes, chaque jour supplémentaire allongeant la durée du conflit au Moyen-Orient, et par rebond la profondeur des impacts.

    « Deux crises pétrolières et une crise gazière »

    À l’échelle mondiale, la récession américaine pourrait provoquer un effet domino, affectant les économies européennes et les marchés émergents. Entre hausse des prix de l’énergie, perturbation des chaînes logistiques et ralentissement de la demande mondiale, la vigilance des banques centrales et des gouvernements sera donc déterminante pour éviter un scénario noir. Les prochaines semaines seront à ce titre cruciales : la fin du conflit au Moyen-Orient ou, à défaut, sa prolongation, pourrait sceller la trajectoire économique de 2026.

    En cas de prolongation, la tempête pourrait bien tourner au tsunami. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur l’ampleur sans précédent de la crise énergétique. « Le monde perd actuellement 11 millions de barils par rapport à 5 milliards lors des crises de 1973 et 1979. Si vous voulez mettre cela en contexte, cette crise actuelle équivaut à deux crises pétrolières et une crise gazière mises ensemble », a détaillé cette semaine Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Avant d’ajouter, dans une logique de présage : « la profondeur du problème n’a pas été bien appréciée par les décideurs du monde entier ».

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  • « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées », scandait l’Agence sur les économies d’énergie après le choc pétrolier de 1973. Quelles sont donc celles que Roland Lescure a derrière la tête pour faire face à la hausse du prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient ? Après avoir indiqué la veille, par la voix de la ministre de l’Énergie, Maud Brégeon, qu’« aucune aide directe » n’était validée, le gouvernement dévoilera des mesures dans « les tout prochains jours », a annoncé le ministre de l’Économie ce jeudi.

    Mais le contour de ces mesures, qui avaient été promises mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, semble encore flou. « Ce que je peux vous dire, c’est qu’on concerte, on calibre, on étudie, et que dans les tout prochains jours on sera en mesure d’annoncer des mesures nouvelles », a déclaré Roland Lescure sur RTL. « On regarde ce qu’on appelle les gros rouleurs. Mais on va le faire, là encore, de manière ciblée », a ajouté le ministre de l’Économie.

    Des mesures de trésorerie pour payer les factures

    « Le problème à court terme, c’est de pouvoir payer les factures. Donc c’est des problèmes de trésorerie », a-t-il estimé. « Et donc première salve si je puis dire, on annonce des mesures de trésorerie qui vont permettre aux entreprises, les transporteurs routiers, les pêcheurs, qui ont des problèmes pour payer leur facture d’essence, de la payer », a-t-il promis. Lundi, le gouvernement a déjà annoncé des « mesures immédiates pour soulager la trésorerie » des entreprises de pêche.

    Parmi ces mesures, un « échelonnement des cotisations sociales » avec « un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande », un « étalement des échéances fiscales » et des « prêts de trésorerie garantis par Bpifrance », selon un communiqué du ministère de la Mer et de la Pêche. Mais pas de remise directe à la pompe, des discussions étant « en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 ».

    Des précisions ont été apportées dans la foulée ce jeudi par le ministre des PME et du Pouvoir d’achat Serge Papin, sur Europe 1/CNews, au sujet de ces aides pouvant également viser les « agriculteurs ». « La BPI (banque publique d’investissement) va proposer des prêts bonifiés, garantis par l’État, pour aider à la trésorerie », a déclaré Serge Papin. « Deuxièmement, sur le plan fiscal, sur le plan social, les services de l’État vont différer les paiements », a-t-il ajouté.

    Mais pas de remise à la pompe

    Roland Lescure a, en tout cas, de nouveau exclu des rabais sur la TVA, des taxes d’un montant variable ou des plafonnements des prix à la pompe, autant de mesures que le gouvernement estime contre-productives ou trop complexes à mettre en œuvre. Selon le ministre, « il n’y a pas de formule magique » pour empêcher la hausse des prix dans les stations-essence. « Des chèques qui seraient mis sur la table demain et seraient payés après-demain par le contribuable », a averti Maud Bregeon mercredi.

    Des aides directes ont pourtant été mises en place chez nos voisins. L’Espagne a présenté un plan de 5 milliards d’euros incluant une baisse de la TVA et une remise allant jusqu’à 30 centimes par litre de carburant à la pompe. En Italie, un décret-loi a réduit le prix des carburants de 25 centimes par litre. Des mesures similaires de réduction des taxes sur les carburants ont été prolongées au Portugal et votées en Suède. Et l’Allemagne a interdit aux stations-service d’augmenter leurs prix plus d’une fois par jour.

    Mais ces mesures ont un coût et « la réalité des finances publiques, c’est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir », a rappelé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. « Si on était au niveau de déficit de l’Italie ou de l’Espagne, on aurait des marges de manœuvre de 80 à 90 milliards de dollars pour faire face à ce choc », a déclaré Patrick Martin sur BFM Business mercredi. Mais « on ne peut pas aller plus loin » que des mesures de trésorerie parce que « le roi est nu », s’est-il désolé.

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  • Face à une crise énergétique émergente, le médiateur met en garde les consommateurs

    Face à une crise énergétique émergente, le médiateur met en garde les consommateurs

    « Il est important que les consommateurs disposent d’une information claire, à la fois sur la situation, sur ses conséquences potentielles et sur les offres qui leur sont faites. La transparence est primordiale », a prévenu ce mercredi matin Bernard Doroszczuk. Alors qu’il s’exprimait pour la première fois devant la presse en tant que nouveau Médiateur national de l’énergie (MNE), l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a souhaité mettre en garde les consommateurs face à « la crise de l’énergie qui émerge et dont personne ne sait véritablement si elle va s’accentuer, ni combien de temps elle va durer ».

    « Et c’est d’autant plus important, en situation de crise, de parler également de ce qu’il peut arriver. Il ne faut pas se limiter, dans l’information, à la photographie à l’instant présent », a-t-il ajouté. « Le prix de marché est toujours soumis aux aléas et un aléa est toujours possible », a-t-il rappelé. « Parfois on l’oublie lorsque l’on s’éloigne des crises. »

    La nouvelle guerre au Moyen-Orient a fait flamber les cours du gaz. Sur le TTF, la référence en Europe, le prix a ainsi franchi la barre des 60 dollars le mégawattheure et se situe aujourd’hui à environ 54 dollars, contre environ 32 dollars avant l’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Laquelle a conduit au blocage du détroit d’Ormuz où transitent 20 % de l’offre mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Un observatoire en temps réel 

    Pour l’heure, cette hausse observée sur le marché de gros ne s’est pas encore répercutée dans les factures des ménages français. « Pour l’instant, nous n’avons pas constaté, pour le gaz, d’augmentation des tarifs. C’est un constat à date », a dit Bernard Doroszczuk. La matérialisation de cette hausse est toutefois attendue au mois de mai. Période durant laquelle la consommation en gaz des ménages diminue avec le redoux printanier. À cette échéance, il faut donc s’attendre à une incidence limitée sur le pouvoir d’achat des ménages.

    Il n’empêche, dans ce contexte très incertain et de forte volatilité des prix, le MNE prévoit de mettre en place un observatoire en temps réel des offres de gaz. « Dès que nous observerons des évolutions sur les offres à prix fixe ou à prix indexé, nous le ferons savoir immédiatement avec notre comparateur », a indiqué l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

    Contrairement au marché de l’électricité, il n’existe plus de tarif réglementé de vente pour la fourniture de gaz. Ainsi, aujourd’hui, 60 % des offres de gaz sont à prix indexé sur le tarif repère. Il s’agit d’un tarif indicatif publié par le régulateur de l’énergie qui intègre l’évolution des prix du gaz sur les marchés de gros. Le restant des offres sont à prix fixe pour la fourniture. « Il est possible que le nombre d’offres à tarif fixe diminue. C’est aussi possible que le tarif de ces offres augmente de manière substantielle pour que les fournisseurs se couvrent dans leur approvisionnement à terme », anticipe Bernard Doroszczuk.

    Mise en garde vis-à-vis des comparateurs

    « Nous sommes dans une situation où il y a eu des dommages assez massifs sur les installations. Et, quand bien même les bombardements cesseraient, il faudra, de toute façon, un temps assez important pour que les approvisionnements retrouvent leurs flux initiaux. Donc il y aura une tension sur les prix. C’est tout à fait clair ».

    À quel point les tarifs pourraient augmenter ? « Les spécialistes estiment qu’il y aura une hausse entre 10 et 20 % des tarifs à partir du mois de mai. Est-ce que ça restera à ce niveau ? Est-ce que ça augmentera ? Personne n’en sait rien », répond le médiateur. Lequel met aussi en garde les consommateurs vis-à-vis des communications des comparateurs d’énergie, qui alertent sur des hausses de facture à venir.

    Lorsqu’un comparateur fait une estimation, cela « contribue à sa politique commerciale », a rappelé le médiateur. « Le comparateur joue un rôle d’intermédiaire entre les consommateurs et les fournisseurs. Il est rémunéré pour ça. Il n’est pas neutre et il ne compare pas toutes les offres », a-t-il poursuivi, invitant les consommateurs à consulter plutôt le comparateur disponible sur le site du Médiateur national de l’énergie. Lequel compare toutes les offres. « Et nous n’orientons le consommateur vers aucune de ces offres. Nous laissons le consommateur choisir », a insisté Bernard Doroszczuk.

    La précarité énergétique en « constante progression »

    Ce risque de hausse substantielle intervient alors même que la précarité énergétique est en « constante progression », pointe le médiateur. « En 2025, 36 % des Français disent rencontrer des difficultés à payer leur facture énergétique, contre 28 % en 2024 », indique-t-il. Par ailleurs, 75 % des Français se restreignent volontairement sur le chauffage, selon le baromètre du MNE. « Les Français vivent davantage une sobriété subie qu’une sobriété choisie », déplore l’ancien patron de l’Autorité de sûreté nucléaire.

    En 2025, 10 900 coupures de gaz ont été effectuées par les fournisseurs, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Côté électricité, on compte 140 000 coupures pour factures impayées. Un niveau en baisse, notamment parce que les fournisseurs ont privilégié les réductions de puissance aux coupures franches. « Mais tous ne le font pas », regrette Bernard Doroszczuk.

    Inquiétude sur le fioul. Si le Médiateur national de l’énergie (MNE) n’a pas encore constaté de hausse de prix sur les offres de gaz à destination des particuliers, des hausses substantielles sur le fioul sont déjà observées et pourraient continuer à augmenter. Or, les consommateurs de fioul pour le chauffage devront se réapprovisionner avant l’automne. « Il y a un vrai sujet », estime ainsi Bernard Doroszczuk. Selon une étude de l’Insee publiée en janvier dernier, 2,6 millions de résidences principales étaient chauffées au fioul en 2022, soit près de 9 % d’entre elles.

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  • Groupama joue la diversification pour faire face au défi climatique

    Groupama joue la diversification pour faire face au défi climatique

    Poids lourd de l’assurance en France, l’assureur mutualiste Groupama publie pour 2025 des résultats « cohérents », avec des ratios « normaux, de rythme de croisière ». Bref, « pas de surprofits » ou « de triomphalisme », selon Thierry Martel, directeur général du groupe, « mais une profitabilité qui correspond à une gestion équilibrée et durable portée par un contexte financier favorable ».

    En termes de chiffres, cela se traduit par un résultat net qui dépasse le milliard d’euros et un chiffre d’affaires qui franchit le seuil des 20 milliards d’euros, moitié en dommages, moitié en épargne, santé et prévoyance.

    Le groupe mutualiste retrouve le chemin de la croissance sur tous ses métiers, avec même une forte dynamique à l’international (17 % du chiffre d’affaires, 25 % du résultat). Mais il reste, compte tenu de sa présence historique dans les zones rurales, surexposé aux sinistres climatiques, en supportant en moyenne 15 % de la charge du secteur pour une part de marché dans l’assurance dommages d’environ 10 %. C’est l’une des raisons, avec la désertification de certaines campagnes ou petites villes, pour lesquelles Groupama cible de plus en plus les zones urbaines.

    Nouveau palier dans les sinistres climatiques

    L’an dernier, ces sinistres climatiques ont coûté près de 900 millions d’euros (722 millions en net de réassurance), un niveau comparable à celui de 2024, et inférieur aux pics de 2022 et de 2023, mais qui reste bien supérieur aux années 2016-2020 (640 millions en moyenne). « Nous avons clairement monté une nouvelle marche sur le sinistre climatique, et ce n’est pas le début de l’année 2026 qui va me démentir puisque l’accumulation des tempêtes indique un trend climatique qui est assez mauvais sur cette année », commente Thierry Martel.

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  • « Tous ceux qui disaient plus jamais avec LFI nous ont suppliés de s’allier avec nous » : face au volte-face du PS, la jubilation de Mélenchon

    « Tous ceux qui disaient plus jamais avec LFI nous ont suppliés de s’allier avec nous » : face au volte-face du PS, la jubilation de Mélenchon

    Jean-Luc Mélenchon a passé une très bonne semaine. « Il s’est régalé », confie un de ses plus proches. De leur propre aveu, ses Insoumis ne s’attendaient pas à vivre une telle percée dans les grandes villes dimanche dernier, lors du premier tour des municipales. « Nos objectifs sont atteints et même dépassés », confirme le stratège Paul Vannier.

    Après Saint-Denis remporté dès le premier tour, Toulouse, Limoges, Roubaix, La Courneuve et quelques autres communes pourraient passer sous pavillon LFI ce dimanche soir. Inespéré pour ce mouvement que l’on croyait de plus en plus isolé sur l’échiquier politique à force de polémiques.

    « Nous avons entièrement retourné une situation dont on disait qu’elle serait une punition exemplaire pour nous ; il faut se réjouir et ne pas s’en priver », a demandé le chef de LFI aux siens, même si ce succès doit être largement nuancé au regard des faibles scores du mouvement dans les villes hors métropoles. « Le PS a eu la victoire électorale, LFI a eu la victoire politique », en conclut un responsable socialiste, alors que le parti à la rose a quant à lui décroché plus de 700 mairies dès le premier tour.

    Pour Jean-Luc Mélenchon, le succès n’est pas tant dans les résultats définitifs que dans les ralliements du reste de la gauche à ses listes qualifiées pour le second tour. Confirmation, selon lui, que son mouvement demeure « incontournable ». Qu’aussi « infréquentable » que le dépeignent ses adversaires, rien ne peut se faire sans lui. « Tous ceux qui disaient plus jamais au grand jamais avec La France insoumise nous ont suppliés par téléphone de pouvoir s’allier avec nous », savoure Paul Vannier.

    Une figure de gauche qui connaît l’Insoumis depuis plus de trente ans commente : « Jean-Luc Mélenchon se fout complètement de conquérir des villes. Ce qui lui importe, c’est d’avoir fait coucher la gauche non mélenchoniste. Il a réussi à casser la prise de distance, démontrant que le PS pouvait encore s’allier à lui. »

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  • La gauche face à ses choix, le RN à l’épreuve des grandes villes : l’heure des comptes

    La gauche face à ses choix, le RN à l’épreuve des grandes villes : l’heure des comptes

    Par le passé, l’expérience a souvent montré que les élections locales ne structuraient pas le scrutin présidentiel qui suivait juste après. En 2001, la gauche remporta Paris et Marseille, puis l’année suivante, elle ne fut pas qualifiée pour le second tour de la compétition élyséenne. En 2021, la Macronie et le Rassemblement national connurent des déboires très humiliants aux régionales, et en 2022, Emmanuel Macron et Marine Le Pen furent les finalistes de la présidentielle.

    Malgré tout, ce dimanche, personne ne pourra s’empêcher de tirer des conclusions des résultats du second tour des élections municipales en vue du match de l’an prochain qui, dès ce soir, occupera les esprits dans tous les états-majors. Seront-elles aisées à dessiner ? Sur le papier, le résultat de ce second tour municipal paraît très incertain dans une soixantaine de villes de plus de 30.000 habitants – un chiffre considérable.

    Dans l’entre-deux-tours de ces municipales, c’est la question des alliances à gauche qui aura dominé le débat. Ce soir, c’est donc d’abord ce qu’elles auront concrètement produit qui sera observé. En la matière, le test de Toulouse sera le plus scruté. Le candidat LFI François Piquemal, derrière qui le PS s’est rangé, battra-t-il le maire centriste sortant, Jean-Luc Moudenc ? Le mélenchoniste parviendra-t-il à faire le plein des voix à gauche (les listes Insoumise et socialiste ont totalisé 52,5 % au premier tour) ou subira-t-il une déperdition du côté des électeurs sociaux-démocrates, qui n’auront pas envie d’une candidature si radicale ? La prise de la troisième ville de France par le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui devrait aussi remporter ce soir Roubaix, serait un séisme national.

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