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  • “Viktor Orban est l’atout maître du Kremlin dans l’UE” : l’alerte du journaliste d’investigation Szabolcs Panyi

    “Viktor Orban est l’atout maître du Kremlin dans l’UE” : l’alerte du journaliste d’investigation Szabolcs Panyi

    Il est la bête noire du gouvernement hongrois, le poil à gratter de Viktor Orban dans la dernière ligne droite vers les législatives du 12 avril. Rédacteur en chef des enquêtes sur l’Europe centrale chez VSquare à Budapest, l’un des principaux médias d’investigation de la région, Szabolcs Panyi documente inlassablement l’influence du Kremlin dans la politique hongroise. A quelques jours du scrutin, il juge l’ingérence russe “sans précédent”. Et la négligence de l’Union européenne coupable.

    L’Express : Quelle est l’ampleur de l’infiltration russe dans cette campagne ?

    Szabolcs Panyi : Nous faisons face à une campagne d’ingérence caractérisée. Les éléments s’accumulent, documentés par plusieurs médias. Début mars, VSquare a révélé que le Kremlin avait dépêché en Hongrie trois agents du GRU – le service de renseignement militaire – spécialisés dans la manipulation des réseaux sociaux. D’après nos informations, l’opération serait supervisée par Sergueï Kirienko, le premier chef adjoint de cabinet de Poutine, principal artisan de la stratégie d’influence russe. Il est également cité dans un récent article du Financial Times sur la Social Design Agency, une agence qui aurait orchestré la diffusion de récits favorables au gouvernement hongrois sur les réseaux sociaux, notamment via des influenceurs pro-Orbán. Enfin, les services de renseignement extérieurs russes (SVR) auraient envisagé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban afin de le présenter en victime, selon une enquête du Washington Post. Ce projet, baptisé “Gamechanger”, visait à infléchir le cours de la campagne.

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  • Le bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine s’aggrave : Viktor Orban suspend “progressivement” les livraisons de gaz

    Le bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine s’aggrave : Viktor Orban suspend “progressivement” les livraisons de gaz

    La Hongrie va progressivement suspendre ses livraisons de gaz naturel vers l’Ukraine jusqu’à ce que l’approvisionnement en pétrole brut via l’oléoduc Droujba reprenne, a indiqué mercredi 25 mars le Premier ministre hongrois Viktor Orban, une déclaration venant aggraver le bras de fer avec Kiev concernant les approvisionnements énergétiques perturbés par la guerre.

    La Hongrie et la Slovaquie, dont les dirigeants font figure d’exception au sein de l’Union européenne (UE) en raison de leurs relations avec Moscou, reprochent à Kiev l’interruption des flux de pétrole russe transitant par le Droujba. De son côté, l’Ukraine affirme que l’infrastructure a été endommagée fin janvier lors d’une attaque de drone russe et qu’elle s’efforce de la remettre en service dans les plus brefs délais. Peu convaincu, Viktor Orban a déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook : “Nous suspendons progressivement les livraisons de gaz vers l’Ukraine et stockons le gaz restant chez nous”.

    LIRE AUSSI : Et si Viktor Orban tombait ? Le scénario qui pourrait bouleverser l’Europe, par Catherine Fieschi

    Pourtant, selon les données de l’opérateur de gazoducs hongrois FGSZ, les exportations de gaz vers l’Ukraine se poursuivaient encore mercredi matin. L’opérateur ukrainien de transport de gaz a confirmé que 8,3 millions de mètres cubes seraient livrés ce jour-là, un volume identique à celui de mardi. En mars, Kiev a conclu un contrat d’approvisionnement de 180 millions de mètres cubes, soit environ 28 % de ses besoins mensuels. En février, 200 millions de mètres cubes avaient été livrés, soit 31 % du total, selon une source du secteur citée par Reuters.

    L’Ukraine, la cible de la Hongrie

    Cette annonce survient alors que Viktor Orban – candidat à un nouveau mandat le mois prochain – a récemment bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine. Le chef du gouvernement hongrois avait déjà menacé de réduire ses exportations d’électricité vers son voisin si les livraisons de pétrole via Droujba restaient interrompues.

    LIRE AUSSI : Une fausse tentative d’assassinat contre Viktor Orban : cette proposition russe pour influencer l’élection hongroise

    La semaine dernière, des experts de l’UE sont arrivés en Ukraine pour évaluer l’état de l’oléoduc. Bruxelles a proposé une aide technique et financière afin de restaurer les flux de brut vers la Hongrie et la Slovaquie, mais Kiev a prévenu que la reprise ne pourrait intervenir avant plusieurs semaines.

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  • Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Cours du pétrole : un répit inespéré pour Vladimir Poutine

    Lorsque le 24 février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année, la situation en Russie n’était guère reluisante. Escalade des dépenses publiques dopées par l’effort de guerre, creusement des revenus du pétrole et du gaz sous l’effet des sanctions internationales, croissance atone ou presque, inflation venant rogner le pouvoir d’achat de la population : la plupart des indicateurs ont viré dans le rouge. Au point de susciter de la colère, y compris dans les cercles proches du Kremlin, à voir la volte-face du blogueur Ilya Remeslo. “Il est temps de jeter l’éponge car avec Poutine, on ira nulle part”, écrit l’influenceur, dans un article intitulé “Les cinq raisons pour lesquelles je ne soutiens plus Poutine”. Des propos qui lui ont valu un internement en hôpital psychiatrique…

    Comme du temps de l’Union soviétique, la vérité n’est jamais bonne à dire dans la Russie de Poutine. D’autant plus que ce dernier, depuis le 28 février, peut souffler. L’attaque déclenchée par les Etats-Unis et Israël en Iran a certes visé un allié de Moscou. Mais la propagation du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient et ses répercussions sur le cours du pétrole lui ont apporté un formidable ballon d’oxygène. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, le cours du baril a franchi la barre des 100 dollars, une aubaine pour le maître des illusions russes. Car, quand le pétrole va, tout va ou presque dans son empire : les recettes liées aux ventes d’hydrocarbures alimentent les caisses de l’Etat, finançant largement la guerre en Ukraine. La hausse du prix du baril (de 70 % depuis le 1er janvier) est donc une excellente nouvelle pour Moscou, qui a tout intérêt à ce que la situation s’enlise dans le détroit d’Ormuz.

    LIRE AUSSI : “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    D’autant que cette flambée du pétrole n’est pas la seule bonne nouvelle. “Pour sa guerre en Ukraine, le Kremlin compte sur le manque de munitions occidentales, le durcissement de la pression américaine sur Kiev, la manne pétrolière et une levée partielle des sanctions”, résume Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie à l’Ifri. C’est précisément ce que la guerre au Moyen-Orient lui apporte sur un plateau, en détournant l’attention de l’Occident de l’Ukraine, en réduisant les stocks d’armements, ou encore en provoquant un allègement des sanctions américaines. Mieux : la menace d’une crise énergétique attise de nouveau les divisions au sein des pays européens, très fébriles face à l’envolée des prix de l’énergie.

    Le président russe peut donc espérer gagner du temps. Mais le télégramme qu’il a envoyé récemment à Kim Jong-un pour le féliciter de sa “réélection” à la tête de la Corée du Nord vient surtout rappeler son isolement diplomatique, alors que la guerre en Ukraine va bientôt franchir le cap symbolique des 1 500 jours. En réalité, la Russie que Vladimir Poutine dirige d’une main de fer depuis plus d’un quart de siècle ressemble à un château de barils, qui menace à moyen terme de s’écrouler.

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  • Danemark : Mette Frederiksen fragilisée à l’issue des législatives

    Danemark : Mette Frederiksen fragilisée à l’issue des législatives

    Les sociaux-démocrates de la Première ministre danoise Mette Frederiksen ont enregistré mardi 24 mars leur plus mauvais résultat depuis plus d’un siècle lors des élections législatives.

    Mette Frederiksen, qui dirige le Danemark depuis 2019 et brigue un troisième mandat, a convoqué ces élections plusieurs mois avant la date butoir d’octobre, une décision largement vue comme une tentative de profiter du regain de popularité dont elle bénéficie depuis qu’elle a tenu tête, en janvier, à Donald Trump et ses velléités d’annexion du Groenland, territoire danois semi-autonome.

    LIRE AUSSI : Danemark : la leçon de populisme de Mette Frederiksen pour rester au pouvoir

    Le résultat du scrutin a toutefois montré qu’elle était fragilisée, tant à gauche qu’à droite, alors que la question du coût de la vie s’est imposée comme étant la première inquiétude des électeurs, ont estimé des observateurs.

    Mette Frederiksen “prête” pour un nouveau mandat

    D’après les résultats définitifs, les sociaux-démocrates ont remporté 38 sièges au Folketing, le Parlement danois, qui en compte 179. Il y a quatre ans, ils en avaient remporté 50. Au total, le bloc de gauche, constitué de la formation de Mette Frederiksen et quatre autres mouvements, obtient 84 sièges, soit six de moins que les 90 nécessaires pour avoir la majorité absolue. Les partis de droite obtiennent eux 77 sièges.

    Les observateurs estiment toutefois que Mette Frederiksen pourrait rester à la tête du gouvernement danois, à l’issue des négociations en vue de la formation d’une coalition, qui pourraient prendre des semaines. Le chef du Parti libéral, le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, a d’ores et déjà déclaré qu’il n’était plus intéressé par un gouvernement de coalition avec Mette Frederiksen, soulignant la complexité des discussions à venir pour elle.

    LIRE AUSSI : Danemark : les recettes de Mette Frederiksen, la Première ministre de gauche qui dit stop à l’immigration

    Devant ses partisans à Copenhague, la dirigeante de 48 ans s’est dite mardi soir “prête à assumer” à nouveau le rôle de Première ministre. “Nous nous attendions à reculer, car c’est normal lorsqu’on se présente pour la troisième fois”, a-t-elle admis. “Bien sûr, je regrette que nous n’ayons pas obtenu plus de voix”, a-t-elle ajouté.

    À Bruxelles, Mette Frederiksen est largement respectée pour sa position claire sur le Groenland et pour ses efforts visant à accroître les dépenses de défense du Danemark depuis le début de la guerre en Ukraine. Cependant, son style de négociation est perçu par certains comme abrasif et de nombreux Danois aspiraient à un changement.

    L’extrême droite triple son score

    Preuve du large rejet suscité par la Première ministre, le soutien au Parti populaire danois, formation d’extrême droite anti-immigration dirigée par Morten Messerschmidt, a grimpé à 9,1 %, soit une hausse de près de 7 points de pourcentage par rapport aux dernières élections. Morten Messerschmidt avait fait campagne en promettant de garantir une migration nette nulle des musulmans et d’abolir les taxes sur l’essence afin de réduire le coût de la vie. “Le fait que le Parti populaire danois ait triplé son score montre clairement que les Danois en ont assez et qu’un grand nombre de personnes souhaitent une autre orientation pour le Danemark”, s’est-il réjoui après l’annonce des résultats.

    LIRE AUSSI : Partout en Europe, l’illusion du “cordon sanitaire” contre l’extrême droite

    Le parti des Modérés (centre) de Lars Lokke Rasmussen pourrait détenir la clé de la prochaine coalition au pouvoir, selon certains observateurs, le ministre des Affaires étrangères sortant appelant Mette Frederiksen à renoncer à ses projets d’impôt sur la fortune.

    La Première ministre a proposé cette taxe – à un taux modeste de 0,5 % destiné à financer la réforme de l’éducation – pour redorer son image de candidate de gauche, mise à mal par une coalition avec le centre-droit. Elle a également supervisé l’une des approches les plus dures en matière de migration en Europe, avec un statut de réfugié temporaire, un soutien conditionnel et des exigences d’intégration dans la société. Elle a également codirigé une initiative de neuf pays de l’UE visant à faciliter l’expulsion des criminels étrangers et, plus tôt cette année, a proposé une loi pour augmenter le nombre d’expulsions.

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  • Stellantis redémarre en Europe grâce à ses petites voitures, mais la route est encore longue

    Stellantis redémarre en Europe grâce à ses petites voitures, mais la route est encore longue

    Stellantis est le seul constructeur, hormis les groupes chinois, à accroître ses ventes et sa pénétration en Europe (Grande-Bretagne, Suisse, et Norvège comprises). Sur les deux premiers mois de 2026, le groupe franco-italo-américain a accru ses immatriculations de 8,2 %. La marque Citroën progresse de 11,7 %, Opel-Vauxhall de 21 % et Fiat de 36,9 %, d’après les statistiques de l’Acea (Association des constructeurs européens) publiées ce mardi. Dans le même temps, le groupe Volkswagen reculait de 1,1 %, BMW de 5,6 %, Toyota de 7,2 %, le coréen Hyundai-Kia de 8,4 % et Renault (avec Dacia) de 14,7 % ! Dans ce contexte, la part de marché de Stellantis remonte à 17,3 %. Elle atteint 17,9 % en incluant la marque chinoise Leapmotor, dont le groupe contrôle 51 % des activités internationales. Stellantis, traditionnel second du continent, n’avait pas été proche à ce point du leader européen Volkswagen (26,4 %) depuis longtemps.

    Citroën profite de la pleine cadence des petites Citroën C3 (à partir de 15 990 euros) produites à Trnava (Slovaquie). Lancés en 2024 après une gestation tumultueuse en Inde, ces véhicules ont eu des débuts commerciaux difficiles. La firme a tardé à résoudre les différents bugs dont ils souffraient. Le site a donc eu beaucoup de mal à accroître ses rythmes de fabrication. Il a préféré se concentrer sur la résolution des problèmes de qualité. Mais tout semble enfin rentré dans l’ordre et les véhicules commandés sont enfin livrés. Chez Fiat, la croissance s’explique aussi par l’arrivée de nouveaux petits modèles. Commercialisée l’an dernier et produite à Kragujevac (Serbie), la Grande Panda (à partir de 16 400 euros) commence à s’imposer, surtout en Italie. Là aussi, les débuts ont été plus lents que prévu. La voiture apparaissait bien chère par rapport à l’ancienne Panda qu’elle était censée remplacer.

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  • Partout en Europe, l’illusion du “cordon sanitaire” contre l’extrême droite

    Partout en Europe, l’illusion du “cordon sanitaire” contre l’extrême droite

    Les barrages contre l’extrême droite prennent l’eau. Les électeurs appelés, tels des castors, à colmater les fuites en unissant leurs voix contre la menace, se montrent de moins en moins motivés pour les réparer. Au Parlement européen, c’est une digue entière qui a sauté. Le projet de règlement visant à accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière, soumis au vote en séance plénière jeudi 26 mars, est pour la première fois le fruit d’une coopération des conservateurs et des trois groupes parlementaires d’extrême droite. La rupture est historique pour une assemblée supranationale où les votes résultent en général de compromis noués entre conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux.

    Partout en Europe, l’ostracisme ciblant l’extrême droite populiste au moyen d’un “cordon sanitaire” montre ses limites. Les votes de plus en plus massifs obtenus par ses représentants – leur dynamique dans les urnes s’est encore confirmée le 22 mars lors d’élections locales en France et en Allemagne et de législatives en Slovénie – transforment la composition des coalitions gouvernementales en casse-tête.

    Les tentatives de l’Union européenne pour enrayer la poussée populiste ont fait long feu. En l’an 2000, elle avait été jusqu’à prendre des sanctions diplomatiques contre l’Autriche où les conservateurs s’étaient alliés avec le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) de Jörg Haider. En dépit de l’échec piteux de ces sanctions, et bien que l’Autriche n’ait pas cessé d’être une véritable démocratie, toute tentative de coopération ou d’alliance n’a cessé depuis lors d’être stigmatisée par la gauche et une large partie de la droite traditionnelle à travers l’Europe.

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  • La Hongrie soupçonnée d’espionner l’UE pour la Russie : tout comprendre à l’affaire qui secoue Bruxelles

    La Hongrie soupçonnée d’espionner l’UE pour la Russie : tout comprendre à l’affaire qui secoue Bruxelles

    Le fil qui lie la Hongrie de Viktor Orban et la Russie de Vladimir Poutine se dévoile de plus en plus. Si la proximité entre les deux pays est connue depuis plusieurs années, et même assumée par le Premier ministre hongrois, une nouvelle étape a été franchie ce week-end. Selon le Washington Post, la Hongrie, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, partagerait avec Moscou les détails des discussions européennes. L’Express fait le point sur ces accusations, qui interviennent à quelques semaines des élections législatives, où Viktor Orban est à la traîne dans les sondages.

    Que reproche-t-on à Peter Szijjarto ?

    L’information aurait presque pu passer inaperçue tant elle était perdue dans une accumulation de révélations. Dans une longue enquête publiée samedi 21 mars, le Washington Post révélait que les services de renseignements extérieurs russes avaient proposé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban pour le faire remonter dans les sondages. Mais ce n’est qu’au milieu de l’article que le scandale est révélé : selon un responsable européen de la sécurité, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto passe régulièrement des appels à son homologue russe, Sergueï Lavrov, pendant les pauses des réunions européennes. Il fournirait notamment des “rapports en direct sur ce qui a été discuté” et des solutions possibles, affirme la même source, qui ajoute : “Chaque réunion de l’UE, depuis des années, se tient pratiquement avec Moscou à la table”.

    LIRE AUSSI : Législatives en Hongrie : Viktor Orban contre Peter Magyar, la bataille de la rue et des récits

    La proximité entre Peter Szijjarto et Sergueï Lavrov n’est plus à démontrer alors que le ministre hongrois s’est rendu à seize reprises, en visite officielle, à Moscou depuis le début de l’offensive en Ukraine en 2022. Le 4 mars dernier, le Hongrois a même rencontré Vladimir Poutine, pourtant sous un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, reconnue par Budapest.

    Quelles sont les réactions ?

    Les critiques n’ont pas tardé à fuser après la publication de l’enquête, notamment sur le territoire national. Peter Szijjarto “semble être de connivence avec la Russie, trahissant ainsi les intérêts hongrois et européens”, a attaqué Peter Magyar, l’opposant de Viktor Orban lors des élections hongroises, qui est en tête dans les sondages. “Si cela est confirmé, cela équivaudrait à une trahison, ce qui entraînerait une peine d’emprisonnement à perpétuité potentielle”, a-t-il ajouté, promettant que, s’il est élu, son gouvernement enquêtera “immédiatement” sur la question.

    LIRE AUSSI : Législatives en Hongrie : “Pour la première fois en 16 ans, Viktor Orban peut perdre”

    Mais l’affaire fait réagir bien au-delà des frontières hongroises. La porte-parole de la Commission européenne a demandé au gouvernement hongrois “qu’il apporte les clarifications nécessaires”, assurant qu’”une relation de confiance entre les États membres ainsi qu’entre eux et les institutions est fondamentale pour le bon fonctionnement de l’UE”. Face à ces révélations qualifiées de “très graves”, la diplomatie allemande a rappelé que les discussions au sein de l’UE “sont confidentielles”. Bien plus pragmatique, le Premier ministre polonais et ancien président du Conseil européen Donald Tusk n’a pas semblé étonné. “Nous nous en doutions depuis longtemps, a-t-il publié sur X, dimanche 22 mars. C’est pourquoi je ne prends la parole qu’en cas d’absolue nécessité et que je me limite à ce qui est indispensable.”

    Face à la polémique, Budapest se terre dans le déni. Si Peter Szijjarto n’a pas répondu aux sollicitations du Washington Post, il a finalement démenti l’information face à la polémique. De son côté, Viktor Orban a annoncé qu’il lançait une enquête pour savoir qui avait mis sur écoute son ministre.

    Quelles conséquences pour la Hongrie ?

    Si elle ne souhaite pas réagir officiellement de peur d’influencer les élections législatives qui se tiennent le 12 avril, l’Union européenne a d’ores et déjà décidé de limiter le flux de documents confidentiels vers Budapest afin d’éviter au maximum les fuites, selon Politico. Mais l’Europe n’a pas attendu la publication de l’enquête du Washington Post pour se protéger. Alors que des inquiétudes autour de fuites hongroises vers la Russie existent depuis quelque temps, des petits groupes de réflexion ont été mis en place entre les pays qui partagent les mêmes idées. Selon un représentant d’un gouvernement européen, cité par Politico, “dans l’ensemble, les États membres moins que loyaux sont la principale raison pour laquelle l’essentiel de la diplomatie européenne pertinente se déroule maintenant sous différents formats plus petits”. Ainsi, l’alliance Weimar rassemble la France, l’Allemagne et la Pologne tandis que NB8 comprend les huit pays nordiques et baltes.

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    Même son de cloche au niveau de l’Otan. Selon un diplomate de l’organisation, cité par Euractiv, certaines planifications opérationnelles liées à l’Ukraine ne sont pas discutées devant les dirigeants hongrois. Mais Budapest semble se montrer plus sage au sein de cette instance qu’à Bruxelles. “La Hongrie a toujours clairement indiqué qu’elle ne fera rien qui affecte sa place dans la défense collective de l’Otan”, affirme la même source. Un entre-deux risqué pour maintenir sa place dans le concert européen et conserver son soutien russe.

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  • Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Son statut d’invincibilité s’est brisé dans les urnes. Lundi 23 mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a connu sa première défaite lors du référendum sur la justice, que 53,7 % des votants ont rejeté. Cette victoire du “No” est un revers inédit pour la dirigeante d’extrême droite qui avait fait de cette réforme l’un des points majeurs de son programme lors de son arrivée au pouvoir en 2022. Pire, ce changement constitutionnel, qui prévoyait une séparation de la carrière des juges et des procureurs et la modification du fonctionnement de l’organe qui les supervise, le Conseil supérieur de la magistrature, était l’une des propositions phares de la droite italienne depuis trois décennies, soutenue notamment par Silvio Berlusconi. Un moyen de dépolitiser la justice italienne pour Giorgia Meloni, une manière de l’affaiblir et de réduire son indépendance pour ses opposants.

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    Giorgia Meloni n’a pas vu venir ce faux pas et pour cause. Alors que les sondeurs avaient du mal à prédire l’issue du vote, peu de monde avait anticipé qu’un référendum sur la justice attirerait autant d’électeurs, avec 59 % de participation au niveau national. Jusqu’à 65 % de participation dans plusieurs grandes villes comme Milan, et même 70 % à Florence et à Bologne. Une participation record, portée par le vote des jeunes qui se sont déplacés dans les bureaux de vote en masse, révélatrice de ce que ce vote était devenu ces dernières semaines : un référendum pour ou contre le gouvernement Meloni. Face à la hausse des prix et à la baisse de la productivité, la popularité de la Première ministre a commencé à se craqueler sérieusement.

    “Le gouvernement est les mains vides”

    Face à la défaite, la présidente du Conseil a tenté de garder la face et a reconnu le revers, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, lundi, deux heures après la fermeture des bureaux de vote. “La souveraineté appartient au peuple et les Italiens se sont exprimés clairement aujourd’hui, a-t-elle calmement reconnu, posée en extérieur devant une haie. Le gouvernement a fait ce qu’il avait promis : porter une réforme de la justice qui figurait dans notre programme électoral. Nous l’avons soutenue jusqu’au bout, puis nous avons remis le choix aux citoyens, et les citoyens ont décidé.” Mais la présidente du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia a fermé la porte à toute démission : “Il reste bien sûr le regret d’une occasion manquée de moderniser l’Italie, mais cela ne change pas notre engagement à continuer à travailler avec sérieux et détermination pour le bien de la nation et pour honorer le mandat qui nous a été confié.”

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    Pourtant, l’opposition voit bien dans cette “première vraie défaite”, comme le titrait lundi le quotidien italien La Repubblica, l’occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie. “Après quatre ans et quatre lois de Budget, le gouvernement est les mains vides, a lancé Antonio Conte, ancien président du Conseil, dans une interview accordée au Corriere della Sera, appelant à l’organisation d’élections anticipées. Ils n’ont fait qu’une seule réforme, qui a été rejetée par les citoyens.”

    Tester sa majorité

    Si un retour aux urnes reste pour le moment hypothétique, Giorgia Meloni va être obligée de sortir de cette impasse politique. Au-delà de sa personne, son gouvernement a pris un coup pendant cette campagne référendaire, notamment son ministre de la Justice, Carlo Nordio. En février dernier, celui-ci avait qualifié le Conseil supérieur de la magistrature de “paramafieux”, forçant le président italien Sergio Mattarella à défendre l’institution. Ironie du sort, le numéro deux de son ministère, Andrea Delmastro Delle Vedove, a été pris dans une polémique mafieuse, quelques jours avant le vote. Selon le Corriere della Sera, le sous-secrétaire à la justice a eu des parts au sein de la société de restauration Cinque Forchette, dont l’administratrice unique n’était autre que Miriam Caroccia, 18 ans, fille de Mauro Caroccia, tout juste condamné à quatre ans de prison par la Cour de cassation pour des activités mafieuses. Une photo des deux hommes, tout sourire, prise en 2023, a d’ailleurs été révélée, enfonçant encore plus la dirigeante de Fratelli d’Italia.

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    Désormais, Giorgia Meloni souhaite “aller de l’avant” et se concentrer notamment sur la loi électorale, qui a commencé son chemin parlementaire lundi. Cette réforme, qui vise notamment à instaurer une prime majoritaire au nom de la stabilité et ainsi éviter une absence de majorité, est nécessaire pour la dirigeante si elle souhaite optimiser ses chances en vue de sa réélection l’année prochaine, alors que les législatives sont prévues au plus tard en décembre 2027. Mais elle va surtout donner l’occasion à la coalition menée par Giorgia Meloni de tester sa majorité et tenter, coûte que coûte, de se rassurer.

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  • Brevets : l’IA, le quantique et l’Asie redessinent l’innovation en Europe

    Brevets : l’IA, le quantique et l’Asie redessinent l’innovation en Europe

    Une croissance fulgurante des technologies quantiques et de l’IA, des innovateurs asiatiques de plus en plus présents sur le marché européen, et des secteurs traditionnels (santé et transport), toujours importants en volume, mais qui portent moins la dynamique… Voilà le paysage technologique que cartographie le baromètre annuel de l’Office européen des brevets (OEB), l’EPO Technology Dashboard 2025 (anciennement Patent Index) publié mardi 23 mars 2026. « Un indicateur intéressant, car ils donnent une vision “fraîche” de l’innovation », argumente  Yorick Lostetter, Chief Business Analyst à l’OEB, car les brevets donnent une vision « fraîche » de l’innovation, les demandes étant publiées avant que les technologies n’arrivent sur le marché. 

    L’organisme a recensé 201 974 demandes en 2025, en progression de 1,4 % par rapport à 2024. Un rebond comparé aux récentes années qui affichaient une stagnation. Les demandes sont, sans surprise, majoritairement portées par les technologies numériques et les énergies propres, pointe l’OEB. 

    Comme l’an passé, les technologies informatiques sont restées le principal domaine d’innovation en 2025 (+ 6,1 % par rapport à 2024), stimulées par une augmentation des demandes de brevet liées à l’intelligence artificielle (+ 9,5) et par la progression des technologies quantiques. « C’est encore un domaine modeste, qui représente que 451 brevets demandés, mais le nombre de dépôt a plus que doublé en cinq ans, et progressé de 38 % en un an », précise Yorick Lostetter.

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  • “Ce que fait le président est crucial” : Mark Rutte, indéfectible soutien de Donald Trump

    “Ce que fait le président est crucial” : Mark Rutte, indéfectible soutien de Donald Trump

    Même lorsque ses relations avec les dirigeants européens sont au plus froides, le président américain Donald Trump sait posséder en la personne de Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, un allié sur lequel il peut toujours compter. Ce week-end, ce dernier s’est fait le relais de son argumentaire quant au bienfondé de la guerre contre l’Iran, à l’occasion de deux interviews pour des chaînes de télévision américaines. “Je sais qu’il y a beaucoup de débats en Europe et aux Etats-Unis sur cette campagne du président contre l’Iran, à savoir si elle est bien nécessaire, mais laissez-moi vous le dire, elle est cruciale”, a-t-il déclaré sur Fox News le 22 mars, avant de renchérir sur CBS News le même jour : “Ce que fait le président ici, à savoir priver l’Iran de ses capacités en matière de missiles balistiques et de capacités nucléaires, est d’une importance cruciale.” Il a poursuivi en assurant Donald Trump de sa compassion quant au faible taux d’approbation que son action suscite parmi l’opinion américaine : “J’ai vu les sondages, mais j’espère vraiment que le peuple américain le soutiendra, car il agit ainsi pour rendre le monde entier plus sûr.”

    Interrogé sur le peu d’enthousiasme des dirigeants européens face au conflit, il a justifié cela par le fait qu’ils avaient dû être laissés hors des préparatifs militaires, mais que tout rentrait dans l’ordre désormais au vu de la promesse de 22 pays, dont 17 membres de l’Otan, de participer aux efforts pour la réouverture du détroit d’Ormuz.

    Messages zélateurs

    Ce n’est pas la première fois, loin de là, que l’ex-Premier ministre néerlandais se répand en louanges à l’égard du président américain. En juin 2025, lors de la première campagne de bombardements israélo-américaine contre des sites militaires en Iran, Mark Rutte avait suscité des réactions embarrassées lorsqu’il avait appelé le président américain “Daddy”. Donald Trump venait de se lancer dans une comparaison hasardeuse entre le conflit entre Israël et l’Iran et “des enfants qui se battent comme des chiffonniers dans la cour de récréation”, et Rutte avait repris la métaphore lors d’un sommet de l’Otan : “Papa [Daddy] doit parfois hausser le ton”.

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    Choisi précisément pour sa proximité avec le président américain, guère tendre avec l’Otan, Rutte lui a également adressé quelques messages zélateurs que leur destinataire s’est fait une joie de rendre publics : “Félicitations et merci pour votre action décisive en Iran. C’était vraiment extraordinaire et quelque chose que personne d’autre n’avait osé faire”, écrivait Mark Rutte, avant d’embrayer sur la décision des pays membres de l’Otan de passer leur contribution au budget de l’Otan à hauteur de 5 % de leur PIB à horizon 2035 : “Vous allez réaliser quelque chose qu’AUCUN président américain n’était parvenu à faire durant des décennies”, en reprenant la typographie en majuscules qu’affectionne Donald Trump. “L’Europe va payer un prix ÉNORME” pour financer sa défense “comme elle le devait” et “ce sera votre victoire”. Plus récemment, en janvier, un message a été divulgué par Donald Trump, dans lequel Rutte se gardait bien de le réfréner dans ses désirs d’annexion du Groenland. “Monsieur le Président, cher Donald — ce que vous avez accompli aujourd’hui en Syrie est incroyable [NDR : des frappes contre l’Etat islamique]. J’utiliserai mes interventions médiatiques à Davos pour mettre en valeur votre action là-bas, à Gaza et en Ukraine. Je suis déterminé à trouver une solution sur le Groenland. J’ai hâte de vous voir. Bien à vous, Mark”. Du pain bénit pour l’ego du président américain.

    “Pas sourd” aux critiques

    Sur CBS, ce week-end, Mark Rutte a embrassé le narratif américain dans sa totalité et a botté en touche face aux critiques de la journaliste Margaret Brennan, qui l’interrogeait notamment sur les bénéfices que retire Poutine de la guerre au Moyen-Orient, laquelle a fait bondir le prix du baril de pétrole et a permis un allègement d’un mois des sanctions américaines sur une partie du pétrole russe.

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    “Ses efforts pour mener à bien la guerre en Ukraine sont essentiels, a répondu Mark Rutte à propos de l’action de Donald Trump. Il a été le seul à parvenir à briser l’impasse avec Vladimir Poutine lorsqu’il a passé le premier appel téléphonique en février de l’année dernière, et il n’a cessé, avec son équipe, de faire le nécessaire”. Début mars, Mark Rutte avait déclaré dans une interview à Reuters qu’il “[n’était] pas sourd” aux critiques quant à sa proximité avec Donald Trump. Mais qu’il estimait que l’action de celui-ci “méritait ses éloges”.

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